Opération Serval. Notes de guerre, Mali 2013

De
Publié par

Début janvier 2013, le nord du Mali subit depuis un an l'occupation d'une coalition de groupes terroristes de diverses obédiences, qui menacent maintenant Bamako et le sud du pays. François Hollande lance alors l'opération Serval. Quelque cinq mille hommes sont ainsi envoyés en urgence au Mali pour l'aider à se libérer. À la tête des forces terrestres, l'auteur de ces " notes de guerre ", le général Bernard Barrera.


Avec un réel talent de conteur et une profonde humanité, il restitue " sans fard ni bluff " toutes les difficultés rencontrées, qu'elles soient liées à la nature de l'ennemi, au terrain d'intervention, immense et désertique, à l'éloignement de la France, à la complexité logistique d'une opération interarmes, la plus importante depuis la guerre d'Algérie. Son récit, captivant, nous décrit avec précision la préparation de l'opération et son déroulement presque heure par heure. Un livre de soldat qui se lit comme un roman d'aventures. Un témoignage pour l'histoire.



Après Saint-Cyr, Bernard Barrera connaît la Guerre froide avant de servir sur plusieurs théâtres, dans les Balkans (Bosnie, Kosovo) et en Afrique (Tchad, Côte d'Ivoire). Général en 2011, il rejoint le Mali sans préavis en janvier 2013 pour commander victorieusement la brigade Serval. Il travaille aujourd'hui à la direction de la communication du ministère de la Défense.


Préface du général Henri Bentégeat, ancien chef d'état-major des armées.



Publié le : jeudi 7 mai 2015
Lecture(s) : 15
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021241310
Nombre de pages : 462
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
ISBN 978-2-02-124131-0
© ÉDITIONS DU SEUIL, MAI 2015
www.seuil.com
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Ce livre est dédié à e Marcel Pieuchot, chasseur au 2 BCP, tué à Bieuxy (Aisne) le 20 août 1918 e Albert Compain, caporal-chef au 21 RIC, tué à Langson (Tonkin) le 22 décembre 1946 e Yoann Marcillan, brigadier-chef au 40 RA, tué en Kapisa (Afghanistan) le 9 juin 2012 Aux hommes de la brigade Serval, morts pour la France sous mon commandement e Harold Vormezeele, sergent-chef au 2 REP, tué le 19 février 2013 er Cédric Charenton, caporal au 1 RCP, tué le 2 mars 2013 e Wilfried Pingaud, brigadier-chef au 68 RAA, tué le 6 mars 2013 er Alexandre Van Dooren, caporal au 1 RIMa, tué le 16 mars 2013 À leurs camarades des autres unités, morts pour la France pendant l’opération À nos frères d’armes maliens et tchadiens, tombés à nos côtés pendant la libération du pays À nos soldats, morts en opérations extérieures À nos blessés À leurs familles durement éprouvées
Préface
Le général Barrera sait de quoi il parle. C’est lui qui a gagné sur le terrain, au Nord Mali, une des batailles les plus dures que l’armée française ait eu à livrer depuis la fin de la guerre d’Algérie. Sans fards ni bluff, son livre sent le vrai. Écartant toute vaine gloriole, il raconte au fil des jours, dans son langage de soldat, une aventure à laquelle on se prépare sans y croire tout à fait – au cas où –, puis trois mois de combats incessants contre un adversaire fanatisé et bien armé, un tourbillon infernal et exaltant, écrasé de chaleur et de fatigue, et scandé par la mort, les blessures et la maladie. Tout y est, la tactique et la technique, les doutes quand « le brouillard de la guerre » obscurcit la vision du théâtre d’opérations, les interrogations quand les équipements à bout de souffle ne suivent plus le rythme trépidant de la manœuvre, et surtout l’émotion qui fait surgir les images du passé, historiques, personnelles et familiales. Des convictions fortes s’y expriment, au service exclusif de la mission qu’il faut remplir sans concessions, mais pas à n’importe quel prix. Car l’humain est présent partout dans les choix et les décisions du général commandant la composante terrestre de l’opération Serval. Il se sait et se veut comptable de la vie de ses subordonnés vis-à-vis des familles qui scrutent anxieusement les médias en France, mais il se préoccupe aussi des populations libérées prises dans le feu des combats, s’emploie à soutenir ses alliés maliens et tchadiens, s’efforce d’épargner et de recueillir les malheureux enfants soldats embrigadés par les djihadistes. Sans haine et sans états d’âme à l’égard d’un adversaire impitoyable, qui ne respecte aucune convention internationale, il impose à ses troupes un comportement irréprochable et il vit comme une tragédie personnelle le sacrifice de ceux des siens qui meurent au combat sur cette lointaine terre d’Afrique, pour leur patrie et pour la libération d’un peuple pris en otage par les nouveaux barbares. Cette histoire simple, peuplée de visages de héros ignorés qu’il tire de l’ombre, est un formidable hommage rendu à ceux qui ont écrit cette page de gloire militaire et, au-delà, à nos armées dont la compétence, le courage et l’abnégation sont aujourd’hui reconnus dans le monde entier. Puisse-t-elle conforter nos compatriotes dans la conviction que leur sécurité est en de bonnes mains et que les efforts financiers qu’on leur demande, modestes au regard des enjeux et du volume des dépenses publiques, sont le prix à payer pour la paix et la liberté dont nous jouissons, et pour que la France garde les moyens de peser sur son destin.
Général Henri Bentégeat
Samedi 23 février 2013
GAO (BOUCLE DU NIGER)
Préambule
À quelques mètres du hangar où j’ai installé mon poste de commandement, les chirurgiens de l’hôpital de campagne opèrent sans relâche. Hier, nos alliés tchadiens 1 ont attaqué les positions d’Aqmi * dans l’Adrar des Ifoghas. Ils ont courageusement enfoncé les premières lignes de l’entrée est de l’Ametettaï, mais ils ont payé le prix fort : 26 tués et 70 blessés. e Avant-hier, les fantassins du 92 régiment d’infanterie ont encerclé et tué 20 djihadistes qui s’étaient infiltrés dans Gao. Certains, équipés d’une ceinture d’explosifs, se destinaient à mourir en kamikaze. Ils ont heureusement été arrêtés à quelques mètres de nos positions. Cette fois, nous y sommes. Paris me demande d’attaquer au plus vite, de m’emparer du massif de l’Adrar. C’est l’heure du combat. L’heure des responsabilités aussi. En un mois, nous avons libéré Tombouctou et le Sud du Mali. Nos raids blindés ont atteint les frontières algérienne et nigérienne, surprenant des terroristes acculés qui se croyaient invincibles. Ils nous attaquent maintenant en ville, cherchant à reprendre l’initiative. 500 kilomètres plus au nord, ils se terrent dans les vallées brûlantes de l’Adrar, leur sanctuaire. Personne ne les avait vus jusqu’alors. Le «brouillard de la guerre» se dissipe lentement, très lentement. Il faut foncer, les détruire. Je lève les yeux. Mon état-major reste silencieux. Ils sont moins d’une centaine à concevoir et à conduire les opérations des quatre bataillons engagés, 4 000 hommes des forces terrestres, en liaison étroite avec le petit PC parachutiste de Tessalit commandé par Xavier, mon colonel adjoint du Nord. Dans ce hangar surchauffé, chacun est à son poste. Ils me font confiance et c’est réciproque. Nous nous connaissons bien. Nous formons un pack solide, uni, mais nous ne savons pas ce qui nous attend. Les regards se croisent. En fait, ils me regardent tous. 26 morts et 70 blessés hier chez les Tchadiens, et cette fois cela va être notre tour. Autour de moi, mes principaux subordonnés : Denis, mon colonel adjoint du Sud, Claude, mon colonel chef d’état-major, les officiers en charge des opérations, du renseignement, des appuis, des transmissions et de la logistique. Dans la petite pièce, une carte du Mali représente les unités échelonnées entre Tombouctou et Gao au sud, Kidal, Aguelhok et Tessalit. Nous partageons la même analyse. L’ennemi vient d’être
démasqué. Il faut désormais aller le chercher tout en laissant suffisamment de forces pour rechercher et détruire les katibas du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) dans le « Grand Gao ». Mes officiers m’entourent. La décision est prise, conforme à la doctrine, au bon sens et à l’étude de l’ennemi : je vais rejoindre Tessalit pour une durée inconnue. Dans notre armée, la place des chefs est devant, pour sentir le terrain, vivre avec leurs hommes, apprécier la situation et saisir les opportunités. « Là-haut », Xavier m’attend. Grégoire, qui commande l’opération de Bamako, m’a donné son feu vert. Claude a déjà choisi les hommes qui partiront avec moi demain pour renforcer le PC Nord. Les moyens satellitaires sont prépositionnés. Le thermomètre affiche 45 degrés. Je donne mes recommandations à tous ceux qui restent à Gao : rapidité, audace, surprise. Il faut devancer l’ennemi, le bousculer, l’acculer au fond des vallées du Nord, des oueds du Sud. Il faudra de l’intuition, bien sûr, mais pas de décisions à l’emporte-pièce. Notre entraînement sera plus que précieux, mais nous serons loin de nos bases, dans des conditions de rusticité extrême, avec la mort en embuscade. Nous le savons, la France est derrière nous. Nous devons vaincre et ne rien négliger pour économiser la vie de nos hommes. Ils sont aguerris, motivés, solidaires et courageux, mais derrière chacun d’entre eux, il y a une famille qui attend dignement, la peur au ventre, et nous savons que tous ne reviendront pas. Dernier tour de table, la réunion est terminée. Les ordres vont être rédigés. Je vais annoncer au PC mon départ pour l’Adrar, faire mon sac, passer une dernière nuit à Gao et saluer mes Gaulois du 92. De violents combats les attendent eux aussi. Tout va vite, très vite dans cette campagne. Le capitaine Rémi, mon assistant militaire, vient me chercher pour le dernier briefing. Je prends mon béret et mon carnet. En sortant, je lui désigne le seul objet qui se trouve sur ma petite table à côté de l’ordinateur, une petite statuette métallique, et je lui dis ce qu’il sait déjà : « Rémi, demain, il ne faudra pas oublier de mettre la Victoire dans ma musette ! » La petite Victoire de Constantine, protectrice des armées romaines, fut le symbole choisi par le général de Monsabert soixante-dix ans plus tôt, à la veille des combats d’Italie et de e libération de la Provence. Elle est restée celui de la 3 brigade et, par extension, elle est celui de toute cette brigade Serval qui va maintenant engager le combat. Le lendemain, la petite Victoire s’envole pour Tessalit.
1Un lexique est proposé en fin d’ouvrage.. . [NdÉ]
PREMIÈRE PARTIE
PRÉPARATION À L’ALERTE GUÉPARD
août 2011 – janvier 2013
Arrivée à Clermont-Ferrand
COMMANDER UNE BRIGADE DE 5 000 HOMMES
e Le poste de commandement de la 3 brigade mécanisée a quitté Limoges pour s’installer dans le vieux bâtiment en pierre noire de Volvic, situé sur le cours Sablon, dans le centre-ville. Chargée d’histoire, cette bâtisse accueillait, avant 1914, l’École d’artillerie du corps d’armée installée en Auvergne. Le bâtiment a été refait. Il est fonctionnel et les 80 cadres et soldats de l’état-major, le cerveau de cette brigade terrestre de 5 000 hommes, terminent de s’installer dans leurs nouveaux bureaux. Pour les aoûtiens, les vacances sont terminées. Les activités reprennent à Clermont et dans les cinq régiments de la 3. Je viens de rejoindre le bâtiment, avec mon nouveau galon er de général de brigade – deux étoiles –, entré en vigueur le 1 août. Ce matin, il n’y aura pas de cérémonie particulière. La prise de fonction d’un « brigadier » n’est pas formalisée, contrairement à celle d’un capitaine qui prend le commandement d’une compagnie (150 hommes) ou plus tard d’un colonel pour un régiment (1 000 hommes). Le général commande ses colonels à partir d’un PC. Il est secondé par un colonel « Ancien », un petit cabinet de trois personnes. À Clermont-Ferrand, il partage le bâtiment avec l’état-major dont le chef est toujours un colonel, lui aussi Ancien, dont la caractéristique est d’avoir déjà commandé un régiment. La répartition des rôles est claire. Le général commande le chef d’état-major qui prépare, conçoit, propose les ordres et les directives, et ses cinq colonels, dits chefs de corps, qui commandent à leur tour leur régiment à travers leurs cinq ou six capitaines. Il est 8 heures, je passe entre les deux piliers noirs du portail, accueilli par mon adjoint Hubert, qui n’est autre qu’un bon camarade de Saint-Cyr, et le chef d’état-major, le colonel Minjoulat-Rey que j’appellerai Claude, un officier d’infanterie calme et solide. Accueil chaleureux et franc de l’état-major, de l’équipe rapprochée, de ces hommes et de ces femmes qui se rassemblent en silence devant le bâtiment pour la cérémonie des couleurs. L’ambiance est bonne et, d’un coup d’œil, je découvre une équipe soudée et expérimentée. La plupart d’entre eux étaient en Kapisa (Afghanistan) l’année précédente aux ordres de mon prédécesseur, le général Pierre Chavancy. Tous ont plusieurs opérations extérieures à leur actif. Tous ont à cœur de garder l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle et familiale. Ce sont avant tout des
citoyens qui ont fait le choix de servir leur pays dans une armée qui est leur seconde famille. Comme il le fera tous les vendredis matin pendant deux ans, Claude, le chef d’état-major, met son équipe au garde à vous, fait demi-tour devant eux et me salue pour me les « présenter », comme le précise notre jargon. Je n’ai pas préparé de discours. Les mots sont ceux d’un nouvel arrivant, heureux et fier de prendre un beau commandement pour une durée de deux ans, des mots dictés par la raison, l’expérience et le cœur.
La brigade des Africains
Avec Claude, nous saluons nos trois couleurs hissées par deux caporaux. Nous entonnonsLa Marseillaise, suivie duChant des Africains, l’hymne de l’armée d’Afrique e et particulièrement de la 3 division d’infanterie algérienne de 1943-1945, dont la e 3 brigade est la fille héritière. Créée en 1943 en Algérie, la 3 était composée de Français de métropole, de pieds-noirs, d’Algériens et de Tunisiens, d’hommes unis autour du drapeau tricolore, se battant ensemble pour la liberté. L’état-major conserve précieusement et entretient cette filiation historique qui représente une partie glorieuse et méconnue de notre histoire. Deux des cinq régiments appartenaient à l’armée d’Afrique. Tous ont leurs traditions, leur histoire propre, mais ils appartiennent à la 3, la brigade des trois croissants, à l’image de cet insigne en tissu caractéristique que portent les Africains à l’épaule gauche depuis 1943. Encore un symbole inutile, pourrait-on penser. Eh bien non ! Les militaires sont attachés à l’histoire de leurs unités, à l’exemple des Anciens. Ils puisent dans ces références leur fierté et leur singularité. Cette culture sans excès des traditions vise à unir les hommes autour d’un esprit de corps partagé, un ciment invisible. Chaque cadre et soldat porte l’image en tissu de sa brigade, l’insigne métallique de son régiment.
Une brigade interarmes
À la 3, tous sont « Africains », mais ils se distinguent entre eux par une appellation propre à chaque régiment, celle utilisée dans leur garnison comme en opérations. Une brigade est avant tout un ensemble cohérent, une boîte à outils qui comprend les principales composantes nécessaires pour faire la guerre au sol : deux régiments d’infanterie (RI), un régiment blindé, un régiment d’artillerie, un régiment du génie auxquels s’ajoutent un centre de formation initiale pour les jeunes recrues et des compagnies spécialisées, dont la compagnie de commandement et de transmissions (CCT), rattachée à l’état-major. Pour simplifier, l’infanterie, les fantassins, combat à pied en ville ou en terrain « ouvert ». Les fantassins sont dotés de véhicules blindés à e roues. Pour les Gaulois du 92 RI de Clermont-Ferrand, il s’agit des véhicules blindés de combat de l’infanterie (VBCI), matériels modernes, huit roues, canon mitrailleur de e 25 mm, bien protégés ; pour les Bisons du 126 RI de Brive, de VAB (véhicule de l’avant blindé), quatre roues, une mitrailleuse, un matériel beaucoup plus rustique, mais en fin de vie. Les blindés combattent en AMX-10RC, un char à six roues disposant d’un canon de 105 mm, apte à mener des raids ou à appuyer les fantassins par des
feux puissants jusqu’à 2 kilomètres. Le régiment blindé dispose aussi d’unités appelées escadrons, plus spécialisées dans la recherche du renseignement, l’investigation et équipées de petits véhicules légers (VBL) à quatre roues. À la 3, les blindés sont les Marsouins du régiment d’infanterie de marine d’Angoulême. Les artilleurs d’Afrique de e la brigade sont issus du 68 régiment d’artillerie d’Afrique, installé à La Valbonne. Ils sont équipés de canons Caesar de 155 mm pouvant tirer jusqu’à 40 kilomètres, un matériel moderne et précis monté sur un châssis de camion. Le 68 a aussi une batterie (unité équivalente de la compagnie ou de l’escadron) spécialisée dans les missiles anti-aériens et une autre dans le renseignement tactique. Cette batterie de renseignement brigade (BRB) est équipée de petits véhicules et de capteurs radios, d’équipes proches des populations et de petits drones pouvant aller voir jusqu’à e 10 kilomètres devant les premières lignes. Enfin, les sapeurs d’Afrique du 31 régiment du génie de Castelsarrasin « ouvrent la route », pour reprendre leur devise. Très liés au terrain, ils sont indispensables à la manœuvre terrestre. Ils déminent, détruisent les obstacles, construisent des ponts et font traverser les cours d’eau. Ils comptent dans leurs rangs des plongeurs, des démineurs et des spécialistes très expérimentés. Tous ces Africains, également appelés Gaulois, Bisons, Marsouins, artilleurs et sapeurs d’Afrique, se retrouvent régulièrement dans les camps de manœuvre en Provence ou e n Champagne pour s’entraîner dans leurs spécialités respectives ou ensemble pour des exercices dits interarmes, où chacun trouve toute sa place. Le combat aéroterrestre est complexe, lié au terrain, à la nature de l’ennemi, à la météo. Il trouve toute sa dimension lorsqu’on y ajoute les vecteurs aériens chargés principalement de renseigner et d’appuyer les unités de combat par des tirs précis. Les exercices avec les hélicoptères armés de l’armée de terre (Tigre, Gazelle) et les avions de l’armée de l’air ou de la marine sont plus rares en métropole, mais monnaie courante en opérations. Le guidage fait partie du cycle d’instruction des jeunes officiers. À cet effet, des équipes spécialisées sont en permanence formées et entraînées au sein du régiment d’artillerie, prêtes à rejoindre les unités de tête.
La 3, tournée vers les opérations
À ce jour, il existe en France, au sein de l’armée de terre, huit brigades, dites interarmes, sur le même modèle, toutes aptes à être projetées. Elles ne sont pas tout à fait uniformes. En effet, schématiquement, il existe deux brigades légères e e (11 parachutiste, 27 de montagne), quatre médianes identiques, appelées mécanisée ou légère blindée et deux brigades blindées un peu plus volumineuses qui comptent des chars Leclerc et des capacités supplémentaires. La 3 fait partie de la re e e catégorie intermédiaire, comme les 1 , 6 et 9 brigades. Elles prennent indistinctement leur tour de projection à tour de rôle, suivant un cycle bisannuel bien normé : six mois en opérations sur les différents théâtres (Afrique, Proche-Orient, Guyane), quatre mois de reprise de l’instruction individuelle, quatre mois d’entraînement collectif pour les régiments et six mois en alerte Guépard, le dispositif permanent de l’armée de terre, prêts à partir en quelques heures. Les opérations comme l’alerte Guépard concernent les unités, les régiments, voire la brigade, le général et son état-major. Tout dépend des crises en cours, du « contrat
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.