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LA SCIENCE AUX ANTI JX ANTIPODES

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LA SCIENCE AUX ANTI JX ANTIPODES Ainsi le Prix du Premier ministre pour la science, dont nous vous présentons dans ce dossier les récentes attributions, récompense-t-il des équipes de recherche de niveau mondial dont le travail et/ou les découvertes ont eu un impact économique, social, environnemental, ou pour la santé en Nouvelle-Zélande ou à travers le monde. Particulièrement actif dans la recherche portant sur le secteur primaire, le pays mise énormément sur les biotechnologies, et notamment sur l'amélioration génétique dans l'agriculture et pour le bétail. L'Institut pour l'Innovation en Biotechnologies de l'University d'Auckland (IIT) possède tous les équipements de haute technologie et les ressources nécessaires dans ce domaine, permettant à de nombreuses start-ups de biotechnologie de venir y accélérer leur R&D. Une compagnie de recherche privée comme Lanzatech, basée aux Etats-Unis, a externalisé en Nouvelle-Zélande toute sa recherche scientifique: elle développe une technologie innovante de transformation des bactéries rejetées par les gaz des déchetteries, en biocarburants et en solvants à haute teneur énergétique. Bao Steel, la plus grande compagnie chinoise d'acier, vient de commander la construction d'une usine pilote en Chine.
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LA SCIENCE AUX ANTI JX ANTIPODES

Ainsi le Prix du Premier ministre pour la science, dont nous vous présentons dans ce dossier les récentes attributions, récompense-t-il des équipes de recherche de niveau mondial dont le travail et/ou les découvertes ont eu un impact économique, social, environnemental, ou pour la santé en Nouvelle-Zélande ou à travers le monde.

Particulièrement actif dans la recherche portant sur le secteur primaire, le pays mise énormément sur les biotechnologies, et notamment sur l'amélioration génétique dans l'agriculture et pour le bétail. L'Institut pour l'Innovation en Biotechnologies de l'University d'Auckland (IIT) possède tous les équipements de haute technologie et les ressources nécessaires dans ce domaine, permettant à de nombreuses start-ups de biotechnologie de venir y accélérer leur R&D.

Une compagnie de recherche privée comme Lanzatech, basée aux Etats-Unis, a externalisé en Nouvelle-Zélande toute sa recherche scientifique: elle développe une technologie innovante de transformation des bactéries rejetées par les gaz des déchetteries, en biocarburants et en solvants à haute teneur énergétique. Bao Steel, la plus grande compagnie chinoise d'acier, vient de commander la construction d'une usine pilote en Chine. Même chose pour la compagnie américaine ZyGEM qui, à partir d'un produit original issu d'une collection de bactéries extrêmophiles trouvées en Antarctique, effectue le séquençage rapide de l'ADN pour l'identification des individus (avec des applications pour la sécurité intérieure et des applications cliniques).

Dans le domaine de la recherche médicale, le Liggins Institute est l'un des centres leaders mondiaux (santé du foetus et de l'enfant, cancer du sein, influences de l'environnement et de l'histoire individuelle sur l'expression des gènes, etc.). Parmi les sociétés de recherche privées, on citera Mesynthes - qui a inventé des substituts de tissus organiques prêts à l'emploi pour une reconstruction tissulaire douce dans les cas de blessures ou de chirurgie esthétique à haut risque d'infection -, Auximedic - qui a conçu Spirostream, un système portable de régulation de la température corporelle des malades, non électrique mais à source d'énergie chimique, pour faciliter le rétablissement des personnes en cas d'urgence médicale -, Pictor -qui a développé Pict Arrays™, une technologie d'aide au diagnostic clinique permettant des examens sanguins simples et économiques dans de nombreuses pathologies : 8 tests simultanés peuvent être effectués avec une seule goutte de sang, 16 tests en parallèle, avec un résultat en 2 minutes -, ou encore Telemetry, conceptrice d'appareils de transmissions sans fil pour les systèmes de monitoring et de prise de données physiologiques, pouvant ainsi être rechargés tout en demeurant implantés grâce à une technique brevetée de transfert d'énergie. Cette technologie, qui peut être utilisée notamment pour les senseurs corporels miniatures, les stimulateurs et pompes utilisés dans le traitement du diabète, les crises cardiaques ou la maladie de Parkinson, évite d'utiliser des batteries externes et un fil qui passe sous la peau, souvent cause de problèmes d'infection ou d'endommagement des tissus.

Auckland, une ville très en avance au niveau des biotechnologies.

Le développement durable au premier plan

Dans les énergies renouvelables et environnementales, la Nouvelle-Zélande possède une longue histoire de réalisations innovantes et de savoir-faire. Avec la loi sur la gestion des ressources (Resource Management Act) qui définit la politique globale du pays sur l'usage du sol, la planification environnementale est devenue une caractéristique indispensable de tout développement de produit ou de service pour la plupart des grandes industries.

Des centres de recherche comme le SCION (Institut de recherche de la Couronne) travaillent au développement durable de l'économie du pays, y compris la sylviculture, domaine dans lequel une coopération existe avec la France et d'autres pays européens. Tandis que Plant and Food aide à la recherche et à l'innovation des usines alimentaires basées sur les produits de la mer. Sa recherche sous-tend le développement de modes de culture novateurs, des systèmes de production impliquant une réduction de l'impact environnemental et des ingrédients bénéfiques pour la santé humaine.

Pour prévoir l'impact du changement climatique, CLIMsystems a conçu Sim CLIM, un logiciel de modélisation du climat utilisé par la ville de New York. Aucun logiciel semblable n'existe de par le monde. Il s'adapte pour toute région, quelle que soit son étendue, et est déjà utilisable pour la Nouvelle-Zélande, l'Australie, l'Océan Pacifique, les Etats-Unis et le Canada. Landcare Research a développé le projet CarboNZero (Zéro Carbone) pour permettre aux particuliers et aux entreprises de réduire leur impact sur le changement climatique. Son dernier programme pour calculer son bilan carbone est déjà utilisé par 32.000 entreprises dans 24 pays.

Coopération entre chercheurs français et néo-zélandais

Un programme de mobilité scientifique existe entre la Nouvelle-Zélande et la France. Baptisé Dumont d'Urville, il a comme objectif de développer les échanges scientifiques et technologiques d'excellence entre les laboratoires de recherche publics ou privés en favorisant les nouvelles coopérations. Le programme Dumont d'Urville apporte également un soutien financier à des propositions de haute qualité pour des ateliers stratégiquement ciblés et de petite taille entre chercheurs néozélandais et français. Une collaboration s'est établie dans le domaine de la recherche maritime, par exemple avec l'institut français IFREMER, largement impliqué notamment en Antarctique.

Mais l'actualité est marquée cette année par le calendrier de l'Alliance mondiale de recherche sur les gaz à effet de serre d'origine agricole, créée fin 2009 à l'initiative de la Nouvelle-Zélande. Sommet interministériel à Paris, réunion des groupes de travail à Auckland, nos deux pays sont en parfait accord pour trouver des solutions afin d'augmenter la production agricole sans augmenter les gaz à effet de serre, soit réduire l'intensité des émissions de la production agricole et augmenter son potentiel de séquestration du carbone dans le sol sans menacer la sécurité alimentaire.