Vains combats

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On observe une tendance inexorable de l'humanité vers l'abstraction. C'est le cas en politique, avec les concepts de nation, de citoyenneté qui sont des fictions. C'est le cas en philosophie avec la théorie des Idées qui auraient une "existence" propre, quasi-matérielle, en dehors de nos cerveaux. C'est aussi le cas dans le domaine des sciences hermétiques, avec le thème de la survie des âmes. En astronomie par ailleurs, les scientifiques ont relevé que l'univers qui, jusque-là, avait toujours semblé se déployer, pouvait désormais bien être sur le point d'entamer le mouvement inverse, celui d'un retour à l'unité primordiale. Alors, si le concret doit s'effacer au profit de l'abstrait, c'est certes la fin des frontières, des clans, des appartenances. C'est aussi la caducité des individualités et des combats personnels pour exister, pour s'imposer face à l'altérité, dès lors qu'il ne reste plus, en définitive, qu'une sorte de fusion avec l'absolu, en-dehors de toute contingence du quotidien. Être Homme, c'est donc d'abord cesser d'exister en tant qu'individu, avec ses velléités, ses inconstances, ses basses inclinations, pour toucher à une vérité dont le monde que nous connaissons ne serait qu'un reflet transitoire. Pierre Pimpie montre l'unité de vue des penseurs depuis toujours sur cet état de fait, afin de nourrir une réflexion du lecteur sur la vocation qu'il doit donner à sa vie, et le sens qu'il doit conférer aux mouvements du monde, qu'il s'agisse d'évènements artistiques, géopolitiques ou d'une autre nature. En intégrant Platon, Nietzsche ou la politique étrangère américaine des dernières années à une même problématique, une même dynamique, il s'agit de tout raccorder à un cheminement commun, s'orientant vers un avenir prémédité. L'auteur ne plaide donc pas pour une idée nouvelle, mais défend l'intuition d'un combat commun de l'humanité, subordonnant la vanité de nos ambitions isolées. Cet essai doit alors permettre de surmonter les oppositions apparentes, par exemple entre droite et gauche, nature et culture, romantisme et classicisme, pour entrevoir le moteur de l'évolution humaine et de son dépassement.
Publié le : jeudi 19 juillet 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748388718
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748388718
Nombre de pages : 230
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Pierre Pimpie
VAINS COMBATS
 
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IDDN.FR.010.0117794.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
Lhumanité tend inexorablement vers une destinée pro-grammée dès lorigine. Née de lUn, elle est vouée à sy fondre à nouveau quand sachèveront ses pérégrinations. De lUnité a jailli la multiplicité ; lAbsolu sest dispersé à travers la différen-ciation et la relativité. Le Principe a engendré le monde manifesté, lunivers physique dont limmensité et la perfection reflètent son Créateur. Ainsi labstrait est-il le préalable du concret, semblable à lidée précédant laction. Cest en cela que la matière se voit subordonnée au souffle qui lanime et non point linverse. Lesprit préexiste au corps, le justifiant ainsi. Mais lexistence nest que passade provisoire et lincarnation précède lélévation vers des sphères plus amènes. Le concret caractérisant la corpo-réité et la densité du monde terrestre sévanouit donc au profit de labstrait, de lineffable, de limpalpable. Ce qui se vérifie à léchelon microcosmique auquel renvoie la dimension humaine sopère à léchelon macrocosmique propre à la Création, toutes proportions gardées. Et les symptômes dun cheminement duquel tout participe nont de cesse de se laisser voir. LHistoire, la Politique, lArt, la Philosophie, la Reli-gion fondent autant de domaines où labstrait soctroie la primauté, après que le concret est parvenu à son faîte. Car le parcours de lentendement humain imite la marche de lunivers, ayant toujours le souci de se mettre au diapason dune cadence de plus grande envergure, sinscrivant résolument dans
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le Tout, à linstar des secondes ségrenant au sein des minutes, puis des heures et des jours. Tout se tient, se lie et senchaîne, de telle manière que le savant mécanisme cosmique en résultant se montre parfait. Le Big-Bang a initié la manifestation à partir du Principe, du point originel, et lunivers na dès lors cessé de croître, son expansion seffectuant même, désormais, à la façon dune exponentielle. Et les astronomes se disputent sur le point de savoir sil continuera fidèlement à cette dynamique, ou sil enclenchera le mouvement inverse, une fois arrivé à sa plus forte amplitude. Les tenants de la seconde thèse peaufinent leur argumentaire, avec force données scientifiques, là où lintuition seule suffirait. La nature partout obéit aux mêmes principes. Tout ce qui est, naît, vit et meurt, partant dun embryon, retournant à la poussière. Lunivers néchappe pas à la règle, même si sa gran-deur lui confère une durée particulièrement longue. Il croît et décroît, car son Créateur expire et inspire, soufflant et reprenant Son souffle. LHomme, également à Son image, est commandé par les mêmes forces : lexpirpropre à la concrétion, la matéria-lisation, la duplication et linspir à labstraction, la propre désintégration, la concentration. Et cela se voit, sentend et se ressent : la démocratie étreint les nations, le christianisme surpasse le paganisme, lHomme universel se substitue aux clans, le mondialisme défait les eth-nocentrismes. En dautres termes, lhumanité actuelle rejoint à grands pas les sentiers de labstraction : les particularismes sétiolent, lindividualisme à tous crins dénie les ancrages tradi-tionnels, déjoue les anciennes solidarités ; les unions dÉtats à vocation fédérale se substituent aux patries comme aux famil-les ; lesystèmeabstrait par définition  remplace les équilibreslégués par le passé  concrets par nature.
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Labstrait semble être la finalité du concret, à tel point que celui-ci est associé au mal, tandis que celui-là paraît recouvrir le bien. Le Diable, se présentant étymologiquement comme celui qui divise, sattache au mouvement dexpansion, de reproduc-tion, daugmentation du nombre de parties par la division récurrente de celles-ci ; en tant que tel, il suscite une impression de chaos et de désordre, jusquà ce quun grouillement trop intense des éléments engendrés permette une neutralisation de ceux-ci, puis un retour à la concentration, à lordre et à la séré-nité, cest-à-dire au bien. Ainsi la lutte millénaire entre les forces dumal et les forces dubien, leculte lunaireet leculte solaire,lesAncienset lesModernes, laTradition et leProgrès, laDroite et laGauche participerait-elle dune logique inébranlable, tout au long du cheminement hu-main. LHistoire aurait donc un sens, lHomme un devenir, lArt une finalité. Ouspensky, lun des élèves du très énigmatique Gurdjieff, di-sait à propos de lenseignement prodigué par celui-ci : « Ce nétait pas une marqueterie comme le sont tous les systèmes philosophiques ou scientifiques, mais un tout indivisible ». Il faudrait alors recenser dans tous les domaines les traces dune marche vers labstraction, car il ne fait nul doute quun principe ne peut se voir validé quà lépreuve de tous les questionne-ments ayant affecté lHomme. Les disciplines, aussi distinctes et compartimentées puissent-elles apparaître, participent en effet, quoique situées à des niveaux hiérarchisés, dune même logique. Aussi labstraction affecte-t-elle tant le degré exotérique, dordre politique et philosophique, que le degré ésotérique. Cette progression en elle-même traduit une élévation de la pensée vers les cimes de labstraction. Mais si tout concourt à la même fin, que reste-t-il au libre arbitre, à la volonté de déroger
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aux grands systèmes, aux vastes injonctions de la marche des temps ? Si lindividu doit se fondre dans une immensité omnis-ciente qui le dépasse, une noèse divine qui lincrémente, les combats pour marquer sa différence ne sont-ils pas instantané-ment frappés de caducité ? La condition humaine ne serait donc vouée quà suivre un cheminement préétabli et tout combat pour sen éloigner deviendrait vain.
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