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Vinyle Emoi

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Tout a démarré ce soir-là. Le soir de mon quarantième anniversaire. Une soirée de retrouvailles entre amis, dans la chaleur estivale d'un mois de juillet. Un moment de rêve pour le doux nostalgique que je suis. Un rêve inespéré et salvateur.
Je m’appelle Jean, je vis seul, séparé de mon ex-femme, Louise, la mère de ma fille Juliette, âgée de douze ans. Je suis devenu malgré moi un solitaire, souvent rempli de tristesse et de vague à l’âme. Mélancolique de cet amour perdu.
Tout a démarré ce soir-là, dans la chaleur de cette nuit d’été, entouré de ces amis bienveillants et veillant bien. Le cerveau embrumé par les rires, l’alcool, la joie et le plaisir de s’être retrouvés. Parmi les cadeaux, un objet à la fois neuf et suranné. Un vinyle. Un magnifique vinyle.
Tout a démarré ce soir-là, avec cet objet à l’esthétisme implacable bientôt déclencheur des nouveaux élans et de nouvelles quêtes insoupçonnées.
Quêtes musicales et amoureuses. Un nouveau départ à ma vie.
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Sebastien POUSSIN

Vinyle Emoi

 


 

© Sebastien POUSSIN, 2017

ISBN numérique : 979-10-325-0113-9

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Courriel : contact@laboutiquedesauteurs.com

Internet : laboutiquedesauteurs.cultura.com


 

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« A Crocro, tu auras déclenché l’étincelle »

 

« A ma famille et mes amis »

 

« 1 »

 

 

Tout a démarré ce soir-là.

Le soir de mon quarantième anniversaire.

Dans la chaleur estivale du mois de juillet, j’avais réussi non sans efficacité à placer en quarantaine festive une demi-quarantaine de quarantenaires, tous aussi heureux les uns que les autres de se retrouver. Tous ces amis proches, parfois un peu perdus de vue, que le chiffre quarante vous pousse à vouloir revoir, rassembler, entendre, sentir et toucher comme pour mieux freiner ce temps qui ne cesse de filer.

Ce fut une soirée de rêve pour le doux nostalgique que je suis. Devenu un peu solitaire, mobiliser tout ce monde fut pour moi inespéré et O combien flatteur. Mon petit égo bien endolori s’en réjouissait. Même si j’avais su gardé nombre d’amis, certains d’entre eux n’avaient plus croisé mon regard depuis…vingt ans.

« Vingt ans ? On ne s’est pas vu depuis vingt ans ! ».

C’était incroyable et bouleversant, j’avais l’impression que cette phrase n’avait de sens que dans la bouche de mes parents lorsqu’ils me parlaient de leur jeunesse.

J’étais en même temps ému et flatté d’avoir suscité l’envie et l’intérêt à ceux-là de se revoir, de nous revoir

Passés les bilans d’usage sur nos chemins empruntés, passés les comparaisons masculines de nos cuirs chevelus plus ou moins dégarnis et de nos cantines abdominales plus ou moins naissantes, passés les partages culpabilisants mais assez rapides des photos de nos rejetons respectifs, abandonnés pour l’occasion aux papis, mamies et autres baby-sitters à dix euros de l’heure TTC …passées toutes ces petites prises de marques un peu timides et conventionnelles, un certain lâcher prise s’opéra, là dans mon jardin.

Tout s’est amorcé ce soir-là donc, tel un nouvel élan à ma vie un peu cabossée. Impossible d’oublier ce point de départ. Ce commencement.

Dans l’agitation émotionnelle de cette soirée de retrouvailles, au milieu des chants, danses, histoires et tout une pléiade de défis débiles que nos breuvages alcoolisés nous incitaient à relever, le temps s’était figé l’espace d’un instant. Un bel instant. Dans ce tourbillon à la fois mélancolique et joyeux, nous étions beaux. Les filles révélaient leurs charmes matures et magnifiques et nous étions heureux je crois de gigoter dans ce tourbillon adolescent, sans doute un peu raisonné (quoique…).

C’est ce tourbillon qui me propulsa à une forme de nirvana sur mon échelle de bien-être, celle-là même qui participera quelques minutes plus tard, sans aucun doute, à la force du moment que j’allais vivre. Sans le savoir encore, ce moment allait véritablement changer mon petit univers assez routinier et disons-le clairement, changer ma vie.

Là, au milieu de cette demi-quarantaine de cadeaux généreusement étalés sur une table, mon corps s’impactait de toutes ces charges électriques d’amitiés. Photos encadrées de nos voyages de jeunes insouciants, bouteilles de vins, plantes improbables, livres de photos, T-shirt vintage…tous ces présents me comblaient au plus au point.

« Merci, merci vraiment les amis, je suis tellement heureux de vous avoir là ».

A défaut de grand discours, j’avais préparé une chanson à la guitare, « Never let me down » de Depeche Mode qui me semble-t-il, évoquait un certain aspect de l’amitié. Entendre mes potes reprendre le refrain avec moi me bouleversa de plus belle.

Et puis plus tard, Crocro m’offrit un autre cadeau. Crocro, alias Stéphane, c’est un surnom en référence à l’équipe de Croatie qu’il choisissait quand on jouait au jeu de foot sur PlayStation. Neuf sur dix à l’échelle d’agressivité (l’équipe pas crocro !), ce n’est pas toujours joli joli mais il en a gagné des parties le bougre avec ces lascars à damier rouge et blanc. Combien de fois j’ai pu hurler à zéro-zéro quand l’un d’eux pétait la jambe (virtuellement bien sûr !) de mon Zizou national, intenable et majestueux jusque-là.

Un peu à part, crocro m’offrit donc son cadeau.

« Je te l’ai acheté pour le côté esthétique car je pense que tu ne pourras pas l’utiliser. Bon anniversaire petit quarantenaire ! »

 

Tout a démarré à cet instant, dans la chaleur de cette nuit d’été, entouré de ces amis bienveillants et veillant bien. Le cerveau embrumé par les rires, l’alcool, la mélancolie et le plaisir de s’être retrouvé.

 

 

 

« I’m taking a ride with my best friend

I hope he never let me down again.

(…)

We’re flying high

We’re watching the world pass us buy

Never want to come down

Never want to put my feet back down at the ground »1

 

 

DEPECHE MODE-“Never let me down again”-

Album “Music for the masses” ( 1987)

EMI

 

« 2 »

 

 

Je m’appelle Jean, j’ai quarante ans et quelques poussières, je vis seul depuis m’être séparé de mon ex-femme, Louise, la mère de ma fille, Juliette, aujourd’hui âgée de douze ans. Je suis professeur d’anglais dans un lycée de banlieue parisienne et je crois que j’aime vraiment ce job, même s’il n’est pas facile tous les jours. Je suis assez sportif et par-dessous tout, j’adore la musique.

Ça, c’est pour la présentation rapide, type sites de rencontre, quoiqu’en fait je ne sois jamais allé fréquenter ces univers.

A vrai dire, comme pour beaucoup, ma vie est faite de hauts et de bas , de succès et de cicatrices , d’ennuis et d’excitations qui tous ensemble tentent de s’équilibrer autour de ma petite personne.

Au tournant de mes quarante ans, ce qui me définirait le plus c’est sans doute ma grande difficulté, à présent, à appréhender positivement le monde qui m’entoure et qui s’agite autour de moi. Au fil des années, je suis devenu casanier, je sors très peu sauf pour mon sport, toujours seul à courir ou rouler après quoi, après qui ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Une certaine tristesse a rempli un peu mon âme à défaut de la noyer. Pas encore. Certains parleraient de dépression ou plus pudiquement de déprime. Qu’importent les mots au regard du mal-être.

Je fais des efforts avec ma fille, pour lui montrer peut-être que la vie ne s’apprend pas que derrière un écran mais avec de vraies personnes, au grand air de ce monde pourtant incertain. Mes principales sorties, c’est avec elle que je les vis. J’essaie d’y croire pour elle et un peu pour moi, afin d’éviter la bascule vers les gouffres sans fond desquels on ne revient pas, pas indemne en tout cas. Dans cette forme de descente, je perds progressivement mes repères relationnels. Trop gentil, trop timide, trop naïf …trop tout ! Mon ex, Louise, me l’a tellement fait sentir sans jamais réellement me le dire. C’est avec mon psy que j’ai finalement compris, après coup et bien trop tard évidemment.

Cette vie de solitude me pèse mais m’entraine vers une certaine complaisance. Louise n’a jamais quitté mon esprit. Jamais hélas, et le fait de nous croiser pour Juliette ne m’a pas permis de tourner la page. Pas encore.

Alors, dans tout ce marasme et cette inertie, un Eldorado sauve ma petite couenne.

J’aime, j’adore la musique. Depuis toujours. Depuis mon prénom sans doute, Jean, hommage de mes parents à Ferrat, ses montagnes et ses combats idéalistes d’un autre temps (quoique). J’ai toujours entendu de la musique chez moi puis très vite je l’ai écoutée, sans retenue et sans filtre. Queue de billard, raquette de tennis, cuillère en bois…beaucoup d’objets improbables ont subi mes solos de guitare endiablés, devant le miroir de la chambre de mes parents.

La musique m’apporte finalement ma seule activité socialisante, boulot mis à part, quoique les deux soient étroitement liés. Je joue de la guitare avec quelques collègues musiciens à nos heures perdues. Les « No end », c’est notre nom, en référence à notre grande difficulté à conclure proprement et tous ensembles les morceaux. Nous jouons des reprises en essayant de coller aux goûts du jour et de notre public de collègues dans le but de nous produire une fois par an pour un concert au lycée, nos restos du cœur à nous, le temps d’une belle soirée.

Malgré notre niveau modeste, notre démarche est sincère et on y met du cœur (je crois que Bono, le chanteur de U2, disait la même chose de son groupe à ses tout début !).Je m’y sens bien en tout cas, cela m’oblige à quelques répétitions dans l’année qui nous sortent des conversations ennuyeuses autour des programmes pédagogiques. Les « No end » c’est finalement mon réel oxygène. Dans l’agencement parfois bancal d’accords basiques de guitare, je vis à mon niveau, les yeux fermés, les gloires des groupes que j’aime. J’essaie d’imaginer la sensation que procure tout un public qui reprend en chœur quelque chose que l’on a créé soi. Ça doit juste être dingue et déboussolant.

Pixies, Cure, U2, Noir Désir, Coldplay, Rita Mitsouko, Clash, Stromae ,Daft Punk… tous ces grands artistes et bien d’autres encore sont à notre tableau de chasse et bien installés dans ma discothèque.

Pas un jour ne passe sans que j’écoute réellement de la musique. Du matin au soir, tout est prétexte à écouter ou réécouter. Pas un footing sans écouteur, pas un trajet sans radio, pas une classe sans son étude de chanson, pas une semaine sans visite dans les nouveaux temples commerciaux de la culture, pas un mois sans concert… musique, musique, musique. Et tout cela n’est pas sans incidence au moment de déballer le fameux cadeau de Crocro.

 

 

 

« Ma môme, elle joue pas les starlettes

Elle porte pas des lunettes

De soleil 

Elle pose pas pour les magazines

Elle travaille en usine

A Créteil. »

 

 

JEAN FERRAT, « Ma môme »

(1960)

MFP

 

« 3 »

 

 

Tout est ici

Todos esta aqui.

Tostaky.

Devant moi, entre mes mains, se découvre l’album vinyle de Noir Désir.

« Une réédition 33T de Tostaky » me dit Crocro.

« J’ai trouvé la pochette très belle, je sais que tu adores Noir Désir alors je me suis dis que pour tes quarante piges, cet objet trouverait bien une place auprès de tes CD ».

« Un peu mon neveu…, merci mon Crocro, ça me touche beaucoup ».

Je ne réalise pas vraiment à cet instant à quel point cet objet va me bouleverser. Avec trois grammes d’alcool dans le sang et une remise à jour complète de tous mes fichiers émotionnels, il est difficile d’appréhender avec lucidité toutes les informations qui se bousculent en soi.

Tout a démarré là certes, mais ce n’est que le lendemain, dans un univers à la « Very bad trip » que je retrouve le fabuleux présent qu’un éclair de génie m’a fait ranger sur le haut de ma bibliothèque, à une distance de sécurité raisonnable d’éventuels pogos, slams, chenilles et autres danses endiablées.

C’est vrai qu’elle est magnifique cette pochette.

Ces quatre mecs de dos, chevelus, gros plan serré, tous à regarder dans le même sens, cette couleur grise et cette photo floue au dos en plein champ des quatre mêmes lurons visiblement en plein délire de camaraderie.

Mes souvenirs se réorganisent en même temps que j’arrache le film plastique protecteur. Ce seul cours de terminale séché au lycée, en Décembre 1992, pour être dans les premiers à acheter cet album, en CD à l’époque évidemment et cette longue attente pour savoir si oui ou non Cantat avait retrouvé sa voix, son énergie et sa rage. Cette voix, il l’avait tellement malmenée et poussée à l’extrême, sans retenue, qu’elle l’avait lâché lui le monstre de scène, au point de devoir rentrer dans une réelle cure de silence. Un silence inquiétant pour le fan que j’étais.

J’ouvre cette pochette qui se déplie comme un double album, des images de concert s’entremêlent.

 Putain c’est dingue, il y a même une photo d’une place du concert de Joué les Tours, salle Jacques Brel, pour 90 F…j’y étais ! 

Pour sans doute le même prix, j’avais racheté la place à un pote pour qui le bac blanc de décembre s’était beaucoup moins bien passé que moi. Faut dire que quelques semaines plus tôt, j’avais déjà vu pour la première fois ces furieux bordelais, dans la petite salle du « Bateau Ivre », à Tours avec mon ex. Tellement de fans sans places ce soir-là que le groupe nous fit l’honneur de revenir en terres tourangelles pour notre plus grand plaisir.

Au balcon du bateau ivre, avec Louise, je me souviens avoir vibré de tout mon corps, comme jamais et alors que je rejoignais la fosse au son de « Soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien », ma mémoire imprima ad vitam-aeternam la légèreté douloureuse de ce troupeau de corps déchainés, Cantat inclus, dans une communion unique et heureux d’avoir notre « Nevermind »à nous.

“Tostaky”. “Smell like teen spirit”. Quelle chance d’avoir été ado à ce moment là.

Je sors enfin de la pochette, celle qui enveloppe, le vinyle. Les paroles des chansons que je connais par cœur sont là ainsi qu’une photo du groupe qu’un de mes potes avait piratée pour mes dix huit ans, en glissant mon visage à la place de celui de Bertrand sur un poster, encore une pure émotion.

Au fil des souvenirs, cet objet me fascine dans ses moindres détails alors même que le CD traine là, à quelques centimètres, depuis une éternité.

L’effet esthétique escompté par Crocro est réussi, mais est minime au regard de ce que cette galette noire et son écrin produisent en moi.

Sur l’avant d’un miroir qui repose sur mon petit meuble du salon, je dépose délicatement ce carré cartonné qui sent bon ma jeunesse, la belle et insouciante jeunesse. Celle des découvertes et des premiers émois, celle des semblants de révoltes et des nobles élans, celle qu’on aurait aimé à jamais figer.

Merci mon Crocro, merci encore.

Et le double effet kiss cool ne va pas tarder à venir.

 

 

 

« Bien reçu

Tous les messages

Ils disent qu’ils ont compris

Qu’il n’y a plus le choix

Que l’esprit qui souffle

Guidera leurs pas

Qu’arrivent les derniers temps où

Nous pourrons parler

Alors soyons désinvoltes

N’ayons l’air de rien 

Soyons désinvoltes

N’ayons l’air de rien »

 

 

NOIR DESIR-Tostaky-

Album « Tostaky » (1992)

BARCLAY

 

« 4 »

 

 

Un jour Louise m’a dit :

« Stop, on arrête tout ça, cette routine, cette monotonie. Toutes ces certitudes qui nous étouffent, tous ces doutes qui nous tiraillent…Où en sommes-nous Jean ? ».

Mon silence assourdissant trahissait la réponse fatale. « Nulle part. » En tout cas pas là où Louise aurait aimé être à cet instant de sa vie.

Nous nous étions rencontrés tôt au lycée, en classe de première, l’âge des belles rencontres. Une période de découvertes communes, la vie prend un réel départ et avec de l’appétit, il ne reste qu’à la dévorer. Et on l’a dévorée avec Louise, c’est vrai. Enfin, c’est elle qui m’a entrainé dans ce tourbillon boulimique. Ma timidité l’avait touchée, l’avait conquise.

Un jour, à la fin d’un cours d’anglais, elle m’avait abordé.

Mes multiples t-shirts du groupe The Cure trahissant mes aspirations musicales, elle m’avait lancé le challenge de lui confectionner une compil du groupe, afin qu’elle le découvre. Elle ne pouvait pas mieux m’attraper dans ses filets. En lisant des années plus tard « High fidelity » de Nick Hornby j’ai compris le mécanisme excitant et frénétique que cela avait déclenché en moi. Faire des choix, des compils, des tops, des listes, c’est en grande partie se dévoiler et accorder une réelle et belle importance à celui ou celle qui en est le destinataire.

Louise m’avait donc harponné ce jour-là et entrainé dans ses doux filets. Toujours les bons plans pour les soirées, les bons potes, les premiers concerts, les surprises, les imprévus. Elle adorait cette bousculade permanente et moi j’adorais qu’elle m’y entraine.

A la fin du lycée, les études nous ont séparés quelques temps mais notre amour adolescent tenait encore la route. On s’écrivait, on se téléphonait…Dans l’ancien monde, celui où le texto n’existait pas mais où les queues interminables devant les cabines téléphoniques des cités universitaires sont-elles bien réelles, tout cela prend alors un noble sens.

Nos retrouvailles le week-end étaient intenses et bruyantes. Un nouvel équilibre s’était installé, dans lequel le manque de l’autre vient décupler jugements et sentiments, bons ou mauvais.

Et on tenait le coup.

Et puis nos vies professionnelles se sont lancées, elle fatalement dans le monde agité de la mode, sur Paris, et moi professeur d’anglais dans un lycée de banlieue.