//img.uscri.be/pth/466fb51114b8ac122a718e8bd1e66ad669638dff
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

10 questions auxquelles le prochain Président n'échappera pas

De
161 pages
"Mesdames et messieurs les candidats, après l'élection, ces problèmes seront les nôtres, ces problèmes seront les vôtres si vous êtes élu : que vous engagez-vous à décider ?"



Durant le prochain quinquennat, plusieurs questions se poseront quoi qu'il arrive aux Français, et le prochain Président devra prendre les mesures pour y faire face.



Alain Etchegoyen, fort de son expérience de conseil auprès de dirigeants politiques et économiques puis au Plan, relève dix questions significatives : l'homoparentalité, l'eugénisme, les OGM, le patriotisme économique, le SMIC, l'assurance-chômage, l'action publique dans les quartiers difficiles et l'école, le scrutin proportionnel, la construction européenne, l'intervention des forces armées.



Dans chaque cas, il pose une question précise et en montre les enjeux réels. Il anticipe aussi sur les réponses dilatoires dont les Français n'ont pas besoin. Et il demande aux candidats de répondre.



Avec ce livre original, à la fois didactique et neutre, les électeurs pourront évaluer les réponses données par les candidats et se faire une idée non seulement de leurs positions mais aussi de leur personnalité.




  • Question préliminaire : les impératifs du débat démocratique


  • Avant-propos : les 10 questions


  • Question 1 : homoparentalité


  • Question 2 : tri des embryons


  • Question 3 : OGM


  • Question 4 : patriotisme économique


  • Question 5 : SMIC


  • Question 6 : assurance chômage


  • Question 7 : services publics


  • Question 8 : représentation proportionnelle


  • Question 9 : Europe


  • Question 10 : armée


  • Ouverture

Voir plus Voir moins
Alain Etchegoyen 10 questions auxquelles le prochain Président n’échappera pas
h o m o p a r e n t a l i t é• éc o l e c h ô m a g e• pr o p o r t i o n n e l l e m o n d i a l i s a t i o n• SM I C• OG M e u g é n i s m e• Eu r o p e• gu e r r e
ALAINETCHEGOYEN
10 questions auxquelles le prochain Président n’échappera pas
Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris cedex 05 www.editions-eyrolles.com
––––––– Chez le même éditeur
Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh,Introduction à la société musulmane Thibaud Collin,Le mariage gay William Easterly,Les pays pauvres sont-ils condamnés à le rester ? Philippe Moreau Defarges,Où va l’Europe ? Bernard Nadoulek,L’épopée des civilisations Alain Simon,Géopolitique d’un monde mélancolique
––––––––
er Le code de la propriété intellectuelle du 1juillet 1992 inter-dit en effet expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit. Or, cette pratique s’est généra-lisée notamment dans l’enseignement provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faire éditer correctement est aujourd’hui menacée. En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégra-lement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2007 ISBN 10 : 2-7081-3612-7 ISBN 13 : 978-2-7081-3612-0
Question préliminaire
Les impératifs du débat démocratique
10 questions. 10 réponses attendues. Des centaines de réponses dont les Français n’ont pas besoin. 10 questions, c’est très peu par rapport à toutes celles qui seront abor-dées durant la campagne. 10questions aux candidats. 10questions pour notre futur Président. 10questions pour comprendre sa manière de raisonner, ses engage-ments, sa personnalité. 10 questions pour voir qui prend des risques et qui n’en prend pas. 10questions qui peu-vent fâcher. 10questions éparses dans les champs variés que couvre la Présidence. 10questions. 10questions seulement ? C’est arbitraire. De quel droit ? On en verrait bien 15, ou 20, ou 30, ou 100… ! Oui, 10 questions, c’est arbitraire. C’est presque pré-somptueux. Car chaque Français a le droit d’interroger sur la chasse, sur le climat, sur les trente-cinq heures. Per-sonne ne s’en privera. Mais ces 10 questions sont communes, communes à tous les candidats. S’ils ont la volonté de répondre, leurs réponses seront comparées. Directes, langue de bois, dégagements en touche, arguments dirimants, dubitati-ves, prudentes, courageuses… 10 questions sans règle du jeu, dans l’attente de toutes réponses, c’est-à-dire de réponses de tous. 10 questions car nous vivrons une élec-tion présidentielle exceptionnelle. L’année 2007 ne sera
3
Question préliminaire
pas une année comme les autres. Pour la première fois depuis douze ans, nous aurons un authentique débat politique. Certes le référendum européen avait été l’objet de multiples débats, mais les cartes étaient brouillées, les camps redistribués, la question du pouvoir hors sujet. L’élection présidentielle se déroule désormais tous les cinq ans dans la République française. Elle constitue l’échéance politique principale de notre vie démocrati-que. Quelques symptômes inquiètent quant à la vivacité des citoyens au regard des choix politiques: on constate en effet un éloignement des Français par rapport à la classe politique dans son ensemble, un réel scepticisme sur la sincérité des engagements pris et une méfiance accrue qui laisseraient croire à un désintérêt des citoyens pour la chose publique. Néanmoins, les Français consti-tuent un peuple politique. Dans les moments décisifs du débat démocratique, ils sont très nombreux à observer les comportements des uns et des autres: l’allocution du 31 mars 2006, en pleine crise du CPE, a été suivie par près de douze millions de téléspectateurs, et chaque débat qui précède le second tour des élections présidentielles connaît un record d’audience. Depuis vingt ans, les Français n’ont jamais reconduit la majorité sortante lors des élections législatives ; en revan-che, sous la cinquième République, ils ont toujours renouvelé le mandat présidentiel (le général de Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac), quand la situation se présentait, à une exception près (Valéry Giscard d’Estaing). Dans la foulée de ces élections présidentielles, les élections législatives ont toujours été gagnées par la majorité présidentielle. Le sens de nos institutions et cet effet d’entraînement montrent l’importance du scrutin présidentiel alors même que le quinquennat pourrait l’affaiblir. Sans entrer dans ce débat tranché par le
4
Les impératifs du débat démocratique
suffrage universel, deux remarques méritent d’être faites pour bien situer l’enjeu singulier de ce scrutin : la concor-dance des temps entre mandat présidentiel et législature doit permettre d’éviter ces cohabitations qui ont entamé la fonction présidentielle. Désormais, le Président dispose d’une majorité stable qui lui permet de mener une politi-que cohérente pendant cinq années, s’il en a la volonté et la détermination. En même temps, il est intimement lié à cette majorité et, le temps aidant, le rôle du Parlement devra nécessairement se transformer. Cette concordance des temps ne met pas à l’abri d’échecs électoraux lors d’élections locales ou européennes, mais celles-ci ne dis-créditent pas la légitimité du chef de l’État. Seul un réfé-rendum appelé de ses vœux entame sa légitimité s’il est désavoué par le vote des Français. Le fait que le Président Chirac ait souhaité demeurer à son poste en 2005, en dépit de son échec au référendum sur les institutions européennes, a certainement contribué à affaiblir la fonc-tion présidentielle. Il n’est pas étonnant que plusieurs candidats à la candidature (Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn) insistent, dans leurs discours, sur l’impor-tance de cette fonction présidentielle. Cette orientation va certainement contribuer à accroître l’intensité des débats préélectoraux, car la prochaine échéance de 2007 va voir son sens politique se renforcer. Après une campagne du premier tour très attentiste, le second tour de 2002 a escamoté le débat politique. En 2007, nous n’aurons donc pas eu de grand débat politique gauche/droite depuis douze ans ! C’est un paradoxe majeur de cette élection. Alors que le quinquennat doit assurerune meilleure fréquence du grand débat politique national, c’est au moment même où le quinquennat est mis en place que la France souffre d’un étrange silence depuis douze ans. C’est pourquoi
5
Question préliminaire
cette échéance sera exceptionnelle. Ce sera le premier grand e débat duXXIsiècle. La télévision ne nous propose plus que des soliloques: jamais le Président de la République ou le Premier ministre n’acceptent de débats,à armes égales, avec leurs interlocuteurs de l’opposition. Les candidats à la candidature, pour des raisons diverses, voire opposées, font de même. Notre pays est donc sevré d’un authenti-que débat démocratique depuis des années. Cette situa-tion peut être dite grave car, en douze ans, le monde économique et la société française ont profondément changé. Le service public de l’audiovisuel doit retrouver sa mission presque oubliée. Platon et surtout Socrate n’étaient pas tendres pour la démocratie. Mais nous repérons, en les lisant, les écueils qui, parfois, la discréditent. La question du dialogue et du débat – reprise aujourd’hui notamment par Habermas – est au cœur de leurs critiques. Selon eux, nous ne devons pas laisser les chefs démocratiques monologuer : le proto-type du discours devant l’agora se réplique aujourd’hui lors des meetings et surtout dans les médias. Ces derniers pourraient jouer un rôle considérable dans le débat public. Mais ils se sont, la plupart du temps, rendus aux exigences des politiques: refusent-ils de débattre publi-quement avec leurs adversaires, on leur propose un entre-tien avec un journaliste. Pour les philosophes grecs, le monologue permet de flatter le peuple, de lui être agréa-ble, de ne pas répondre aux questions gênantes : avec lui, le discours politique s’abîme dans la rhétorique. Ainsi regrettaient-ils le pouvoir donné à ladoxa, cette opinion que nous nommons désormaisopinion publique. Je n’ai pas mentionné le cas dans les 10 questions. Mais un nou-veau Président de la République devrait s’engager à dyna-miser le débat politique. Les Français en ont assez des dirigeants qui refusent de prendre le risque du moindre
6
Les impératifs du débat démocratique
débat public. Les politiques aiment la polémique, mais ils détestent la contradiction. Ils aiment monologuer quand on leur a préparé des fiches, ils refusent d’improviser. Les politiques doivent retrouver le goût du risque avant d’exi-ger que les entrepreneurs prennent des risques ou que les salariés les acceptent. Je suis convaincu que la méfiance générale provient de cette conviction: les politiques ne savent plus s’exposer, ils ne savent qu’exposer. Certains disentécouter les Français, mais ils refusent de dialoguer avec leurs adversaires. L’échéance de 2007 est donc une grande occasion à ne pas gâcher. Nous pouvons relancer le débat, qui est l’âme même de la vie démocratique. Il passe par le dialogue, la contradiction, l’opposition des points de vue. Socrate, le philosophe qui refusa d’écrire un seul livre, pour éviter de pratiquer ce monologue dangereux, ne s’étonnerait pas que, dans notre France démocratique, l’écriture d’un livre soit la première onction dont l’homme politique ressent l’urgence et le besoin. Qu’on cesse cette «pipolisation » qui consiste à mettre en face des politiques des citoyens désarmés. Platon et Socrate avaient raison : la démagogie est la croix de la démocratie. L’échéance de 2007 est l’occasion à ne pas manquer. Nous savons que nous élirons un Président qui aura le temps devant lui. Il sera élu sur des choix explicites. Bien sûr, un Président n’applique jamais tout son programme électoral. Il ne faut pas voir dans cette attitude un man-quement pervers aux engagements ditsélectoraux. En effet, le Président et sa majorité proposent des program-mes qui contiennent quantité de mesures. Certaines ne satisfont que leur électorat etpeuvent être critiquéesa priori,car elles servent avant tout à résoudre des problè-mes internes à chaque camp. Mais là n’est pas l’essentiel : quand on est élu par 51 ou 52 % des Français, on ne peut
7
Question préliminaire
faire comme si on l’était par 100 % de la population. Par ailleurs, parmi ces 51 ou 52 % des Français qui désignent généralement le Président de la République, il est certain quetousn’approuvent pastoutle programme. Il n’existe donc pas de mandat impératif, ni moralement ni politi-quement. Cette remarque ne dénie pas leur pertinence aux programmes, mais veut contredire cette affirmation naïve selon laquelle les candidats élus ne respectent jamais leurs engagements: ils écrivent, dans leur pro-gramme, ce qu’ils feraient s’ils avaient les mains libres, s’ils étaient seuls à décider. Ce serait faire fi de toute vie démocratique que d’exi-ger l’application mécanique de tout le programme. On évoque quelquefois le « troisième tour social ». On a tort de mépriser cette expression, car la liberté de manifesta-tion est un élément fondamental de la liberté d’expres-sion. Et il est tout à fait nécessaire, dans une vie démocratique, que certains continuent à s’opposer à des éléments qui sont contenus dans le programme du can-didat élu, car rien, absolument rien, ne peut assurer qu’une majorité de Français approuvent telle ou telle mesure. Il est en effet impossible d’organiser un référen-dum sur chaque décision politique majeure qui divise les Français. Le Parlement et ses commissions travaillent en ce sens, mais leur rôle reste encore faible face au pou-voir exécutif. Objectera-t-on qu’une campagne électorale n’est jamais enfermée dans des idées ? Certes, l’échéance prési-dentielle met en compétition des hommes et des femmes dont comptent les personnalités, les caractères, le verbe ou l’image. Aussi de nombreuses petites phrases parasi-tent-elles le débat proprement politique. Mais les Français n’aiment guère cette démarche. Ils jugent eux-mêmes la personnalité des candidats et ne goûtent pas les attaques
8
Les impératifs du débat démocratique
ad hominem.On se souvientdu mauvais effet qu’avait produit une remarque de Lionel Jospin, saisie au débotté, sur l’âge ou la fatigue du Président sortant. Nous ne pouvons donc négliger le souffle de l’un, le charisme de l’autre. Tout dépend parfois d’un mot déplacé, d’une colère inutile. Chacun, dans l’isoloir, est maître de ses propres critères. C’est le principe même du suffrage universel. Néanmoins, notre peuple politique n’est jamais insensible aux idées. Je ne pense pas que les politiques soient désormais impuissants face à l’économie, à la mondialisation ou à l’Europe. Les Français, s’ils le croyaient, auraient déserté les urnes, ce qui n’a pas été le cas lors des dernières consul-tations électorales. Mais nous ne saurions aborder le pro-chain débat électoral sans évoquer, avec précision, ce qui d’abord dépend du politique, en négligeant ce qui n’en dépend pas. Peut-être d’ailleur s cette question sera-t-elle omniprésente dans les programmes électoraux: le péri-mètre reconnu à l’État définit peu ou prou le champ même de l’autorité politique. Il ne s’agit donc pas, dans ce livrequestionnant, d’abor-der toutes les questions auxquelles des réponses sont pro-posées dans les programmes électoraux. Si j’ai voulu solliciter les candidats sur dix questions seulement, c’est pour plusieurs raisons. 1. Cesquestions concernentdes engagements qui peu-vent être pris et tenus. Par exemple, quand François Mitterrand prend le risque d’annoncer l’abolition de la peine de mort s’il est élu, il sait que la décision dépendra de lui. 2. Sansdu tout être exhaustives, les 10 questions cou-vrent des champs très variés (politique, économique, social, moral, international). Un candidat aux prési-dentielles ne peut s’enfermer dans le champ franco-
9