Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Miscellanea artistiques

De
106 pages

BnF collection ebooks - "L'église de Saint-Roch est belle, spacieuse, bien distribuée, bien éclairée, d'un goût d'architecture simple."

BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

La Maison Tellier

de bnf-collection-ebooks

La Petite Roque

de bnf-collection-ebooks

Paris anecdote

de bnf-collection-ebooks

À propos deBnF collection ebooks
BnF collection ebooks est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib liothèque nationale de France. Fruit d’une sélection fine réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF par un comité éditorial composé de ses plus grands experts et d’é diteurs,BnF collection ebookspour a vocation de faire découvrir des textes classiques e ssentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés.
Morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d’histoire, récits de voyage, portraits et m émoires ou sélections pour la jeunesse, tous les genres y sont représentés.
Éditée dans la meilleure qualité possible eu égard au caractère patrimonial de ces fonds, conservés depuis de nombreuses années par la BnF, les ebooks de BnF collection sont proposés dans le format ePub, un format ouvert stan dardisé, pour rendre les livres accessibles au plus grand nombre sur tous les supports de lecture.
Observations sur l’église Saint-Roch
1 1753 (Inédit)
L’église de Saint-Roch est belle, spacieuse, bien d istribuée, bien éclairée, d’un goût d’architecture simple. On trouve seulement que les degrés qui sont au-devant du portail et par lesquels on y monte, ne l’exhaussent pas assez. Un critique qui parcourrait Paris et qui en considérerait les différents édifices comme des monuments antiques, dirait qu’il faut que le terrain soit, baissé dans cet endroit. Ce défaut ôte de la légèreté à l’édifice entier.
Du milieu de la nef, l’œil découvre par un percé l’autel du chœur, celui de la Vierge, celui de la communion et celui du Calvaire.
En s’avançant du milieu de la nef vers l’autel du chœur, on est arrêté par la chaire d’où 2 l’on annonce au peuple la parole de Dieu. C’est un grand travail mais lourd et bas. La dorure des cariatides qui soutiennent ce morceau et des panneaux en bas-reliefs qui forment le contour au-dessus des cariatides, achèvent d’appesantir le tout. Il est fâcheux d’avoir de grands modèles dans l’esprit ; on y rapporte, malgré qu’on en ait, ce que l’on voit et j’avais entendu parler, quand je vis la chaire d e Saint-Roch, d’une autre chaire 3 construite dans une église des Flandres . C’est une caverne pratiquée dans un rocher. Un escalier rustique y conduit. Au bas de cette caverne sur le penchant de la roche sont assis Moïse, Jésus-Christ, les apôtres et les prophètes. À un des côtés sortent d’entre les fentes du rocher, des arbres dont les branches et les feuilles jetées vers l’entrée de la caverne forment le dôme de la chaire. Des herbes, des plant es agrestes, des ronces, des lierres rampants, la saillie inégale des pierres brutes et couvertes de mousses, donnent au tout un air sublime et sauvage. Les peuples rassemblés a utour d’un pareil édifice semblent avoir abandonné leurs habitations pour aller chercher l’instruction dans le désert.
Revenons à l’église de Saint-Roch. Arrivés à la bal ustrade du maître-autel, ceux qui aiment les ouvrages de serrurerie remarqueront la grille qui la ferme dans le milieu. C’est dans ce genre un beau travail et de bon goût ; toutes les parties sont bien assemblées, les ornements convenables ; simplicité, richesse, sans uniformité et sans confusion.
À gauche du maître-autel, contre un pilier, on voit un Christ agonisant. La tête et les bras de ce morceau de sculpture agonisent en effet, mais le corps et les parties inférieures se reposent. Il semble cependant que son agonie aurait dû répandre la défaillance sur tous les membres et que les jambes surtout seraient mieu x, si elles cherchaient à se dérober sous le corps. Il y a une de ces jambes appuyée sur la pointe du pied, et ce pied paraît être pendant. Un autre reproche qui tombe sur l’emplacement, c’est que la base de la figure est si étroite, et qu’il y a si peu d’espace depuis le pilier jusqu’à ses parties les plus saillantes, qu’on ne sait comment elle demeure là suspendue. El le en a l’air contraint, et cette contrainte chagrine celui qui regarde.
Contre le pilier correspondant à celui-ci et à droite du maître-autel, est un saint Roch, debout, son bâton de pèlerin à la main et son chien entre les jambes. C’est un morceau commun. Il paraît s’émerveiller, et l’on ne sait de quoi. Le sculpteur n’a eu égard ni à la fatigue d’un voyageur, ni au caractère et à la pauv reté d’un pèlerin qui va mendiant, ni à rien de ce que son sujet avait de singulier et de p oétique. Il me fallait là un pauvre diable sous un vêtement déguenillé, et qui aurait montré l e nu ; une besace jetée sur une des épaules ; un bâton noueux, un chapeau clabaud, un chien de berger à longs poils, et rien de tout cela n’y est : mais à la place, une prétendue noblesse froide et muette.
En tournant à droite ou à gauche, on arrive à la ch apelle de la Vierge. Là, sous une arcade, au-dessus d’un autel qui ferme le bas de l’ arcade, on a représenté en marbre blanc l’Annonciation. On voit à droite l’Ange porté sur des nuages ; ces nuages qui l’environnent se répandent par ondes sur l’autel et atteignent les genoux de la Vierge qui est à gauche.
L’ange et la Vierge m’ont paru d’un assez beau caractère, cependant la draperie un peu dans le goût du Bernin. La Vierge est à genoux, sa tête modestement inclinée et ses bras ouverts vers l’ange disent :fiat mihi. C’est vraiment la tête d’une Vierge de Raphaël, comme il en a fait quelques-unes d’une condition subalterne. Ces Vierges-là, moins belles, moins élégantes, moins nobles que les autres, ont q uelque chose de plus attrayant, de plus simple, de plus singulier, de plus innocent, d e plus rare. Ce qu’on y remarque d’un peu paysan, ne me déplaît pas ; et puis j’imagine q ue c’est un ton de physionomie nationale. L’Ange est de la famille et ceux qui seront mécontents de la Vierge, auront tort d’être contents de l’ange. Je ne sais où ils ont pris que ces figures étaient maniérées. Elles ne le sont point. Mais un défaut réel et frappant, c’est que quoique la Vierge et l’Ange soient de proportion colossale, l’espace vide qui les sépare, est si grand, qu’ils en paraissent mesquins et petits, la Vierge surtout. Le sculpteur n’a pas su établir entre cet espace et ses figures le vrai rapport qui convenait, ou il es t tombé dans ce défaut, en voulant ménager à travers le percé, la vue d’un Christ placé dans le Calvaire, qui est au-delà. Du moins c’est ainsi qu’on peut le défendre.
À gauche de cet autel on a placé une statue en plomb bronzé qui représente David, et à droite une autre qui représente le prophète Isaïe. J’en suis fâché pour M. Falconet ; mais son David e st lourd et ignoble. C’est un gros charretier couvert de la blaude mouillée et appuyé sur une harpe. Pour son Isaïe, il m’a paru très beau. Son regard e t son geste sont d’un inspiré qui lit dans l’avenir des temps. J’aime sa grossière et large draperie ; j’aime son tour de tête, le jet de sa barbe, la maigreur de ses joues creuses, sa chevelure hérissée, sa contenance effarée et le lambeau d’étoffe qui vient envelopper en désordre le haut de sa tête. C’est le Moïse du Poussin qui montre aux Israélites mourants le serpent d’airain. Cet Isaïe a bien l’air de ces hommes faits pour en imposer aux peuples et même pour s’en imposer à eux-mêmes. Une Gloire faite de têtes de chérubins, de nuées et de faisceaux de lumière qui s’échappent en tous sens, remplit une portion du haut du percé de l’arcade, et lie la scène qui se passe sur l’autel avec la peinture de la coupole. Il y a dans ces trois objets : l’Annonciation en figures de ronde-bosse, la Gloire qui ne pouvait être qu’une espèce de bas-relief, et la coupole qui n’est qu’une surface peinte, une dégradation de vérité qui m’a fait plaisir. Les figures de ronde bosse sont moins poétiques et plus réelles que la Gloire, la Gloire moins poétique et plus réelle que la coupole.
On a peint à la coupole une Assomption de la Vierge . Quelques connaisseurs auraient désiré qu’on eût fait du tout un seul et unique suj et ; qu’on eût vu à la coupole un Père éternel au milieu des prophètes, regardant au-dessous de lui l’accomplissement du grand mystère sur la terre ; et il est sûr que cela eût é té mieux. Au reste si c’est là un défaut, il est peu senti, et s’il l’était davantage, rien ne serait plus aisé que de le réparer, même en rendant la coupole plus belle. Il n’y aurait qu’à e ffacer de là une petite Vierge mesquine, qu’on aperçoit à peine et sur laquelle il n’y a qu’un jugement, pour y peindre un beau Père éternel, bien vieux, bien noble, bien majestueux.
La Gloire de la chapelle de la Vierge vue du milieu de la nef fait l’effet d’un riche baldaquin sous lequel la scène de l’Ange et de la Vierge se passe et cela est heureux. Derrière la chapelle de la Vierge est l’autel de la Communion, où l’on remarque deux anges adorateurs qui sont beaux. Et derrière la chapelle de la Communion est un Calv aire. Nous nous arrêterons un moment ici, moins pour ce qu’on a fait, que pour ce qu’on aurait pu faire. Pour produire un grand effet, celui d’un discours pathétique subsistant, l’endroit est trop petit et trop éclairé ; moins de lumière inspirerait de la mélancolie à ceu x qui n’en auraient pas, et l’augmenterait dans l’âme de ceux qu’elle y aurait conduits. Plus d’espace, il y aurait eu plus de grandeur dans les figures, plus de figures, plus d’action, un plus grand spectacle. On voit ici au lieu le plus élevé, dans renfoncemen t d’une niche, un Christ attaché à la croix ; au pied de la croix une Madeleine éplorée. Le Christ est mauvais. La Madeleine vaut mieux ; c’est une assez bonne imitation de Le Brun.
La croix est plantée sur un rocher, le rocher est brisé inégalement en plusieurs endroits. Sa rupture forme plus bas comme un commencement de caverne. Là-dessous on a pratiqué un autel de marbre bleu turquin en tombeau ; deux urnes fument aux deux bouts du tombeau. Sur le milieu est un bout de colonne do rée qui forme le tabernacle. Sur ce bout de colonne on a jeté la robe du crucifié, les clous, la lance, la couronne, les dés, les autres instruments de la Passion. Cela est poétique et beau, mais on en pouvait tirer un meilleur parti.
À droite sur le rocher, à l’endroit où il se brise, il y a deux soldats, petits, mesquins, qui ressemblent à deux morceaux de carton découpés et q ui font fort mal. Sur le milieu, un peu au-dessus de la colonne qui fait le tabernacle, et sur l’extrémité des débris du rocher, le serpent forme des convolutions ; il a la tête to urnée vers le fond et semble siffler et darder sa langue fourchue contre le Christ.
Si j’avais eu l’idée d’exécuter un Calvaire, j’aurais embrassé un grand espace et j’aurais voulu y montrer une grande scène comme l’Élévation de croix de Rubens, ou le Crucifiement de Volaterra ; on y aurait vu des masses de roches escarpées ; sur ces masses des soldats, le peuple, les bourreaux, les apôtres, les femmes, des groupes, des actions, des passions de toute espèce. Ces sortes d e sujets qui se présentent à l’esprit sous un coup d’œil sublime n’admettent pas de médiocrité. J’aimerais mieux une seule et belle figure, comme unEcce homo, un Christ flagellé, qu’un tableau manqué.
Je me serais bien gardé d’y placer un petit tombeau de marbre en bleu turquin, j’aurais suivi l’histoire, j’aurais creusé un grand tombeau dans le rocher. Au-dessus de ce tombeau j’aurais étendu la robe et jeté sur cette robe la l ance, la couronne, les clous. La robe n’aurait pas eu l’air d’un petit paquet de linge chiffonné.
Et ce bout de colonne doré qui forme le tabernacle, qu’est-ce que c’est que cette absurdité-là ? Un édifice tel que je l’imagine, avec tout le pathé tique qu’on pourrait y introduire, ferait plus de conversions que tous les sermons d’un carême. Mais si l’on eût voulu, à la place d’un Calvaire on aurait pu exécuter, dans le petit espace qu’on avait à Saint-Roch, un sujet plus convenable au lieu et plus frappant peut-être. C’est une Résurrection. À droite, à gauche, on aurait placé les Apôtres, les soldats, les femmes ; le tombeau eût occupé le milieu et formé l’autel et l’on aurait vu le Christ ressuscité s’élevant du tombeau, au-dessus de toutes les autres figures.
Ce Christ ressuscité et s’élevant vers le ciel, vu du milieu de la nef, aurait produit, ce me semble, un grand et bel effet. Le sujet eût aussi demandé beaucoup de génie et de talent. En un mot, pour n’avoir pas bien réfléchi à ce qu’o n voulait faire à Saint-Roch, pour avoir voulu faire plusieurs choses ‚ on a plus dépe nsé qu’il n’en aurait coûté pour en exécuter une seule, mais qui aurait pu être grande et belle. Dans presque tous les monuments modernes que je connais, ce n’est pas l’expression, ce n’est point la vérité du dessin, ce n’est pas là beauté du travail qui manquent, c’est la grande idée, et sans l’idée grande on ne fait rien qui vaille, surtout en sculpture. Dans l’église de la Sorbonne, vous voyez le cardinal de Richelieu expirant, la France se désole à ses pieds ; et la Religion le soutient sous les bras à la vue d’un Christ placé sur l’autel. Rendez le travail de ce monument cent fois plus beau s’il se peut ; mais ôtez l’idée de la Religion qui soutient le moribond et tout sera détruit. Pourquoi les sculpteurs qui ont assez souvent la froideur de la matière qu’ils emploient, n’ont-ils pas recours aux tableaux des grands peintres ? Il paraît que c’est leur vanité seule qui s’y oppose, d’autant plus qu’il est presque toujours possible d’exécuter avec succès en marbre la composition d’un peintre, au lieu que la composition du sculpteur ferait presque toujours mal en peinture.
1Cette date n’est point certaine. Nous reproduisons cet article sur une copie faite à l’Ermitage. Il était vraisemblablement destiné à laCorrespondance de Grimm et nous supposons qu’il dut suivre de près l’achèvement du Calvaire de Saint-Roch qui eut lieu en 1753. 2Par Challe. 3Ce motif de décoration des chaires à prêcher a été employé dans un certain nombre de villes de la Belgique et du nord de la France, mais nous ne savons à laquelle Diderot fait allusion. Notre copie portait seulement : « dans l’église de Flandres. »
Projets de tapisserie
1755
« … Comme nous nous amusons quelquefois, M. Diderot et moi, à chercher de nouveaux sujets de peinture, vous ne serez pas fâché peut-être de voir des tableaux de notre façon. En voici six que M. Diderot a faits l’autre jour en lisant Homère et qu’il a jetés sur le papier à ma prière : c’est une suite de tapisseries qu’on pourrait faire exécuter aux Gobelins. »
er (Correspondance littérairede Grimm, 1 février 1755.)
Le combat de Diomède et d’Énée avec les suites
(TENTURE DE TAPISSERIE.)
Première tapisserie – L’ami d’Énée, percé d’un javelot, est étendu sur la terre, Énée le couvre de son bouclier, et la lance à la main, il crie, il s’agite et menacé de donner la mort à quiconque aura la témérité d’approcher ; cependan t Diomède a ramassé une pierre énorme dont il est prêt d’écraser Énée. Le char d’É née a été renversé, dans le commencement de l’action, et l’écuyer de Diomède s’est jeté à la bride des chevaux qui bondissent et qu’il tâche d’emmener comme il en avait reçu l’ordre de Diomède. La scène se passe entre la mer et la campagne, le camp des Grecs et la ville de Troie.
Seconde tapisserie. – Énée, frappé à la cuisse du r ocher que la main de Diomède a lancé et renversé sur la terre, va périr sous le fer de son ennemi ; mais Vénus vient à son secours. La déesse étend entre Diomède et son fils une gaze légère. On aperçoit Énée renversé sous la gaze ; mais au-dessus de ce voile paraissent la tête majestueuse de cette déesse, ses épaules divines, sa gorge charmante, ses deux beaux bras étendus et ses mains délicates qui tiennent la gaze suspendue. Diomède, furieux que son ennemi lui soit dérobé, porte des coups de javelot contre la g aze. Cependant son écuyer emmène vers les tentes des Grecs les chevaux bondissants d’Énée.
Troisième tapisserie. – Vénus que Diomède a blessée à la main, est renversée entre les bras d’iris, qui l’emporte et la soustrait à la poursuite de Diomède que Minerve conduit, et dont elle excite et guide la fureur. Vénus laisse pendre mollement sa main blessée ; il en sort quelques gouttes d’un sang vermeil qui se changent en fleurs en tombant sur la terre.
Quatrième tapisserie. – Iris et Vénus rencontrent l e dieu de la guerre dans une nuée d’où il regardait avec une joie cruelle le combat d e Diomède et d’Énée. Vénus lui parle avec effroi de ce Grec terrible qui lui a effleuré la main, et qui se battrait contre Jupiter même. Elle lui demande son char et ses chevaux pour s’en retourner dans les cieux. Mars les lui accorde. On voit, sortir de la nuée le bout de la lance de Mars, et la tête de ses chevaux écumants qui soufflent le feu par les narines.
Cinquième tapisserie. – Iris et Vénus s’en retourne nt aux cieux sur le char de Mars et avec ses chevaux. Les chevaux fendent les airs, Iris les conduit. Vénus a le bras gauche appuyé sur l’épaule d’iris ; sa tête est penchée su r le même bras : elle regarde sa blessure, et elle s’afflige en voyant que la peau de sa belle main commence à noircir.
Sixième tapisserie. – Iris et Vénus sont arrivées d ans les cieux, Iris met en liberté les chevaux fougueux de Mars. Cependant Vénus s’est précipitée entre les bras de sa mère Dioné, qui la caresse et la console. Minerve et Jun on font des plaisanteries sur son aventure avec Jupiter, et le père des dieux né peut s’empêcher d’en sourire.
Sur le voyage en Italie par Cochin1
1758
M. Cochin, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de peinture et de sculpture, garde des dessins du roi, grand dessinateur, graveur de la première classe, et homme d’esprit, vient de publier sonVoyage d’Italie, en trois petits volumes. C’est une suite de jugem ents rapides, courts et sévères de presque tous les morc eaux de peinture, de sculpture et d’architecture, tant anciens que modernes, qui ont quelque réputation dans les principales villes d’Italie, excepté Rome. Juge partout ailleurs, il fut écolier à Rome ; c’est dans cette ville qu’il remplit ses portefeuilles des copies de ce qu’il y remarquait de plus important pour la perfection de ses talents. Cet ouvrage, fait avec connaissance et impartialité, réduit à rien beaucoup de morceaux fameux, et en fait sort ir de l’obscurité un grand nombre d’autres qui étaient ignorés. On en sera fort mécontent en Italie, et je ne serais pas étonné que les cabinets des particuliers en devinssent moins accessibles aux étrangers. On en a été fort mécontent en France, parce que les peintres y sont aussi jaloux de la réputation de Raphaël, que les littérateurs de la réputation d’Ho mère. En accordant à Raphaël la noblesse et la pureté du dessin, la grandeur et la vérité de la composition, et quelques autres grandes parties, M. Cochin lui refuse l’intelligence des lumières et le coloris. Il semble au premier coup d’œil que cet ouvrage ne puisse être lu que sur les lieux et devant les tableaux dont l’auteur parle ; cependant , soit prestige de l’art, ou talent de l’auteur, l’imagination se réveille et on lit : ses jugements sont plus ou moins étendus, selon que les ouvrages sont plus ou moins importants.
M. Cochin pense qu’un peintre qui réunit dans un gr and degré toutes les parties de la peinture, dont il ne possède aucune dans un degré é minent, est préférable à celui qui excelle dans une ou deux, et qui est médiocre dans les autres ; d’où il s’ensuit que le Titien est le premier des peintres pour lui. Je ne me connais pas assez en peinture pour décider si ce titre doit être accordé au concours de toutes les qualités de la peinture, réunies dans un grand degré, sans aucun côté excellent ; mais je jugerais autrement en littérature. Je n’estime que les originaux et les hommes sublimes, ce qui caractérise presque toujours le point suprême en une chose, et l’infériorité dans toutes les autres. Il y a des repos dans cet ouvrage qui le rendent intéressant. Là l’auteur traite de quelque partie de l’art ; les principes qu’il établit sont toujours...
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin