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147 pages
Jean-Paul Fargier, La tentation du dernier filmJacques Bontemps, Une respectable insomnie. Des filles en noir de Jean Paul CiveyracMathieu Macheret, La chèvre et le chou. Le quattro volte de Michelangelo FrammartinoMarie-Anne Guerin, 'Une autre musique'. Notes pour les enfants de Louis Skorecki et de Jean-Luc GodardEmmanuel Levaufre, MutantPierre Léon, L'œil de la nuitPedro Costa, Notre hommeJonathan Rosenbaum, Éruptions et disruptions dans la maison de laveJean-Louis Comolli, Cadres et corps. Notes sur trois films de Pedro Costa : Ossos, No Quarto da Vanda, Juventude em MarchaBernard Eisenschitz, Que raconte ce film(s)?João Mário Grilo, Dedans et dehors (à nouveau)Antony Fiant, Pedro Costa, cinéaste de la lisièreP. Adams Sitney, Plans moyens : les films de Morgan FisherSylvie Pierre, Cuba vu par...Nathalie Mary, Le bâton et les roues. À propos de l'interdiction de Cuba si de Chris MarkerJean-Paul Manganaro, Derrière tout écran. Fellini et la télévisionPaolo Fabbri, Le lait de rhinocéros : Fellini et ses signesDaniel Percheron, Ciné bulles
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Si loin qu’elles soient l’une de l’autre dans leurs mani festations et leurs croyances, deux cultures peuvent se comprendre sur le plan de lafonction poétique.
CHRISMARKER
Fondateur:Serge Daney Cofondateur:JeanClaude Biette Comité:Raymond Bellour, Sylvie Pierre, Patrice Rollet Conseil:Leslie Kaplan, Pierre Léon, Jacques Rancière, Jonathan Rosenbaum, Jean Louis Schefer, Marcos Uzal Secrétaire de rédaction :JeanLuc Mengus Maquette :PaulRaymond Cohen Directeur de la publication :Paul OtchakovskyLaurens
Revue réalisée avec le concours du Centre national du Livre
Nous remercions pour leur aide et leurs suggestions : Amaury Cândido, Antony Fiant, Hermes Leal et Julie Tseng, Sérgio Mah, Wolney Oliveira et Margarita Hernandez, Conceição et Orlando e Senna, Johanna Tonini de Bausan Films, Editora Unica, São Paulo, le XX Festival Cine Ceará à Fortaleza, Brésil.
En couverture : Pedro Costa (© Jussi Leinonen).
TRAFIC
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La tentation du dernier filmpar JeanPaul Fargier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Une respectable insomnie. Des filles en noir de Jean Paul Civeyrac par Jacques Bontemps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La chèvre et le chou. Le quattro volte de Michelangelo Frammartino par Mathieu Macheret . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . « Une autre musique ». Notes pour les enfants de Louis Skorecki et de JeanLuc Godardpar Marie Anne Guerin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mutantpar Emmanuel Levaufre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’œil de la nuitpar Pierre Léon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Notre hommepar Pedro Costa (présentation par Raymond Bellour) . . . . . . . . . Éruptions et disruptions dans la maison de lavepar Jonathan Rosenbaum. . . Cadres et corps. Notes sur trois films de Pedro Costa : Ossos, No Quarto da Vanda, Juventude em Marchapar JeanLouis Comolli. . . . . . . . . . . . . . . . . Que raconte ce film(s) ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .par Bernard Eisenschitz Dedans et dehors (à nouveau)par João Mário Grilo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pedro Costa, cinéaste de la lisièrepar Antony Fiant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Plans moyens : les films de Morgan Fisherpar P. Adams Sitney . . . . . . . . . . . .
Cuba vu par…par Sylvie Pierre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le bâton et les roues. À propos de l’interdiction de Cuba si de Chris Marker par Nathalie Mary . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Derrière tout écran. Fellini et la télévision. . . . . . .par JeanPaul Manganaro Le lait de rhinocéros : Fellini et ses signespar Paolo Fabbri. . . . . . . . . . . . . . . .
Ciné bullespar Daniel Percheron. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Trafic sur Internet : sommaire des anciens numéros, agenda, bulletin d’abonnement www.polediteur.fr
© Chaque auteur pour sa contribution, 2011. © P.O.L éditeur, pour l’ensemble ISBN : 9782818013281
La tentation du dernier film
par JeanPaul Fargier
n est entré dans une époque où n’importe quel cinéaste un peu conscient de O l’état de son art se laisse effleurer par la tentation dudernier film. Signer le dernier film de l’histoire du cinéma : quel défi, quelle gloire ! Non pas le tout dernier industriellement parlant (on sait bien qu’il y en aura encore des flopées), ni même le dernier de sa propre filmographie (on n’est pas pressé de prendre sa retraite), mais le dernier du point de vue de l’esthétique, celui qui ne laissera plus rien à inventer, qui soldera tous les comptes du renouveau formel, qui bouclera la boucle des inventions, après en avoir embarqué quelques échantillons – pour mémoire – dans cet ultime voyage. «Après ça, le Déluge», lance alors le Noé du Septième Art, en refermant lentement la porte de son arche, lentement pour jeter un dernier coup d’œil sur la pluie d’images qui gonflent l’océan dont les eaux sont en train de submerger toute vie cinématographique. Dans Noé, tiens, il y ano, et c’est là que ma métaphore biblique rencontre sans l’avoir prémédité les maîtres mots des deux films, Rubber etFilm Socialisme, qui m’ont inspiré ce sentiment que nous étions entrés cette année (2010) dans l’âge du « dernier film ». «No reasonargumente le Geppetto de Robert le pneu tueur de », spectateurs, imaginés l’un et l’autre par Quentin Dupieux. «No comment», écrit en guise de « Fin » le capitaine Godard avant de quitter son bateau fantôme. No et no : what ? Refus que ça continue. Quoi ? Le cinéma. Dépêchezvous, vous allez manquer la dernière séance. Non seulement « le film est déjà commencé », comme ironisaient les facétieux lettristes, mais l’art dont il relève est en phase terminale. No + no = zéro ? Oui, mais aussi l’infini. L’infini du cinéma dans un seul film, avant de tirer le rideau, après avoir ramené tout à zéro. Seul ce balancier dialectique difficile à établir, encore plus à tenir, autorise une œuvre à se proclamer « dernier film ».
Rubber s’ouvre et se clôt sur une séquence delaminage du cinéma. En levée de rideau : la destruction ou plutôt le massacre d’une douzaine de chaises, curieusement plantées sur une route poudreuse en plein désert californien. Ce massacre systé
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matique, opéré par une voiture dont le coffre contient l’organisateur de ce spectacle étrange, donne le signal de l’anéantissement réglé de toutes les pratiques nécessaires à l’existence du cinéma : plus de sièges pour les spectateurs, qui devront regarder le film debout, sur les lieux du tournage, avec des jumelles ; plus de personnages, beaux ou laids, heureux ou malheureux, mais un pneu, degré zéro du héros, insensible, amoral, n’ayant d’autres vices ou vertus qu’un mince programme à exécuter ; plus d’histoire, une seule action sans cesse répétée, tuer, écrabouiller, exploser ; plus de dialogues, un sifflement grandissant ; plus de sens, leno reasonen principe érigé par celui qui tire les ficelles de ce film ultime ; plus de suite, sinon celle suggérée par lafin suspendue, qui annonce de toute évidence l’anéantissement de la capitale emblématique du cinéma : Hollywood, promise àl’attaque des clones(un des chapitres fameux, par ailleurs, deStar Wars) par le génial (on peut le dire) rebondissement final de cette fable inouïe. Mais en chemin, le film que nous regardons, qui contient un film en train de se tourner et en train simultanément d’être un spectacle regardé par des spectateurs d’un type nouveau (debout, en plein jour, armés de jumelles), se charge (positivement, même si c’est dans un but meurtrier) de références à l’histoire du cinéma : et ainsi propulse son parcours vers une infinitisation. Chaque étape de l’itinéraire du héros, mais aussi chaque épisode de sa mise en scène qui ne tourne pas aussi rond que prévu, cligne de l’œil vers tel ou tel film plus ou moins célèbre, plus ou moins repérable. Ainsi les premières victimes du pneu sontelles un scorpion buñuélien (L’Âge d’or), un lapin à la fois lewiscarrollien (Alice), renoirien (La Règle du jeu) et surtout laughtonien (La Nuit du chasseur), un corbeau (au choix, pasolinien ou hitchcockien) et, dans le motel, une héroïne (à coup sûr cette fois, hitchcockienne) empruntée àPsycho. Et là on frissonne, on pressent ce qui va se passer, mais non, Rubberne joue pas la carte du remake, il se veut plus subtil. Parce que tout specta teur croit deviner ce qui va s’ensuivre, la fille sous la douche évitera le meurtre, et c’est le pneu qui se douchera, ah ah… tandis que sa victime sera, de façon moins attendue, la femme de chambre, râleuse et innocente – comme dans… oui, voilà, vous y êtes, moi non, mais peu importe. On n’a pas forcément les mêmes films cultes que Quentin Dupieux, mais il nous suffit de décoder quelques partenaires cinéphiliques de son héros en latex pour subodorer que l’ensemble de son film fonctionne, se construit, progresse, scène après scène, par incursions dans la mémoire d’autres films. Les films cités nommément au début pendant l’avertissement aux spectateurs (E.T.,Love Story,JFK,Massacre à la tronçonneuse,Le Pianiste) certifient que Dupieux entend ratisser large. L’histoire livre à son héros toute la gamme des genres et des époques, des styles et des auteurs. Certes on peut suivre cette histoire sans s’écrier à chaque tournant : ah, voilà tel Hitchcock, tel Spielberg, tel Lynch, tel Dante, tel Coen(s), tel Cronenberg ou tel Tarantino. Mais on s’amuse davantage si on peut décoder les clins d’œil qui s’enchaînent et fabriquent un florilège de détournements. Quand le tricycle survient après la mort du héros, on croit voir déboulerWallE, et le bûcher de pneus ravive
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Collectif POL Trafic 77
Cette édition électronique de la revue Trafic 77a été réalisée le 26 juin 2012 par les Éditions P.O.L. Elle repose sur l’édition papier du même ouvrage, achevé d’imprimer en février 2011 par Normandie Roto Impression s.a.s. (ISBN : 9782818013281-Numéro d’édition : 180401).Code Sodis : N47947-ISBN : 9782818013304 Numéro d’édition : 231913.
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