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Cette série, parue dans le Figaro Littéraire,
est publiée avec l’aimable autorisation du Figaro.

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« A

près tout, pourquoi mourir ? » C’est ce que pensa Romain Gary, en cette soirée du 2 décembre 1980. Il rangea le vieux browning offert par Dimitrov, dont il s’apprêtait à faire un si mauvais usage. Il fit disparaître la robe de chambre rouge qu’il venait d’acheter afin de s’offrir un élégant linceul. Et il regarda la situation avec sang-froid. « Oui, pourquoi mourir, alors que je possède encore deux vies ? Gary et Ajar… Ajar et Gary… Pourquoi franchir la limite quand on a, en poche, deux tickets encore valables… ? » Rêveur, il alla ranger son testament dans un coffre du Crédit lyonnais, à l’angle de la rue du Bac et du boulevard Saint-Germain. Il enfila une chemise de soie mauve et un poncho mexicain multicolore. Et il s’en alla chez Lipp où, avec un appétit tout neuf, il dévora une entrecôte pour deux. Le lendemain, il adressa à l’AFP un communiqué flegmatique, mais qui sonnait tout de même comme un bulletin de victoire : « Je soussigné Romain Gary, déclare être l’auteur de tous les ouvrages publiés à ce jour sous le nom d’Émile Ajar. Je tiens à la disposition de qui le souhaite les preuves irréfutables de ce que j’affirme. »

Dans l’édition du Monde daté du 4 décembre, Yvonne Baby, Jacqueline Piatier et la prometteuse Jo S. publièrent une série d’articles tonitruants et admiratifs que la rédaction du journal décida de nuancer par un « point de vue » de Bertrand Poirot-Delpech intitulé : « Est-ce bien vrai ? »