Rendons le pouvoir aux citoyens

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Dans son ouvrage sous-titré La reconquête du pouvoir par le politique, l'auteur part du constat que la situation de la France s'est dégradée et continuera de se dégrader si aucune action citoyenne d’envergure n’est entreprise. Pour lutter contre le défaitisme qui gagne un terrain croissant dans notre société, il propose que tous les citoyens s'engagent et reprennent confiance en leur capacité à inverser le cours de l’évolution de notre pays, ce qui présuppose une reconquête de leur pouvoir de décision. La démocratie est l'œuvre d’une initiative collective qui remet son sort entre les mains de dirigeants dignes de leurs fonctions. Dans la perspective d'un avenir prometteur au sein d'une Union européenne puissante, le chef de l'Etat, dont il sera fait en sorte qu’il soit à la hauteur de la situation, devra procéder à de profondes réformes et repenser l'économie nationale. L'essai analyse les dysfonctionnements qui ont conduit à une dévalorisation des instances politiques en France. Il recommande de les résoudre à travers une série de mesures politiques de fond puis de focaliser les ressources du pays sur un ensemble d’approches économiques aptes à relancer la création vertueuse de richesse.



Publié le : vendredi 22 avril 2016
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EAN13 : 9782334106252
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ISBN numérique : 978-2-334-10623-8

 

© Edilivre, 2016

Remerciements

A ma chère mère Nadine, qui m’a enseigné son grand respect pour les lettres.

A mon cher père Sylvain, qui m’a élevé dans l’amour inconditionnel de la France.

A ma chère épouse Véronique et à mes chers enfants Amélie et Victor, qui donnent à ma vie de si nombreux bonheurs.

Introduction

Notre cher pays, la France, perd du terrain. L’existence de chacun y paraît de moins en moins douce, régulièrement des signes apparaissent qui rendent l’atmosphère de la vie publique plus oppressante. L’avenir du pays apparaît chaque jour plus incertain. Le pays a grandement besoin d’être mieux dirigé, tous en conviennent, mais d’aucuns doutent qu’il soit encore possible de le conduire avec suffisamment de puissance pour que le cours de son destin en puisse être inversé.

Des phénomènes puissants à l’œuvre depuis plusieurs décennies, à la fois causes et conséquences les uns des autres, conjuguent leurs effets pour insuffler une perception croissante en France que le pouvoir des citoyens, c’est-à-dire le pouvoir politique au sens propre du terme, n’est pas en mesure d’exercer une influence durable ni en profondeur sur l’avenir du pays :

• Médiocrité et incurie de trop nombreuses personnalités politiques de premier plan, qui génèrent l’impression qu’embrasser la carrière politique ne correspond plus à une vocation sacrée pour un métier d’exception, mais au contraire à une carrière comme les autres, voire à un métier par défaut ;

• Rapprochement du contenu programmatique des partis de gouvernements sur de nombreux points essentiels pour le devenir du pays, notamment économiques, nourrissant le sentiment de la perte de contenu politique des différentes formations politiques ;

• Désaffection grandissante pour les valeurs structurantes de la vie en société et perte graduelle d’adhésion des citoyens aux ambitions sociétales, entravant leur mobilisation autour d’un projet de société commun ;

• Morcellement des prérogatives des organes politiques du fait des étapes successives de la décentralisation, qui ont entraîné une multiplication mal maîtrisée des postes d’élus et une perte de lisibilité des pouvoirs politiques dans l’opinion.

• Accentuation de la tendance des medias à l’évènementiel et l’immédiateté, ayant pour résultat de transformer progressivement les sujets politiques en sujets d’actualité comme les autres, ce qui brouille les messages politiques et confond leurs acteurs, quand il ne les place pas simplement au service des amuseurs.

• Transfert des prérogatives traditionnelles du pouvoir politique national vers l’Union Européenne, dans une mesure et avec des effets qui ne sont pas immédiatement compréhensibles pour les citoyens.

• Mondialisation de la culture de masse, largement inspirée de la culture des Etats-Unis d’Amérique, promue en France par l’apologie du consumérisme, de la facilité immodérée et de la paresse intellectuelle qu’entraînent dans leur sillage les héritiers désormais dominants dans une partie de notre paysage médiatique des mouvements libertaires et relativistes de la fin des années soixante.

• Transfert d’une partie des décisions économiques structurantes traditionnellement dévolues au pouvoir politique national vers des centres de décision mondiaux, soit au travers des logiques des entreprises multinationales, soit au travers des organismes supranationaux.

• Invitation suscitée par notre système démocratique à la surenchère des candidats en période électorale, résultant en un décalage entre les réalisations en cours de mandat et le contenu des programmes de campagne.

• Restriction des marges de manœuvre financières et juridiques de l’Etat, sous le double coup de la dégradation progressive des finances publiques et des revendications de l’opinion publique vers une capacité à contester les actions de l’Etat sur le terrain du droit, alimentant le sentiment que la liberté d’action de l’Etat est contrainte jusque dans les domaines régaliens.

• Diminution de la compréhension de notre société pour le risque, pour la non-transparence, pour la soumission de l’expression des intérêts individuels ou communautaristes à l’intérêt collectif supérieur.

• Développement d’un goût prononcé pour les processus, les procédures, la formalisation et la sécurisation des actes qui gagne l’ensemble des aspects de la vie administrative et sociale, vidant la compétence et l’engagement individuels et collectifs, et leur corollaire, le pouvoir de décision, d’une partie croissante de leur sens.

• Décalage grandissant entre ce qui est perçu comme un développement accéléré du monde qui nous entoure et un retard d’adaptation de notre pays et de notre organisation collective à ce développement.

• Croissance du sentiment dans l’opinion que l’Etat n’est plus seul légitime pour prendre les décisions structurantes et fixer les axes majeurs de développement de notre société, accentuée par la tendance des médias à placer sur le même plan toutes les informations de toutes les sources sans considération de légitimité politique des sources, ayant pour résultat que la parole d’un ministre de la République est comparée à celle, par exemple, du porte-parole d’un représentant de la Société Civile.

• Augmentation régulière de l’abstention, largement mise en exergue par les médias, qui contribue à instiller l’appréciation que ceux qui sont élus le sont par défaut et que leur programme n’emporte pas l’adhésion d’une quantité suffisamment représentative de citoyens.

Cette perception est erronée que la destinée de notre grand pays suit désormais une trajectoire hasardeuse inéluctable dont nous ne pourrions plus influencer le cours. Il est un autre épilogue possible aux évolutions des quatre dernières décennies pour notre société française que la dérive aux confins du déclassement et de la dislocation.

Certes, la situation de notre cher pays s’est dégradée. Il ne s’agit certainement pas ici de verser dans un catastrophisme en phase avec les désespérances des cassandres du moment, ni de magnifier déraisonnablement le passé afin de noircir le présent, mais nous devons reconnaître que notre pays offre aujourd’hui des spectacles affligeants qui lui étaient inconnus il y a quarante ans, qui constituent autant de témoins d’un affaiblissement de la capacité de notre société à affronter l’avenir : les frasques du président de la République François Hollande, emblématique d’une période où ceux qui sont dépositaires de l’honneur de représenter la cohésion de la société témoignent de leur indifférence profonde pour ce rôle, les exclus, les jeunes sans emploi, les seniors sans emploi, les friches industrielles et les sombres perspectives pour le développement de l’emploi industriel sur notre territoire, les attaques violentes et répétées contre notre modèle de société, l’ostentation de l’affichage par nombre de nos concitoyens de leur appartenance à des communautarismes à bien des égards incompatibles avec nos valeurs communes, constituent des signes emblématiques des fissures qui lézardent l’édifice jadis si solide dont nos prédécesseurs avaient bâti l’armature de notre nation.

Si je partage la perplexité et l’émoi de nombre de nos concitoyens face à l’évolution erratique que notre nation nous a donné à voir ces dernières années, je ne me résous certainement pas au défaitisme. L’affaissement progressif qui a été infligé à notre pays depuis quarante ans peut être renversé, nous pouvons renouer avec une dynamique vertueuse. Il suffit de décider, puis de vouloir, affronter et résoudre un à un tous les facteurs qui ont permis, accentué ou enfanté les multiples failles qui œuvrent à saper les bases de notre pays.

Je fais partie de ceux qui sont convaincus que le succès de notre pays n’est que momentanément éclipsé, que l’avenir de notre pays témoignera d’une grandeur au moins égale à celle que ses heures les plus glorieuses lui ont déjà valu, et qu’il ne tient qu’à nous que le processus de restauration de notre grandeur débute sans délai. L’histoire est riche d’exemples de situations tourmentées que l’on croyait perdues, qui se sont révélées n’être finalement que des péripéties temporaires – encore a-t’il fallu à chaque occasion supplanter les tentations d’abandon dans lesquelles versait notre société alors désemparée.

Alors que devons-nous faire pour nous extraire de la gangue de défaitisme où nous sommes plongés ?

Tout simplement rendre le pouvoir aux citoyens, le pouvoir politique qui leur est dévolu par notre République, qui constitue l’essence même du lien entre nous tous Françaises et Français, celui de fixer la ligne que nous voulons pour construire notre avenir commun et de s’assurer qu’elle est suivie, ce pouvoir dont ils se sentent aujourd’hui dépossédés ou qu’ils n’osent pas saisir car ils le croient vain mais où, en réalité, réside la clé de notre succès collectif.

Rendre le pouvoir aux citoyens, cela signifie :

D’abord, faire émerger des chefs politiques auxquels est assigné le clair devoir de redresser notre pays, dans le cadre d’une fonction rehaussée et investis d’une autorité restaurée. Redonner l’élan à notre société commence par la doter de bons chefs, crédibles, légitimes, en lesquels nous citoyens aurons véritablement placé notre confiance.

Ensuite, convaincre chaque citoyen de retrouver le goût de s’investir pour le bien de le cité.

Enfin, prendre un ensemble de mesures politiques fortes qui donneront les moyens à notre société de s’organiser pour rendre à la puissance publique ses marges de manœuvre et enclencher un fonctionnement vertueux du corps social, en agissant sur la foi en la société, en ses valeurs, en ses plans d’avenir et en ses chefs, sur la foi dans sa capacité collective à former un monde meilleur pour les générations futures et à influer positivement sur le cours du monde.

L’effort est certes immense, mais à la hauteur des immenses espérances que nous plaçons dans le relèvement de notre pays. Il demandera à nombre d’entre nous une force de volonté, un courage et une ténacité que l’époque a rendu inhabituels – mais que seuls ceux qui se sont d’ores et déjà abandonnés à l’idée du naufrage moral croient surannés-, des combats, des sacrifices. Mais, là comme partout, il n’est que le premier pas qui coûte. Et quelle superbe tâche que cette initiative, quelle mission exaltante que joindre nos énergies pour reforger une destinée commune et replacer la France sur la trajectoire de la grandeur !

I
Nous doter de chefs,
premier pas vers le renouveau

Notre Société peut changer, notre Société doit changer, notre Société va changer et a besoin pour cela de chefs politiques.

Toute société humaine a besoin d’être dirigée, et requiert que sa direction soit incarnée par des chefs. Une société sans chef, c’est une évidence, se comporte comme un corps privé de tête, à proprement parler désorienté, incapable de direction réfléchie et cohérente. En cela le fait de nous doter d’un chef est indispensable, au sens propre du terme, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas nous en dispenser.

Malgré la montée de l’individualisme et des communautarismes de toutes sortes, malgré le repli sur soi que l’on observe à travers les différentes composantes de notre société, malgré leur goût chaque jour plus prononcé pour les relations virtuelles au détriment des contacts réels, nos concitoyens ont besoin de constater que des personnes de chair et d’os incarnent l’unité de notre nation, agrègent l’ensemble de nos individualités en un ensemble consistent et conduisent notre destin collectif sur les chemins de l’avenir.

L’opinion que se forgent nos concitoyens que notre société est sur un chemin prometteur pour l’avenir – ou que, au contraire, elle sombre dans des errements toujours plus périlleux – est en dernier recours étroitement liée à l’accessibilité de la figure du chef. Nous avons atteint un tel niveau de dégradation de la situation matérielle de la majorité des Français qu’il devient nécessaire de susciter la foi en la possibilité d’un avenir meilleur, alors même que les informations et conjectures disponibles sur l’avenir du monde ont atteint un tel degré de confusion dans l’ensemble des médias qu’il est vain pour nos concitoyens d’y chercher un quelconque éclairage ni un quelconque secours pour les appuyer dans leurs tentatives d’édifier leur propre analyse sur les voies que notre pays doit emprunter. Démunis de l’aide qu’ils pourraient recevoir des médias, il leur reste la possibilité de se raccrocher à l’existence d’un chef dont, même si chacun peut comprendre que, dans la tempête où tous sont plongés, il n’entrevoit pas nécessairement le chemin avec précision, chacun sait qu’il mettra en œuvre tous les efforts que ses forces lui permettent pour amener la société dont il a la charge en lieu sûr.

Bien entendu, les chefs doivent être choisis d’une manière compatible avec l’organisation politique de notre pays, la démocratie, et selon ses règles. Mais le fait d’avoir été élus selon les règles de notre démocratie ne suffit pas à assurer que les chefs soient capables d’assumer leur fonction, telle est la pénible leçon que l’histoire récente de notre pays, hélas ! nous enseigne chaque jour : les chefs ne doivent pas seulement être capables de se faire élire, ils doivent également et surtout être capables d’assumer les fonctions qui leur sont dévolues.

De nombreux dirigeants dans de nombreux aspects de la vie de notre société – entreprises, organismes divers, administrations, associations, équipes sportives, comités de rues ou quartiers,… – jouent, chacun dans sa fonction, un rôle primordial pour la communauté. Il en faut cependant certains qui, embrassant chacun de ces aspects individuels et les intégrant au niveau supérieur, en réalisent la synthèse et prennent systématiquement la défense du citoyen tout en menant la communauté toute entière, sans exclusive, vers un destin meilleur. Seule une telle fonction, certes relayée au niveau adéquat à chaque endroit où cela sera nécessaire, peut-être garante de la cohésion d’une société.

Des chefs capables, il en existe de très nombreux en France, qui dirigent diverses entreprises, associations, collectivités, administrations ou autres organisations, qui chacun, à leur échelle, montrent l’exemple des sommets où un chef talentueux peut mener la communauté dont il a en charge la direction des affaires. Cependant ces personnes, en situation de responsabilité dans des postes non politiques, ne sont pas nécessairement en position de conduire l’action collective qui embrasse tous les aspects de la vie d’une société. Plus la conduite de l’action relève de paramètres nombreux, complexes et liés les uns aux autres, et plus les marges de manœuvre pour conduire cette action sont étroites, plus la nécessité d’un pilote capable se fait jour, guidé dans les méandres des décisions qu’il aura à prendre par une vision claire de la société que nous devons construire.

Or quel doit être le but que se donne une communauté d’humains liés par une culture commune, par l’appartenance à une nation commune ? Ce but doit être la capacité à bâtir un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour les générations futures, la capacité à doter les générations futures de l’aptitude à construire à leur tour un monde meilleur pour elles-mêmes et pour leur propre succession. Cela inclut notamment la capacité des générations futures à surmonter les épreuves auxquelles elles seront confrontées, dont certaines seront susceptibles de menacer la survie même de la communauté : défis posés par les changements climatiques de notre planète, par la finitude des ressources de notre Terre et par les contraintes que cette dernière impose à notre croissance démographique ; défis posé par l’instauration d’un nouvel ordre mondial dominé par les cultures non occidentales, ce qui en soi constitue un changement majeur par rapport aux deux derniers siècles ; défi posé par la puissance accumulée entre les mains de l’humanité et lui permettant véritablement de détruire toute autre espèce animale ou végétale. Tout cela devra être mené dans un contexte de progrès matériel pour tous, qui permettra d’alléger les inévitables peines et souffrances causées par la condition humaine et liées à la santé toujours, à la nécessité de travailler parfois, aux relations interpersonnelles elles-mêmes.

Nous souhaitons donc que les citoyens travaillent en bonne intelligence, focalisent leur énergie et leurs efforts sur les œuvres collectives susceptibles de contribuer au bien-être général. Pour cela il est nécessaire qu’ils croient que leurs efforts valent la peine d’être investis dans de telles œuvres, en lieu et place d’être dédiés à la quête d’un bonheur individuel.

Au cours de ma vie professionnelle, j’ai maintes fois fait l’expérience qu’une équipe, ou qu’une entreprise toute entière, fût-elle de grande envergure, est capable de nombreuses réussites éclatantes, ou de résilience inattendue, lorsqu’elle est menée par un chef.

Combien de fois ai-je été confronté au découragement, au fatalisme d’équipes aux yeux desquelles la situation était désespérée, et combien de fois le seul fait que j’ai fixé une ligne courageuse, et maintenu cette ligne dans la durée, a suffi pour que les énergies se mobilisent et s’agencent les unes avec les autres afin que l’organisation puise dans ses propres ressources la volonté et le ressort capables de lui faire surmonter son fatalisme, avant de lui permettre ensuite d’atteindre des résultats inespérés ?

Cette expérience qui est la mienne dans une entreprise industrielle d’aujourd’hui est également enseignée par de nombreuses autres entreprises, j’en ai été maintes fois témoin, ainsi que par d’autres milieux et d’autres époques de l’histoire – ou, devrais-je dire, par tous les autres milieux, par toutes les autres périodes de l’histoire. Lequel d’entre nous n’a-t’il jamais été émerveillé par la puissance retrouvée que confère à une équipe de football, par exemple, la volonté d’un chef capable de lutter contre le renoncement et de fixer la direction, permettant à son équipe de renverser une situation qui était jusqu’alors jugée désespérée ? Voilà une démonstration supplémentaire qu’un chef capable est en mesure de transformer une équipe perdante en équipe gagnante.

Cette vérité s’applique-t’elle à l’état actuel de notre pays, que des commentateurs désormais chaque jour plus nombreux s’accordent pour décrire comme ayant perdu ses marges de manœuvre, ayant perdu sa capacité à influencer le cours de son destin, ayant épuisé son génie et ses forces dans mille tentatives pour inverser la tendance dont il subit le joug depuis plusieurs décennies, et dont aucune n’a produit le résultat escompté ?

Je réponds oui sans hésiter à cette question, pour avoir moi-même entendu de tels dires si souvent dans les organisations que j’ai eu à côtoyer ou à mener : on m’objectait que le monde avait changé, que tout avait été essayé en vain, que la conjonction de trop nombreux paramètres contraires rendait impossible de travailler isolément sur les plus déterminants d’entre eux et condamnait à l’avance toute tentative de rétablissement.

Et pourtant, chaque fois que j’ai conduit l’exercice de l’analyse de ces paramètres, et décidé ceux sur lesquels nous allions agir, et œuvré de façon continue et cohérente pour les améliorer, nous avons amorcé le cercle vertueux qui permettait d’abord d’enrayer la dégradation, ensuite de rétablir chaque aspect de la vie de l’organisation l’un après l’autre. Sans chef qui joue son rôle de chef, laissée à elle-même, l’organisation se trouve livrée à l’entropie et périclite, et ce d’autant plus qu’elle se trouve rudoyée par des facteurs extérieurs hors de son contrôle. Conduite avec constance, elle se révèle en revanche, dans la durée, capable du meilleur.

Est-ce à dire qu’il est si simple d’amorcer le tournant qui nous placera sur la voie d’un futur prometteur ? Suffit-il d’un chef capable pour inverser une tendance lourde, voire un faisceau de tendances lourdes ? Non et oui. Non, car bien d’autres conditions doivent être réunies afin qu’une organisation soit en mesure de surmonter les obstacles divers semés sur le chemin de son développement, et nous les aborderons en détail dans le chapitre IV. Oui cependant, car le fait d’avoir un chef à sa tête la rend soudain apte à enclencher...

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