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Premières et dernières poésies

De
79 pages

Je regrette le temps où notre âge naissait,
Où chez Victor Hugo, Lamartine et Musset,
Au soleil de l’amour grandissait le poète,
Où ce siècle encor jeune et déjà vigoureux,
Sous le souffle puissant des pensers généreux,
Sentait vibrer sa lyre à chanter déjà prête.

En ce temps, le penseur, pauvre et déshérité,
Lorsqu’il allait lancer, par la foule insulté,
Son imprécation à la nature humaine,
S’arrêtait quelquefois, ému par la chanson
Que chantait Bernerette avec Mimi Pinson,
Et souvent cet amour étouffait cette haine.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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René de Labry
Premières et dernières poésies
J’appris bientôt que ce lycéen s’essayait à faire des vers : mais ces vers d’adolescent, il n’osait trop les montrer. Il y mit tant de discr étion, que je n’ai lu qu’après sa mort la plupart de ceux qu’une affection pieuse réunit dans ce volume. C’est à vingt-et-un ans que René de Labry a été enlevé à la tendresse de sa famille, aux légitimes espérances de ses amis. Un vieux maître, comme je suis, a vu partir avant l’âge bien des jeunes gens, de ceux qui promettaien t le plus ; pourtant je n’ai pu accoutumer encore ma philosophie à ces brusques adi eux, qui laissent la nature impassible, mais qui troublent la plus solide raison comme la foi la plus résignée. Il ne m’appartient pas de toucher à ces grandes douleurs. Je ne veux parler ici que des vers de René de Labry. Avant de mourir, il souhaita it qu’on les publiât ; il n’a pas eu le temps de les classer ni de les revoir. On les donne donc tels qu’il les a laissés ; et c’est bien là ce qu’il convenait de faire, pour ne point enlever à cette poésie sa saveur, à ces essais leur grâce juvénile. Quelle est donc cette œuvre à peine éclose ? De quo i peut parler cet enfant de vingt ans, à qui le ciel refuse de vivre, et qui anticipe sur la vie ? Ce qui remplit ces strophes, ces sonnets, ces stances élégiaques, ce qui vit et respire dans ce recueil, ce qui se mêle partout à ces souvenirs de voyage, à ces fantaisies mondaines, à ces marques d’amitié touchantes, c’est l’amour, et l’amour à peu près se ul ! Rien de bas ni de vil dans cette passion qui s’éveille : c’est le rêve et l’espoir, c’est la joie et la plainte, c’est déjà l’amertume et le regret, comme si tout l’amour se découvrait à la fois dès qu’on aime, ou comme si le jeune poète, par une fiction ordinaire à cet âge, s’amusait des luttes de la passion, et s’exerçait par avance à en parler la langue enchanteresse et douloureuse ! Il ne faut demander à cet écolier, épris d’amour et de poésie, ni des inventions bien nouvelles, ni une forme bien sévère et bien personn elle. Les plus grands poètes n’ont guère été, à vingt ans, que des imitateurs sincères. Mais déjà, dans ces courtes pièces, quelle franchise de sentiment et d’expression, quel s traits ingénieux, quelle émotion vraie, quelle grâce aisée, que de qualités naissant es que le temps eût muries, et qui portent, dans les moindres passages, la marque du talent à son aurore ! Sait-on ce que serait devenu ce jeune poète, s’il eût vécu ? A coup sûr, il n’aurait rien écrit de vulgaire, ni pour la pensée ni pour le style, celui qui disait, à vingt ans :
On doit porter haut la tête, Quand on porte haut le coeur !