Rêves de Freud

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«Stéphane Mosès, né à Berlin, philosophe franco-israélien et germaniste francophone, était un pur produit de l'Université française. Gershom Scholem lui-même appela cet esprit éclairé et ce juif pratiquant à l'Université de Jérusalem pour y enseigner la littérature allemande et comparée à partir de 1969. Ses travaux érudits et inspirés sur Goethe, Jean Paul, Benjamin, Kafka, Celan, sans oublier l'Ulysse d'Homère, demeurent des références, et il est largement reconnu comme le grand spécialiste de la philosophie de Franz Rosenzweig. Dans les études réunies ici, et qui s'étalent sur une période d'environ vingt ans, Stéphane Mosès se révèle un lecteur minutieux, en parfaite et respectueuse osmose avec la lettre du texte freudien.»
Julia Kristeva.
Publié le : jeudi 5 mai 2011
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EAN13 : 9782072442506
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D U M Ê M E A U T E U R
É U N E A F F ï N ï T è L ï T T è R A ï R E , KînçŝîÉç, 1972; 2 îîon, HÉmànn, 2009. S Y S T È ME E T R è V è L A T ï ON : L A P Hï L OS OP Hï E D E F R A N Z R OS E N -É Z WE ï G , è. û SÉûî, 1992; 2 îîon, Bàyà, 2003. L ’ A N G E D E L ’ Hï S T Oï R E : R OS E N Z WE ï G , B E N J A Mï N , S C HOL E M, É è. û SÉûî, 1992; 2 îîon, « Foîo Éŝŝàîŝ », Gàîmà, 2006. « Qûàn É àngàgÉ ŝÉ àî oîx », în P A U L C E L A N : E N T R E T ï E N D A N S L A É MON T A G N E , ChànÉîgnÉ, 1994; 2 îîon, VÉîÉ, 2001. L ’ è R OS E T L A L Oï : L E C T U R E S B ï B L ï Q U E S , è. û SÉûî, 1999; Poînŝ SÉûî, 2010. L E S A C R ï F ï C E D ’ A B R A HA M : L A L ï G A T U R E D ’ ï S A A C (Én çoàbo-àîon àÉç Màç É Làûnày É OîîÉ RÉàû ’AonnÉŝ), DÉŝçÉ É BoûwÉ, 2001. WA L T E R B E N J A Mï N E T L ’ E S P R ï T D E L A MOD E R N ï T è , RÉŝîng, TÉ-Aî, 2003. A U - D E L À D E L A G U E R R E : T R Oï S è T U D E S S U R E MMA N U E L L E V ï N A S , è. É ’çà, 2004. E X è G È S E D ’ U N E L è G E N D E : L E C T U R E S D E K A F K A , è. É ’çà, 2006. U N R E T OU R A U J U D A Ï S ME : E N T R E T ï E N S A V E C V ï C T OR MA L K A , è. û SÉûî, 2008. F R A N Z R OS E N Z WE ï G : S OU S L ’ è T Oï L E , è. HÉmànn, LÉ BÉ Aûoû-’hûî, 2009. MOME N TAU F NA HME N / ï N S TA N TA N è S , è. Sûhàm, BÉîn, 2010. T E MP S B ï B L ï Q U E , è. É ’çà, 2011. F ï G U R E S P Hï L OS OP Hï QU E S D E L A MOD E R N ï T è J U ï V E , è. û CÉ, 2011.
L’Ininî CoÉçîon îîgÉ à PhîîÉ SoÉŝ
STèPHANE MOSÈS
R Ê V E S D E F R E U D
Sîx ÉçûÉŝ
préface de julia kristeva
G A L L ï M A R D
© Édîtîons Gaîmard, 2011.
Sur es pas du passeur
On ne pourraît trouver meîeure défense et îustratîon de a psychanayse que cesRêÉŝ É FÉû,par Stéphane Mosès (1931-2007). Son auteur n’étaît nî psychanayste nî anay-sant, et cette caractérîstîque, putôt commune, revêt une vaeur partîcuîère au moment où ’înventîon de ’înconscîent, pour-tant centenaîre, tend à demeurer coninée « entre înîtîés », quand ee ne se déîte pas en vugate médîatîque : es deux tendances contrîbuant à créer ’îndîfférence du grand pubîc, à suscîter ’hostîîté des technîcîens de a santé mentae et à encou-rager es prétentîons de a pharmacoogîe — et de queques voyous de a pace pubîque — sur a vîe de ’esprît. À contre-courant de ces écueîs, et par a voîe des rêves, e îvre anayse a profondeur întîme et a portée hîstorîae de a découverte freudîenne. Stéphane Mosès, né à Berîn, phîosophe franco-îsraéîen et germanîste francophone (agrégé d’aemand et docteur ès ettres), étaît un pur produît de ’Unîversîté françaîse (Écoe normae supérîeure de a rue d’Um, Sorbonne, Nanterre). Gershom Schoem uî-même appea cet esprît écaîré et ce juîf pratîquant à ’Unîversîté de Jérusaem pour y enseîgner a îttérature ae-mande et comparée à partîr de 1969. Ses travaux érudîts et
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Rêves de Freud
înspîrés sur Goethe, Jean Pau, Benjamîn, Kafka, Cean, sans oubîer ’Uysse d’Homère, demeurent des références, et î est ar-gement reconnu comme e grand spécîaîste de a phîosophîe de Franz Rosenzweîg. Dans es études réunîes îcî par son is Emmanue, et quî s’étaent sur une pérîode d’envîron vîngt ans, Stéphane Mosès se révèe un ecteur mînutîeux, en parfaîte et respectueuse osmose avec a ettre du texte freudîen. Qu’î res-tîtue avec une rare carté pédagogîque, pour e pus grand bonheur de ceux quî croîent tout savoîr en a matîère, de ceux quî n’y connaîssent pas grand-chose, et même de ceux quî n’y voîent pas d’întérêt à ’époque du Prozac et des psy-shows.
« Là ŝyçhànàyŝÉ ŝÉ îŝîngûÉ É oûÉŝ Éŝ àûÉŝ îŝçîînÉŝ... » (èmîÉ BÉnÉnîŝÉ)
Qu’î fasse une conférence, qu’î rêve ou qu’î formue une théorîe, FreudàngÉpar e caractère même de son dîscours, constate Mosès. S’agît-î de ce stye ancré dans a chaîr de a angue aemande — faît qu’on a souvent noté, pour s’en féîcî-ter ou pour e déporer — du « Freud écrîvaîn » ? Cea n’échappe pas à ’agrégé d’aemand, maîs quî ne s’y îmîte pas. Seraît-ce aors ’omnîprésence d’Éros, que e docteur vîennoîs débusque en chacun de nous depuîs ’enfance, dîte « perverse poymorphe », jusqu’au symboîsmehà? Certaî-, quî seraît a cé des songes nement, maîs ce n’est pas tout. Ou putôt ce « tout » se dîffracte, se réorganîse et se transforme, parce que « e sexue » ne se aîsse entendre et înterpréter que dans e tîssu du angage, texture de sîgnes « surdétermînés » et poyvaents : chez Freud, e sexe est faît de mots. Maîs aors, à quees condîtîons cette înscrîptîon de a chaîr dans e angage, cette achîmîe, devîent-ee possîbe ?
Sur es pas du passeur
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Patîemment, touche par touche, Mosès décompose et recom-pose uneConÉnçÉ ’înoûçîon â à ŝyçhànàyŝÉde Freud ; un rêve noué autour d’un poème de Heîne ; un autre à partîr d’une phrase de Goethe ; des mots d’esprît juîfs ; ou encore un essaî désormaîs canonîque de a phîosophîe sous-jacente à a scîence freudîenne. Et î faît apparaïtre ’économîe sî par-tîcuîère de ’ÉxîÉnçÉ É à àoÉFreud a mîse au que jour, et que e fondateur de a psychanayse nomma un « trans-fert ». Une expérîence de a paroe quî n’est pas seuement au cœur de a cure anaytîque, maîs quî opère, seon Mosès, dès que ’înventeur de ’înconscîent faît une conférence ou prend a pume pour pubîer ses découvertes. D’embée, sembe-t-î, ’expérîence freudîenne est uneàoÉ É gûÉÉ. Aors que notre socîété pharmaco-mercantîe tente de remîser a psychanayse au musée, î n’est pas înutîe de faîre sonner es trompettes de Jérîcho. D’aîeurs, es tragédîes de a Premîère et de a Seconde Guerre mondîae, que Freud ne manque pas d’évoquer, ne font qu’aggraver et conirmer cet état de guerre permanent, constîtutîf de a paroe qu’î veut nous faîre entendre : î exîste, écrît Mosès, « un combat entre a psychanayse et a socîété », cette dernîère étant « profondément maade » et « responsabe de a neurasthénîe », parce qu’« édîiée 1 sur e refouement des pusîons ». Dans e champ du savoîr uî-même, ’affrontement que e phîosophe met en umîère oppose e dîscours anaytîque au ratîonaîsme rîgîde tout autant qu’au spîrîtuaîsme dogmatî-que, car î învîte à cette vérîtabe « transvauatîon des vaeurs » 2 prophétîsée par Nîetzsche . C’est bîen ce projet nîetzschéen que
1. « LÉŝ ŝûoŝŝ îŝmoogîqûÉŝ É à ŝyçhànàyŝÉ », . 44. 2. F. NîÉzŝçhÉ (1882),Le Gaî Savoîr, « Foîo Éŝŝàîŝ », Gàîmà, 1982, . 243.
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Rêves de Freud
Freud entreprend à sa façon, en pratîquant une vérîtabe « révo-utîon copernîcîenne » quant à a pace du angage dans a subjectîvîté humaîne. Dans cette perspectîve, e docteur vîennoîs propose nî pus nî moîns d’« înverser » es présupposés de a médecîne (ce n’est pas à a psychanayse de s’adapter à a méde-cîne, c’est à a médecîne de se modîier à ’écoute de a psychana-yse !), pour sortîr de ’objectîvatîon împersonnee des corps humaîns souffrants réduîts à ’état d’objets înertes, et pour fonder ’observatîon soîgnante ee-même sur e « prîncîpe dîao-ga ». Annoncé dès «Les présupposés épîstémoogîques de a psychanayse»,ce thème centra de ’întersubjectîvîté en psycha-nayse sera déveoppé tout au ong du îvre. Précîsons : a « paroe de guerre » ne pourraît être menée que sî et seuement sî ceuî quî pare împîque dans son dîscours ceuî à quî î s’adresse, tout en s’împîquant soî-même. Icî, Mosès însîste sur Freud ’orateur quî ne cesse de poursuîvre une « dîscus-sîon anîmée » avec un « partenaîre îdéa » quand ce n’est pas avec un autre soî-même, înconnu, însoupçonné, à faîre renaïtre : et c’est a mêmeogîqûÉ îàogàÉquî est à ’œuvre dans ’« écrî-ture dîaogae » de ’înterprète des rêves. Cetteço-ŝÉnçÉ û oçûÉû àÉç ûn àûÉ, quî faît de a paroe un acte toujours déjà adressé, atéré, et en ce sens « dîaoga », conduît Mosès à însîster sur a « igure de ’Autre » où ’on repère moîns a théorîe de Lacan que a théoogîe de Rosenzweîg et de Levînas. Maîs face à Freud, Mosès tîent sa cé théoogîque en réserve et, en res-tant idèe à ’îdéoogîe des Lumîères quî anîme ’œuvre de Freud, î anayse avec Émîe Benvenîste a matérîaîté sîgnîiante et es împacts întersubjectîfs de ce dîaogîsme. Aujourd’huî, a suprématîe de a « com » et autres « hyper-connectîvîtés » numérîques tend teement à effacer ’împact de cette révoutîon freudîenne de ’acte angagîer, que a ecture
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