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À qui le pouvoir ?

De
186 pages
La question de l'État est plus que jamais d'actualité. Les anciennes sociétés colonisées ont le plus grand mal à fonder des États stables et aptes à résister aux tensions et déchirements que suscitent leurs divisions ethniques, linguistiques ou religieuses. Les États constitués se trouvent quant à eux confrontés à la globalisation qui conduit à l'homogénéisation des modes de penser. Alors, dans l'état de crise économique, sociale et morale dans lequel vit aujourd'hui une grande partie de l'humanité, la politique et la démocratie ont-elles encore un avenir ?
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CollectionDes Hauts et Débats, dirigée par Pascal LARDELLIER, Professeur à l’Université de Bourgogne Contact :pascal.lardellier@u-bourgogne.fr
Titres parus ou à paraître : Serge Chaumier,L’inculture pour tous. La nouvelle Utopie des polit iques culturelles (2010) Sarah Finger et Michel Moatti,L’Effet-médias. Pour une sociologie critique de l’information (2010) Arnaud Sabatier,Critique de la rationalité administrative. Pour une pensée de l’accueil (2011) Claude Javeau,Trois éloges à contre-courant(2011) Christophe Dargère,Inconcevable critique du travail(2012) Anne Van Haecht,Crise de l’école, école de la crise(2012) Elise Müller,Une anthropologie du tatouage contemporain. Parcours de porteurs d’encre (2013) Jacques Perriault,Dialogue autour d’une lanterne. Une brève histoire de la projection animée(2013) Alexandre Eyriès,La communication politique, ou le mentir-vrai(2013) Richard Delaye, Pascal Lardellier (co-dir),L’Engagement, de la société aux organisations (2013)
Ouvrage collectif sous la direction de Claude De Vos À QUI LE POUVOIR ? Hommage à Jean-William Lapierre
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr EAN Epub : 978-2-336-79114-2
Avant-propos
La question du pouvoir est au cœur de la réflexion anthropologique conduite par Jean-William Lapierre, à l’interférence de la biologie, de la psychologie, de l’éthologie animale, de l’ethnologie, de l’histoire et de la sociologie. Pour rendre compte de la diversité des formes de pouvoir, dans son ouvrageVivre sans Etat ? Essai sur le pouvoir politique et l’innovation sociale, (Seuil, apierre avance trois1977, coll. Esprit/Seuil, pp. 7 et 305), L propositions : 1°) "L’histoire des sociétés est marquée par des innovations qui changent les rapports entre les hommes et leur milieu naturel, ainsi que les rapports des hommes entre eux". 2°) "Cette capacité d’innovation est étroitement liée au mode proprement humain de communication". 3°) Tout pouvoir cherche à se légitimer en faisant référence à une croyance collective : "volonté des ancêtres ou des héros fondateurs, destin cosmique, volonté des dieux, "droit divin" des chefs, pacte social, souveraineté du peuple, dictature du prolétariat, etc." D’où vient la propension à l’innovation observée da ns les sociétés ? A la fois de la nécessité de s’adapter aux modifications de l’envir onnement naturel ou social et de l’effervescence de l’imagination humaine. Quelle est la fonction du pouvoir ? De réguler les comportements pour assurer la cohérence de la s ociété et sa protection face aux menaces extérieures ou aux conflits intérieurs. Les institutions, le droit et les rituels collectifs sont là pour contribuer à stabiliser le pouvoir et à favoriser la diffusion de ses principes et de ses normes dans l’esprit des gens, de telle sorte que "l’obéissance se transforme en devoir", selon la formule de Jean-Jacques Rousseau. Les auteurs de cet ouvrage nous invitent à un voyag e à travers diverses formes de pouvoir observables dans l’espace et dans le temps, analysées suivant différents angles de vue : philosophie, psychologie, anthropologie cognitive, sociologie, ethnologie, histoire, droit, science politique, engagement syndical. La question de l’Etat est plus que jamais d’actuali té. Les sociétés tribales traditionnelles, il en reste encore quelques-unes s ur la planète, sont menacées de disparition totale. Les anciennes sociétés colonisées ont le plus grand mal à fonder des Etats stables et à résister aux tensions et déchire ments que suscitent leurs divisions ethniques, linguistiques ou religieuses. Les Etats constitués se trouvent confrontés au roul eau compresseur de la "globalisation" économique, qui, avec l’aide des mé dias de masse, conduit, à marche forcée, à la standardisation des modes de consommation, à l’uniformisation des modes de communication, à l’homogénéisation des modes de penser. Après la détribalisation, la dénationalisation ? La pensée de J.-W. Lapierre s’inscrit dans le droit fil de la réflexion d’Emmanuel Mounier et des fondateurs de la RevueEsprit (1932). Pour celui-ci, en lutte contre le "désordre établi", il convenait de s’opposer aux diverses expressions, militaire, politique et économique, de la domination exercée par les Etats, quelle que soit l’idéologie qui leur e serve de couverture. Au cours du 20 siècle, cette domination a pris trois formes particulièrement meurtrières : le nazisme ; le comm unisme d’inspiration marxiste ; un capitalisme anarchique, qui fait s’affronter, en un e concurrence effrénée, les grandes compagnies industrielles et financières. Et aujourd ’hui le monde vit sous la menace de formes archaïques de totalitarisme qui, toutes, partagent le même mépris de la personne humaine.
La politique repose, en principe, sur la libre discussion touchant à l’organisation de la société, la démocratie sur la possibilité offerte à tout citoyen de donner son avis. Dans l’état de crise économique, sociale et morale dans lequel vit aujourd’hui une grande part de l’humanité la politique et la démocratie ont-elles encore un avenir ? C. De Vos
Résumé
Cons des personnes qui, ayantet ouvrage rassemble les témoignages et les réflexi connu Jean-William Lapierre, ayant travaillé avec l ui ou ayant trouvé intérêt à sa démarche, ont voulu participer à cet hommage. Comme lui-même l’aurait sans doute souhaité, ces auteurs ont écrit leurs articles, non pas pour commenter ses travaux de manière laudative ou critique, mais pour prolonger, chacun à sa façon, la réflexion que Jean-William Lapierre a conduite sur un sujet centr al de ses recherches anthropologiques : lepouvoir politique.
1. L’engagement pour la France, la liberté et la justice sociale
Témoignages personnels et compte-rendu historique de l’engagement de Jean-William Lapierre dans la Résistance, à 21 ans, au péril de sa vie, comme de son engagement intellectuel auprès d’Emmanuel Mounier, créateur du "personnalisme". A l’encontre des diverses formes de totalitarisme politique, économi que, idéologique ou "religieux", anciennes ou contemporaines, ce mouvement de pensée s’efforce de montrer qu’il n’est pas de liberté, ni de progrès sans respect de lapersonne humaine, en tant qu’incarnation concrète de l’humanité.
2. Archéologie du pouvoir politique
Observations portant sur le passage dupouvoir partagé, propre aux sociétés tribales traditionnelles, au "pouvoir séparé", que Pierre Clastres identifie à l’Etat. C’est ce type de pouvoir qui, au niveau local, régional et national, attribue à une classe, voire à une caste de professionnels de la politique l’exclusivité de la parole publique et le monopole des décisions concernant l’organisation de la société.
3. L’Economie politique au pouvoir
Réflexions touchant à l’évolution des doctrines et des pratiques économiques qui ont conduit à l’identification de la société à unmarché placé sous le contrôle de grandes compagnies industrielles et financières nationales et transnationales, essentiellement préoccupées de l’accroissement de leurs profits, in dépendamment des coûts sociaux et écologiques entraînés par leur compétition. Et comm ent le mouvement ouvrier s’efforce de résister, non sans difficultés, à lamarchandisation du travail humain.
4. Concentration du capital et processus de domination
Analyses mettant en évidence l’accaparement du pouvoir politique par les "appareils" de partis, l’influence des "réseaux", apparents et souterrains, reliant le monde politique au monde industriel et financier, les pressions exercées par leslobbiessur les gouvernants, les élus et les juges, l’emprise sur l’opinion publique demédias placés sous le contrôle des groupes financiers ou d’un Etat partisan.
5. Un monde plus juste, une société plus humaine, un rêve ?
Etudes montrant la tentation des gouvernants de se référer à la "raison d’Etat" pour prendre des décisions qui transgressent les règles du droit établi, comme la difficulté qu’ils peuvent avoir à résister aux chants des sirè nes des groupes industriels et financiers, nationaux et transnationaux, qui, au no m de la "croissance", travaillent à la déconstruction des nations et au démantèlement des lois élaborées pour protéger la
population contre les aléas de l’économie et l’injustice sociale. Interrogations concernant les possibilités d’émergence de nouvelles formes de pouvoir acceptant de respecter la liberté de pensée des cit oyens, soucieuses de favoriser des rapports de coopération ouverte entre les personnes , les groupes et les nations et susceptibles de contribuer au développement d’une " société conviviale" selon le rêve d’Ivan Illich.
6. A qui la parole ?
Tentative de compréhension des rapports entre formes de communication et formes de pouvoir. Comment, en passant d’une forme traditionn elle d’organisation à une forme étatique, les sociétés humaines sont passées d’unpouvoir partagé, tourné vers la reproduction de la vie dans le respect de la reprod uction de la Nature, à des pouvoirs centralisés et hiérarchisés, s’appuyant sur desmédias asymétriques (écrit, radio, télévision). Et comment Internet pourrait peut-être contri buer à l’émergence d’une forme de conscience "connective" susceptible de favoriser de nouvelles formes d’organisation économique, sociale et politique, assurant un plus grand respect de la vie, une meilleure répartition des richesses et le respect de l’environnement naturel.
Couverture
4e de couverture
Collection Des Hauts et Débats
Titre
Copyright
Avant-propos
Résumé
Sommaire
Exorde Jean-William Lapierre
Sommaire
1. L’engagement pour la France, la liberté et la justice sociale
Lapierre, Jean-William Claude Wiéner
Jean-William Lapierre… avec Emmanuel Mounier Guy Coq
Jean-William Lapierre et Défense de la France Jean-Louis Panicacci
Qu’est-ce que la personne ? Emmanuel Mounier
2. Archéologie du pouvoir politique
Existe-t-il un pouvoir politique dans les petites sociétés du Sénégal oriental ? Marie-Paule Ferry
Jean-William Lapierre avec Emmanuel Mounier Un débat sur les "Sauvages" Paul Thibaud
Nice : genèse d’une dynastie municipale Jacques Basso
3. L’Economie politique au pouvoir
Petite évocation des représentations du Pouvoir dans la pensée économique Maurice Parodi
A propos du "capital humain" Vers une "seconde modernisation" ? Laszlö Garai
Le pouvoir syndical en France et la résistance du mouvement ouvrier Pierre Quaranta
4. Concentration du capital et processus de domination
Le pouvoir des réseaux sur les appareils politiques Vincent Lemieux
Réseau des pouvoirs et hégémonie à l’ère de la mondialisation