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Lecture et mémoire, l'art de lire et de retenir

De
164 pages

Qu’entend-on par lire ? Comment lit-on ? Suffit-il de lire pour que les signes vus soient enregistrés dans notre cerveau ? Qu’est-ce que la mémorisation et selon quels processus s’effectue-t-elle ? Et la mémoire ? L’oubli ? L’amnésie ? Quelles sont les structures de notre cerveau qui conservent nos souvenirs ?
Cet essai tente d’apporter des réponses simples à ces questions. Des conseils d’hygiène de vie et des idées d’exercices à faire seul ou entre amis figurent en fin d’ouvrage, afin de faire mieux travailler nos neurones et d'optimiser notre fonctionnement cérébral.


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Couverture

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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-08406-7

 

© Edilivre, 2017

Dédicaces

 

 

à mes petits-enfants

Bastien

Claire

Eléa

Célia

Exergue

 

Une communication orale
n’existe que presque exclusivement
dans le présent de l’auditeur ;
un texte écrit occupe l’entière étendue
du temps du lecteur.

Il s’étend visiblement dans le passé
des pages déjà lues
et dans le futur de celles à venir…

Écouter est dans une grande mesure une activité passive ;

lire est une entreprise active, comme voyager.1


1. – MANGUEL Alberto. –Le Voyageur et la tour : le lecteur comme une métaphore.Arles : Actes Sud, 2013. – 156 p. pour la version imprimée. (Version électronique).

Introduction

Qu’entendons-nous par lire ? Les neurosciences nous ont appris que ce n’est pas l’œil qui lit mais le cerveau, l’œil n’étant qu’un simple transmetteur. Et nous savons que la mémoire se situe également dans notre boîte crânienne… Alors, est-ce qu’il suffirait de lire pour retenir ? S’il existe bien un lien intrinsèque entre lecture et mémoire tout n’est pas aussi simple qu’il y paraît ! Dès le départ, notre cerveau possède, certes, les outils mentaux de notre capacité à lire et à retenir. Cependant au fil du temps il s’est enrichi de nos souvenirs, nos apprentissages, notre vécu si bien que tous ces éléments vont venir influer sur notre compréhension de la chose écrite et de sa mémorisation2

Après avoir posé quelques jalons pour une petite histoire du lire, du livre et de la lecture, nous tenterons d’expliquer ce qu’est « lire » d’un point de vue physiologique.

Il sera temps alors de cerner l’acte de mémorisation en prenant des exemples dans notre activité de lecteur puis en évoquant le cheminement de ce que nous mémorisons au travers des différentes structures de notre cerveau.

Enfin, quelques conseils et exemples d’exercices seront proposés au lecteur désireux d’améliorer ses performances.


2. – La mémorisation d’un texte n’est pas systématique, elle dépend en particulier du projet de conservation que nous formulons pour une éventuelle réutilisation de ce que nous voulons garder.

 

 

Le mot prononcé peu à peu est oublié

Mais l’écrit demeure préservé à jamais

Et les arguments non confiés à l’écrit

Sont comme flèches qui n’iront pas au but.3

L’art de lire

Que savons-nous de cette capacité extraordinaire qui nous distingue des autres mammifères ?

Dès l’Antiquité les philosophes cherchèrent à élucider la question fondamentale de la nature du processus de lecture : est-ce nous lecteurs qui portons le regard sur les lettres à saisir sur la page ou est-ce les lettres qui atteignent nos sens4 ?

Ainsi, pour Euclide5 et Galien6, ce sont des rayons issus de l’œil qui appréhendent les objets observés alors que pour Épicure7 et Aristote8, ce sont des flammes faites d’atomes minuscules qui jaillissent des objets pour venir frapper nos yeux et nos esprits. D’autres théories, plus ou moins scientifiques, ont vu le jour au cours des siècles, mais les tentatives d’explication étaient vouées à l’échec par l’idée que l’on se faisait du fonctionnement corporel. Au Moyen-Âge, si l’on admettait que les sensations transitaient par le cerveau, le rôle de celui-ci était largement sous-estimé car on considérait le cœur comme le souverain absolu du corps9. De nos jours on sait que l’œil n’est qu’un ensemble de capteurs photosensibles qui n’interprète aucune des images perçues. Dans le cas du texte, l’œil perçoit des signes et les convertit en un message nerveux codé, transmis au cerveau par le nerf optique jusque dans les aires visuelles situées dans le cortex occipital.

Le message va ensuite circuler dans les aires spécifiques du cerveau, dévolues au langage écrit, afin d’être compris.

Mais avant de parler de lecture, nous devons nous arrêter un instant sur l’histoire de l’écriture à laquelle la lecture est, par essence, liée. L’écriture est en effet la condition de l’existence du texte. C’est un système de signes linguistiques choisi par une société afin d’échanger des données abstraites et d’en conserver une trace tangible et durable. L’écriture apparaît d’abord pour des besoins utilitaires. Très tôt les hommes eurent besoin de garder un témoignage de leurs activités agricoles, familiales et commerciales. Il faudra attendre des siècles pour que l’écriture gagne ses lettres de noblesse dans ses expressions les plus abouties que sont le théâtre, la poésie et la littérature.

Naissance et évolution de l’écriture

Les pratiques de lecture sont intrinsèquement liées à l’évolution de l’écriture elle-même, à son support et à la forme du livre.

La plus ancienne écriture connue est l’écriture cunéiforme. C’est un système mis au point par les Sumériens de la Basse Mésopotamie entre -3400 et -3200, avant de se répandre dans tout le Proche-Orient, puis de disparaître au début de l’ère chrétienne. Cette écriture consistait en traits terminés en « coins » ou « clous » d’où son nom tiré du latin cuneus.

Image 7

Une tablette d’argile sumérienne

Dans de l’argile fraîche, les signes étaient gravés à l’aide d’un calame : un roseau épointé. Les tablettes étaient ensuite cuites pour les rendre plus solides. Elles ont remplacé la comptabilité par billes d’argile. Le premier livre était peut-être un sac de peau ou de toile contenant plusieurs tablettes…

(Cl. – BOISSE Serge. – Journal d’un terrien)

Au cours de la longue existence de ce type d’écriture, d’autres matériaux ont été utilisés mais l’argile et le roseau par leur abondance et leur facilité d’emploi en ont été les principaux outils. D’ailleurs, argile et roseaux étaient les matériaux habituels des Mésopotamiens pour les constructions et la fabrication d’objets usuels.

C’est en 1835 que l’écriture cunéiforme a été déchiffrée par un archéologue qui recopia l’inscription trilingue du rocher de Behistun, datant du règne de Darius Ier10 et rédigée en vieux-perse, akkadienbabylonien et élamite. Une fois le vieux-perse cunéiforme déchiffré, on allait pouvoir tenter le déchiffrement des deux autres écritures, à l’instar de ce qu’avait fait Jean-François Champollion une vingtaine d’années auparavant, lors du déchiffrement des hiéroglyphes.

Image 3

Correspondance alphabétique de l’écriture cunéiforme

Le mot cunéiforme, du latin cuneus (coin) est dû à l’aspect des signes terminés par des pointes.

(Cl. – REHSEIS – A l’école des scribes en Mésopotamie)

Un siècle après le cunéiforme, apparaît l’écriture égyptienne. L’écriture hiéroglyphique est une écriture sacrée… Grâce aux temples égyptiens, on sait que l’on pouvait écrire soit en lignes soit en colonnes, et indifféremment de droite à gauche oude gauche àdroite11. C’est suite à la découverte d’une stèle, la pierre de Rosette, que Champollion déchiffra les hiéroglyphes en 1822. La stèle, trouvée près du petit port de Rosette dans le delta du Nil, porte trois versions d’un décret promulgué à Memphis en 196 avant notre ère par le pharaon Ptolémée V12 Ce texte est écrit en égyptien hiéroglyphique, égyptien démotique et grec. L’égyptien démotique est une écriture cursive plus simple à tracer sur papyrus. Cette écriture devint l’écriture officielle de l’Égypte à partir du VIIe siècle av J.C.

Espace réservé du contenu 3

La pierre de Rosette

C’est un fragment de stèle gravée, en granodiorite noire, découverte à Rosette, petit port égyptien non loin d’Alexandrie lors de la campagne d’Égypte de Bonaparte. La stèle d’origine est conservée au British Museum, le musée du Caire n’en possède qu’une copie.

(Cl. – Wikipédia)

est en comparant les éléments de ces trois textes, le démotique et le grec étant connus, que Champollion réussit à déchiffrer les hiéroglyphes. Le sol de la place aux Écritures, à Figeac, propose une reproduction gigantesque de la pierre de Rosette.

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Jean-François Champollion (dit le Jeune) est né à Figeac le 23 décembre 1790 et décédé à Paris le 4 mars 1832. Son Précis du système hiéroglyphique date de 1824. Il est considéré comme le père de l’égyptologie. Il disait de lui-même : « Je suis tout à l’Égypte, elle est tout pour moi. »

(Cl. – Wikipédia)

Pictogramme, vidéogramme, phonogramme, une lente marche vers notre écriture moderne…

… Pendant quelques siècles, l’écriture s’élabore à mesure que se développent les échanges commerciaux, au Proche-Orient d’abord, très vite ensuite en Égypte, puis en Inde et en Chine. Mais ce sont les Mésopotamiens qui ont l’intuition, rapidement concrétisée, de remplacer les pictogrammes par des phonèmes, autrement dit ledessin de l’objet par un symbole reproduisant le son, la conjugaison de deux ou plusieurs symboles permettant de reproduire le nom de l’objet et non plus sa seule image13.

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Correspondance alphabétique des hiéroglyphes.

Les hiéroglyphes sont des dessins d’objets pris dans la nature. Ces signes, ou pictogrammes, ont un sens complet. Pour exprimer des idées abstraites, on utilisa les signes non plus pour leur sens mais pour le son qu’ils représentaient : les phonogrammes.

(Cl. – L’Égypte ancienne antique de Memphis)

Enfin, avec les systèmes syllabiques puis alphabétiques, l’écriture va s’affranchir de toute référence imagée et concrète pour n’être plus qu’un code abstrait propre à un groupe sociétal donné. Cependant, à travers le monde différents systèmes continuent de coexister, notamment des écritures idéographiques chinoise et japonaise.

Il existe d’autres exemples d’écriture ancienne hiéroglyphique. En Crète à Phaïstos, dans un site minoen proche de Cnossos, des archéologues ont trouvé en 1908 une galette d’argile de 16 cm de diamètre, portant des hiéroglyphes gravés sur les deux faces. A ce jour, faute d’un objet similaire qui en faciliterait la compréhension, aucune traduction n’est fiable bien que de nombreuses versions en aient été proposées, certains avancent même l’hypothèse qu’il s’agirait d’une supercherie…

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Le disque de Phaïstos

Les signes sont disposés en spirale partant de l’extérieur vers le centre de l’objet (ou l’inverse…). Il pourrait dater du IIe millénaire avant J.C.

(Cl. – Site Mystère-TV.com)

Les supports de l’écrit : pierre, papyrus, parchemin, papier… écrans

Pour donner une matérialité durable à leurs textes les hommes ont recherché des supports capables de les conserver. La pierre, le bois, l’argile sont les plus anciens matériaux. La pierre est dure à graver, le bois peut pourrir ou s’enflammer, l’argile se fendre…

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Un ostracon égyptien

En Égypte, les ordres et les consignes, étaient tracés sur des pierres ou des fragments de poteries, appelés ostraca.

(Cl. – Wikimédia Commons)

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Les textes sacrés égyptiens étaient gravés sur les pylônes à l’entrée des temples et sur les obélisques à l’usage des prêtres qui étaient les seuls à pouvoir décrypter les caractères hiéroglyphiques.

(Cl. – Wikipédia)