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'Lecture, lacte simple qui rassemble, croise et disperse les mille et un livres dont sont faits ces Journaux des Deux Mondes.
Lecture, pour dire le temps hors du temps des lectures, les griffonnages, les dévorations, la sieste et les promenades.
Lecture enfin, ŕ cause du mot lecture : une guitare dans le patio calme.'
Michel Crépu.
Publié le : vendredi 27 novembre 2009
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EAN13 : 9782072025983
Nombre de pages : 474
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D U
M Ê M E
A U T E U R
L A F O R C E D E L ' A D M I R A T I O N , Autrement, 1988 C H A R L E S D U B O S , L A T E N T A T I O N D E L ' I R R É P R O C H A B L E , Éditions du Félin, 1990 D I E U E S T A V E C C E L U I Q U I N E S ' E N F A I T P A S , NiL Éditions, 1995 L E T O M B E A U D E B O S S U E T , Grasset, 1997 L A C O N F U S I O N D E S L E T T R E S , Grasset, 1999 S A I N T E  B E U V E , P O R T R A I T D ' U N S C E P T I Q U E , Perrin, 2001 Q U A R T I E R G É N É R A L , Grasset, 2004 S O L I T U D E D E L A G R E N O U I L L E , Flammarion, 2006
L'Infini Collection dirigée par Philippe Sollers
MICHEL CRÉPU
L E C T U R E
J O U R N A L L I T T É R A I R E 2 0 0 2  2 0 0 9
La Revue des Deux Mondes
G A L L I M A R D
© Éditions Gallimard, 2009.
Pour Lucie
« Mais puisque l'Esprit provoque l'amour, il faut bien admettre qu'il est ce qui engendre la beauté. Puissance de tout ce qui est beau, il est la fleur, la beauté, qui rend belle la beauté. Car c'est lui qui l'engendre et il la rend plus belle encore par la surabondance de beauté qui vient de lui, en sorte qu'il est à la fois le principe et la fin de la beauté. »
P L O T I N Ennéades, traité 38
N A U T I L U S
La régie me signale qu'il y a un problème avec la lecture. Il paraît que plus personne ne lit rien,tous les expertsle disent. C'est curieux, je ne l'avais pas remarqué. Les livres, je vis avec eux depuis toujours, ils sont mon paradis, ils ne m'ont jamais rien fait de mal, je crois ne les avoir jamais trahis. Cela m'étonne toujours qu'on puisse avoir un pro blème avec eux. Ces histoires de frayeur devant lesclas siques,ce besoin forcené de rassurer, d'aplanir la route pour monter plus haut, un jour, c'estàdire jamais. Au contraire, j'ai aimé tout de suite Rimbaud (mon édition de poche date de 1966, j'avais douze ansdoisje préciser qu'il n'y avait pas de bibliothèque à la maison ? J'y suis allé à découvert, sans gilet pareballes, quelle imprudence), et Balzac, et Dos toïevski, et tous les autres. Nous avons vécu ensemble, je sais que nous ne nous quitterons jamais. C'est quelque chose de très simple et merveilleux qui a fini par devenir une histoire en soi, avec son détail, ses moments, le senti ment physique d'une traversée. Le roman de ma lecture. D'où ce livre, un genre deNautilus, sous le double
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pavillon deL'Infiniet deLa Revue des Deux Mondes. Cela en surprendra peutêtre certains, tant mieux pour eux. C'est que l'époque, malgré l'ignorance volontaire et le pré jugé, a ses malices, ses chemins secrets, ses croisements discrets. Ici un peu de flashback : Censier, entre 1974 et 1978, une certaine configuration de noms quifont sens, comme on dit à l'époque, à l'étudiant que je suis : Beckett, Joyce, Soljenitsyne, Tel Quel, Barthes, Sollers, Bataille, Kafka, mais oui, tout ça en même tempset puis d'autres encore et non des moindres. Le sentiment, la conviction qu'il y a là, plus là qu'ailleurs, un chemin possible, par la littérature, d'intelligence des temps.Les temps que nous vivons.J'aime ce mystérieux pluriel. Cela m'a toujours stupéfié que l'on décrive cette période des années soixantedix comme terrorisante. C'est drôle, je ne voyais pas la terreur à cet endroit. Trentecinq ans plus tard, le dialogue continue, on ne s'ennuie pas, il y a de quoi faire, on a vu du pays, quelques épisodes mémorables, l'écroulement du Mur, l'apparition du monde Global,le développement des mœurs, comme on disait jadis àLa Revue des Deux Mondes, enfin cet empire du Rien mou où nous baignons désormais. Et puis les circonstances, le comique profond des circonstances. Il est amusant de diriger en 2009 une revue de cent quatrevingts ans où Chateaubriand et SainteBeuve ont publié, parmi tant d'autres. Honnête ment, je ne pensais pas que ça tomberait sur moi. D'autres, desgrandes écoles,m'eussent paru plus indiqués, mais ils avaient disparu, perdus en mer sans doute. Un jour, je pren drai de leurs nouvelles.
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