Tourisme de mémoire : Travail pédagogique de réconciliation : vecteur de paix et sources de conflits.

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À travers l'étude de trois cas géographiques différents (Belgique, Espagne, Allemagne), Ilhame Talbi Paloma se penche sur la question du tourisme de la mémoire. Les commémorations récentes, telles que le centenaire de la Première Guerre mondiale ou le soixante-dixième anniversaire du Débarquement en Normandie, ont donné une ampleur nouvelle au phénomène. L'auteur insiste d'abord sur le fait qu'il est nécessaire de distinguer mémoire et histoire, pour mieux comprendre les enjeux de la « présence du passé » dans nos sociétés. Le devoir de mémoire, concept qui consiste originellement à ne pas oublier les événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale, implique aujourd'hui plus largement la préservation d'un héritage, d'un patrimoine historique et culturel commun. Il énumère ensuite un certain nombre de lieux de mémoire, à la portée mémorielle consensuelle ou polémique. Enfin, il aborde la question du tourisme en tant que vecteur de conciliations et potentielle source de conflits. Les pertinentes questions soulevées par cet ouvrage proposent de passionnantes pistes de réflexions.


Publié le : jeudi 25 février 2016
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EAN13 : 9782334094702
Nombre de pages : 76
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ISBN numérique : 978-2-334-09468-9

 

© Edilivre, 2016

Tourisme de mémoire : Travail pédagogique de réconciliation : vecteur de paix et sources de conflits

 

 

Trois études de cas :

Le tourisme de mémoire en Belgique : guerre et conflits sociaux.

Le tourisme de mémoire en Espagne : guerre civile et franquisme.

Le tourisme de mémoire en Allemagne : réconciliation avec le peuple juif.

Dédicaces

 

 

Aux parents, Roberto, Iseline et Sarra

Introduction

Selon la définition française, le tourisme comprend « les activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours, dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel ». Ce phénomène est ancien mais il a pris une dimension planétaire au XXe siècle.

Malgré ses enjeux positifs comme négatifs, nul ne peut ignorer que le tourisme constitue un secteur économique fondamental et ce, dans plusieurs pays développés mais aussi dans les pays en voie de développement.

Le secteur du tourisme est un monde à lui tout seul. En effet, il existe différentes formes de tourisme, parmi lesquelles : le tourisme durable, le tourisme d’affaires, l’écotourisme ou tourisme vert, le tourisme balnéaire, le tourisme culturel, le tourisme de santé, etc.

Tout au long de ce livre, vous aurez l’occasion de découvrir une forme de tourisme particulière : le tourisme de mémoire.

Ce type de tourisme connait un essor très important, tant en Belgique qu’à l’étranger.

C’est notamment grâce aux commémorations 2014-2015.

En effet, cette année, plusieurs événements marquants étaient à l’ordre du jour :

Le 100e anniversaire de la première guerre mondiale ;

Les 70 ans du débarquement allié lors de la deuxième guerre mondiale ;

Le 200e anniversaire de la bataille de Waterloo.

Tout d’abord, j’aborderai la notion de tourisme de mémoire et les différentes confusions existantes entre la mémoire et l’histoire, ainsi que les différences entre le tourisme de mémoire et le tourisme noir.

Ensuite, une partie de ce travail sera consacrée au tourisme de mémoire dans certains pays d’Europe (Belgique, Allemagne et Espagne). Grâce à trois études de cas différentes, vous en apprendrez plus sur le concept dans les différents pays et sur le devoir de mémoire.

Enfin, le dernier chapitre est consacré au tourisme de mémoire comme vecteur de réconciliations et source de conflits. Différents outils ont été employés pour élaborer ce travail, tels que des journées d’études au sein de sites de mémoire, des lectures sur le passé, des interviews, des documentaires…

Je vous souhaite une très agréable lecture. J’espère qu’elle favorisera de nombreuses découvertes intéressantes !

Partie I
En quoi consiste le Tourisme
de mémoire ?

1. Comprendre le tourisme de mémoire

Pour bien comprendre ce qu’est le tourisme de mémoire, il nous faut d’abord définir deux concepts : la mémoire et le tourisme.

Qu’est-ce que la mémoire ? C’est ce qui évoque la présence du passé dans notre société. Les expressions de cette mémoire font partie de notre environnement quotidien, elle renvoie au deuil ou au souvenir. Alors que le tourisme, lui, évoque (entre autres) des activités de loisirs. Le couple mémoire et tourisme forme ce qu’on appelle le tourisme de mémoire. Mais en quoi consiste ce type de tourisme ? Le tourisme de mémoire, c’est avant tout voyager autrement !

C’est mettre en avant le patrimoine historique d’un lieu pour notamment préserver son histoire. Habituellement, ces lieux de mémoire ont été marqués par des évènements marquants, souvent inoubliables et douloureux. On pourrait donc voir le tourisme de mémoire comme une forme de pèlerinage qui a pour objectif de se recueillir. Selon François Cavaignac et Hervé Deperne, le tourisme de mémoire est « Une démarche incitant le public à explorer des éléments du patrimoine mis en valeur pour y puiser l’enrichissement civique et culturel que procure la référence au passé1 ».

Dans son ouvrage « Le tourisme de Mémoire en France 2 », Atout France qualifie le tourisme de mémoire comme une forme de voyage récente qui a pour but de remplir 4 objectifs :

1. Témoigner des événements passés ;

2. Expliquer et mettre en perspective ces événements ;

3. Contribuer à la réflexion des générations futures ;

4. Favoriser le développement économique de territoires souvent dépourvus d’autres atouts touristiques.

Pour pouvoir tirer des leçons et apprendre aux futures générations l’Histoire, il est plus que primordial de perpétuer la mémoire des événements passés qui ont marqués les esprits et nos civilisations. Même si la motivation des visiteurs de ce genre de sites est différente, ils y viennent tous pour une raison principale : le besoin de comprendre et ne pas oublier le passé.

Le tourisme de mémoire répond justement à ce besoin.

2. Qu’en est-il de la mémoire et l’Histoire ?

Cette partie du travail est consacrée au couple histoire-mémoire. En effet, de grandes confusions existent entre ces deux notions. Certains définissent la mémoire comme un synonyme d’Histoire, d’autres qualifient la mémoire comme une branche de l’Histoire. Au fond, quel est donc le lien entre ces deux notions ?

Pour comprendre le lien entre la mémoire et l’Histoire, il faut tout d’abord s’intéresser à ce que signifie la mémoire et ce que veut dire l’Histoire. Ensuite, les ressemblances ainsi que les différences entre ces deux concepts seront abordés. Et enfin, le dernier point sera le lien entre le tourisme de mémoire et l’Histoire.

Parle-on d’Histoire ?

Philippe Raxon3 définit l’Histoire à la fois comme le passé des hommes et un objet d’études, c’est-à-dire tout ce qui concerne les événements du passé. Les dictionnaires français, quant à eux, définissent ce concept comme le nom de la discipline qui étudie le passé. Un objet, une discipline et un discours prononcé par des historiens. Nous pourrions, donc, considérer que l’Histoire, est la production d’un discours par des historiens et que ce discours a la particularité d’être narratif puisqu’il s’agit d’un récit du passé. Afin de produire ce discours, Philippe Raxon estime que « L’historien part du présent vers le passé, en veillant à se débarrasser le plus possible de ses habits contemporains, en veillant à ne pas projeter sa propre sensibilité dans le passé, en s’efforçant de s’abstraire de son environnement du présent ».

Et la mémoire ?

La mémoire quant à elle, évoque la présence du passé dans nos sociétés, elle est donc directement reliée au passé des hommes. Mais ce lien avec le passé n’est pas nécessairement relayé par des historiens. De plus, la procédure n’est pas la même dans l’Histoire que dans la mémoire. Comme stipulé précédemment, dans un discours historique, l’historien part du présent pour aller dans le passé. Pour la mémoire, cependant, il s’agit du cas contraire, elle remonte du passé pour revenir au présent, c’est la présence du passé dans notre société.

Après avoir développé ce qu’est l’Histoire et la mémoire, nous pouvons enfin dégager le point commun entre les deux : le passé !

Les différences entre l’Histoire et la mémoire

Comme vous l’avez compris, l’écriture et le récit de l’Histoire, c’est le métier de l’historien.

Tandis que la mémoire, étant donné qu’il s’agit de la présence du passé, d’autres disciplines peuvent y intervenir telles que la sociologie, la politique, la psychologie, l’anthropologie… Sans oublier les acteurs de muséologie, scénographie, les acteurs du tourisme et bien entendu tout être humain.

Le lien entre les deux concepts

Pour conclure, mêmes si les deux notions sont distinctes, elles sont fondamentalement liées et ce, surtout dans le domaine du tourisme de mémoire. On pourrait dire qu’elles se complètent !

Pour préserver une mémoire, il faut tout d’abord comprendre le passé. Et pour comprendre le passé, il faut revenir dans l’Histoire.

3. Tourisme de Mémoire ou tourisme Noir ?

Ici, nous allons parler d’un deuxième couple qui porte aussi à confusion, il s’agit du...

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