Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

POLITIQUE PEOPLE 3EME EDITION

De
136 pages
Dans cette 3e édition entièrement revue et actualisée, Jamil Dakhlia nous propose de dépasser les faits en nous livrant les principaux outils conceptuels et argumentatifs de la «peopolisation» de la vie politique. De nombreuses questions sont traitées : l’accélération de la «peopolisation» politique s’explique-t-elle par une transformation profonde des médias ou plutôt par une «rénovation» de la communication politique ? Quel en est l’impact citoyen au moment où la démocratie représentative subit une sévère crise de confiance ? Cette évolution constitue-t-elle un appauvrissement du débat collectif ou, au contraire, une ouverture bénéfique de l’espace public ? Quelles sont les formes de la peopolisation politique ? Un phénomène inédit ? Des paramètres multiples La peopolisation, un danger pour la démocratie ? La fin de «l’exception française»?
Voir plus Voir moins
Politique people
& ThèmesDébatssociété Collection dirigée parÉric Keslassy
Politique people
e 3 é d i t i o n
J a m i l D a k h l i a
P r o f e s s e u r e n s c i e n c e s d e l ’ i n f o r m a t i o n e t d e l a c o m m u n i c a t i o n ( U n i v e r s i t é P a r i s I I I S o r b o n n e n o u v e l l e)
C h e r c h e u r a u C I M  M C P N
C h e r c h e u r a s s o c i é a u L C P  I R I S S O
Retrouvez toute la collection ThèmesDébats & sur notre site
www.editionsbreal.fr
Mise en page : Alain Béthune Corrections : MarieNoëlle Garnier
© Bréal, 2015 Toute reproduction même partielle interdite. ISBN 978 2 7495 3464 0
AVANT PROPOS
« Moi Président de la République, je ferai en sorteque mon comportement soit à chaque instant exemplaire. »
François Hollande, 2 mai 2012.
On croit souvent que la « peopolisation » de la vie po litique est apparue au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy (20072012). À tort. En réalité, tous les présidents de la Ve République ont joué, certes sous des formes et avec des intensités très différentes, la carte de l’intime : les Français ne surnommaientils pas affectueusement la femme du Général de Gaulle « tante Yvonne » ? Georges Pompidou ne se montraitil pas publiquement attentionné envers son épouse Claude ? Valéry Giscard d’Estaing ne jouaitil pas de l’accordéon à la télévision ? Ne recevaitil pas des éboueurs pour le petitdéjeuner à la veille de Noël en 1974 ? L’existence de Mazarine ne futelle pas finalement révélée du vivant de François Mitterrand ? Et Jacques Chirac ne se laissaitil pas filmer pendant ses vacances ? En fait, sous Nicolas Sarkozy, conformément au personnage, l’intrusion dans la vie privée prit une ampleur démesurée : rien ne nous échappait ! De ses difficultés de couple avec Cécilia à l’évolution de sa relation avec Carla Bruni. Songeons que le président Sarkozy a pu, au cours d’une conférence de presse durant laquelle il venait de demander des efforts conséquents aux Français, expliquer qu’« avec Carla, c’est du sérieux ! ». François Hollande, lui, ne se laisserait pas prendre. Il voulait une « présidence nor male » et s’était fermement engagé lors du débat présiden
tiel de l’entredeuxtours à toujours adopter un « comporte ment exemplaire ». Lui, Président… Las, le tweet de Valérie Trierweiler sonnait très vite comme la poursuite des mau vaises habitudes. La publication impudique de son ouvrage fit encore franchir un palier à cette « peopolisation » de la vie politique… Avec cet ouvrage, Jamil Dakhlia nous propose de dépasser les faits en nous livrant les principaux outils conceptuels et ar gumentatifs de ce phénomène. Son objectif est aussi de reve nir aux origines de cette « peopolisation » de la vie politique et de la mettre en perspective avec les pratiques médiatiques et politiques étrangères. De nombreuses questions sont trai tées dans cette troisième édition entièrement revue et actuali sée : l’accélération de la « peopolisation » politique s’explique telle par une transformation profonde des médias ou plutôt par une « rénovation » de la communication politique ? Quel en est l’impact citoyen au moment où la démocratie représen tative subit une sévère crise de confiance ? Cette évolution qui ne semble laisser aucune place à un « retour en arrière » constituetelle un appauvrissement du débat collectif ou, au contraire, une ouverture bénéfique de l’espace public ?
Le 9 juillet 2015, Éric Keslassy Directeur de la collection « Thèmes et Débats Société »
SOMMAIRE
Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Chapitre 1  Quelles sont les formes de la peopolisation politique ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . .151. – De la politique au spectacle… et inversement. . . . . . . . . . . . . . . .15a. – De la politique au spectacle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16b. – Du spectacle à la politique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .202. – L’étalage de la vie privée du personnel politique. . . . . . . . . . . . .23a. – L’exposition promotionnelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24b. – Le dévoilement offensif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27
Chapitre 2 – Un phénomène inédit ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291. – Les prémices de la politiquepeople. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29 a. – Corps naturel, corps politique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29b. – Le RoiSoleil, souverainpeople? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30c. – MarieAntoinette : du rose au noir de la légende. . . . . . . . . . . . .31d. – Afficher sa famille : l’exemple de Napoléon. . . . . . . . . . . . . . . . . .32e. – De nouvelles règles politiques et médiatiques e à partir duXIXsiècle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .332. – Vers des modèles et des formatspeople. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35a. – Pas de vedettisation sansstarsystem. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35 b. – Des formats médiatiques particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .38
Chapitre 3 – Des paramètres multiples. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .431. – Le cadre économique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .432. – Les causes technologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46a. – La familiarisation avec le petit écran : les années 19601970. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47b. – Remplir une offre télévisuelle en brutale expansion : les années 19801990. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49
c. – Internet et le décloisonnement des espaces d’information : les années 19902000. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51 d. – Le Web 2.0 ou la vulgarisation de l’action médiatique : à partir des années 2000. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .533. – Les facteurs sociologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54a. – Les « tyrannies de l’intimité » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54b. – Une « passion égalitaire ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56c. – Une conséquence de la postmodernité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57 4. – Les conditions politiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58a. – Le système politique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58b. – La professionnalisation de la communication politique. . . . . . . .60 5. – Les clivages culturels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .636. – Les variables juridiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .66a. – Droit civil : les disparités dans la protection de la vie privée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .66 b. – Droit pénal : une protection plus développée en Europe continentale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .71c. – Vers une harmonisation européenne ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Chapitre 4 – La peopolisation, un danger pour la démocratie ?. . . . . . . . . . . . . . . . .74 1. – Les enjeux politiques et médiatiques de la peopolisation. . . . . .75a. – Les intérêts des responsables politiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .75 b. – Les risques pour les hommes politiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .81c. – Les intérêts des médias. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83d. – Les risques pour les médias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .87 2. – La peopolisation menacetelle l’espace public ?. . . . . . . . . . . . . 89 a. – Un danger pour le débat démocratique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .89 b. – Une ampleur surévaluée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .92 c. – Un facteur de démocratisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .94
Chapitre 5 – La fin de l’« exception française » ? . . . . . . . . . . . .101 1. – Comment la peopolisation s’inscritelle dans le débat français ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .101 a. – La présidentielle de 2002 : l’investissement du discours people par le milieu politique. . . . . . . . . . . . . . . . . . .101
b. – 2003 : la peopolisation en tant qu’alignement des médias sur lapresse people. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .103 c. – 2005 : la peopolisation comme vedettisation et scandalisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .104 2. – Une double « rupture ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .106 a. – La peopolisation consentie : une communication politique à l’anglosaxonne ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 b. – La peopolisation subie : une dérive puritaine ?. . . . . . . . . . . . . . 112 3. – Un changement relatif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .118 a. – Une personnalisation inscrite dans les institutions françaises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .118 b. – D’anciennes pratiques de communication politique . . . . . . . . . .119 c. – Des facteurs conjoncturels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121 d. – Des dérapages contrôlés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124
Conclusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .129
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .133