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a nne él a ine cl ich e essai TU NE TE FERAS PAS D’IMAGE
le quartanier
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o n 92
d u m ê m e au t e u r c h e z l e m ê m e é d i t e u r
Jonas de mémoîre,ôà 2014 La pîsseuse,ôà 2016 [1992]
au x é d i t i o n s t r i p t yq u e La pîsseuse,ôà 1992 La saînte famîlle,ôà 1994
au x é d i t i o n s x y z Le désîr du roman,Éŝŝàî 1992 Comédîes,Éŝŝàî 1995 Rîen et autres souVenîrs,ôà 1998 Dîre le lîVre,Éŝŝàî 1998 Poétîques du Messîe,Éŝŝàî 2007 Mon frère Ésaü,ôà 2009
T U NE TE FERA S PA S D’IMAGE
LÉ QûààîÉ ÉÉçîÉ É Éû ŝôûîÉ fiàçîÉ É CôŝÉî Éŝ àŝ û Cààà É à Sôçî É ÉôÉÉ Éŝ ÉÉîŝÉŝ çûûÉÉŝ û QûÉç (sodec).
GôûÉÉÉ û QûÉç – PôgàÉ É çî ’îÔ ôû ’îîô É îÉŝ – GÉŝîô sodec.
Dîffûŝîô àû Cààà : DîÉîà Dîffûŝîô É EûôÉ : Là îàîîÉ û QûÉç (dnm)
© AÉ ÈàîÉ CîçÉ É LÉ QûààîÉ 2016
DÔ gà 2016 BîîôèûÉ É AçîÉŝ àîôàÉŝ û QûÉç BîîôèûÉ É AçîÉŝ Cààà
isbn 978-2-89698-243-1
a nn e éla i ne cli che
TU NE TE FERAS PAS D’IMAGE
Duras, Sarraute, Guyotat
essaî
le quartanier
Lé QûàRàîéR ÉdîéûR c.p. 47550 ,csp PàÉàû Mô-Rôà Môà (QûÉç) h2s 2s8 www.ÉûààîÉ.çô
Parfoîs, la nuît, au mîlîeu d’un rêVe, îl m’arrîVe de penser que je rêVe, et que la Vîsîon dans laquelle je croîs être ne tîent que par la force de mon désîr. Regarde bîen ! me dîs-je, et Voîs, Voîs ce que ta pensée engendre, tu peux être tout entîère dans ce que tu énonces. Cette conscîence du rêVe ne tîent jamaîs longtemps, et me rend îmmanquablement au réVeîl. Maîs dans le laps quî m’est accordé, je sens physîque-ment que la narratîon la plus folle me propulse, me faît corps, me jette, par exemple, du haut d’une tour pour que tomber comme îl est împossîble de tomber sans mourîr, soît ; ou me lance dans une course à grands pas quî peu à peu m’élèVe au-dessus du sol où je suîs aVîon, phallus aîlé, oîseau ; ou s’obstîne, plus sîmplement, à poursuîVre le rêVe que je rêVaîs juste aVant que la pensée « je rêVe » ne me tîre d’un enchaïnement que je ne connaïtraî pas, et m’entraïne à créer le monde où je suîs pour y être.
7
Dans ces nuîts où le temps, le mouVement se récî-tent, je retrouVe décuplée, Voluptueuse, l’împressîon d’enfanter le réel que l’acte d’écrîre dans un certaîn état d’abandon à la phrase, à son surgîssement, à sa poussée, produît. Aînsî peut s’éprouVer la sensatîon physîque – certîtude corporelle –, l’înconceVable éVî-dence que tout ce quî est Vîsîble procède de la parole.
Un pour Un
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