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L’Ininî CoÉçîon îîgÉ à PhîîÉ SoÉŝ
STèPHANE MOSÈS
R Ê V E S D E F R E U D
Sîx ÉçûÉŝ
préface de julia kristeva
G A L L ï M A R D
© Édîtîons Gaîmard, 2011.
Sur es pas du passeur
On ne pourraît trouver meîeure défense et îustratîon de a psychanayse que cesRêÉŝ É FÉû,par Stéphane Mosès (1931-2007). Son auteur n’étaît nî psychanayste nî anay-sant, et cette caractérîstîque, putôt commune, revêt une vaeur partîcuîère au moment où ’înventîon de ’înconscîent, pour-tant centenaîre, tend à demeurer coninée « entre înîtîés », quand ee ne se déîte pas en vugate médîatîque : es deux tendances contrîbuant à créer ’îndîfférence du grand pubîc, à suscîter ’hostîîté des technîcîens de a santé mentae et à encou-rager es prétentîons de a pharmacoogîe — et de queques voyous de a pace pubîque — sur a vîe de ’esprît. À contre-courant de ces écueîs, et par a voîe des rêves, e îvre anayse a profondeur întîme et a portée hîstorîae de a découverte freudîenne. Stéphane Mosès, né à Berîn, phîosophe franco-îsraéîen et germanîste francophone (agrégé d’aemand et docteur ès ettres), étaît un pur produît de ’Unîversîté françaîse (Écoe normae supérîeure de a rue d’Um, Sorbonne, Nanterre). Gershom Schoem uî-même appea cet esprît écaîré et ce juîf pratîquant à ’Unîversîté de Jérusaem pour y enseîgner a îttérature ae-mande et comparée à partîr de 1969. Ses travaux érudîts et
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Rêves de Freud
înspîrés sur Goethe, Jean Pau, Benjamîn, Kafka, Cean, sans oubîer ’Uysse d’Homère, demeurent des références, et î est ar-gement reconnu comme e grand spécîaîste de a phîosophîe de Franz Rosenzweîg. Dans es études réunîes îcî par son is Emmanue, et quî s’étaent sur une pérîode d’envîron vîngt ans, Stéphane Mosès se révèe un ecteur mînutîeux, en parfaîte et respectueuse osmose avec a ettre du texte freudîen. Qu’î res-tîtue avec une rare carté pédagogîque, pour e pus grand bonheur de ceux quî croîent tout savoîr en a matîère, de ceux quî n’y connaîssent pas grand-chose, et même de ceux quî n’y voîent pas d’întérêt à ’époque du Prozac et des psy-shows.
« Là ŝyçhànàyŝÉ ŝÉ îŝîngûÉ É oûÉŝ Éŝ àûÉŝ îŝçîînÉŝ... » (èmîÉ BÉnÉnîŝÉ)
Qu’î fasse une conférence, qu’î rêve ou qu’î formue une théorîe, FreudàngÉpar e caractère même de son dîscours, constate Mosès. S’agît-î de ce stye ancré dans a chaîr de a angue aemande — faît qu’on a souvent noté, pour s’en féîcî-ter ou pour e déporer — du « Freud écrîvaîn » ? Cea n’échappe pas à ’agrégé d’aemand, maîs quî ne s’y îmîte pas. Seraît-ce aors ’omnîprésence d’Éros, que e docteur vîennoîs débusque en chacun de nous depuîs ’enfance, dîte « perverse poymorphe », jusqu’au symboîsmehà? Certaî-, quî seraît a cé des songes nement, maîs ce n’est pas tout. Ou putôt ce « tout » se dîffracte, se réorganîse et se transforme, parce que « e sexue » ne se aîsse entendre et înterpréter que dans e tîssu du angage, texture de sîgnes « surdétermînés » et poyvaents : chez Freud, e sexe est faît de mots. Maîs aors, à quees condîtîons cette înscrîptîon de a chaîr dans e angage, cette achîmîe, devîent-ee possîbe ?
Sur es pas du passeur
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Patîemment, touche par touche, Mosès décompose et recom-pose uneConÉnçÉ ’înoûçîon â à ŝyçhànàyŝÉde Freud ; un rêve noué autour d’un poème de Heîne ; un autre à partîr d’une phrase de Goethe ; des mots d’esprît juîfs ; ou encore un essaî désormaîs canonîque de a phîosophîe sous-jacente à a scîence freudîenne. Et î faît apparaïtre ’économîe sî par-tîcuîère de ’ÉxîÉnçÉ É à àoÉFreud a mîse au que jour, et que e fondateur de a psychanayse nomma un « trans-fert ». Une expérîence de a paroe quî n’est pas seuement au cœur de a cure anaytîque, maîs quî opère, seon Mosès, dès que ’înventeur de ’înconscîent faît une conférence ou prend a pume pour pubîer ses découvertes. D’embée, sembe-t-î, ’expérîence freudîenne est uneàoÉ É gûÉÉ. Aors que notre socîété pharmaco-mercantîe tente de remîser a psychanayse au musée, î n’est pas înutîe de faîre sonner es trompettes de Jérîcho. D’aîeurs, es tragédîes de a Premîère et de a Seconde Guerre mondîae, que Freud ne manque pas d’évoquer, ne font qu’aggraver et conirmer cet état de guerre permanent, constîtutîf de a paroe qu’î veut nous faîre entendre : î exîste, écrît Mosès, « un combat entre a psychanayse et a socîété », cette dernîère étant « profondément maade » et « responsabe de a neurasthénîe », parce qu’« édîiée 1 sur e refouement des pusîons ». Dans e champ du savoîr uî-même, ’affrontement que e phîosophe met en umîère oppose e dîscours anaytîque au ratîonaîsme rîgîde tout autant qu’au spîrîtuaîsme dogmatî-que, car î învîte à cette vérîtabe « transvauatîon des vaeurs » 2 prophétîsée par Nîetzsche . C’est bîen ce projet nîetzschéen que
1. « LÉŝ ŝûoŝŝ îŝmoogîqûÉŝ É à ŝyçhànàyŝÉ », . 44. 2. F. NîÉzŝçhÉ (1882),Le Gaî Savoîr, « Foîo Éŝŝàîŝ », Gàîmà, 1982, . 243.
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Rêves de Freud
Freud entreprend à sa façon, en pratîquant une vérîtabe « révo-utîon copernîcîenne » quant à a pace du angage dans a subjectîvîté humaîne. Dans cette perspectîve, e docteur vîennoîs propose nî pus nî moîns d’« înverser » es présupposés de a médecîne (ce n’est pas à a psychanayse de s’adapter à a méde-cîne, c’est à a médecîne de se modîier à ’écoute de a psychana-yse !), pour sortîr de ’objectîvatîon împersonnee des corps humaîns souffrants réduîts à ’état d’objets înertes, et pour fonder ’observatîon soîgnante ee-même sur e « prîncîpe dîao-ga ». Annoncé dès «Les présupposés épîstémoogîques de a psychanayse»,ce thème centra de ’întersubjectîvîté en psycha-nayse sera déveoppé tout au ong du îvre. Précîsons : a « paroe de guerre » ne pourraît être menée que sî et seuement sî ceuî quî pare împîque dans son dîscours ceuî à quî î s’adresse, tout en s’împîquant soî-même. Icî, Mosès însîste sur Freud ’orateur quî ne cesse de poursuîvre une « dîscus-sîon anîmée » avec un « partenaîre îdéa » quand ce n’est pas avec un autre soî-même, înconnu, însoupçonné, à faîre renaïtre : et c’est a mêmeogîqûÉ îàogàÉquî est à ’œuvre dans ’« écrî-ture dîaogae » de ’înterprète des rêves. Cetteço-ŝÉnçÉ û oçûÉû àÉç ûn àûÉ, quî faît de a paroe un acte toujours déjà adressé, atéré, et en ce sens « dîaoga », conduît Mosès à însîster sur a « igure de ’Autre » où ’on repère moîns a théorîe de Lacan que a théoogîe de Rosenzweîg et de Levînas. Maîs face à Freud, Mosès tîent sa cé théoogîque en réserve et, en res-tant idèe à ’îdéoogîe des Lumîères quî anîme ’œuvre de Freud, î anayse avec Émîe Benvenîste a matérîaîté sîgnîiante et es împacts întersubjectîfs de ce dîaogîsme. Aujourd’huî, a suprématîe de a « com » et autres « hyper-connectîvîtés » numérîques tend teement à effacer ’împact de cette révoutîon freudîenne de ’acte angagîer, que a ecture