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L'évolution face à la disparition actuelle de la biodiversité

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L'évolution face à la disparition actuelle de la biodiversité Précédemment, des chercheurs du CNRS basés à l'Université de Montpellier 2, en collaboration avec des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Université de Liverpool au Royaume Uni, avaient montré que l'évolution peut conduire à plus de diversité biologique et surtout à un meilleur fonctionnement des systèmes écologiques. Dans le contexte actuel de l'érosion de la biodiversité, ces résultats soulignent l'importance de l'évolution comme force structurante des systèmes écologiques et ouvrent de nouvelles pistes d'interprétation sur la relation entre la diversité du vivant et le fonctionnement des systèmes écologiques. L'expérience s'est déroulée en laboratoire. Après avoir créé des microcosmes, constitués de plusieurs sources de carbone pour générer des environnements hétérogènes, les chercheurs ont suivi la diversification évolutive d'une bactérie, Pseudomonas fluorescens. Un clone unique de cette bactérie a été inoculé dans chaque microcosme (microplaque dont chaque « puits » contient une source de carbone différente), puis les bactéries ont été libres d'évoluer pendant plus de 500 générations. Les chercheurs ont aussi manipulé les déplacements des bactéries d'un puits à l'autre d'une même microplaque selon des niveaux bien définis (0%, 1%, 10% et 100% de dispersion). La dispersion est en effet connue pour être un facteur central dans la diversification évolutive.
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L'évolution face à la disparition actuelle de la biodiversité

Précédemment, des chercheurs du CNRS basés à l'Université de Montpellier 2, en collaboration avec des chercheurs de l'Imperial College de Londres et de l'Université de Liverpool au Royaume Uni, avaient montré que l'évolution peut conduire à plus de diversité biologique et surtout à un meilleur fonctionnement des systèmes écologiques. Dans le contexte actuel de l'érosion de la biodiversité, ces résultats soulignent l'importance de l'évolution comme force structurante des systèmes écologiques et ouvrent de nouvelles pistes d'interprétation sur la relation entre la diversité du vivant et le fonctionnement des systèmes écologiques.

L'expérience s'est déroulée en laboratoire.

Après avoir créé des microcosmes, constitués de plusieurs sources de carbone pour générer des environnements hétérogènes, les chercheurs ont suivi la diversification évolutive d'une bactérie, Pseudomonas fluorescens. Un clone unique de cette bactérie a été inoculé dans chaque microcosme (microplaque dont chaque « puits » contient une source de carbone différente), puis les bactéries ont été libres d'évoluer pendant plus de 500 générations. Les chercheurs ont aussi manipulé les déplacements des bactéries d'un puits à l'autre d'une même microplaque selon des niveaux bien définis (0%, 1%, 10% et 100% de dispersion). La dispersion est en effet connue pour être un facteur central dans la diversification évolutive. Au terme de l'expérience, les chercheurs ont montré que les dispersions intermédiaires (1% et 10%) ont permis d'évoluer vers une plus grande diversité bactérienne et une productivité écologique accrue.

L'érosion actuelle de la diversité biologique oblige à poser un diagnostic rapide sur son rôle dans le fonctionnement des écosystèmes naturels. Il s'agit donc tout à la fois de proposer une approche conceptuelle de l'organisation de la biodiversité, de comprendre ses relations avec le fonctionnement des écosystèmes et de prédire les éventuelles conséquences de son déclin. Jusqu'ici ces questions n'ont été considérées que sous un angle purement écologique : en créant artificiellement des assemblages d'espèces (communautés) de diversité croissante et en en mesurant le fonctionnement sur de courtes échelles de temps. Si des études ont montré que, dans certaines conditions, il existe une relation positive entre la diversité et la productivité des communautés, l'approche évolutive n'avait encore jamais été prise en compte. L'expérience d'évolution expérimentale en microcosmes de l'équipe franco-anglaise change la donne. Elle recrée tout simplement les conditions d'émergence de la diversité biologique en laboratoire.

D'une manière générale, les travaux de ces chercheurs suggèrent que l'évolution peut conduire à une forte complexification des systèmes écologiques débouchant sur un meilleur fonctionnement. Ce processus est maximisé lorsque les ressources disponibles sont hétérogènes et les systèmes biologiques convenablement connectés ; des conditions qui ne correspondent pas à la tendance actuelle d'homogénéisation des écosystèmes par les activités humaines. A plus long terme, ces résultats suggèrent que cette homogénéisation risque de réduire la capacité future de diversification du vivant. Une forte homogénéisation des systèmes écologiques empêcherait l'apparition de nouvelles espèces... avec les conséquences fonctionnelles que ces chercheurs viennent de montrer. Un message d'espoir cependant : l'évolution est capable de re-complexifier un système simple et de le rendre plus performant.

Une équipe de chercheurs (MNHN, CNRS et Université Montpellier 2) a découvert une nouvelle espèce de souris présente uniquement sur l'île de Chypre, qu'ils ont baptisée "Mus cypriacus". Elle a un crâne plus massif et un appareil masticateur plus robuste que les autres souris européennes. La phylogénie de l'ADN mitochondrial a confirmé qu'il s'agissait d'une espèce différente des souris actuelles. Les similarités des formes dentaires ont montré qu'elle était très proche des souris fossiles du Pléistocène. L'arrivée probable d'une de ses ancêtres par radeau naturel il y a des centaines de milliers d'années, et son isolement vis à vis des populations continentales, a favorisé son adaptation à l'environnement local puis son évolution en une espèce distincte.

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