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Le Livre brûlé. Philosophie du Talmud

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Le Livre brûlé





A côté de la Bible – la Loi écrite – le Talmud, depuis sa clôture vers l'an 500 de notre ère, constitue la Loi orale, l'enseignement jamais interrompu de la tradition juive, sa mémoire et les racines de sa culture.





Le Livre brûlé se déploie en trois livres : le premier présente une introduction systématique à l'univers talmudique, à ses méthodes, à ses débats, à sa logique, à son histoire. Le deuxième, qui commente deux textes importants de la Michna et de la Guémara, offre un modèle d'étude séculaire confronté aux réflexions philosophiques contemporaines. Le troisième enfin, qui donne son nom à l'ouvrage, interroge la figure énigmatique et puissante d'un maître hassidique, Rabbi Nahman de Braslav, qui, sentant la mort venir, détruisit par le feu un de ses écrits... Trois livres qui en suscitent d'autres, à l'infini, et qui posent la même question : ne faut-il pas, au fond, "détruire" les livres pour donner naissance à la pensée, pour créer le renouvellement du sens ? Pour que la fidélité aux écritures ne se pétrifie pas en respect têtu et en refus aveugle du temps et de l'Histoire. Car, comme dit R. Nahman de Braslav : "Il est interdit d'être vieux."





Marc-Alain Ouaknin


Né à Paris en 1957, rabbin et docteur en philosophie, auteur de nombreux ouvrages et articles sur la pensée juive, est directeur du centre de recherches et d'études juives ALEPH (Paris) et enseigne la philosophie et la littérature comparée.


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A mon père, mon maître,
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Gaddiël-Yonathan,
Sivane-Mikhal,
Shamgar-Maor,
Nin-Gal Néta Shlomtsion.

« Il est interdit d’être vieux ! »

RABBI NAHMAN DE BRASLAV.

« Que jamais la voix de l’enfant

En lui ne se taise, qu’elle tombe

Comme un don du ciel offrant

Aux mots desséchés l’éclat de son

Rire, le sel de ses larmes, sa toute –

Puissante sauvagerie. »

L.-R. DES FORÊTS, Ostinato.

C’est à nouveau l’énigme, l’énigme de l’étrangeté, de l’enfance – l’enfance qui en sait plus parce que nulle réponse ne lui convient, prononçant à haute voix – la voix ravissante, ravie au silence qui toujours s’y retient – le non serviam, refus glorieux dans l’acquiescement de l’extrême détresse.

Ne voulant, ne pouvant terminer, je m’en remets pour l’instant à la parole d’un Maître hassidique (qui a toujours refusé d’être Maître), Rabbi Nahman de Braslav.

« Il est interdit d’être vieux ! »

Ce qu’on peut d’abord entendre : interdit de renoncer à se renouveler, de s’en tenir à une réponse qui ne remettrait plus en cause la question – finalement (mais c’est sans fin) n’écrivant que pour effacer l’écrit ou plus exactement l’écrivant par l’effacement même, maintenant ensemble épuisement et inépuisable : la disparition qui ne s’exténue pas.

Ainsi, en vient-il à n’écrire le Livre secret que pour le brûler, devenant célèbre comme l’auteur du « Livre Brûlé ».

M. BLANCHOT, extrait de « Anacrouse »,
fragment de « Une voix venue d’ailleurs »,
Ulysse, Fin de Siècle, 1992.

Avant-propos


« Le bon Dieu n’a pas créé la religion, il a créé le monde. »

Pour Franz Rosenzweig1, cette phrase signifie que la religion n’est pas une réalité à part se superposant à la réalité. Au contraire, il veut dire que l’essence première de la religion est dans la façon même dont l’être est, ce qui revient à avancer, en somme : Dieu a créé la religion. Dans ce sens, le terme de religion est « noble » ; rien de commun avec l’acception onctueuse, mystique, pieuse, homilétique, cléricale en un mot, de ce terme.

Cependant, cette phrase servira d’exergue à la pensée présentée dans ce livre, en rendant au mot religion son sens quotidien et banal. Ainsi l’énoncé « le bon Dieu n’a pas créé la religion, il a créé le monde » est-il, pour nous, le point de départ d’une critique de la religion et du religieux.

Critique du religieux, mais aussi du politique. « Politique » entendu au sens d’institution du pouvoir se donnant le droit d’exercer des actes de violence, quels qu’ils soient, et légitimant cette violence par la Loi, laquelle, même « laïque », n’est qu’une autre figure du religieux. Cette critique ne vise pas une suppression du politique, mais sa réduction ; il s’agit de réduire l’État au minimum d’état, de limiter le politique pour libérer une place à une autre parole, non violente.

On pourra objecter qu’il est facile de critiquer le politique et le religieux si, a priori, ils se voient affublés de significations négatives, voire péjoratives. Ces significations, toutefois, ils les possèdent bien en propre ! Que l’on considère autour de soi la montée du fanatisme politico-religieux qui exerce sa violence et obtient gain de cause – par cette violence – au cœur même de pays démocratiques.

Ce livre n’est, cependant, ni un livre de sciences politiques ni de philosophie politique, dans lequel pourraient se succéder une suite d’exemples de situations négatives que l’on pourrait critiquer ensuite en en démontant les mécanismes. Ceci a déjà été fait2 et le sera encore.

Notre propos est plus restreint, plus spécialisé et moins direct : il sera question de judaïsme et de Talmud. Pour comprendre ce qui va suivre, il faut en saisir le projet ; le même livre, exactement le même, avec un autre projet, serait un autre livre.

 

Pourquoi Le Livre brûlé ?

Le sous-titre du livre indique qu’il sera question de Talmud. Évitons un réflexe !

Ce « Livre Brûlé » n’est pas le récit de l’ensemble des mesures visant le blocage de la transmission de la tradition juive ; celles-ci relèvent de la violence politique ordinaire et signalent les méthodes de répression les plus usuelles. Il ne s’agira donc pas du fait que le Talmud, après deux ans de procès, fut confisqué et que, le 6 juin 1242, vingt-quatre charretées de manuscrits du Talmud furent brûlées en place de Grève à Paris, l’actuelle place de l’Hôtel-de-Ville. C’était sous le règne de Saint Louis ! Il ne s’agira pas, non plus, du fait que tous les exemplaires du Talmud furent confisqués par un décret de l’Inquisition et brûlés à Rome, le 9 septembre 1553… Il ne s’agira pas, non plus, de ce 21 mars 1564 où le pape Pie V, revenant sur les interdits successifs de ses prédécesseurs, ajouta qu’il serait possible de recourir au Talmud, si le mot Talmud ne figurait en toutes lettres sur aucun des exemplaires de lecture… Il ne s’agira pas non plus de…

Non, ce livre n’est pas une nouvelle édition de la Vallée des Pleurs3.

 

Le « Livre Brûlé », c’est d’abord un titre de livre emprunté à Rabbi Nahman de Braslav, Maître hassidique de la fin du XVIIIe siècle, qui décida, un jour d’hiver de l’année 1808, de brûler un de ses livres auquel il donna par la suite le nom de « Livre Brûlé ». De ce livre, il ne nous reste que le titre et une tradition qui nous explique la nécessité de brûler les livres saints… Ceci constitue la troisième partie du présent ouvrage.

 

Le « Livre Brûlé », c’est aussi la mise en scène que règle le Talmud dans le seizième chapitre du traité Chabbat pour poser la question suivante : « Qu’est-ce qu’un livre ? » Le Talmud imagine un incendie ayant lieu le jour du Chabbat (septième jour de la semaine), jour saint pendant lequel il est interdit d’allumer et même d’éteindre un feu. Que faut-il faire avec les livres ? Ils brûlent, il faut les sauver… Jusqu’à quelle limite un livre est-il considéré comme un livre digne d’être sauvé ? Interrogations étranges que le Talmud, lui, prend très au sérieux. Ceci fait l’objet de la première « Ouverture » du second livre, intitulée précisément : « Qu’est-ce qu’un livre ? ».

 

Le « Livre Brûlé », c’est aussi une réflexion sur le « Texte » qui, dans le traité Yoma, 54 a, nous apparaît comme un voile cachant et montrant à la fois des formes, des sens, des visages et des corps, des mots et des lettres, un monde clignotant, « visible et invisible » ; c’est la deuxième « Ouverture » du second livre.

Le « Livre Brûlé », c’est enfin notre relecture de l’histoire du Talmud, de l’interprétation talmudique, où nous avons essayé de montrer que le « livre » (qui n’en est pas un) se constitue dans son retrait, dans son effacement, dans sa brûlure, quand il « signifie » ; c’est le premier livre de cet ouvrage, qui est à la fois une histoire des textes et une introduction que nous avons rédigée à partir de la pensée interne du Talmud. Nous avons essayé de respecter, dans cette première partie, un style et une sensibilité qui, étant très proches des textes, pourront sembler empreints d’une certaine « naïveté » (mais ce n’est qu’une apparence ; « la naïveté » ne serait-elle pas l’autre nom de la « fidélité » ?) ; repères historiques donc, mais aussi méthodologiques, là encore avec le souci de faire apparaître une certaine manière de voir et d’entendre le texte talmudique, comme nous allons l’exposer.

 

Voilà donc présentées les trois parties de ce livre :

1) repères historiques et méthodologiques ;

2) ouvertures talmudiques ;

3) le « Livre Brûlé » : un aspect de la pensée de Rabbi Nahman de Braslav.

Voilà précisés la structure du livre et les thèmes abordés ; essayons maintenant de cerner au plus près le questionnement et les interrogations mises ici en place, ou, si l’on veut, le projet spécifique évoqué plus haut.

 

Voici deux propositions :

1) « La question centrale du judaïsme est celle de l’interprétation, et le Talmud est le lieu du conflit des interprétations. »

2) « Dans toute société, c’est un texte (Loi ou Révélation, nomos ou Tora), un code parlé-écrit de communication entre les hommes (et le divin) qui constitue l’espace de la cité et de la conscience. Le texte fonde le social sur le mode d’une médiation entre les hommes. Il en forme la texture intime, le milieu ambiant4. »

Le questionnement qui agite ce livre prend naissance dans la confrontation et dans l’essai d’articulation de ces deux propositions.

Étant donné la place fondatrice du texte, quelle est la place de l’individu et de la subjectivité à l’intérieur de la société textuelle ?

L’organisation de la société – le politique – fondée sur la Loi du texte « n’est-ce pas l’anéantissement du sujet auquel se substituent, afin d’en occuper la place, des discours prêt-à-parler d’une propagande, quelle qu’elle soit, transformant la subjectivité en subjectivité préfabriquée5 » ; et donc un leurre ?

L’être humain qui, selon la tradition juive, puise toute sa dignité ontologique dans sa capacité de parler, n’est-il pas réduit à n’être plus qu’un « être parlé » par le discours dogmatique des institutions ?

Ces questions ne sont possibles qu’à partir d’une certaine vision du monde, d’une prise de position précise quant à la définition anthropologique et philosophique de l’homme. A la question « Qu’est-ce que l’homme ? », les Maîtres du Talmud répondent qu’il est un « quoi ? », un « qu’est-ce que c’est ? ». Réponse énigmatique qu’il ne faut pas s’empresser de comprendre, au risque d’en supprimer l’effet. On peut dire que les Maîtres du Talmud développent une philosophie du sujet, où la personnalité de chaque homme est le centre de la réflexion. Chaque homme doit essayer de faire émerger ce qu’il y a d’unique en lui, ce en quoi il est le possesseur d’une question, la sienne, qui fait de lui un « qu’est-ce que c’est ? » bien particulier, différencié.

En cela, les Maîtres du Talmud s’inscrivent dans la lignée de la révolution prophétique qui eut lieu à l’époque de Jérémie : révolution ou plutôt « mutation mentale », qui se produisit au VIe siècle avant notre ère et qui consista en la substitution du particulier au collectif. Alors que « les prophètes classiques avaient surtout insisté sur le salut du peuple en tant que tel et sur son identité collective, avec Jérémie s’inaugura un approfondissement de l’ordre personnel et humain, sa mise en relief au sein de l’ordre social et de l’ordre de la nature6 ». Cet approfondissement n’est pas l’avènement d’un égoïsme, mais la compréhension de l’homme comme être séparé, unique. Cette séparation n’est pas la négation d’une socialité fondée sur une relation. Au contraire, elle en est la possibilité. Dans ce contexte philosophique, le texte de la Loi doit jouer un double rôle ; d’une part rendre possible la socialité, la relation intersubjective et, d’autre part, permettre la constitution de l’individu dans ce qu’il a de spécifique à partir de l’interprétation.

Voilà donc deux exigences contradictoires ; la loi unique pour les deux êtres de la relation et leurs interprétations divergentes, voire opposées de cette même loi, sont-elles conciliables ? Nous ne pensons pas avoir donné une réponse à cette question ; nous espérons néanmoins en avoir réussi une formulation plus précise, plus approfondie, d’en avoir dégagé les implications et les présupposés épistémologiques et métaphysiques. Ainsi, plusieurs notions fondamentales sont-elles abordées : le temps, l’histoire, la vérité… Il suffira de dire que nous avons tenté de frayer un chemin.

 

Le « Livre Brûlé » se présente comme une défense de la subjectivité fondée sur la capacité à retrouver une « parole parlante », malgré l’existence des textes, du pouvoir politico-religieux.

Nous avons tenté l’exposition des moyens qui rendent possible le passage du « Livre » à la parole. Il faut ici, dans cet avant-propos, nous dédire de la première phrase de notre texte qui peut conduire à certaines méprises ; nous avons écrit « Au commencement est le Livre ». Le Livre est certes bien au commencement ; au commencement, seulement… Après le commencement, il y a un travail de déconstruction du livre, passage d’une loi écrite à une loi orale…

L’histoire du Livre est l’histoire de son effacement, et l’homme est « condamné » à interpréter. Et le peuple juif n’est pas le peuple du Livre !

Effacement particulier qui n’est pas nécessairement effacement du texte puisque – paradoxe – cet effacement a lieu par l’ajout de paroles, de textes supplémentaires. Il y a plutôt effacement de la maîtrise du discours, de la violence portée par le discours. Effacement non silencieux, puisqu’il faut des mots pour que le discours se taise.

Et peut-être est-il question d’autres choses encore… Certainement, d’ailleurs. Il suffit alors de lire ce livre comme une introduction au Talmud, où nous répondons à la question toute simple : « Qu’est-ce que le Talmud ? » Texte souvent cité mais rarement lu et compris : introduction historique et méthodologique suivie de deux exemples, deux textes talmudiques dont nous présentons le texte hébraïque, la traduction et un commentaire. Deux « Ouvertures » qu’il ne faut pas lire, mais travailler, étudier, méditer, reposer, reprendre, reprendre encore… C’est-à-dire qu’il est nécessaire, pour le lecteur, d’essayer sa propre interprétation, sa propre réflexion, avant de s’engager dans les méandres de nos interprétations.

 

Après cette introduction et ces exemples, un périple nous mènera vers la pensée d’un maître original qui nous a posé l’énigme du « Livre Brûlé ».

Dans ce livre, nous avons invoqué plusieurs auteurs souvent contemporains, en dehors des Maîtres du Talmud.

Est-il utile d’entrer dans un débat sur l’interprétation ? Les auteurs invoqués avaient-ils vraiment les intentions que nous leur avons prêtées ? Qui sait ?

Le seul critère d’une interprétation, c’est sa fécondité. Tout ce qui donne à penser honore celui qui l’offre…


1.

Cité par E. Lévinas in Difficile Liberté, Paris, Albin Michel, 1976, p. 242.

2.

Cf., entre autres, R. Debray, Critique de la raison politique, Paris, Gallimard, 1981 ; B.-H. Lévy, Le Testament de Dieu, Paris, Grasset, 1979.

3.

La Vallée des Pleurs (Emek Habakha), chronique des souffrances d’Israël, de J. Hacohen, Avignon, 1575 ; traduction en français de Julien Sée, Paris, 1881.

4.

S. Trigano, La Demeure oubliée, Paris, Lieu Commun, 1984, p. 363.

5.

P. Legendre, L’Inestimable Objet de la transmission, Paris, Fayard, 1985.

6.

A. Abecassis, « Le Midrash entre mythos et logos », in Les Études philosophiques, 2, 1984, p. 198.

PREMIER LIVRE

REPÈRES TALMUDIQUES




Au commencement est le Livre… Le Livre avant les livres : Révélation avant les révélations. Israël est bien le peuple du Livre, car « s’il y a un monde où, cherchant la vérité et des règles de vie, ce que l’on rencontre, ce n’est pas le monde, c’est un livre, le mystère et le commandement d’un livre, c’est bien le judaïsme, là où s’affirme, au commencement de tout, la puissance de la parole et de l’exégèse, où tout part d’un texte et tout y revient, livre unique, dans lequel s’enroule une suite prodigieuse de livres, bibliothèque non seulement universelle, mais qui tient lieu de l’univers et plus vaste, plus énigmatique que lui1 ».

« Volume du Livre en guise d’espace vital2 ! » affirme E. Lévinas. La bibliothèque. Il nous faut encore et toujours y revenir. Il ne s’agit pas d’une bibliographie qui, située après coup – après le livre – peut renvoyer si l’on veut, mais non nécessairement, à d’autres textes, d’autres auteurs, référence souvent trompeuse, semblant démonstratif qui aspire à l’objectivation, la validation d’une parole, d’un savoir.

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