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Partita pour Glenn Gould. Musique et forme de vie

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336 pages
Glenn Gould est mort le 4 octobre 1982, il y a vingt-cinq ans. Il venait d’enregistrer une deuxième version des Variations Goldberg de Bach, l’œuvre qui l’avait fait connaître. Il n’avait que cinquante ans. Toute sa vie fut consacrée à son art, son choix fut celui d’une existence dans laquelle le renoncement à la vie devient la condition même de l’art. Tous ceux qui admirent cet art veulent s’approcher de la forme de vie qui l’a rendue possible, ils veulent en comprendre l’éthique particulière, la joie autant que le dépouillement. Ils souhaitent aussi s’approcher de cette esthétique de l’extase, dont il avait fait le principe de son engagement.
Dans cet essai, je m’interroge sur le sens de cet émerveillement et de cette souveraineté de la vie dans l’art, et aussi sur les limites qui en découpent l’expérience. Dans son retrait comme dans son effort infini de communiquer, Glenn Gould offre l’exemple de cet idéal du “devenir philosophe” dont il avait fait, reprenant la formule à David Thoreau, le modèle de liberté des solitaires. »
Georges Leroux est professeur au Département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal et membre de l’Académie des lettres du Québec.
• Prix de la revue Études françaises 2007
• Grand prix du livre de Montréal 2007
• Finaliste, prix littéraires du Gouverneur général 2008, catégorie Études et essais
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Extrait de la publication
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Extrait de la publication
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Partita pour Glenn Gould
Musique et forme de vie
Les Presses de l’Université de Montréal
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Leroux, Georges, -
Partita pour Glenn Gould. Musique et forme de vie  ---- e ---- . Gould, Glenn, -. . Musique - Esthétique. . Musique - Publics. I. Titre.
. 
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e Dépôt légal :  trimestre  Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition.
Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutien financier le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
     
Le prix de la revueÉtudes françaisesa été créé en , à l’initiative du directeur de la revue, M. Georges-André Vachon, et grâce à la généro-sité d’un imprimeur montréalais, M. Alex-J. errien. Il a été décerné de façon irrégulière, entre  et , à des auteurs du Québec ou de la francophonie. Des œuvres romanesques, des recueils de poésie et des essais ont été couronnés durant cette période. Après une interruption d’une quinzaine d’années, le prix a été relancé et redéfini en , et il est désormais décerné tous les deux ans à un auteur québécois ou à un auteur étranger francophone, pour un essai inédit. Ces dernières années, les Presses de l’Université de Montréal ont pu compter sur le précieux partenariat établi avec Imprimeries Transcontinental pour la publication et la diffusion de l’ouvrage primé. La revueÉtudes françaiseset les Presses de l’Université de Montréal désirent souligner par ce prix la contribution d’un auteur important à la réflexion sur la littérature et sur l’écriture de langue française dans le contexte de la culture contemporaine. Le prix est accordé pour un manuscrit demandé à un auteur sélectionné par un jury et il est d’une valeur de  $. Cette année, ce jury était constitué des personnes suivantes : Pierre Nepveu, Monique Moser, Jean Cléo Godin, Lucie Bourassa, actuelle directrice de la revue, et Benoît Melançon, directeur scientifique des Presses de l’Université de Montréal.
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Remerciements
 ’  à écrire sur Glenn Gould en Q , j’étais loin de penser que je ne m’en détacherais quasi jamais. À vrai dire, il m’a toujours occupé, et une des raisons en est que je n’ai pas été souvent seul dans l’admira-tion dont le présent essai veut témoigner. Plusieurs personnes partageaient cette admiration avec moi, et je voudrais les remercier. Je souhaite d’abord remercier Ghyslaine Guertin, dont le travail infatigable d’édition et de traduction a beau-coup contribué à la connaissance de l’art de Gould. Les deux colloques qu’elle a organisés, à Montréal en  et à Paris en , ont été l’occasion de très riches discussions, elle n’a jamais cessé d’animer notre petite communauté des « gouldiens » de langue française. Jean-Jacques Nattiez est depuis longtemps un fin connaisseur de Gould interprète, tout autant que de son esthétique, et je lui suis particulière-ment reconnaissant. Nos échanges m’ont beaucoup apporté.
Extrait de la publication
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Je dois aussi à Pierre Jasmin, artiste engagé, un regard irrem-plaçable sur l’œuvre de Bach et sur l’art du pianiste. Je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer le biographe de Gould, Kevin Bazzana,maislalecturedesestravauxmaamenéàprendrecontact avec lui et il s’est montré un interlocuteur généreux et enthousiaste. Sans l’aide et le soutien que m’a apportés Ginette Michaud dans la préparation du texte de cet essai, je ne pense pas que j’aurais pu le mener à terme. Non seulement elle a corrigé ce qui devait l’être, mais elle m’a convaincu de vivre avec mes doutes et mes inquiétudes, et je m’y suis efforcé. Je lui dois beaucoup. Je voudrais enfin nommer ierry Hentsch, décédé le  juillet . Sa conversation, quand elle se portait vers la musique de Bach et vers l’art de Gould, était lumineuse. J’aurais aimé lui présenter ces réflexions, où il est partout présent.
Extrait de la publication
Præludium Ouverture
o Partita n , en si bémol majeur
La solitude est la condition préalable de l’expérience de l’extase, et tout particulièrement de cette expérience qu’apprécie tant l’artiste post-wagnérien, l’existence héroïque. Personne ne peut se sentir héroïque sans avoir été d’abord rejeté par le monde ou peut-être sans avoir accompli soi-même cette exclusion. e Age of Ecstasy,
    a été très tôt lié au regard Lporté sur sa vie. Plus exactement sur la forme particu-lière de sa vie. Tous ceux qui ont reconnu son art ont voulu, dans le même moment, reconnaître aussi son engagement d’artiste, son ascèse particulière, son éthique. Ce n’est pas tant sa biographie, en effet, qui a reçu l’attention de ceux qui se sont efforcés de pénétrer le monde de sa pensée et sa concep-tion de l’art – car cette biographie manifeste une absorption entière de la vie dans l’art –, que la radicalité de sa consécra-tion à la musique. Cette dévotion a commandé, depuis son enfance jusqu’à sa mort, un engagement et une ascèse d’une
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