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À propos deBnF collection ebooks
BnF collection ebooksest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’éditeurs,BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.
Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.
Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert standardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.
Note de l’éditeur
Paris ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », e selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIX siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dansParis ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
Le retour du jeune Créole1
Par une belle matinée du mois d’août, il y a de cela quelques années, un beau navire de France entra à pleines voiles dans le sentier que tant de navires ont frayé entre les charmantes petites îles qui sont comme les sentinelles et les gardes avancées de leur reine et de la reine des mers orientales, l’île Maurice. Il y avait grande fête à bord, car la plupart des passagers étaient de jeunes créoles qui revenaient visiter leur pays et leurs familles après dix ans d’absence, passés à Paris, pour leur éducation, dans les cafés, les bals masqués et les salles d’armes. Tous réunis sur le pont, ils vidaient les dernières bouteilles de vin de Champagne dont le capitaine, très bon convive et habile spéculateur, avait approvisionné sa cambuse : c’était à peine si, dans leur ardeur à saluer ainsi à leur manière le pays de leur naissance, ils accordaient de temps en temps un regard au magnifique tableau qui commençait à se dérouler devant eux.
À gauche, l’île aux Serpents, cette première vedette, qui semble là postée pour indiquer la route aux voyageurs vers la principale terre, dont ils cherchent les havres sauveurs et dont ils ont déjà vu, du même côté, les sommets nuageux, les flancs verdoyants et la base resplendissante d’écume ; un peu plus loin, toujours à gauche, l’île Ronde, le second jalon, la seconde borne milliaire sur le chemin du Port-Louis, l’île Ronde qu’on prendrait pour un fragment de prairie découpé avec des ciseaux et dérivé paisiblement de la plaine des Pamplemousses vers la haute mer ; puis, à droite, comme pour enfermer les navires dans une lice, l’île Plate, non moins verte, et qui, baignée de plus près et plus intimement pénétrée des eaux qui jouent autour d’elle, a l’air d’une autre Délos flottant incertaine à la surface de l’Océan ; enfin, et à gauche de nouveau, le Coin de Mire, ce bastion naturel sous la menace duquel il faut passer, ce dernier cap à doubler, avant de toucher au but d’un voyage de plusieurs mille lieues.
Spectacle ravissant, dont les marins jouissent toujours avec un nouveau plaisir ; car ce sont des gens simples et vrais et naturellement joyeux, qui n’ont guère vu les pompes des grandes villes européennes et gardent en eux-mêmes des trésors d’enthousiasme pour les riches ouvrages auxquels Dieu seul a mis la main. Les créoles, passagers de laBonite, admiraient bien aussi tout cela par saillies ; mais un sentiment d’inquiétude et de vague tristesse venait les saisir : tout cela, c’était leur pays ; mais ils l’avaient quitté dès l’enfance, avant l’âge de raison, ce qui s’appelle, dans le langage des matelots,mettre à la voile en temps de brume. Ils n’y pouvaient donc rien reconnaître : y pourraient-ils beaucoup aimer ? Une famille les y attendait, presque inconnue, presque oubliée, qui sans doute n’aurait plus le pouvoir de leur donner des habitudes nouvelles et de leur imposer la vie étrange des colonies. Car c’est là encore un des malheurs de la civilisation bâtarde des colonies, que les lumières de l’Europe y sont jugées nécessaires et qu’il faut les aller chercher en Europe : c’est pourquoi le fils se sépare du père avant le moment fixé ailleurs pour...
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