Sur le plaisir

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Le mot plaisir, pris isolément, s'entend, de façon exclusive, de ce qui contente nos sens; ce qui lui vaut, sans doute, d'être suspecté. Plaisir suppose attrait, chose qui tente, et dont la seule poursuite donne à jouir. En somme, qu'on désire.

Publié le : vendredi 1 janvier 1954
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246798941
Nombre de pages : 101
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DU MÊME AUTEUR
Remarques sur l'Action.
Remarques sur le Bonheur.
Psychologie de l'Immortalité.
La Chose Littéraire.
Introduction a l’ouvrage de Diderot : « Lettre sur le Commerce de la Librairie ».
Commentaires (La Chose Judiciaire. — Lettre sur la France. — La Compagne du Créateur. — Lettre familière à l’auteur de claire. — Le Goût de l’Énigme. — Considérations sur le Roman. — Sur l’Inspiration romanesque).
L
es Chemins de lcriture.
Aménagement de la Solitude.
Une Rencontre.
Comprendre et Inventer
Traduction : Lettres a un jeune Poète, par Rainer Maria Rilke, traduites de l’allemand avec la collaboration de Rainer Biemel, suivies de : Réflexions sur la Vie Créatrice.
Textes choisis, classés et commentés par Henri Massis avec un portrait de l’auteur par J. Cocteau (La Table Ronde).
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset et Fasquelle, 2012.
9782246798941 — 1re publication
DÉDICACE
    Mon cher Léon Bérard,
Vous avez devinéque je pensais à vous, en mettant l’accent, dans ces réflexions, sur certaines hautes réserves, quant à l’expression personnelle. Le vrai est que j’ai servi trop de ces carrières où le « produire » commande, pour ne pas éprouver le besoin de rendre hommage à ceux, dont vous êtes, qui n’entendent pas que le plaisir qu’ils prennent aux choses de l’esprit soit constamment traversé par le souci de l’œuvre à faire.
*
Il est des « négligences souveraines », écrivè-je. Et je donne à ce propos un joli portrait que nous a laissé Sainte-Beuve. Et, précisément, parce que je vous y ai reconnu, me voilà conduit à déflorer mon écrit dans ma dédicace même. Mais, qu’importe, n’est-ce pas ? « Heureux homme que ce Guillaume Favre, écrit Sainte-Beuve, et que rien ne commandait dans la libre et capricieuse appréciation de ses goûts. Sa destinée est à faire envie à ceux (et ils sont nombreux) qu’un aiguillon incessant presse et déchire, qu’un fardeau inégal courbe et accable, pour qui l’antique corvée n’est point tout à fait abolie, et à qui il est dit, même dans ce champ libéral des études : « Tu produiras toujours, tu produiras à heure fixe, et que tes goûts t’appellent ici ou là, tu iras où est la borne, et tu laboureras cet espace entre l’aurore et le couchant. » — N’est-ce pas là, et sous la plume de celui qui inventa la critique, comme genre, la condamnation du produire, le mot pris dans le sens où les agriculteurs l’appliquent à la terre ou au cheptel. Excès à quoi — il faut le dire — une certaine génération d’éditeurs se prêta.
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Il est vrai qu’au temps de Sainte-Beuve, et sans que l’édition y fût pour rien, l’« homme de lettres comme espèce » avait fait son apparition. Le mot est de Sainte-Beuve lui-même. Quant à l’événement, le critique nous en parle dans l’un des chapitres de son Port-Royal, et pour le rattacher à ce Balzac qui compta parmi les premiers académiciens. Et l’on peut penser que, là, le critique fut mené par quelque souci de revaloriser le mot « amateur », puisqu’aussi bien, à tout le moins jusqu’au siècle où vint l’autre Balzac, ce ne furent que des amateurs qui firent nos Lettres.
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