Philibert, l'évêque libertin du Mans

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Philibert-Emmanuel de Beaumanoir de Lavardin fut au XVIIe siècle évêque du Mans. Il croisa la route des plus grandes figures de son époque, Madame de Sévigné, Louis XIII, le Cardinal de Retz, Saint Vincent de Paul, Mazarin, Anne d'Autriche. Il fut à l'origine d'un scandale retentissant qui secoua l'Église de France et qui trouva un rebondissement inattendu plusieurs décennies après sa mort. Voici l'histoire de Philibert "l'évêque libertin".
Publié le : jeudi 5 décembre 2013
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EAN13 : 9782342016550
Nombre de pages : 100
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Henri Périssé
PHILIBERT, L'ÉVÊQUE LIBERTIN DU MANS
 
Mon Petit Éditeur
 
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IDDN.FR.010.0119205.000.R.P.2013.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2013
Merci à Éric sans qui ce Philibert naurait pas vu le jour
Un certain Philibert Philibert naît au château de Malicorne, un calme village à quelques lieues du Mans, dont sa famille détient la seigneurie depuis des lustres. Sur le registre paroissial figure la mention du baptême, « le douzième jour de novembre 1618, de Phillebert Emmanuel de Beaumanoir » Lorthographe du temps est incertaine, le bon curé de léglise de Malicorne ne voyait pas malice à écorcher un peu le prénom du fils des seigneurs du lieu, famille puissante et respectée. La date de la naissance, elle, nest pas indiquée, dans tous les tableaux généalogiques de la famille on ne lit quune date sèche, 1617, comme si la naissance de Philibert était de trop peu dimportance pour quon se donne la peine den retenir le mo-ment précis. Il faut dautres sources pour découvrir quil naît le 13 octobre 1617 et même, avec la précision méticuleuse de notre moderne état civil, à dix heures du matin. Seront présents au baptême le parrain Philibert Emmanuel de Savoie marquis de Villars de qui le nouveau-né tient son prénom et Suzanne de Grandmont marquise de Montpezat qui fera la marraine. Deux personnages de haute importance et de grande noblesse alliés eux-mêmes aux familles les plus presti-gieuses et qui ont fait le voyage jusquà cette modeste église pour célébrer larrivée du petit Beaumanoir. Cest que le tout jeune Philibert nest pas, lui non plus, de modeste condition. On trouve autour de son berceau doré une remarquable galerie de portraits : des ducs, des comtes et des
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marquis à la pelle, toute une pagaille de seigneurs de ceci et de cela, des Maréchaux de France, des évêques, des ambassadeurs. Et ça remonte à loin, on trouve même en cherchant bien un Hildebert de Lavardin, qui fut évêque du Mans dans les pre-mières années du 12° siècle, celui-là, nous en reparlerons. Ainsi penchés sur le nouveau venu, ces éminents person-nages accueillent un des leurs, un de ces immenses privilégiés, fortunés parfois jusquà lextrême, souvent de très haute culture, certains brillants chefs de guerre, dautres ecclésiastiques de haut vol, tous soucieux jusquà lobsession de défendre leur position dans le monde. On trouve aussi parmi eux, rien nest parfait, quelques ratés spectaculaires, de superbes nuls, de ceux qui naissent dans un berceau en or massif et qui nen sortiront que pour une destinée minable de petitesse et de médiocrité. Mais ceux-là, même ceux-là, profiteront du hasard miraculeux de leur naissance pour grappiller des pensions, des subsides, des héritages, on leur trouvera même une femme, souvent une ca-dette disgracieuse ou de petit esprit quon na pas pu caser ailleurs, qui na dautre choix que de senterrer vivante dans un couvent où elle pourrira lentement ou daccepter cette union sans amour et sans plaisir qui lui évite au moins lemmurement de la clôture monastique. Philibert ne sera pas de ces médiocres, il fréquentera la plus haute société, il tutoiera les sommets, il sera à son tour riche, très riche même, reçu dans les cercles les plus brillants et dans lintimité des beaux esprits de son temps, appelé à la Cour royale, honneur suprême. Il sera digne de la lignée dont il est issu et saura tirer grand profit des privilèges quil a la chance de trouver en cadeau de naissance. Une chance inouïe, certes. Il ny a pour les gens de lépoque, et cest encore plus vrai que de nos jours, aucune destinée per-sonnelle, aucun parcours de vie qui ne soit lié détroite façon au lignage auquel on appartient. Cest vrai surtout et encore plus de limmense foule des petits, des humbles, de ceux innom-
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brables qui survivent difficilement entre famines et dévastations guerrières, épidémies et caprices du temps, courbés par obliga-tion sous la morale accablante que déversent les curés de leurs pauvres paroisses, ployant sous les dîmes, les taxes, la gabelle, tous ces prétendus « droits » que nobles et prêtres se sont oc-troyés au fil des siècles au prétexte de la protection militaire ou divine quils sont censés apporter au peuple. Pour eux, pas despoir, ou si peu, pas de rêve pour eux-mêmes pas plus que pour leurs enfants, tous voués à cette vie de boue, de froid et de faim, et qui sy accrochent pourtant, que faire dautre, dans lespérance quon leur fait briller dune vie éternelle de consola-tion et de félicité, pourvu quici-bas ils acceptent de subir, de se prosterner et de souffrir, le Paradis de leurs curés a une bien commode utilité.Il nempêche pas, de ci de là, les révoltes, les explosions, les enragements populaires face à tant de misère et de mépris. Mais ce ne sont quéruptions momentanées, férocement punies, sei-gneurs et abbés reprennent vite le dessus, le peuple retrouve sa courbure et ravale ses haines muettes jusquà la révolte suivante qui sera daussi petit effet. Philibert, qui est dun autre monde, ne trouvera sur son chemin que quelques intrigues, des médisances, de minces ja-lousies qui lui vaudront parfois rebuffades, moqueries ou déceptions, mais dont il viendra à bout par ses talents et grâce à ses titres, ses hautes relations, ses alliances. Il est le produit dune caste au sein de laquelle on peut se déchirer pour un poste, un privilège de plus, une faveur ou un simple regard du Roi. Mais on fera toujours bloc face aux gueux qui oseraient réclamer le droit de vivre. Philibert est fils de famille. Et quelle famille !
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