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Les Soldats et les Sœurs dans les hôpitaux de Constantinople - 1855

De
68 pages

Par Charles DUNAND,

Instituteur, ex-sous-officier.

LA SŒUR PRUDENCE (au chevet du Capitaine).

Capitaine Jamin, votre large blessure,
Est le triste sujet des peines que j’endure.
Votre douleur est grande, et vous souffrez toujours ;
Courage, il est un Dieu qui veille sur vos jours.
Ne vous affligez pas. La sainte Providence
Tient à votre chevet son flambeau d’espérance,
Soumis à ses décrets, vous saurez supporter
La peine et la douleur de vous voir amputer.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Charles Dunand

Les Soldats et les Sœurs dans les hôpitaux de Constantinople

1855

Conseillé et encouragé par des hommes compétents en matière de littérature, nous avons, en 1854, publié un recueil de nos poésies auquel nous avons ajouté deux chapitres en prose. Cet ouvrage, fruit de nos loisirs, nous a valu de nombreux compliments et des lettres de félicitation. Nous n’essaierons pas de publier toutes ces lettres qui sont pour nous un titre d’encouragement, car elles nous prendraient trop de place ; nous reproduirons seulement celle de son Excellence le Ministre de l’instruction publique et des cultes, et celle de M. le Maire de la ville de Sens. Elles suffiront pour faire comprendre à nos lecteurs, que nous leur disons la vérité.

Pourquoi mentirait-on ? le mensonge est un vice
Que le juste méprise autant que l’injustice.
Tôt ou tard le menteur justement détesté,
N’a qu’à se repentir de sa duplicité.

A Monsieur Charles DUNAND,

 

INSTITUTEUR A SENS.

*
**

Monsieur,

 

Je vous remercie d’avoir bien voulu m’offrir votre recueil de poésies ; je ne saurais trop vous féliciter des sentiments excellents qui ont inspiré vos vers, et de la pensée charitable qui révèle l’application à laquelle vous avez destiné le produit de votre œuvre.

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération très-distinguée.

 

Le Ministre de l’instruction publique et des cultes,

ROULLAND.

*
**

Sens, le 14 novembre 1858.

 

Monsieur Dunand,

 

J’ai été bien sensible à l’hommage que vous avez bien voulu me faire d’un exemplaire de vos poésies et je vous en offre tous mes remercîments. J’ai eu grand plaisir à lire votre recueil et je ne puis que vous en adresser mes sincères compliments sur les excellents sentiments qui s’y trouvent mentionnés à chaque page.

Je vous prie de me faire remettre deux exemplaires de vos œuvres, pour que je les dépose à la bibliothèque de la ville de Sens.

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

 

Le Maire de la ville de Sens,

 

DELIGAND.

Lettre d’un de nos anciens camarades de régiment

Paris, le 25 mars 1859.

 

Mon cher Dunand,

 

J’ai reçu avec plaisir la lettre que tu m’as fait l’amitié de m’écrire et la copie de ton manuscrit : Les Soldats et les Sœurs dans les hôpitaux de Constantinople. Le facteur est entré chez-moi au moment où, pour la huit ou dixième fois, je relisais avec un nouvel attrait ton recueil de poésies ; plus je le lis, plus j’admire la facilité étonnante avec la quelle tu manies l’alexandrin et le bon naturel que tu sais si bien donner aux sujets que tu traites.

Ton fraticide Involontaire, cette prose si chaleureuse, si coulante, m’a attendri jusqu’aux larmes ; hein !... attendrir le cœur d’un vieux soldat dans une œuvre littéraire, faire couler ses larmes sur ces pages brûlantes qui vous crispent, vous corrodent, j’espère que c’est là la véritable gloire de l’auteur ! mais bah ! est-ce que tu songes à la gloire toi ! pas si fou ! elle est trop difficile à attraper !

J’ai lu avec intérêt et curiosité ton manuscrit ; à la bonne heure ! Tu sais tout ce qu’il y a de dévouement et de résignation courageuse dans l’âme de nos soldats ; tout ce qu’il y a de bonté, de douceur et d’abnégation dans ces bonnes sœurs de charité. Vraiment, on est heureux de lire de si belles et si sublimes vérités. Courage donc, mon vieux camarade, travaille au souvenir de nos vieilles garnisons et de cette belle et florissante Barcelone.

Tu as eu une heureuse pensée de mettre ton ouvrage en forme de dialogue, car cette forme dramatique ne manque jamais d’intéresser le lecteur : porte-moi vite sur ta liste de souscription pour vingt exemplaires, et, après cela ose dire qu’un vieux soldat y va doucement et en tatonnant. Ah ! c’est que vois-tu, mon vieil ami, on se rappelle encore le pas de charge, le pas de course, le pas gymnastique ; on n’a rien oublié, pas même le jour où Auger, le fricoteur, revêtu d’une peau de bœuf qu’il avait volée pour la vendre aux Grecs, fut, par punition, mis à genoux sur la place de Navarin, et vit défiler devant lui tout le régiment qui, joyeux et lisant le fatal écriteau, criait, non pas vive le Roi ! mais. voilà Auger, le voleur de peau de bœuf !... Tu t’en souviens, Dunand, et, ce qu’il y avait de plus comique, c’est que les cornes étaient sur la tête de ce pauvre diable d’Auger.

Ah ! nous en avons bien vu d’autres pendant 13 ans !... Au revoir, je te quitte ; mais viens donc me voir l’un de ces jours, tu me feras bien plaisir, je te recevrai de mon mieux, j’irais bien à Sans ; mais j’aime mieux que tu viennes à Paris.

Tout à toi d’amitié,
LA GERBIÈRE, ancien capitaine.

LES SOLDATS ET LES SŒURS

Dans les Hôpitaux de Constantinople 1855,

Par Charles DUNAND,

Instituteur, ex-sous-officier.

*
**

LA SŒUR PRUDENCE (au chevet du Capitaine).

 

Capitaine Jamin, votre large blessure,
Est le triste sujet des peines que j’endure.
Votre douleur est grande, et vous souffrez toujours ;
Courage, il est un Dieu qui veille sur vos jours.
Ne vous affligez pas. La sainte Providence
Tient à votre chevet son flambeau d’espérance,
Soumis à ses décrets, vous saurez supporter
La peine et la douleur de vous voir amputer.
Hélas ! vous le savez, l’homme a sa destinée,
Et, de nombreux écueuils, sa vie environnée,
Lui prouve à tous moments qu’il est né pour souffrir
Ah ! le couteau fatal à vos yeux va s’offrir !
Mais vous êtes chrétien, et vous savez vous-même
Ce qu’a souffert pour nous notre Sauveur suprême.

 

LE CAPITAINE JAMIN.