Une femme trop gaie

De

De toutes les femmes qui ont joué un rôle important dans la vie de Baudelaire, madame Sabatier - la Présidente - est sans doute celle sur laquelle on a le plus écrit. Pourtant, Une femme trop gaie enrichit et modifie le regard porté sur l’héroïne et son destin. L’auteur parvient en effet à éclairer les zones d’ombre entretenues par Edmond Richard, dernier amant et premier biographe de la Présidente, et à dissiper quelques légendes tenaces, grâce à des archives en grande partie inédites. En même temps qu’un tableau vivant de la vie artistique du XIXe siècle, cette biographie livre de nombreux épisodes inconnus de la vie de Mme Sabatier, en particulier sur ses jeunes années et sur la période qui succède à ses célèbres dîners - où se côtoyait le Tout-Paris artistique - jusqu’à sa mort en 1890, soit près d’un demi-siècle encore inexploré ponctué d’amitiés et d’amours. Mais surtout, l’analyse systématique de sa correspondance, de celles de ses amis et des œuvres littéraires auxquelles elle fut associée permet de présenter sa relation avec Baudelaire sous un angle tout à fait nouveau (notamment en ce qui concerne le «fiasco» dont le poète aurait été victime), de comprendre la place que Flaubert lui réserva dans L’Éducation sentimentale et de cerner la complicité qu’elle entretint avec Théophile Gautier, auteur de la célèbre Lettre à la Présidente, chef-d’œuvre de la littérature érotique. Près de vingt ans de recherches, menées avec la minutie d’une instruction criminelle, ont été nécessaires à Thierry Savatier pour écrire cet ouvrage. Au-delà des clichés de la déesse inaccessible ou de la courtisane apparaît alors une femme qui, par son rôle auprès de créateurs de premier plan et par sa totale indépendance de cœur et d’esprit, fut étonnamment moderne pour son temps. Arrière-petit-neveu de la Présidente, Thierry Savatier poursuit une carrière dans l’industrie (marketing, renseignement économique) et, parallèlement, des recherches sur la littérature et l’art du XIXe siècle.


Publié le : jeudi 16 juin 2016
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EAN13 : 9782271091253
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Une femme trop gaie

Biographie d’un amour de Baudelaire

Thierry Savatier
  • Éditeur : CNRS Éditions
  • Année d'édition : 2003
  • Date de mise en ligne : 16 juin 2016
  • Collection : Littérature
  • ISBN électronique : 9782271091253

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Édition imprimée
  • ISBN : 9782271060976
  • Nombre de pages : 344
 
Référence électronique

SAVATIER, Thierry. Une femme trop gaie : Biographie d’un amour de Baudelaire. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : CNRS Éditions, 2003 (généré le 17 juin 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionscnrs/5435>. ISBN : 9782271091253.

Ce document a été généré automatiquement le 17 juin 2016.

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De toutes les femmes qui ont joué un rôle important dans la vie de Baudelaire, madame Sabatier - la Présidente - est sans doute celle sur laquelle on a le plus écrit. Pourtant, Une femme trop gaie enrichit et modifie le regard porté sur l’héroïne et son destin. L’auteur parvient en effet à éclairer les zones d’ombre entretenues par Edmond Richard, dernier amant et premier biographe de la Présidente, et à dissiper quelques légendes tenaces, grâce à des archives en grande partie inédites. En même temps qu’un tableau vivant de la vie artistique du XIXe siècle, cette biographie livre de nombreux épisodes inconnus de la vie de Mme Sabatier, en particulier sur ses jeunes années et sur la période qui succède à ses célèbres dîners - où se côtoyait le Tout-Paris artistique - jusqu’à sa mort en 1890, soit près d’un demi-siècle encore inexploré ponctué d’amitiés et d’amours. Mais surtout, l’analyse systématique de sa correspondance, de celles de ses amis et des œuvres littéraires auxquelles elle fut associée permet de présenter sa relation avec Baudelaire sous un angle tout à fait nouveau (notamment en ce qui concerne le «fiasco» dont le poète aurait été victime), de comprendre la place que Flaubert lui réserva dans L’Éducation sentimentale et de cerner la complicité qu’elle entretint avec Théophile Gautier, auteur de la célèbre Lettre à la Présidente, chef-d’œuvre de la littérature érotique. Près de vingt ans de recherches, menées avec la minutie d’une instruction criminelle, ont été nécessaires à Thierry Savatier pour écrire cet ouvrage. Au-delà des clichés de la déesse inaccessible ou de la courtisane apparaît alors une femme qui, par son rôle auprès de créateurs de premier plan et par sa totale indépendance de cœur et d’esprit, fut étonnamment moderne pour son temps. Arrière-petit-neveu de la Présidente, Thierry Savatier poursuit une carrière dans l’industrie (marketing, renseignement économique) et, parallèlement, des recherches sur la littérature et l’art du XIXe siècle.

Sommaire
  1. Introduction

    1. Remerciements
  2. Principaux sigles et abréviations

  3. I. 1747 - 1836. Les origines

    1. La famille Harmand
    2. Le préfet des Ardennes
    3. Marguerite Martin
    4. André Savatier
    5. Aglaé Joséphine
    6. Paris
  4. II. 1837 - 1845. Premiers pas parmi les lions

    1. Débuts à l’Opéra
    2. Chez les peintres
    1. Meissonier
    2. Richard Wallace
    3. Théophile Gautier et Fernand Boissard
    4. L’hôtel Pimodan
    5. Maryx
    6. Le Club des hachichins
    7. Première rencontre avec Baudelaire
    8. Jean-Baptiste Auguste Clésinger
  1. III. 1846 - 1850. Une éducation sentimentale

  2. IV. 1851 - 1856. L’inspiratrice

  3. V. 1857. L’année majeure

  4. VI. 1858 - 1861. La fin des dîners

  5. VII. 1862 - 1869. Les années difficiles

  6. VIII. 1870 - 1890. Sine amor, vita mors...

  7. Épilogue

  8. Annexe

  9. Bibliographie

  10. Index alphabétique des noms cités

  11. Illustrations

Introduction

Plus de cent trente ans après sa mort, Baudelaire semble encore, telle une comète marquant son passage, traîner à sa suite un voile de mystère dont il enveloppe son entourage féminin. Bien qu’il ait souvent aimé brouiller les pistes, il n’en est pas vraiment responsable. Le public aime parfois inhaler quelques relents sulfureux et la critique – à de rares, mais notables exceptions près – s’est chargée de lui livrer en pâture les commentaires qu’il attendait à grand renfort d’idées reçues. Jeux du cirque littéraire !

De fait, du point de vue biographique, le poète n’a pas eu beaucoup de chance avec les femmes : comme le font remarquer Claude Pichois et Jean Ziegler dans l’introduction de leur ouvrage capital1, nous ignorons encore une partie de la généalogie de madame Aupick ; JGF, dédicataire des Paradis artificiels et de l’Héautontimorouménos n’a toujours pas livré son secret ; quant à Jeanne Duval, nous ne savons rien de son origine et même son nom véritable nous échappe.

Une autre femme a traversé sa vie et celle de nombreux artistes majeurs de son temps : madame Sabatier que l’on s’évertue encore à appeler Vénus blanche par opposition à Jeanne, si commodément reléguée au rang de Vénus noire, comme si, par cette simple opposition chromatique de l’épiderme et, laisse-t-on entendre, de l’esprit, les deux femmes s’étaient, de leur vivant, disputé les faveurs de Baudelaire. La réalité n’eut pourtant rien de commun avec cette image d’Épinal.

Certes, si l’on mesurait l’état des connaissances à l’aune des écrits qui lui ont été consacrés (articles, chapitres, biographies…) l’on pourrait se croire rassuré. Voilà enfin une muse sans fard, sans mystère. Et cependant, peu de documents publiés résistent à un examen attentif. Que d’erreurs, que de légendes non fondées, que de niaiseries même n’at-on pas écrites sur elle !

Il faut le reconnaître aujourd’hui, si nous disposons de nombreuses informations sur la Présidente (puisque tel est le titre sous lequel elle marqua l’histoire littéraire), persistent des zones d’ombre, en particulier sur ses jeunes années (1830-1847) mais aussi sur la période qui s’étend de 1861 à 1890 où elle fut moins en vue, soit au total près d’un demi-siècle !

À cet égard, la responsabilité des premiers biographes est capitale parce qu’ils ne se sont pas montrés particulièrement rigoureux sur leurs sources. Léon Séché construisit sa Jeunesse dorée sous Louis-Philippe2 sur les souvenirs tardifs d’Ulric Guttinger. Pierre Dufay3 fit preuve de plus de perspicacité, mais ne vérifia pas toujours ce qu’il avançait. Quant à André Billy, si l’on excepte le premier chapitre de La Présidente et ses amis4, consacré à Louis Harmand d’Abancourt, le reste de son livre reprend, souvent in extenso, le texte d’un manuscrit d’Edmond Richard5, certes fort important, mais qu’il convient de considérer avec prudence. Dernier amant de madame Sabatier, Richard rédigea sa notice trente ans environ après la mort de cette dernière. On comprend facilement que la mémoire ait pu lui faire défaut, même s’il avait probablement accumulé des notes bien antérieures et effectué quelques recherches complémentaires. De plus, par courtoisie ou pour des raisons moins avouables, il passa sous silence des informations qui seraient aujourd’hui d’une utilité considérable, quand il ne maquilla pas volontairement la vérité. Après la mort de Flaubert, Caroline Hamard, que l’on a du mal à trouver vraiment sympathique, s’attribua le rôle d’héritière abusive, expurgeant la correspondance de son oncle tout en s’attachant à tirer profit des lambeaux que le maître lui avait légués. À une échelle plus modeste, Richard ne se comporta pas différemment. En écrivant tardivement à Fernand Vandérem : « Dans les mémoires, les vérités et les mensonges portent les mêmes masques et dominos6 », il ne faisait que définir sa propre démarche. Enfin, son manuscrit étant passé entre plusieurs mains, Jacques Crépet, Fernand Vandérem, peut-être Ernest Raynaud, puis surtout André Billy, il a subi des altérations et comporte de nombreuses notes isolées7, parfois contradictoires, qui n’en facilitent pas la lecture.

La plupart des autres biographes s’engagèrent dans la brèche ouverte par leurs prédécesseurs, les uns reprenant de bonne foi les études existantes sans grand souci toutefois de les approfondir, les autres y ajoutant erreurs, confusions et commentaires fantaisistes. Il faut cependant souligner, à la décharge des rédacteurs qui n’étaient pas tous des chercheurs, qu’ils ne disposaient pas, en dehors du manuscrit précité, d’une abondante documentation immédiatement et facilement accessible. Edmond Richard, qui avait hérité d’une grande partie de la bibliothèque et de la correspondance de la Présidente, en avait peu à peu vendu le contenu à des collectionneurs. On perdit la trace de livres, de lettres et de tableaux. Un silence étrange entoura – et entoure encore – tout ce qui lui avait appartenu. Les sources familiales elles-mêmes s’avéraient bien maigres. À la table de Bébé, la sœur cadette d’Apollonie, on faisait taire les enfants qui montraient trop de curiosité à l’égard de leur tante, ce qui lui valut le surnom inattendu de « Tante chut8 ». De son côté, Richard Savatier, son neveu qui avait quinze ans lorsqu’elle mourut et qui passait souvent ses vacances chez elle, fit preuve d’un mutisme presque total face aux questions d’André Billy9. Il n’était pas convenable à l’époque d’évoquer la vie d’une femme qui avait été, disait-on, si courtisée.

Il faudra attendre les travaux précieux de Jean Ziegler10, la thèse originale d’Armand Moss11, avec laquelle nous sommes toutefois en total désaccord et la récente biographie de Gérard de Senneville12 pour tenter de rompre enfin avec des légendes tenaces et les récits de romances pour midinette.

Plusieurs ouvrages se sont limités, avec des fortunes diverses, à observer madame Sabatier sous l’angle baudelairien. D’autres, plus généraux, sont, comme le livre d’André Billy, divisés en chapitres consacrés aux amis qu’elle avait fréquentés. À l’opposé, nous avons choisi une démarche chronologique, sans doute plus contraignante, mais la seule, croyons-nous, permettant d’embrasser l’ensemble du sujet et de comprendre son évolution dans un siècle riche en événements. Née sous Louis XVIII, morte sous la IIIe République, la Présidente a certes traversé son temps sans prêter vraiment attention aux convulsions politiques qui modelèrent le destin de la France et du continent européen ; elle se trouva en revanche mêlée à nombre de bouleversements essentiels qui transformèrent en profondeur les grands courants artistiques.

Le présent ouvrage ne prétend pas être exhaustif. Nous tenterons simplement, à la lumière des documents que nous avons pu consulter ou découvrir et de l’état actuel des connaissances, de livrer dans ces pages une biographie de celle qui, mieux que la « déesse inaccessible » ou la « vivandière de faunes » (pour reprendre les deux images extrêmes qu’on a voulu laisser d’elle), fut une femme étonnamment moderne et indépendante pour son temps.

Nous n’avons pas cherché non plus à jeter l’anathème sur tel ou tel auteur et encore moins à brosser un portrait embelli ou idéalisé. Du point de vue biographique, le sang ne confère aucun droit mais, au contraire, impose de strictes obligations, dont celle de rigueur historique. C’est au nom de celle-ci que nous nous sommes attaché à détruire des légendes tenaces et, il est vrai, souvent malveillantes. Des ouvrages récents continuent – avec la meilleure foi du monde – d’en colporter un grand nombre. Ainsi lit-on dans un dictionnaire à la rubrique « Madame Sabatier » : « De mœurs légères, elle trompait son amant en titre [Alfred Mosselman] avec le sculpteur Clésinger, Théophile Gautier et d’autres13 », ce qui est, nous le verrons, parfaitement inexact. Au cours d’entretiens avec d’éminents spécialistes de l’art du xixe siècle, alors que nous mettions en doute, documents à l’appui, sa liaison avec Clésinger, on nous répondit souvent : « Il aurait bien été le seul à ne pas en avoir profité. » Ces réactions nous firent mesurer l’ampleur de notre tâche ! On ne pourra nous accuser d’avoir tenté, au nom d’une quelconque bienséance qui n’a pas sa place dans une biographie, de réduire le nombre des liaisons de notre héroïne : le lecteur découvrira dans les pages qui suivent l’identité de trois amants qu’aucun biographe n’a jamais évoquée. Il nous a en revanche semblé essentiel de tenter de mettre un terme aux erreurs et aux affabulations qui restent liées à son nom dans l’esprit du public, même le plus averti.

C’est aussi dans ce souci que nous avons, au fil des années, réuni une somme considérable de documents. L’analyse des correspondances – celle de madame Sabatier comme celles de ses contemporains, lorsqu’elles étaient accessibles – a constitué l’épine dorsale de notre étude, tant il est évident que les lettres échangées, une fois classées, datées et vérifiées, constituent une source d’information plus fiable que des mémoires ou journaliers écrits a posteriori. Le lecteur nous pardonnera, souhaitons-nous, d’avoir cité, le plus souvent dans leur intégralité, un grand nombre de ces lettres, mais nous pensons que leur contenu permettra de mieux saisir l’atmosphère qui régnait dans l’entourage de madame Sabatier et la qualité des relations que de nombreux artistes majeurs entretinrent avec elle. Enfin, l’analyse approfondie de certaines œuvres auxquelles elle ne fut pas étrangère et que les précédents biographes survolèrent ou passèrent sous silence nous a aussi parue nécessaire.

Nous nous sommes efforcé, dans la mesure du possible, de n’avancer que ce que nous pouvions prouver. Les nombreuses notes qui complètent notre texte illustrent cette volonté. Lorsque des versions opposées, mais tout aussi plausibles, se présenteront, nous les livrerons, laissant au lecteur le soin de se forger une opinion. Nous l’avons dit, des zones d’ombre subsistent ; elles feront l’objet d’hypothèses ou d’interrogations qui seront, c’est notre souhait, autant de domaines à explorer pour les chercheurs futurs. Si l’un d’eux, dans l’avenir, parvenait à résoudre la plus modeste énigme que nous avons ici soulevée, nous aurions alors atteint notre but.

Remerciements

La réalisation d’une biographie s’apparente, par bien des aspects, à une enquête policière. Trouver des indices, les interpréter, vérifier l’exactitude des documents et des témoignages, discerner les fausses pistes, examiner des éléments en apparence contradictoires ou imprécis furent notre lot quasi quotidien durant de longs mois et rendirent cette démarche passionnante. Tout aussi passionnantes ont été les relations humaines qui furent construites ou entretenues autour de ce livre. Cette étude n’aurait en effet jamais vu le jour sans la disponibilité, la patience, l’érudition et la gentillesse de toutes les personnes que nous avons consultées.

En premier lieu, M. le professeur Claude Pichois dont le nom est indissociable de celui de Baudelaire. Depuis plus de vingt ans que nous le connaissons, nous avons toujours pu compter sur son aide et son érudition lorsque nous butions sur un écueil. Ses conseils et ses encouragements furent pour nous d’une grande utilité tout au long de nos travaux. Nous tenons à lui manifester notre reconnaissance en lui co-dédiant cet ouvrage.

Tout aussi utiles furent les commentaires et le fruit des recherches de notre amie Wendy Nolan Joyce qui prépare une biographie de madame Sabatier en langue anglaise. Engagés dans une démarche similaire, mais avec une approche différente, nous avons décidé de mettre en commun l’ensemble de nos sources. L’épais dossier de notre correspondance témoigne de l’importance de sa collaboration sans faille et de son amitié.

Nous souhaitons aussi remercier, dans l’ordre alphabétique, les responsables des musées et bibliothèques publiques qui, par leur connaissance des fonds qu’ils conservent, ont grandement facilité et guidé nos recherches, auxquels nous associons le personnel de ces institutions pour son dévouement :

Mme Sylvie Aubenas, conservateur en chef au département des Estampes et de la Photographie de la BNF qui a su nous mettre sur la bonne voie dans notre recherche de photographies inédites de madame Sabatier. Mme Danièle Benazzouz, archiviste aux archives de Paris, M. D. Bongiovanni, conservateur au musée Pierre Noël de Saint-Diédes-Vosges, Mme Annie Chassagne, conservateur en chef à la bibliothèque de l’Institut, M. Antoine Coron, directeur des collections de la réserve des livres rares de la BNF, M. Michel Hilaire, directeur du musée Fabre de Montpellier, M. Grandfils, bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Fontainebleau, avec lequel nous avons reconstitué le manuscrit d’Edmond Richard. M. Michel Jourdain, archiviste aux archives de Paris, M. Jean-Marie Lévesque, du musée de Caen, Mme Françoise Maison, conservateur en chef au musée du Second Empire du château de Compiègne, M. Dominique Morel, conservateur en chef au musée du Petit-Palais, Mme Mireille Pastoureau, conservateur général à la bibliothèque de l’Institut qui a facilité notre accès au fonds Lovenjoul, Mme Michèle Le Pavec, conservateur en chef au département des Manuscrits de la BNF avec laquelle nous avons consulté les dossier de Jacques Crépet et Jean Ziegler, ainsi que les photographies du legs Le Masle. Mrs Penny Pearson, de l’Ohio State University Librairies (Colombus), Mme Anne Pingeot, conservateur général au musée d’Orsay qui nous a permis d’accéder au très important dossier concernant la Femme piquée par un serpent qu’elle a constitué et à l’ensemble de la documentation du musée, tout en nous aidant de ses observations. Mme Hélène Servant, conservateur adjoint des archives départementales du Puy-de-Dôme, M. Philippe Sorel, conservateur au musée Carnavalet, Ms Margaret Splane, assistante de recherches au centre W.T. Bandy d’Études baudelairiennes de l’université Vanderbilt (Nashville, Tennessee) dont l’aide ne fit jamais défaut. Enfin, Mme Catherine Tambrun, conservateur au musée Carnavalet et Mme Frédérique Thomas-Maurin, conservateur au musée des Beaux-Arts de Besançon et spécialiste de l’œuvre de Clésinger.

Pour la partie de nos recherches, effectuées en Italie, nous tenons à remercier le docteur Castelli, directeur des musées municipaux de Côme, Mme Daniela Garziera, de la bibliothèque municipale de Villa-Guardia, le docteur et Madame Antonio Greppi, M. le comte Eduardo Greppi, Mme le professeur Rosa-Maria Palermo di Stefano, de l’université de Messine, Mme Catia Villa, du musée archéologique P. Giovio de Côme et Mme Vimercati, de la bibliothèque municipale de Côme.

Toute notre gratitude va aussi aux responsables d’archives d’entreprises et d’institutions privées qui ont toujours pris le temps de répondre à nos questions :

M. Luc Berger, historien à la direction de la communication de Dassault-Aviation, M. A. Grisay, de la Société royale des bibliophiles et iconophiles de Belgique, M. Peter Hughes, conservateur en chef à la Wallace Collection (Londres), Mme Izquierdo, de la société Moët et Chandon, M. Ronny van Loock, de l’Union minière de Belgique, Mme Marchand, bibliothécaire au Jockey-Club, Mme Anne-Thérèse Nguyen, des archives historiques de la BNP, M. Jacques Salbert, de la Société d’archéologie et d’histoire de la Mayenne, M. Robert Wenley, conservateur des sculptures à la Wallace Collection (Londres).

De nombreuses autres personnes nous ont aimablement fait profiter de leurs connaissances du xixe siècle, en particulier le docteur Annick Anceau, de l’université de Liège (Belgique), M. Jacques Balp, de l’académie de Montpellier, M. Thierry Bodin, expert en autographes, Maître Buffetaud, commissaire-priseur, M. François Colcombet, M. Jean Louis Debauve, Mme Catherine Delons, biographe de Narcisse Ancelle, M. Maurice Dussartre, M. Jean d’Eudeville (✝), M. Jean-Paul Flahaut, M. Jean-Charles Godoy, M. Jean-Benoît Guinot, M. Gilles Hainri, M. Joël Hill, M. Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye, M. le sénateur Lucien Lanier, M. François Luguenot, secrétaire général de la société Alkan sans lequel nos recherches sur Élie Delaborde auraient été incomplètes. Citons aussi M. le professeur Alexander Labuda, de l’université de Wroclaw, M. A. Malinowski, artiste peintre, M. le professeur Jean-Yves Mollier, directeur du Centre d’histoire culturelle des Sociétés contemporaines de l’université de VersaillesSaint-Quentin-en-Yvelines, M. François-Xavier Monteil, M. Marc Pagneux, expert en photographies, M. Léo van de Pas, M. Michel Poniatowski, M. Roger Ripert, M. Marc Roussel, Mme Irène Sabatier d’Espeyran-Roussel, Mme Anne Savoy-Allain, M. Gérard de Senneville, biographe de la Présidente qui mit à notre disposition ses sources d’information, M. Jean-Louis Tamvaco sans les travaux érudits duquel nous n’aurions pu découvrir les jeunes années de notre héroïne, M. Denis d’Urso, M. Robert Veret, maire de Ribiers et M. Roger Viout. Si quelques personnes ont été oubliées, nous leur demandons de bien vouloir nous pardonner.

Nous exprimerons aussi une pensée pour ceux qui ont disparu, mais auprès desquels nous avons considérablement enrichi nos connaissances. Ainsi le poète Marcel Béalu, les libraires Maurice Chalvet et Pierre Chrétien, le docteur Gaston Ferdière et M. Jacques Suffel.

Je ne pourrais clore ce chapitre sans rendre hommage à la mémoire de M. Jean Ziegler. Chacun le sait, « le moi est haïssable » et j’ai choisi, tout au long de cet ouvrage, d’employer le « nous » qui permet d’ailleurs de mieux associer le lecteur au texte. Mais la mémoire de Jean Ziegler fait appel à des souvenirs trop personnels pour que je ne déroge pas à la règle que je me suis imposée. Nous nous connaissions depuis plus de vingt ans et il avait bien voulu me donner son amitié. Homme d’une courtoisie exquise, chercheur rigoureux et infatigable, d’une modestie dont seuls les esprits de haute lignée savent faire preuve, il s’était pris de passion pour madame Sabatier et sa sœur Bébé auxquelles il avait consacré plusieurs notes biographiques de première importance. Il avait aussi réuni de très nombreux documents, incluant des archives personnelles de la Présidente provenant de Jacques Crépet, dont il fit récemment don à la Bibliothèque nationale. Dès que je lui fis part de mon projet, il mit sans hésiter sa bibliothèque et ses fichiers à ma disposition. Une grande partie des informations jusqu’à présent inédites que le lecteur trouvera dans ce volume furent puisées à cette source. Il accepta aussi, avec patience et autant que son état de santé le lui permettait, de suivre les progrès de mes travaux et me prodigua quelques précieux conseils. Bien connu et respecté du monde des lettres, il m’avait ouvert de nombreuses portes dès nos premières rencontres, ce qui facilita grandement ma démarche. Enfin, et ce n’est pas la moindre de mes gratitudes envers lui, je lui dois ma vocation pour les recherches et je ne trouve pas incongru de dire ici que ce livre n’aurait jamais existé si je n’avais pu, tout au long de mes travaux, me référer à son exemple et y trouver les encouragements nécessaires. On comprendra donc pourquoi, plus que jamais, cette biographie est aussi dédiée à sa mémoire.

Notes

1 Claude Pichois et Jean Ziegler, Baudelaire, 1re édition, Paris, Julliard, 1987, p. 13.

2 Léon Séché, La Jeunesse dorée sous Louis-Philippe, Paris, Mercure de France, 1910.

3 Pierre Dufay, Autour de Baudelaire, Paris, Au cabinet du livre, 1931.

4 André Billy, La Présidente et ses amis, Paris, Flammarion, 1945.

5 Edmond Richard (Verzy, 19 janvier 1847 - Noisy-le-Sec, 16 janvier 1934). Après des études à l’institution Rossat de Charleville, il entra à la Société des chemins de fer de l’Est comme employé et y termina sa carrière comme sous-ingénieur honoraire.

6 Lettre d’Edmond Richard à Fernand Vandérem, BNF, département des Manuscrits, cote NAF16876, ff. 105-106.

7 Nous devons à M. Jean Ziegler les précisions sur la circulation du manuscrit. Il est actuellement conservé à la bibliothèque municipale de Fontainebleau, dans le fonds Billy. Sur la couverture, on peut lire : « Remis à M. André Billy par M. G. Deflandre, avril 1943. G.D. » Il semble que Billy fut responsable des détériorations majeures du document, n’hésitant pas à découper des paragraphes entiers, amputant des feuillets pour constituer le premier jet de son ouvrage. Nous avons pu retrouver les chapitres concernant Flaubert et Du Camp ainsi que certaines notes sur Meissonier, considérés comme perdus, en décembre 1998 : ils avaient été entassés dans une chemise sans rapport avec le sujet. L’un des intérêts majeurs de ce manuscrit réside dans les copies de lettres adressées à madame Sabatier par ses amis, exécutées par Richard avant de les vendre.

8 Nous tenons cette anecdote de M. Jean Ziegler, confirmée par un descendant de la sœur cadette de la Présidente.

9 La courte allusion de Billy à Richard Savatier prouve qu’il n’avait pas parlé, ce qu’a pu confirmer son petit-fils, Bernard Savatier.

10 Jean Ziegler, Baudelairiana, Alfred Mosselman et madame Sabatier, Bulletin du bibliophile, III, 1975, Baudelairiana, Madame Sabatier, quelques notes biographiques, Bulletin du bibliophile, III-IV, 1977 et Gautier Baudelaire, un carré de dames, Paris, Nizet, 1978.

11 Armand Moss, Baudelaire et madame Sabatier, 2e édition, Paris, Nizet, 1978.

12 Gérard de Senneville, La Présidente, une égérie du xixe siècle, Paris, Stock, 1998.

13 Lucienne Mazenod et Ghislaine Schoeller, Dictionnaire des femmes célèbres, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1992, p. 747.

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