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Pensées de Jean-Paul

De
202 pages

LES formalités allemandes ressemblent aux habits longs qui soutiennent d’abord pendant quelque temps au-dessus de l’eau celui qui y tombe, mais qui l’entraînent ensuite au fond par leur pesanteur.

Si nos philosophes arrachent les pavés du temple de la vérité, c’est moins pour se préserver des bombes qu’on y lance, que pour se les jeter à la tête et casser les vitres.

Rien au monde de plus touchant que la vue d’une réconciliation. Nos faiblesses ne sont pas payées trop cher lorsqu’on nous les pardonne, et l’Ange incapable de ressentiment devrait porter envie à l’homme qui sait le vaincre.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Jean-Paul
Pensées de Jean-Paul
Extraites de tous ses ouvrages
PRÉFACE DU TRADUCTEUR
IL y a quelques années que je fis un voyage en Allemagne. Je ne connaissais encore Jean-Paul que par les éloges passionnés et par les critiques amères dont il a été l’objet : décidé à juger entre ses enthousiastes et ses détra cteurs, j’ouvris un volume de ses œuvres. Les beautés que l’on y rencontre me frappèrent vivement ; mais l’obscurité qui y règne me repoussait : c’était comme des éclairs au milieu d’une nuit orageuse ; la lecture en est fatigante même pour un Allemand : on reconna ît alors toute la profondeur du jugement qu’en a porté madame de Staël dans son livre de l’Allemagne. « La poésie du style de Jean-Paul, dit-elle, ressemble aux sons de l’harmonica, qui ravissent d’abord et nous font mal au bout de quelques instants. » Je compris que pour faire passer dans notre langue le génie de cet écrivain, on devait se borner à choisir les passages susceptibles d’être transplantés et de s’acclimater sur le sol français, et laisser de côté ces longues digressions philosophiques que la sécheresse y ferait bientôt périr. Pour tenter de reproduire un de ses ouvrages dans son ensemble, il aurait fallu plus que de la témérité. Nous nous soumettons donc entièrement, à cet égard, aux décisions de M. Loève-Veimars, qui, dans son ex cellent Résumé de la littérature allemande, affirmequ’il est aussi impossible de qualifier le génie de Jean - Paul que de traduire ses œuvres. L eGlobeticle biographique surémis une opinion à peu près semblable dans un ar  a notre auteur, qu’il a emprunté à laRevue d’Edimbourg, et que nous le prions de vouloir bien nous permettre d’insérer à la suite de cette p réface, comme le morceau le plus propre à faire connaître Jean-Paul à nos lecteurs. Mais les arrêts, d’ailleurs si respectables, que nous venons de citer, ne peuvent s’appliquer à des fragments isolés, dont le traducteur écarte tout ce qui lui semble ob scur ; et Jean-Paul, considéré par parties détachées, et plus particulièrement comme p enseur, ne nous a pas semblé présenter des obstacles insurmontables. Cette maniè re de l’envisager a même été généralement adoptée en Allemagne, où l’ouvrage de cet écrivain qui a eu le plus grand nombre d’éditions et obtenu le succès le plus popul aire, est celui que l’on a extrait de tous les autres. Ils embrassent un cercle de quaran te-trois ans, et forment à peu près soixante volumes : on les a réduits à six sous le titre deChrestomathie de Jean-Paul, et ce livre est regardé comme levade-mecumde tous les philosophes de la Germanie. C’est donc sous cette forme que j’ai appris à appré cier les beautés de Jean-Paul, et que je cherche à les faire comprendre au public par les faibles essais que je lui offre aujourd’hui. Puissent-ils lui en inspirer le goût, et engager quelque écrivain plus habile à terminer ces ébauches ou à leur substituer des tableaux plus complets. Combien alors me saurais-je gré de cette entreprise, qu’on jugera peut-être trop hardie ! mais je me consolerais bien facilement du blâme avec lequel Me ssieurs les classiques ne manqueront pas d’accueillir cette traduction, si je pouvais faire éprouver à quelques-uns de mes lecteurs une partie du plaisir que j’ai trouvé dans les productions de Jean-Paul. En effet, après avoir surmonté les premières diffic ultés qu’il présente, je ne pouvais plus m’en séparer. Ses pensées devinrent les compag nes de mes promenades solitaires ; je rencontrais en elles de cesaffinités électives qui me captivaient entièrement. Ses images toujours ingénieuses, souve nt bizarres, avaient pour moi un charme indéfinissable : quelquefois j’étais tenté de comparer ses ouvrages aux poésies d’Ossian. De même que le barde de la Calédonie évoque au son de sa harpe les ombres des héros des anciens temps, et les fait apparaître devant lui, enveloppées de leurs manteaux de brouillard ; ainsi Jean-Paul interroge à-la-fois le monde moral et le monde
physique, il remue le cœur de l’homme et réveille e n lui les sentiments les plus généreux : si les visions qu’il nous présente se mo ntrent quelquefois environnées de nuages, c’est qu’il les élève à la sublimité des cieux après les avoir fait sortir des abîmes de la terre. Poète, il donne un corps aux idées et une ame à la nature ; il chante la Divinité, la résurrection, et les mystères d’une au tre vie. Philosophe, naturaliste, peintre de mœurs, aucune merveille de la création ne lui échappe, et il sait saisir les ridicules de la vanité humaine jusque dans les replis les plus cachés. Comment le définir ? il offre à-la-fois tous les contrastes, et réunit les genres les plus opposés ; ce qu’on lui reproche quelquefois comme un manque de goût est souvent la source de ses beautés les plus saillantes. Tontes les couleurs se mêlent sous son pinceau, et ses tableaux hardis nous ravissent toujours par leur éclat, malgré le désordre qui règ ne souvent dans leur disposition. Le naïf, le burlesque, le sublime et le trivial se heurtent dans ses ouvrages, que dis-je ? dans l’espace de quelques lignes. On y aperçoit des figu res dans le style de Raphaël et de Michel-Ange, placées au milieu de groupes à la manière de Callot. Plus sensible que le sentimental Sterne, moins sceptique que Montaigne, Jean-Paul mêle l’originalité de Swift au comique d’Érasme, à la profondeur de Descartes, et, quelquefois même, au cynisme de Rabelais.
BIOGRAPHIE DE JEAN-PAUL
(Tiré de laRevue d’Édïmbourg,troisième trimestre 1827, et inséré dans leGlobedu 6 septembre de la même année.) Hors de l’Allemagne, JEAN-PAUL-FRÉDÉRIC. RICHTER n’est guère connu que de nom. Chose singulière ! d’un écrivain si célèbre et si fécond, il n’est venu jusqu’à nous que ce mot, importé par madame de Staël, et souvent répété depuis : « La Providence a donné aux Français l’empire de la terre, aux Anglais celu i de la mer, aux. Allemands celui de l’air. » Quant à lui, en effet, on pourrait dire qu e son génie était comme naturalisé dans ce dernier élément : son style est si fantastique, si subtil, et en même temps si profond et si compréhensif, toujours si extraordinaire, que le traduira est à peu près impossible ; c’est à tel point que même en Allemagne on a senti le besoin d’un guide pour l’intelligence de ses ouvrages, et qu’un Dictionnaire particulier à l’usage de ses lecteurs se publie en ce moment. Tout cela a dû restreindre et restreindra long-temps encore sa sphère d’action à son seul pays. Mais, en retour, l à il est adoré ; il est le favori de la classe supérieure ; on le suit dans le labyrinthe d e ses pensées avec une fidèle admiration, et avec cet amour qui pardonne beaucoup . Durant les quarante dernières années, il a attiré continuellement les regards, placé à des degrés divers d’estime, mais grandissant à chaque bordée de critiques qu’il rece vait, jusqu’à ce qu’enfin ses adversaires ont été ou ramenés à lui ou réduits au silence ; et Jean-Paul, réputé d’abord à moitié fou, a vu son originalité accueillie et vengée par des acclamations universelles : aujourd’hui il réunit la popularité au fond de gloire le plus solide. La biographie d’un homme aussi éminent ne saurait m anquer d’être intéressante, surtout si l’on s’attachait à suivre le développeme nt de ses facultés, à faire l’histoire de son esprit : car pour les événements de sa vie, ils sont très-simples et peuvent se raconter en peu de mots. Il naquit à Wunsiedel dans le Bayreuth, au mois de mars 1763. Son père était un professeur subalterne du gymnase de cette ville, qu i exerça ensuite la profession de ministre de l’Évangile, à Schwanbach-sur-la-Saale. L’éducation de Richter fut tout-à-fait négligée ; mais son intelligence et son infatigable application suppléèrent à ce malheur. Ne pouvant acheter des livres, il empruntait tous c eux qu’il trouvait, et en transcrivait souvent une grande partie. Il conserva toute sa vie cette habitude d’extraire, qui influa beaucoup sur sa manière d’écrire et sur la direction de ses travaux. En 1780, il se rendit à l’université de Leipsick où, en dépit de tous les obstacles qui s’étaient opposés à ses progrès, il arriva avec la réputation d’un jeune ho mme déja fort capable. Comme son père, il était destiné à la théologie ; mais son go ût pour la poésie le détourna de l’étude de cette science, qu’il finît même par abandonner tout-à-fait après avoir reçu les ordres. Alors, ne sachant trop que faire, il accepta d’abor d une place de précepteur dans une famille riche ; il prit ensuite chez lui des élèves , et il en changeait à peu près aussi souvent que de façon de vivre. Sur ces entrefaites, il était devenu auteur ; et, dans ses courses en Allemagne, il avait publié, tantôt dans un pays, tantôt dans un autre, les plus étranges livres sous les titres les plus étranges : par exemple :Les Procès du Groenland ; Récréations biographiques sous le crâne d’une géante ; Choix de papiers du diable,Malgré leur extravagance apparente, ces produ  etc. ctions, qu’on ne saurait analyser ni décrire, annonçaient de brillantes facu ltés dans leur auteur ; elles étaient empreintes d’une vigueur peu commune, et en même temps d’une pureté et d’une bonté
de cœur singulières. Peu à peu, Jean-Paul commença à être regardé, non plus comme un cerveau brûle, à-la-fois enthousiaste et bouffon, mais comme un homme d’une gaîté, d’une énergie, d’une sensibilité et d’une pénétration infinies. Ses écrits lui procurèrent des amis et de la renommée, et enfin une femme et u ne existence assurée. Avec Caroline Mayer, sa bonne épouse, et une pension qui lui fut donnée en 1802 par le roi de Bavière, il se fixa à Bayreuth, capitale de la prov ince où il était né ; il y vécut entouré d’hommages, et devint chaque jour plus célèbre. Il est mort le 14 novembre 1825, aimé et admiré par tous ses compatriotes, et surtout par ceux qui l’avaient connu intimement. Colossal, irrégulier au moral comme au physique (ca r son portrait est lui-même une étude curieuse de physiognomonie), plein de feu, de force et d’impétuosité, Richter parait avoir été en même temps doux, simple et humain au plus haut degré. Il aimait beaucoup la conversation, et était très-capable d’y briller ; il parlait comme il écrivait, dans un style qui lui était propre, et qui se faisait remarquer p ar une vigueur et des charmes agrestes auxquels son accent de Bayreuth ajoutait encore. Ma is par-dessus tout il aimait la solitude, la campagne, tout ce qui était simple et naturel. Ainsi qu’il le dit lui-même, depuis sa jeunesse il a en quelque sorte vécu en plein air : c’était au milieu des forêts et des prairies qu’il étudiait, souvent même qu’il écr ivait. Rarement on le voyait dans les rues de Bayreuth sans une fleur sur sa poitrine. Avec des goûts si paisibles, un cœur si aimant, on conçoit qu’il dut adorer sa famille et ses amis. Il parle souvent par allusion de sa pauvre et humble mère, mais jamais sans respect et sans le plus vif sentiment de tendresse. Voici ce que raconte H. Doering, qui vie nt de publier une vie de Richter (Gotha, 1826) ; malheureusement ce sont presque les seuls détails remarquables que nous ayons trouvés dans ce livre :
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