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Amérique, pétrole, domination : une stratégie globalisée (T.4)

De
202 pages
Le système économique actuel est fondé sur les ressources d'hydrocarbure, qui ont changé le visage du monde. Pour assurer son approvisionnement, l'Occident, à la tête duquel l'Amérique, a édifié des conditions spécialement appropriées. Un univers complexe à l'origine de complots, de coups d'Etat, de révoltes... L'auteur propose ici une étude sur l'histoire du pétrole et son rôle majeur dans le déroulement des événements mondiaux, de sa découverte en 1867 à nos jours : une chronique de la domination américaine sur le monde.
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Amérique, pétrole, domination : une stratégie globalisée
  M. A. Oraizi      Amérique, pétrole, domination : une stratégie globalisée    Tome IV : Diables pétroliers et épée de Damoclès                         LH ARMATTAN
 
    Cette édition à tirage confidentiel et « réservé » constitue un texte de travail. Nous sommes conscients de toutes ses imperfections. Cette base documentaire servira à poursuivre les études. Merci à tous ceux qui nous aideront à faire dans quelques années une édition plus définitive.          
               © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96288-0 EAN : 9782296962880
          
À mon père Hossein Oreizi Sociologue et historien Spécialiste de lEmpire mongole Et de Djalal al-Din R ū mi (poète persan, fondateur des derviches tournants et principal interprète du soufisme)    
 
 
Nuit noire comme jais, face enduite de goudron ; Mars était invisible, et Saturne et Mercure. Larmée de la nuit sombre, en plaine et sur les pentes, Jetait tapis semblable à laile du corbeau, Quant au ciel, il était comme un acier rouillé ; Et sa face semblait tout enduite de goudron, Ahriman se montrait à moi de toutes parts, Tout comme un serpent noir ayant ouvert la gueule, Le jardin et les bords du cours deau semblaient tels que Les flots projetés par océan de goudron, Et le ciel sarrêtait dans sa rotation ; Le soleil languissant, avait perdu sa force. Ni la voix dun oiseau, ni la clameur dun fauve ; Sur le Mal et le Bien, le Sort faisait Silence.  Firdoussi (poète persan, 940-1020)  
                 Je tiens particulièrement à remercier Monsieur lIngénieur Antoine Duflocq pour ses supports informatiques qui ont, par ailleurs, duré plusieurs années. Sans son aide magistrale, ce travail naurait pu voir le jour.
 
C HAPITRE L  :  L A C ARICATURE P ÉTROLIÈRE DU V OLCAN M AYON   Une fois le danger japonais sur le pétrole dAsie orientale, durant la Seconde guerre mondiale, a été évincé, lAmérique devait faire face aussi aux trusts pétroliers anglais. Tout le monde se précipitait. Dans les Indes hollandaises, Sukarno proclama, en 1945, lindépendance de lIndonésie 1 . Il va payer cher pour son acte 2 . Ni les Américains ni les Britanniques et ni les Néerlandais ne pouvaient accepter un tel acte. Il entra dans une période durant laquelle lIndonésie connaît une série de mouvements séparatistes. Le coup dÉtat du général Suharto, soutenu par Washington 3 , met fin à son pouvoir et les États-Unis mettent leurs pieds dans le pays. Mais, les Britanniques ne lâchaient pas non plus. Le 21 août de la même année, Londres lança lopération Tiderace pour reprendre le contrôle de la Malaisie, et Singapour, ainsi que des détroits situés dans cette région. Les Philippines 4  connaissaient depuis le débarquement de navigateur portugais, Fernão Magalhaes (Fernand de Magellan)  qui voyageait pour le compte de lEmpire Espagnol en 1521  la servitude. Manille, la capitale de la colonie espagnole en 1571, connaîtra la domination japonaise jusquen 1608. Territoire hautement géostratégique, en raison de sa position géographique 5 , son sol est riche en matières premières. Cest la raison pour laquelle en 1896 on assistait à une révolte nationaliste contre les Espagnoles. Mais qui était derrière ce soulèvement ? La réponse tombe vite : Lannée 1898 fut marquée par sa cession aux États-Unis par lEspagne. Washington y instaure un régime militaire. Puisque sa thalassocratie  avait permis de développer une communication commerciale et économique avec ses voisins est asiatique. En effet, José Protasio Rizal Mercado y Alonzo Realonda (1861-1896), le héro national philippin, exécuté par les Espagnoles, donc martyre, était poète, écrivain, chirurgien ophtalmologue, surnommé le Don Quichotte des Philippines , formé en Europe, nourrit son projet révolutionnaire de Cervantès et surtout soutenu par les Américains. Ainsi les Philippines tombent aux mains de la Maison-Blanche. Ces Philippines, avec ses 37 volcans dont douze sont actifs et meurtriers 6 , Hibok-Hibok , Taal , son or, son argent, son Nickel, son chromite, son fer, son chrome, son cuivre, ses épices, et sa position maritime géostratégique convoitaient les puissances colonisatrices. Dès 1840, les combinaisons coloniales deviennent de plus en plus agressives. LEmpire espagnole étant fatigué ne pouvait plus sinvestir dans la reconquête même si en 1851, il occupa de nouveau Jolo. LEmpire britannique, plus actif et plus entreprenant, obtint, en 1877, les possessions de Bornéo, en bail, concédées par le sultan, à la British North Borneo Chartered                                                           1 Charles Bidien, Independence the Issue, in Far Eastern Survey, vol. 14, n°24, 1945, p. 345-348. 2 F. P. Bunnell, op. cit. , p. 131-156. 3 Donald K. Emmerson (Ed.), Indonesia Beyond Suharto: Polity, Economy, Society Transition , Armonk, N.Y., London, [Published in Cooperation with the Asia Society], An East Gate Book, 1999, 395 p. 4 Son appellation en lhonneur du héritier, le futur Philippe II, fut par Ruy López de Villalobos. 5 Les Philippines se situent entre locéan Pacifique, la mer de Chine méridionale, mer de Luçon, mer de Sulu, mer de Mindanao, mer de Célèbes, mer des Philippines, la Malaisie, la Brunei, la Nouvelle-Guinée, lAustralie, le Vietnam, la Taiwan, et la Chine. 6 Raymond Blanadet, Les Philippines , Paris, PUF, 1997, 128 p.
 
 
Amérique, pétrole, domination  Company . Même si Sulu devint vassal de lEspagne en 1878, la date du départ des Espagnoles a été enregistrée pour 1898. Lappel dAguinaldo confirma cette heure et donna la légitimité à la guerre hispano-américaine aboutissant le 10 décembre au traité de Paris. LEspagne cède les Philippines aux Américains pour une somme de 20 millions de dollars. Ce 4 février 1899 fut marqué par la guerre américano-philippine, ainsi que par la déshispanisation et laméricanisation de sa culture. Chose indispensable pour contrôler le pays. Quant à loccupation japonaise, il faut la prendre comme une courte parenthèse dans lhistoire de ce pays même si la note a été trop chère avec des dizaines de milliers de morts. Dans la mainmise sur les richesses naturelles, on utilise toute forme de gouvernements allant dune simple soi-disant démocratie, fausse certes, à la dictature militaire 7 . Une junte 8 , aussi bien quune dictature civile, en Amérique latine, comme en Afrique ou en Asie, se justifie, par le culte de personnalité (souvent singulière et dominatrice) de son acteur. Ses actions sont en général pour ramener et dassurer la stabilité politique. Cette stabilité politique, jugée nécessaire, facilite lexploitation. Parfois également, les classes dominantes militaires (en Amérique latine ou en Afrique ou ailleurs dans le tiers-monde) doivent réajuster leurs schémas de domination. La contradiction interne à lÉtat (bourgeois ou non), entre les exigences du processus daccumulation et celles de la légitimation, est devenue, depuis la prolifération des nouveaux moyens de communication collectifs, de plus en plus évidente et inéducable. Les crises sociales donc économiques produisent un déséquilibre profond dans lÉtat. Celui-ci perd son influence et son efficacité. Laction de lÉtat est neutralisée. En effet, sans entrer dans un schéma marxiste, une des caractéristiques des sociétés humaines est le conflit permanent entre les privilégiés et les défavorisés, entre les riches et les pauvres, entre les oppresseurs et les opprimés. Quand une société perd les consensus sociaux et économiques, la structure politique est mise en cause, et la violence se développe. Cest dans ces circonstances à la fois problématique et complexe que naît la dictature, secondée par les militaires, considérée, souvent par les opprimés, comme le nouvel architecte de lÉtat. Dotés des moyens considérables (hommes, armes, présence quotidienne dans la rue), le contrôle social et lordre politique administré à la société civile par les militaires deviennent un enjeu de légitimation 9 . La dictature militaire dispose des instruments considérables. Avant tout cest larmée de métier et sa pression étendue pour prendre le pouvoir. Souvent, elle le fait au profit dun certain nombre de forces sociales. Celles-ci deviennent plus tard ses outils. La fondation dun parti unique, jouant comme une sorte de clergé, est aussi une des caractéristiques de ces régimes en vue dendoctriner la masse. Elle est ou devient aussi, parfois, un instrument dune grande puissance. En Amérique latine                                                           7  Raymond Aron, Démocratie et totalitarisme , Paris, Gallimard, 1981, 374 p., Hanna Arendt, La nature du totalitarisme , tr. et préface M.-I. Brundy de Launay, Paris, Payot, 2006, 172 p. 8  Par exemple : en Argentine (Jorge Videla), Birmanie (Ne Win, Saw Maung, Than Shwe), Brésil (Humberto de Alencar Castello Branco), Burkina Faso (Blaise Compaoré), Chili (Augusto Pinochet), Espagne (Franco), Fidji (Frank Bainimarama), Grèce (régimes colonels de Yeóryos Papadópoulos), Guinée (Teodoro Obiang), Indonésie (Suharto), Panama (Manuel Noriega), etc. 9 Hugo Zemelman, « Democracia y militarismo », in Revista mexicana de sociología , vol. 43, Nº 3, julio.-Septiembre 1980, p. 1055-1069.
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