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F R ANÇ Oï S J U  ï E N
V ï V R E D E P A Y S A G E
O U  ’ ï M P E N S È D E  A R A ï S O N
G A   ï M A R D
© Édîtîons Gaîmard, 2014.
à E. L.
AÉrîŝŝÉmÉ On peut s’arrêter face au paysage comme devant un « spectace »ŝÉçàçûûm – , dît Pétrarque, du haut du Ventoux : e regarder d’un « poînt de vue », en contemper ’harmonîe et a varîété, en apprécîer a composîtîon ; et peut-être y déceer, pus mînu-tîeux, queque géométrîe sous-jacente. On peut aussî scruter ’horîzon bornant cette étendue, en baayer e panorama en « observateur », décarer : « C’est beau ! », et s’en aer. Maîs un paysage peut être tout autre chose. I peut nous absorber dans e jeu încessant de ses corréatîons, actîver notre vîtaîté par ses mîses en tensîon dîverses ; comme aussî réveîer notre sentî-ment d’exîster par ce quî s’y sînguarîse. I nous donne à rêver par son oîntaîn, nous rend « son-geur ». Le perceptîf y devîent affectîf et a physîca-îté des choses, s’y rendant évasîve, se baîgne d’un îninî au-deà. La coupure entre e sensîbe et e spî-rîtue s’y défaît enin. Car î n’y a pus à un « coîn »
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Vîvre de paysage
du monde, maîs apparaït soudaîn, dans son tout, ce quî faît monde : s’y révèe ce par quoî î y a monde. De à que ce îeu dîscrètement devîent un îen ; que se noue un sentîment de connîvence avec uî et que je ne peux e quîtter. Ou, sî je e quîtte, î m’habîte encore. « Nos-tagîe » e dît-î assez ? Le paysage n’est pus aors à « regarder », à « représenter », es deux verbes quî uî sont e pus couramment accoés dans nos angues ; maîs î se branche sur du vîta. Sî donc je rîsque ce « vîvre de » dont j’aî faît tître, tîrant partî de ce « de » remontant vers un pus orîgînaîre, en deçà de a manîère ou du moyen, au poînt que a séparatîon du concret et de ’abstraît en vîent à s’y défaîre (comme on dît famî-îèrement, d’une formue quî se veut sufisante dans son bonheur : « vîvre d’amour et d’eau fraïche »), c’est pour faîre jour à cette autre possîbîîté : pour penser ce que nous appeons « paysage » non pus comme a « partîe » de pays que a nature « pré-sente » à un « observateur », seon sa déinîtîon ordî-naîre, maîs en tant querÉŝŝôûrçÉîrÉpeut îndé-inîment puîser. I est vraî que a conscîence du paysage est une chose reatîvement neuve en Europe. Ee est apparue dans a peînture de a Renaîssance, s’y est promue avec ’essor de a représentatîon, puîs s’y e est trouvée déaîssée auXX sîèce. Ee se réveîe aujourd’huî dans e soucî de ’envîronnement et de