Les Nations Unies contre le Katanga

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Le 30 juin 1960, le Congo Belge devient indépendant dans des conditions rocambolesques. Le 5 juillet, la Force Publique se mutine et installe un capharnaüm à demeure. Le président Kasavubu et son Premier Ministre Lumumba Patrice ne savent où donner de la tête. A l’initiative de l’ambassadeur des Etats-Unis, Timberlake, les deux font appel aux Nations Unies. Le 11 juillet, M. Tshombe, président de la province du Katanga, proclame l’indépendance de son pays pour l’extirper du chaos. Les événements s’enchaînent et deviennent incontrôlables dans le reste du Congo. Mais, paradoxalement, les yeux sont fixés vers le Katanga qui est resté calme. Le gouvernement du Katanga rejette le stationnement des soldats de l’ONU et le Secrétaire général, Dag Hammarskjoeld, décide de se rendre là-bas. Il promet tout et rien et finit par déclarer la guerre au Katanga le 13 septembre 1961. En allant à Canossa, son avion s’écrase à Ndola, en Rhodésie du Nord (la Zambie) où il périt avec une dizaine de fonctionnaires de l’ONU. Celle-ci, épaulée par les Etats-Unis mettent fin à la souveraineté du Katanga.


Publié le : vendredi 8 août 2014
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EAN13 : 9782332695277
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ISBN numérique : 978-2-332-69525-3

 

© Edilivre, 2014

Quel plus terrible fléau que l’injustice qui a les armes à la main.

Aristote, Politique, I, 2, (16)1253-a

Seul contre quatre.

M.Tshombeface à face avec Dag Hammarskjoeld, J.F. Kennedy, les Nations Unies et le Royaume de Belgique

Préface

« Le Katanga et les Nations Unies ». Voilà un livre d’histoire tragique dans lequel l’auteur ne se contente pas seulement à relater les faits, mais plutôt et surtout à désigner sans ambages les positions et les rôles acteurs en train de façonner dramatiquement l’avenir d’une province (Etat) et de son peuple.

Kyoni kya Mulundu s’évertue à habiller les acteurs dans son livre des masques des guerriers se livrant un combat déséquilibré qu’il désigne avec le trinôme de « Seul contre trois » : il s’agit du combat de M. Tshombe face à Dag Hammarskjoeld, J.F.Kennedy et les Nations Unies ; un véritable combat de David contre Goliath qui ne va malheureusement pas signer la victoire de David, mais celle du plus fort qu’est Goliath. L’auteur le dit lui-même avec les termes suivants : «La loi du plus fort est pour eux l’expression d’une nécessité d’ordre physique et elle n’a rien à voir avec le droit.» « Le Katanga avait subi de telles violences juridiques, diplomatiques et militaires parce qu’il était tout simplement faible et n’avait pas d’alliés.L’île de Mélos fut prise et saccagée. Beaucoup de gens, à commencer par les Belges, avaient trouvé les Katangais démesurément fous pour avoir tout simplement souhaité vivre en paix dans leurs limites naturelles. »,ajoute Kyoni kya Mulundu.

A la fin de ma lecture du livre de Pierre Davister (Katanga enjeu du monde, 1960), livre à la fin duquel je me suis retrouvé très irrité et intrigué par le système de la volonté de puissance infâme et inhumain des forts de ce monde à travers le drame de la sauvagerie des leurs actions dans le monde en général et en Afrique (Congo/Katanga) en particulier ; ce livre de Mr Kyoni Kya Mulundu vient non seulement de réveiller mes anciens sentiments d’irritation, il vient d'ouvrir cependant aussi les portes de vérités historiques sur la lutte, le sort d’un homme Tshombe et son peuple katangais, peuple que Kyoni kya Mulundu caractérise de : la victime toute désignée dont les deux promoteurs sur le plan international sont d’une part la Belgique et d’autre part le clan Kennedy (donc les intérêtsaméricains). Il n’est donc pas un hasard que l’auteur parvienne à comparer l’histoire du Katanga dans sa confrontation avec les Nations Unies à la guerre du Péloponnèse dans les dernières phases des négociations au paragraphe 111, telle que décrite par Thucydide, lorsqu’il dit que la dernière relation de la guerre du Péloponnèse a de fortes similitudes avec la conduite du proconsul américain qui vint à Ndola en décembre 1961 convoyer M. Tshombe à Kitona. Car, comme les troupes des mercenaires onusiens, les Athèniens, sous la conduite de Nikias, en 426, avaient échoué dans leur première attaque contre Mélos qu’ils avaient cherchée à asservir.

Comme on le voit, ce livre fait voyager son lecteur dans l’histoire de l’impérialisme des états prédadeurs de ce monde depuis l’antiquité jusqu’à la politique du « Big Stick » occidentale chapeautée par les Etats-Unis d’Amérique. Oui, comme le dit Denys d’Halicarnasse, grand historien grec à l’époque romaine,« l’impérialisme est un témoignage d’un cynisme révoltant »,preuve que l’hypocrisie juridique était non seulement l’affaire des puissances antiques inspirées par les idées de Calliclès et autres Sophistes, ainsi que des puissances moyenâgeuses dominées par des philosophes jusnaturalistes comme Nicolas Machiavel, mais elle est aussi et surtout l'affaire des puissances occidentales modernes influencées par la politique américaine du « Big Stick ». En effet, la politique des puissances impérialistes de ce monde reste la même, elle est basée sur le principe sophiste de l’interaction entre les forts tel que paraphrasé par l’auteur avec ces termes : La loi du plus fort est la loi de la nature et les rapports de justice ne peuvent exister qu’entre Etats qui se craignent l’un l’autre et entre citoyens également soumis à l’autorité d’un pouvoir plus fort que chacun d’eux. Mais comme le dit l’auteur vers la fin de son livre en citant JJ Rousseau : Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit. Et comme la force est une puissance physique, il ne peut jamais y résulter une quelconque moralité de ses effets. Ainsi donc, céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté, c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-t-il donc être un devoir ?

Il y a plus de quarante ans que le Katanga fut saccagé et mis à genou par une force dite de paix, mais à la solde des Etats Unies, car le Katanga était faible ! Le mérite de l’auteur revient donc non seulement à nous rappeler les faits et les causes de cette tragédie, mais aussi et surtout à poser à tout lecteur et homme épris de justice, de morale et d’éthique une question de conscience sur tous les actes impérialistes que posent les puissants dans ce monde, ceci en pensant à l’ONU (force de paix ?!) qui quitta le Katanga couverte de beaucoup d’ignominies et d’opprobres.

Je conseille donc à tous et à toutes de jeter un coup d’œil dans ce livre de Mr Kyoni kya Mulundu. Car ce livre est un veritable plaidoyer contre l’impérialisme de tout le temps. Tout lecteur y découvrira le parfum de l’opposition que l’auteur opère consciemment entre la volonté de justice et la volonté de puissance tout en considérant cette première comme condition sine qua none qui devrait guider toute action humaine dans ce monde.

Pierre Damien Ndombe Makanga.
Dr. Théol. & Dr. Phil. vivant actuellement en Allemagne.

I

Les Nations-Unies

Chapitre 1
L’accueil à la Luano

L’homme qui atterrit ce vendredi le 12 août 1960 à la Lwano, en pleine saison sèche, est accueilli par un hôte, ayant derrière lui un peuple qui croit en la liberté, en la démocratie et en toutes autres valeurs terrestres lesquelles, a-t-on pensé au Katanga, guident également l’hôte venu des Amériques. Bien plus, le maître de céans, appartient aussi comme l’étranger qu’il recevait sur le sol Katangais à une longue tradition familiale et tous les deux de confession protestante. M. Moïse Tshombe a un avantage : il est le rejeton, par sa mère, d’une longue tradition impériale, vieille de plus de trois cents ans. Le Katanga moderne que Dag Hammarskjoeld vient rencontrer, réunissait quatre nations. Elles ont toutes une histoire jalonnée de conquêtes, d’alliances matrimoniales et de cohabitations autant pacifiques que belliqueuses.

L’homme qui se tenait à la passerelle et qui serra la main du Suédois, avait en lui quelque chose d’inné, de noble et répandait tout autour de lui des qualités innées de conducteur des hommes et ses compatriotes lui avaient confié leur destin. En face de lui, l’hôte venait au nom d’une organisation au sein de laquelle il présidait aux destinées d’une pléthore des peuplades qui cherchaient à avoir voix au chapitre dans le destin du Katanga. Il arrivait en ambassadeur desdites peuplades à l’instar de celle qui débarqua un jour du mois d’août 416 avant Jésus-Christ sur l’île de Mélos, pendant la guerre du Péloponnèse. Comme lui, venu de New York, capitale du monde, les ambassadeurs étaient venus d’Athènes ; comme lui, en été 416, ils vinrent annoncer aux habitants de Mélos qu’ils n’avaient d’autre destin que celui de se soumettre à la volonté du plus fort. Comme eux, Dag Hammarskjoeld arrivait transmettre l’ultimatum aux Katangais qu’ils devaient se plier devant les intérêts belgo-congolais.

Voici le récit sur l’occupation de Mélos, tel que Thucydide l’a laissé à la postérité :

« Au commencement de l’été suivant, Alcibiade fit voile vers Argos avec vingt navires, il fit capturer trois cents Argiens qui passaient encore pour être favorables à Sparte et les Athéniens les transférèrent sur les îles voisines qui se trouvaient dans leur giron. Les Athéniens montèrent une expédition militaire contre l’île de Mélos avec leurs propres forces navalescomposéesde trente navires, de six navires de l’île de Chios et deux de Lesbos, et de même mille deux cents hoplites athéniens, trois cents archers et de vingt archers à cheval et surtout mille cinq cents hoplites mis à leur disposition par les alliés insulaires. Les habitants de Mélos étaient des colons venus jadis de Lacédémone. Ils ne voulaient pas se soumettre à l’autorité athénienne comme le firent d’autres habitants insulaires. Neutres, ils voulaient vivre en paix. Ensuite, comme les Athéniens employèrent la force pour mettre à sac leur pays ; ils estimèrent qu’ils se trouvaient en guerre ouverte avec eux. Les généraux Cléomèdes, fils de Lycomède et Tisias, fils de Tisimachos, après qu’ils eurent établi leur camp pour leur armement sur l’île et avant qu’ils n’engageassent des hostilités contre l’île de Mélos, ils envoyèrent d’abord des ambassadeurs entamer des pourparlers. Les habitants de Mélos ne les introduisirent pas dans la Chambre des Représentants, ils leur sollicitèrent de prendre la parole devant les gouvernants et les oligarques afin d’écouter l’objet de leur venue. Et les ambassadeurs athéniens prirent la parole et s’exprimèrent à peu près ainsi :”1

Quels sont les liens avec le Katanga ?

Il s’agit aussi de soumission. Dans le cas du Katanga, on doit se soumettre au nom des intérêts belgo-congolais. Comme les habitants de Mélos qui n’avaient souhaité qu’une chose : vivre libres et en paix avec les voisins. Lorsque le Conseil de Sécurité prit sa résolution d’envoyer des soldats au Congo, il existait deux situations dans la colonie naguère belge. L’effondrement de la Force Publique dû à une médiocrité conjuguée et simultanée de deux responsables : Lumumba et Janssens. Celui-là, Premier Ministre de la nouvelle République et celui-ci, commandant en chef de ladite armée. Le 5 juillet 1960, l’armée se mutine et tout s’écroule. Pour comprendre ce qui s’est passé, quand on est au Katanga, M. Tshombe part pour Léopoldville afin de régler des problèmes financiers. Ceci est la raison officielle de son déplacement. Il n’y est pas accueilli par le Premier Ministre, Lumumba. Pendant que M. Tshombe se trouve sur place, la mutinerie débute et il a la conviction que M. Lumumba allait s’effondrer et ainsi finir. Au propre et au figuré.

Je commence par le début :

A.) Au lendemain du 30 juin 1960, le Congo connaît, sauf au Katanga, un nombre croissant des conflits sociaux et tribaux. La grève à l’OTRACO, commencé avant le 30 juin continuait. A partir du 1er juillet, de violents incidents opposent les Bakongo aux Bayaka et aux Bangala. Dans la province du Kasaï, les Lulua et les Kasaïens en viennent aux mains. A Coquilhatville, les promesses électorales non tenues provoquent des heurts fort violents avec dix pertes de vie. Le 5 juillet, commence la mutinerie qui fait tout basculer dans les désordres indescriptibles.

B.) Au Katanga, la mutinerie a des répercussions immenses et décident de l’ordre politique à venir. C’est le 8 juillet à Kongolo qu’a commencé la mutinerie de la Force Publique. Cette localité a un centre de formation des recrues de la FP. et la plupart viennent de partout au Congo. Sauf du Katanga. Le 9 juillet, c’est le tour d’Eville de connaître sa première mutinerie. Le pire n’est évité que lorsque le Katanga, par son Président, proclame l’indépendance. Cette proclamation dont le Premier Ministre prend le prétexte pour déclencher le capharnaüm général lumumbiste qui assombrit encore aujourd’hui ce pays. Lumumba fait appel aux Nations-Unies. Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1960, les pays « progressistes, » ou du Tiers-Monde font voter une résolution favorables aux attentes et aspirations dictatoriales de Lumumba. Elles exigent le départ des troupes belges et l’arrivée des troupes africaines pour aider Lumumba à consolider son pouvoir. L’ONU accepte tout de suite de venir au secours du gouvernement congolais. Il y a du tout dans cette résolution :

ilne devait pas y avoir d’immixtion dans le conflit constitutionnel entre Léopoldville et Elisabethville ;

• le retrait des troupes belges qui partirent effectivement le 22 juillet1960 ;

lerétablissement de l’ordre public ;

cecicontredit la thèse du Katanga qui avait fait appel à la Belgique pour écraser la mutinerie de la Force Publique dont les contingents étaient composés des soldats venus de l’Equateur, de la Province Orientale et qui se réclamaient de Lumumba.

• Ce fut ainsi que le Katanga s’opposa à l’entrée des forces de l’ONU sur son sol et il dit haut et fort qu’il allait se défendre si l’ONU passait outre ce refus.

• Selon la charte des Nations-Unies, les forces armées de l’ONU ne doivent pas d’initiative engager des hostilités.

Lorsque le Congo devient, le 30 juin 1960, indépendant, Dag Hammarskjoeld n’assiste pas aux festivités, il se fait représenter par le Dr. Ralph Bunche de nationalité américaine et de race noire. Quelques jours seulement après la proclamation de l’indépendance, une mutinerie se déclenche à Léopoldville et il prie Ralph Bunche de rester sur place pour suivre la situation. Kasavubu et Lumumba se mettent en contact avec Ralph Bunche pour demander l’aide de l’ONU afin de bouter dehors les soldats belges qui sont intervenus pour mâter la mutinerie. Le 11 juillet 1960, le Katanga se détache du Congo chaotique pour réaliser ce qui lui a été refusé à la Table ronde et se proclame indépendant. Ceci est très important car, avec la suite des événements, on va prétendre que l’ONU est venue pour mettre fin à l’indépendance du Katanga ; alors que la raison principale est la demande de Lumumba pour que l’ONU l’aide à faire partir la Belgique qui recolonisait le Congo sous les yeux du monde entier.

Dag Hammarskjoeld expédie donc des troupes au Congo, après avoir consulté M. Ralph Bunche, qui se trouvait sur place. La précipitation des gouvernements africains qui lancent des troupes à l’assaut du Katanga, a surpris les hommes politiques de la province. Le Secrétaire général de l’ONU pourvu d’une résolution dont le projet a été proposé par la Tunisie et lequel contient ce qui suit :

« Fait appel au Gouvernement de la Belgique pour qu’il retire ses troupes du territoire de la République du Congo, le secrétaire général prendra en consultation avec le Gouvernement de la République du Congo, les mesures nécessaires en vue de fournir à ce gouvernement l’assistance militaire dont il a besoin et ce, jusqu’au moment où les forces de sécurité, grâce aux efforts du gouvernement congolais et avec l’assistance technique des Nations Unies, seront à même, de l’opinion de ce gouvernement, de remplir entièrement leurs tâches. »

Le 22 juillet, le Conseil de Sécurité adopte une autre résolution :

« Ayant considéré le premier rapport du Secrétaire Général sur la mise en application de la résolution S/4387 du Conseil de Sécurité, en date du 14 juillet 1960.

Exprimant son appréciation du travail accompli par le Secrétaire général et de l’appui que tous les Etats Membres qu’il avait invités à lui prêter leur concours, lui ont apporté si diligemment et si rapidement,

Notant que, comme le Secrétaire général l’a déclaré, l’arrivée des troupes de la Force des Nations.

Reconnaissant que le Conseil de Sécurité a recommandé d’admettre la République du Congo comme membre de l’Organisation des Nations Unies en tant qu’entité,

1. Invite le gouvernement belge à mettre rapidement en application la résolution du Conseil de Sécurité en date du 14 juillet 1960, touchant le retrait de ses troupes, et autorise le Secrétaire général à mener à cet effet l’action nécessaire ;

2. Prie tous les Etats de s’abstenir de toute action qui pourrait tendre à empêcher le rétablissement de l’ordre public et l’exercice de son autorité par le gouvernement congolais, et aussi de s’abstenir de toute action qui pourrait saper l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de la République du Congo ;

3. Félicite le Secrétaire général de la promptitude avec laquelle il a donné suite à la résolution S/4387 du Conseil de Sécurité et de son premier rapport ;

4. Invite les institutions spécialisées des Nations Unies à fournir au Secrétaire général l’assistance qu’il pourra demander ;

5. Prie le Secrétaire général de faire à nouveau rapport au Conseil de Sécurité lorsqu’il y aura lieu. »

Dans son deuxième rapport, Dag Hammarsksjoeld se penche avec plus de critiques sur le Katanga alors que la situation du reste du Congo devait attirer plus son attention. Il nous apprend tout de même que le gouvernement belge a accepté sans rechigner la résolution qui le défénestre du Congo. Lorsqu’à Bruxelles, on s’aperçoit que le Katanga refusait de laisser entrer des troupes onusiennes sur son sol, le gouvernement belge s’accroche à cette mince tige de l’arbre congolais qui lui donnait un répit. Mais, psychologiquement, la Belgique perd la face aux yeux des Congolais. Dans ses relations débutantes avec l’ONU, le Katanga, par son président, impose ses calendriers pour que les fonctionnaires de l’ONU vienent à Elisabethville se rendre compte de la situation combien paisible.

Dag Hammarskjöld dit au Conseil de Sécurité qu’il a des problèmes à faire entrer les forces armées au Katanga et il cherche néanmoins à entrer en contact avec M. Tshombe pour lui annoncer qu’il enverrait son adjoint Ralph Bunche le vendredi le 5 août 1960. Celui-ci devait négocier avec le gouvernement katangais le retrait des soldats belges seulement. Comme il est en même temps question de faire occuper le Katanga par les soldats de l’ONU, M. Tshombe fait parvenir, le 3 août, un message à Dag Hammarskjoeld :

« Gouvernement katangais unanime dans sa volonté de résistance par tous les moyens au gouvernement Lumumba et à l’envoi de troupes de l’Onu au Katanga. Leurs arrivées donneraient le signal de soulèvement général dans le Katanga. Gouvernement katangais prêt à exposer son point de vue à M. Bunche. Adjure de le rencontrer à Elisabethville au plus tard demain avant incidents catastrophiques. L’ONU serait seule responsable. Gouvernement katangais concernant déclaration antérieure se déclare prêt à examiner toute formule de coopération avec autres Etats souverains de l’ex-Congo belge »

A ce message, Dag Hammarskjoeld répond par des menaces à peine voilées. Il fait part au gouvernement du Katanga qu’il encourrait le danger d’avoir des sanctions décrétées par le Conseil de Sécurité. Il en saisit l’occasion pour rappeler que la mission des Nations-Unies ne s’immiscerait pas dans les affaires intérieures du Congo et celles du Katanga. Ces troupes se trouveraient sous le commandement du Secrétaire général et ne devraient pas se servir de leurs armes. Bunche arriverait à Eville avec un accompagnement de fonctionnaires onusiens et parmi lesquels il ne se trouverait pas de militaires. Gizenga a demandé qu’il y ait des fonctionnaires, des militaires et un journaliste congolais. Le Dr. Ralph Bunche quitte Léopoldville le matin du 4 août Léopoldville pour Elisabethville. Et voici les instructions de son chef Dag Hammarskjoeld qu’il emporte avec lui :

« Le plan général pour entrer au Katanga d’unités de la Force des nations Unies est exposé dans ma déclaration du 2 août. Vous connaissez également le plan détaillé de l’opération militaire, d’où il résulte que, dans la journée du 6 août 1960, des unités de trois contingents nationaux de la Force des Nations Unies arriveront à Elisabethville, à moins que d’autres ordres ne leur soient donnés par l’intermédiaire du commandant. Vous connaissez aussi le fondement juridique de cette action. Je joins à la présente lettre les documents ci-après qui établissent juridiquement notre devoir d’envoyer au Katanga des troupes des Nations Unies :

A) compte-rendu de la séance du 21 juillet 1960 du Conseil de Sécurité,

B) résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité les 14 et 22 juillet 1960 ;

C) mémoire relatif à l’interprétation des clauses concernant le retrait qui figurent dans la résolution du 22 juillet 1960 du Conseil de Sécurité (ce mémoire a été communiqué officieusement au gouvernement belge) ;

D) ma réponse à un message de M. Tshombe, reçu le 3 août 1960.

Votre tâche est de discuter avec les autorités belges compétentes les modalités de retrait des troupes belges et de leur remplacement pas des troupes de la Force des Nations Unies qui seront chargées du maintiende lasécurité dans cette partie également du territoire de la République du Congo.

Vous êtes autorisé à entrer en rapport, par l’intermédiaire des autorités belges avec des dirigeants de la communauté européenne ainsi qu’avec M. Tshombe et avec d’autres représentants de la population dans la mesure où vous le jugerez nécessaire pour préparer le terrain en vue du retrait des troupes belges et de l’entrée des troupes des Nations Unies, l’ordre public étant maintenu. Vous devrez au besoin faire connaître à ces autorités le fondement juridique de l’action des Nations Unies et les conséquences d’une résistance. D’après les déclarations que le gouvernement belge m’a faites, verbalement et par écrit, plus tard aussi dans une communication officielle, je sais qu’il n’y aura aucune opposition de la part des autorités ou des forces belges. Des désordres peuvent néanmoins se produire, soit à l’instigation de dirigeants locaux, vous devrez immédiatement entrer en communication avec moi et me rendre compte de la situation. Si vous arrivez à la conclusionqu’ilexiste un risque sérieux de résistance par la force en raison de l’attitude des dirigeants et que, pour cette raison, vous devez déconseiller l’entrée des troupes des Nations Unies, je demanderai, dès réception de votre rapport, la convocation immédiate du Conseil de Sécurité auquel je présenterai un rapport completsur les événements et auquel je demanderai des instructions. Il vous appartient donc de juger si les intentions indiquées par les autorités du Katanga dans le message reçu aujourd’hui par l’intermédiaire de la Mission diplomatique belge, à savoir que l’entréedes troupesdes Nations Unies se heurtera à une résistance active, sont maintenues d’une manière qui pourrait contraindre les unités militaires des Nations Unies à une action risquant de mettre des vies humaines en danger. Si vous estimez que tel est le cas, je compte que vous preniez, en ce qui me concerne, les initiatives appropriées, me laissant suffisamment de temps pour convoquer le Conseil de Sécurité avant tout autre action. Les contacts avec les autorités belges et éventuellement, par leur intermédiaire, avec les représentants locaux ont évidemment pour objet d’assurer que les buts du Conseil de Sécurité soient rapidement atteints, mais sans frictions qui amèneraient inutilement de graves complications dans une situation déjà lourde de difficultés ou qui compromettraient l’attitude impartiale et le caractère pacifique d’une force des Nations Unies. »2

Avec ce morceau de papier en mains, Ralph Bunche fait le voyage du Katanga pour promouvoir ou vendre l’arrivée des troupes de l’ONU. C’est la troupe de reconnaissance de Dag Hammarskjoeld qui atterrit :

« (…) En marge de la visite du Secrétaire général adjoint de l’ONU, M. Bunche, un incident s’est produit à Elisabethville, 24 heures après son arrivée. En effet, un avion qui est venu le chercher avait à son bord une mission d’installation de l’ONUC, forte d’une vingtaine des militaires déguisés en civils. L’appareil fut tenu en respect pendant plus d’une heure et fut contraint de rebrousser chemin. La raideur des autorités katangaises avait provoqué dans la capitale du cuivre une véritable explosion de fierté. Cet incident eut un effet positif sur l’annulation de l’entrée des troupes ONUC au Katanga »3

Comme sur l’île de Melos, Bunche ne parla qu’aux gouvernants du Katanga qui lui tiennent un langage clair et sans fioritures. Pour les Katangais, le mandat de l’ONU n’est en rien applicable au Katanga, car l’ordre et la paix y régnaient :

« En effet, au Katanga, l’ordre et la sécurité étaient bien assurés rendant ainsi inopportune et injustifiée la présence des casques bleus dans cette région. Deplus, le Katanga s’était proclamé un Etat indépendant et pour une forte raison, l’ONU ne pouvait intervenir dans un conflit d’ordre intérieur. En outre, cette disposition n’était pas à l’origine de la rupture de l’ordre et de la sécurité et ne constituait aucune entrave quant à l’accomplissement de la mission dont s’était chargé le Secrétaire général des Nations Unies. »4

Ralph Bunche est reçu très courtoisement et ses interlocuteurs se montrent très décidés à poursuivre leur voie. Il a en face de lui, outre M. Tshombe, MM. Kimba Evariste, alors Ministre de l’Industrie ; Munongo Godefroid, Ministre de l’Intérieur ainsi que des conseillers Mwenda Odilon, Meli Justin. A l’issue de ces entretiens, M. Bunche dit que les forces de Nations Unies ne sont pas et ne seront pas dirigées contre les visées de souveraineté du Katanga.

Dans le mémoire que Dag Hammarskjoeld fait parvenir à Ralph Bunche, on y lit une ignorance totale de la situation politique du Katanga et on n’y trouve absolument pas la biographie des hommes politiques. Ceci eût été la moindre des choses à faire. Mais, lui s’en est remis aux journaux, surtout de gauche et en premier lieu, la presse belge. Il écrit tout le temps« les autorités locales »en désignant le gouvernement katangais. Sa préférence va aux Belges dont il est convaincu qu’ils ont encore et toujours à dire. La rencontre, ce jour-là, entre le gouvernement du Katanga et Ralph Bunche va sortir toute l’Organisation des Nations Unies de son ignorance et balayer la morgue de l’envoyé de Dag Hammarskjoeld. Le Dr. Bunche parle de« fondement juridique »qui est au-dessus de la souveraineté et le Katanga lui fait voir et sentir que la souveraineté des peuples se trouve au-dessus du fondement juridique.

Voici le compte-rendu de l’entretien entre le gouvernement du Katanga et Ralph Bunche :

Ralph Bunche a commencé par expliquer la mission de l’ONU au Congo. Ce qui n’était pas inconnu à ses interlocuteurs katangais. Il insiste d’autant plus sur la présence et le retrait des troupes belges et les conséquences de leur départ. Il raconte que les Belges lui avaient dit que si les militaires belges partaient, toute la gent blanche s’en irait aussi. La réponse de M. Tshombe est toute simple :

« Je suis surtout heureux que M. Bunche lui-même a dit qu’ici il a trouvé que tout est calme, donc la présence des troupes des Nations Unies ici ne se justifie pas. »

Ralph Bunche revient sur le retrait des troupes comme si le Katanga en éprouverait la tristesse et la peur. La réponse de M. Tshombe :

« Dites la vérité. La présence des Nations Unies ici, c’est pour chasser les troupes belges, je crois ? »

M. Godefroid Munongo y rajouta :

« Les troupes belges doivent quitter de toute façon parce que la Belgique s’est engagée. En conséquence, certains pays africains, certaines troupes noires d’Afrique, amis de Lumumba, vont l’aider. Alors, ça va être au Katanga une autre Hongrie ou une autre Corée. Ce ne sera pas ! Si j’ai bien compris, vous avez dit que le gouvernement du Congos’estavéré incapable de gouverner. »

Bunche :

« Non, de maintenir l’ordre.

M. Munongo :

« Or, sauriez-vous le prouver que le gouvernement du Katanga n’a pas su le prouver. Vous avez reconnu que l’ordre règne au Katanga. »

Ralph Bunche revient sur la question de retrait et de départ massif des Européens et M. Munongo lui coupe la parole :

« Je n’ai pas encore répondu. Je vais y arriver. Voici, eh bien, je vous dis franchement que l’ordre règne au Katanga grâce à la clairvoyance du gouvernement, des dirigeants du Katanga. Maintenant, vous avez dit que les troupes sont venues, n’est-ce pas, parce que « invitées » par le Congo et sur l’accord de la Belgique. Je dois rétorquer ceci, que le Katanga depuis la proclamation de son indépendance est devenu un Etat qui ne fait plus partie intégrante du Congo. Ici, vous êtes sur le Territoire du Katanga, non du Congo.

La Belgique a marqué son accord, dites-vous. M. Tshombe a justement répondu et je ne puis que l’appuyer. La Belgique n’a plus rien à dire au Katanga. Ce sont les Belges qui nous ont mis dans le pétrin, ce sont les Belges qui ont appuyé ce repris de justice qu’est Lumumba. Oui, ce sont les Belges qui ont donné « un coup de pouce » pour élever Lumumba.

Ce sont les Belges qui nous ont trouvés avant leur occupation, nous qui n’étions pas unis. Ce qu’on appelle maintenant le Congo, les Belges nous ont unis pour leur facilité colonialiste. Moi, je ne pouvais pas vivre dans le Bas-Congo, ce sont les Belges qui, pour facilité, pour sauvegarder leurs intérêtséconomiques, ont voulu que nous soyons unis d’une manière factice. A cause des mesures dictatoriales du gouvernement Lumumba, eh bien, nous avons dit : « Pour nous, nous devons décider de notre avenir ». Nous avons proclamé notre indépendance, tout juste en conformité, comme le prévoit la loi de Londres.

Si, à présent, vous parlez aux troupes belges de se retirer, on s’en fiche pas mal. Nous nous en fichons comme des calendes grecques. Le Katanga ne peut pas supporter, bien qu’on fasse du chantage que les troupes belges vont se retirer ; et Lumumba, le Katanga l’attendra de pied ferme. Les Européens ne quitteront pas le Katanga, nous sommes là pour veiller sur leur personne et sur leurs biens. Nous sommes assez forts pour maintenir l’ordre au Katanga. Ne croyez pas que si les Nations Unies n’ont plus l’esprit humanitaire, que les autres ne l’ont plus. Nous sommes décidés, nous ne reculons pas d’un seul mètre. Les troupes de l’ONU ne viennent pas au Katanga et si les troupes belges veulent se retirer, eh bien, au diable les troupes belges ; les affaires iront comme par le passé. »

Et M. Paul Muhona enchaîne à la suite des paroles du Président Tshombe :

«Avant que vous ne tiriez la conclusion de ce que nous venons de dire, il faudrait quand même, tout en étant d’accord avec mes collègues ici présents, sur le fait que tout d’abord, si l’ONU est venue au Congo, vous l’avez très bien dit, c’était pour maintenir la paix et pour maintenir l’ordre. Je crois que çà, c’est la cause première. J’admets très bien le cas de l’assistance technique, mais ce qui compte tout d’abord, c’est que vous êtes venu pour maintenir la paix et cela non pas d’une façon théorique mais d’une façon pratique ; c’est-à-à-dire que vous vous êtes proposé de venir dans la République du Congo constater la situation, voir où il y a des défaillances et puis commencer à agir. Mais, en ce qui concerne justement le Katanga, qui est une République indépendante, je constate une chose, c’est que l’aide, la paix que vous semblez vouloir nous apporter n’est pas une paix pratique, réelle, fondée, c’est une paix théorique, c’est-à-dire, vous avez très bien vu la situation telle qu’elle se passe ici au Katanga. D’ailleurs, nous demandons qu’il y ait beaucoup d’observateurs qui viennent pour voir dans l’ensemble des territoires, que la paix y règne ; à l’encontre de ce qui se passe ailleurs où justement vous avez mis des troupes onusiennes. A l’encontre justement de cela,vous voulez dire, semble-t-il,qu’il n’y a pas la paix qui existe ici au Katanga, alors que les faits le prouvent.

En partant de cela, je puis donc dire ceci : que si le but premier de l’ONU au Congo est de maintenir l’ordre et la paix, je ne vois pas la raison pour laquelle vous allez venir dans un pays où il y a justement du calme. C’est pourquoi je dis que même si vous semblez dire que vous allez nous apporter une aide qui est plutôt forcée, une aide qui est théorique,la réalitéla plus objective, cet ordre règne ici. »5

J’ai repris seulement le tiers de ce qui s’était dit ce jour-là. Le Dr. Ralph Bunche est retourné à Léopoldville et il fait son rapport à Dag Hammarskjöld. Le 8 août 1960, le Conseil de Sécurité adopte une résolution demandant à la Belgique de retirer ses troupes du Katanga. En même temps, une délégation du Katanga à la tête de laquelle se trouve Jean-Baptiste Kibwe séjourne à New York. Elle assiste même à la séance de l’Assemblée générale et à la réunion du Conseil de Sécurité consacrées toutes les deux au Katanga. Elle est sortie de ces deux institutions dégoûtée. Elle avait auparavant remis par ailleurs une lettre au Secrétaire général dont voici la teneur :

« Monsieur le Secrétaire Général,

Au moment où va s’ouvrir la séance du Conseil de Sécurité convoquée à votre initiative, la délégation de l’Etat indépendant du Katanga que je préside, soucieuse d’apporter sa contribution à la solution pacifique du problème congolais, vous prie respectueusement de bien vouloir attirer l’attention des Etats membres du Conseil de Sécurité sur les points suivants, qui résument la position de mon gouvernement :

1. Le gouvernement de l’Etat indépendant du Katanga demande à l’Organisation des Nations Unies de constater que la population du Katanga a proclamé sa volonté d’indépendance par l’entremise de ses représentants librement élus ;

2. Le gouvernement du Katanga invite l’Organisation des Nations Unies à constater que l’ordre règne au Katanga, que le gouvernement de ce pays assureparses propres moyens la sauvegarde des vies et des biens et qu’il dispose du pouvoir politique effectif sur l’ensemble du territoire katangais ;

3. Le gouvernement katangais place son entière confiance dans l’Organisation des Nations Unies et dans la personne de son Secrétaire général. En tant qu’Etat souverain, il se déclare disposé à entamer avec les représentants de l’Organisation internationale toutes négociations qui pourraient aboutir àamener l’Etat du Katanga à collaborer, sur un pied d’égalité, avec toutes autres provinces ou territoires du Congo, dans le cadre d’une confédération d’Etats ;

4. Dans l’immédiat, le gouvernement du Katanga demande à l’Organisation des Nations Unies de proclamer un moratoire militaire au Katanga de manière à permettre à tous les ressortissants katangais de confirmer par voie de referendum, organisé sous contrôle d’observateurs des Nations Unies, l’indépendance dès à présent effective de l’Etat du Katanga »6

Le retard de la mise en place des recommandations de l’ONU était dû à l’interprétation que faisaient les Katangais et Hammarskjoeld de la résolution du 14 juillet 1960. Pour celui-ci, ce mandat concernait tout le territoire congolais y compris le Katanga. Pour les premiers, il n’en était pas question. Il y avait également une tierce personne toujours omniprésente : le Royaume de Belgique. Ce royaume oscillait entre sa fidélité au Congo unitaire et la sauvegarde de ses investissements au Katanga. Celui qui devrait les lui garantir s’est disqualifié, c’est Lumumba. Malheureusement, il s’est montré incapable de diriger le pays. Ici, se croisent deux chemins. Celui du Katanga qui s’est aperçu que Lumumba était dépourvu de moyens de se défendre et de défendre son poste. Le Katanga doit se prémunir contre les intrus, en l’occurrence : les mutins qui tenteraient d’entrer au Katanga et l’ONU qu’y arrivait par effraction. Celui de la Belgique qui tenait coûte que coûte à se maintenir dans le pays, malgré son expulsion par le Conseil de Sécurité. Lorsque l’affaire du Congo naguère belge fut portée devant les Nations Unies, M. Tshombe comprend que les jours de la Belgique, du moins par sa présence militaire, au Katanga, sont comptés. Il a encore un besoin urgent de conserver ces forces armées belges jusqu’à ce qu’il puisse se défendre par ses propres moyens. Le 14 juillet 1960, il écrit au Secrétaire général des Nations Unies la lettre dont...

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