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Guernica, histoire secrète d'un tableau

De
304 pages

De Guernica, on croit tout savoir. Chef-d'œuvre du XXe siècle, reproduit sous toutes les formes possibles, la toile est à la fois un monument artistique et un étendard historique, un emblème. Mais connaît-on vraiment son histoire ?


À l'origine, un village basque pris pour cible par Franco et ses alliés nazis pendant la guerre civile espagnole, et un peintre de génie qui travaillait déjà pour l'Exposition universelle de la même année 1937. À l'arrivée, une toile de légende, qui occupe une place charnière dans l'histoire de l'art. Mais le présent ouvrage ne détaille pas seulement la genèse de l'œuvre. Il revient aussi sur l'histoire politique espagnole, du franquisme à la Movida. Car dès la mort de Franco, en novembre 1975, les feux de l'actualité se concentrent à nouveau sur Guernica. Le décès du dictateur permettait-il le transfert tant attendu de la toile de New York à Madrid ? Le caudillo laissait-il la place à un régime où " les libertés publiques étaient restaurées " ? Le débat fera rage de 1975 à 1981.


Au terme d'une rigoureuse enquête, le présent livre montre, pièces à l'appui et par la révélation d'archives inédites à ce jour, que rien n'aurait dû justifier cette polémique. Il aurait suffi que Pablo Picasso, mort en avril 1973, n'emporte pas avec lui le secret que ces pages dévoilent. Un secret qui n'entache en rien le génie du peintre, mais qui rappelle que l'homme Picasso était à certains égards aussi médiocre qu'un autre, voire davantage.



Germain Latour est avocat au barreau de Paris, ancien Secrétaire de la Conférence du stage et cofondateur de l'Union des Avocats Européens (UAE). Il est notamment l'auteur de Légitime Défense ou les bas-fonds de la peur (1983, Sycomore), Les Deux Orphelins, l'affaire Finaly 1945-1953 (2006, Fayard).


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GUERNICA
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GERMAIN LATOUR
GUER
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C
A
HISTOIRE SECRÈTE D’UN TABLEAU
ÉDITIONS DU SEUIL e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
Extrait de la publication
isbn9782021114805
©éditions du seuil, septembre2013
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www.seuil.com
À Fabrice Hergott Parce que c’est lui. Puis, parce que Georges Rouault et Marc Desgrandchamps mais aussi parce queHenriPierre Roché. Parce qu’il est des rencontres qui demeurent et se nourrissent du commencement de toutes choses à venir. Parce qu’il était là aux commencements de ce livre, inquiet, toujours aussi rigoureux et exigeant. Son amitié, même à distance, si elle m’a soutenu, attendait de moi, dans ce projet ambitieux et donc périlleux, la meilleure part. J’espère ne pas avoir démérité d’elle.
À Daniel Cordier Parce qu’il est question de peinture et du Pays basque. Mais surtout parce que je lui suis redevable de sa magis trale « leçon de choses » sur la Résistance, cette page d’Histoire expliquée et analysée à hauteur d’homme. J’en ai retenu que toute complaisance à l’égard des faits ou des hommes ne peut conduire qu’à une impasse où se fourvoient toujours les faussaires et usurpateurs de destins, les hagiographes et autres « sachants » paresseux.
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Prologue
e Guernica, le tableau.Certainement le tableau majeur duxxsiècle. On le connaît, on l’a vu – en vrai ou en reproduction.Guernica,c’est Pablo Picasso et, pour certains, Picasso, c’estGuernica. On a tant écrit dessus que l’on pourrait finir par se demander s’il reste de la place pour le tableau luimême et son histoire. D’autant que cette histoire est tenue pour connue ; mais, comme trop souvent, les récits que l’on en a fait nous tiennent à distance de la réalité des faits euxmêmes. Ainsi naît la légende, le soleil d’un fait oubliant l’ombre qui, toujours, s’y attache. Légende est bien le mot qui s’applique àGuernica. Comme à chaque fois que le récit est trop riche, et la charge du souvenir trop écrasante, surgit ce besoin de l’incrédule, celui de rechercher, audelà du pourquoi, le comment. Comment ce tableau estil advenu, pour demeurer depuis, au milieu de nous, comme une évidence universelle, un fait participant de l’ordre des choses ? À l’origine, Guernica n’était pas une légende mais un haut lieu his torique, bien antérieur au terrible bombardement d’avril 1937 perpétré par l’aviation allemande – déjà nazie –, à la demande de Franco, ou à tout le moins pour soutenir le général qui s’apprêtait à abattre la Répu blique espagnole. Il s’agissait d’une petite ville basque qui devait sa notoriété et sa haute valeur symbolique au chêne pluricentenaire devant lequel tous les souverains espagnols venaient faire serment de respecter les droits et franchises dont bénéficiaient les provinces basques. C’est la raison pour laquelle cette ville, bien que ne présentant aucun intérêt stratégique dans le cadre du conflit en cours, fut néanmoins choisie
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pour cible et devint ainsi la ville martyre qui dénonça aux yeux du monde l’horreur de la guerre civile espagnole. Il convient de préciser que, très majoritairement, les provinces basques (au nombre de quatre, côté espagnol) et leurs populations s’étaient rangées dans le camp de la défense de la République, le régime légal, et donc en opposition au soulèvement des troupes franquistes.
Étant né au Pays basque, l’hymne de cette province au fameux chêne, 1 le « Gernikako Arbola »(lequel arbre, ironie du sort, a survécu au bombardement), demeure dans notre mémoire tout auréolé des images du tableauGuernica,dans cette étrange et persistante confusion des sens où le mot est parfois la chose, et la chose déjà sa représentation. Comme l’ombre ne serait rien sans le soleil, ce dernier doit son évi dence à celleci. D’où notre envie tenace, nourrie depuis des années, de démêler cet écheveau de la résonance très particulière que provoque le nom de Guernica. Il tombe sous le sens que c’est au tableau éponyme que l’on doit la notoriété ultime de ce nom, et c’est bien à la recherche de l’origine de ce tableau qu’il fallait donc désormais nous lancer.
L’œuvre de Picasso – sol y sombra,tel aurait pu être le soustitre du présent livre. Il aurait pu paraître explicite à certains, mais il aurait mérité d’être explicité à tous ceux qui, connaissant et appréciantGuernica, ne sont ni hispanophones ni coutumiers des arènes de corrida. Chacun sait que Pablo Picasso était un très grandaficionado(amateur) de corrida, comme nombre d’Espagnols de cette génération, et que son œuvre porte la marque de cette passion, notamment dans d’extraordi naires dessins ou esquisses « croqués »enla plaza de toros. Ce terme sol y sombradésigne un secteur très précis des gradins du public dans les arènes ; celui qui est exposé au soleil dans un premier temps puis qui sera à l’ombre dans un second temps. En clair, votre place dans
1. Hymne populaire – non officiel – du Pays basque écrit et composé en 1853 à Madrid par José María Iparraguirre, dédié au chêne centenaire de ce village dont JeanJacques Rousseau fit déjà le symbole des libertés basques. Cf. Jean Harit schelhar, «Gernikako Arbolavéritable hymne basque »,Lapurdum. Revue d’études basques, 5, 2000.
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