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Tu ne te feras pas d’image

De
384 pages
«Tu ne feras pour toi ni sculpture ni image quelconque de ce qui est dans les cieux en haut, sur la terre en bas, et dans les eaux sous terre.» (Exode 20, 4)
Si la représentation est fonction du langage, elle ne semble pas aller de soi pour certaines écritures qui assument apparemment l’interdit proféré par la parole divine. Pour la tradition juive, ce commandement équivaut à l’interdit de l’idolâtrie. Freud est le premier à le reconnaître comme «un triomphe de la vie de l’esprit sur la vie sensorielle» et pulsionnelle.
L’interprétation de ce deuxième commandement ne fait cependant pas l’unanimité dans la tradition qui l’a promulgué. L’histoire de l’art juif, depuis la construction du Temple de Jérusalem jusqu’aux créations des maîtres contemporains, montre que l’interdit biblique ne fut jamais interprété à la lettre. Les sages du Talmud admettent la représentation des formes vivantes tout en lui assignant une limite, et leurs débats nous enseignent ce que la distinction entre le réel, l’imaginaire et le symbolique engage sur le plan éthique.
Cet enseignement est ici le point de départ d’une relecture des œuvres de Duras, Sarraute et Guyotat, qui s’interdisent la représentation par un travail d’écriture visant à délégitimer l’image. Elles sont, ces œuvres – sublimation du pulsionnel oblige –, pétries par une force corporelle qui, non contenue par les limites de l’image, met en jeu le réel d’une jouissance à déchiffrer.
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Jonas de mémoîre,ôà 2014 La pîsseuse,ôà 2016 [1992]
au x é d i t i o n s t r i p t yq u e La pîsseuse,ôà 1992 La saînte famîlle,ôà 1994
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T U NE TE FERA S PA S D’IMAGE
LÉ QûààîÉ ÉÉçîÉ É Éû ŝôûîÉ fiàçîÉ É CôŝÉî Éŝ àŝ û Cààà É à Sôçî É ÉôÉÉ Éŝ ÉÉîŝÉŝ çûûÉÉŝ û QûÉç (sodec).
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Dîffûŝîô àû Cààà : DîÉîà Dîffûŝîô É EûôÉ : Là îàîîÉ û QûÉç (dnm)
© AÉ ÈàîÉ CîçÉ É LÉ QûààîÉ 2016
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isbn 978-2-89698-243-1
a nn e éla i ne cli che
TU NE TE FERAS PAS D’IMAGE
Duras, Sarraute, Guyotat
essaî
le quartanier
Lé QûàRàîéR ÉdîéûR c.p. 47550 ,csp PàÉàû Mô-Rôà Môà (QûÉç) h2s 2s8 www.ÉûààîÉ.çô
Parfoîs, la nuît, au mîlîeu d’un rêVe, îl m’arrîVe de penser que je rêVe, et que la Vîsîon dans laquelle je croîs être ne tîent que par la force de mon désîr. Regarde bîen ! me dîs-je, et Voîs, Voîs ce que ta pensée engendre, tu peux être tout entîère dans ce que tu énonces. Cette conscîence du rêVe ne tîent jamaîs longtemps, et me rend îmmanquablement au réVeîl. Maîs dans le laps quî m’est accordé, je sens physîque-ment que la narratîon la plus folle me propulse, me faît corps, me jette, par exemple, du haut d’une tour pour que tomber comme îl est împossîble de tomber sans mourîr, soît ; ou me lance dans une course à grands pas quî peu à peu m’élèVe au-dessus du sol où je suîs aVîon, phallus aîlé, oîseau ; ou s’obstîne, plus sîmplement, à poursuîVre le rêVe que je rêVaîs juste aVant que la pensée « je rêVe » ne me tîre d’un enchaïnement que je ne connaïtraî pas, et m’entraïne à créer le monde où je suîs pour y être.
7
Dans ces nuîts où le temps, le mouVement se récî-tent, je retrouVe décuplée, Voluptueuse, l’împressîon d’enfanter le réel que l’acte d’écrîre dans un certaîn état d’abandon à la phrase, à son surgîssement, à sa poussée, produît. Aînsî peut s’éprouVer la sensatîon physîque – certîtude corporelle –, l’înconceVable éVî-dence que tout ce quî est Vîsîble procède de la parole.