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Antoine Gizenga pour la gauche en RDC

De
130 pages
Ce livre tente de montrer que l'appel de Gizenga - pour une "Gauche nationaliste" contre la "Droite réactionnaire" - ne date pas d'aujourd'hui. Il a toujours été au centre de toute sa vie politique. Un quasi-sacerdoce qu'il commença aux côtés de Patrice Lumumba en 1960 et qu'à la mort de celui-ci il continua inlassablement, d'abord au sein du Parti solidaire africain (PSA) puis, dès le 22 août 1964, dans le PALU (Parti lumumbiste unifié) qu'il créa et qu'il dirige toujours.
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Antoine Gizenga
pour la Gauche en RDC«« Dossiers, études et documents » (D.E.D.)
Collection fondée et dirigée par Jean MPISI


Sous ce titre de collection, nous voulons proposer une
manière plus ou moins objective, pédagogique et concise, de
connaître ou faire connaître certains faits ou certains thèmes.

Concrètement, la collection entend poursuivre un
quadruple objectif. Primo, elle produira des monographies sur
un sujet précis d’histoire, de science, de philosophie, de
religion…, sur un pays ou une région du monde (guide), sur
une personne (biographie), etc. Secundo, elle publiera des
documents (des témoignages, des textes inédits provenant
d’institutions plus ou moins officielles…), en les précédant
d’une introduction utile ou en les habillant avec des
commentaires appropriés. Tertio, elle s’attellera à éditer les
travaux d’enquête des étudiants (à partir des résultats
condensés de leurs mémoires ou de leurs thèses de
doctorat), ainsi que les travaux des chercheurs universitaires
ou indépendants (à partir de leurs investigations
professionnelles ou de leurs réflexions). Quarto, elle tentera
d’expliquer l’actualité, chaque fois que celle-ci sera focalisée sur
un pays ou sur un thème, en allant à la source et en
dégageant les enjeux, afin que l’événement garde toujours
son actualité même si on la lit dans dix ans…

Outre les quelques livres de Jean MPISI signalés à la
page 4, il faut mentionner ceux des auteurs suivants :

- Esdras KAMBALE, Du Shaba au Katanga. A propos du
« massacre » de l’Université de Lubumbashi et de la période pré-
insurrectionnelle (1990-93), 2008.

- NKERE Nkingi Ntanda, La crise financière internationale de
2008 et ses conséquences en Rd Congo, 2008.

- NKERE Nkingi Ntanda, Education des Electeurs au Congo-
Kinshasa : Un défi de la République, 2009.


- Innocent UNYON Vakpa Katumba, Le conflit armé en Ituri
(RDC) : La problématique de sa prévention et de sa gestion, 2009.

- Jacques FUMUNZANZA Muketa, Kinshasa d’un quartier à
l’autre, 2009.

- Antoine GIZENGA, Ma vie et mes luttes, 2011. Jean MPISI
Antoine Gizen GA
pour l A GAuche en rDc© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56359-9
EAN : 9782296563599


Etant donné que seule l’unité peut faire la force,
c’est par le processus d’unification que les
nationalistes progressistes ont été sauvés de la
disparition politique. (…)

Le PALU ne veut pas être l’auteur de la fissure
du bloc des nationalistes de Gauche, qui a
commencé à renaître. Le PALU refuse d’être ainsi un
complice d’un retour funeste de la Droite, en
général réactionnaire, aux commandes de notre
pays. (…).

Le PALU entend ainsi réagir par un appel à
l’unité de la gauche nationaliste devant les
manœuvres de regroupement de la Droite et le
risque de retour de celle-ci à la tête de notre pays,
car celui-ci n’oubliera jamais ce que cette Droite lui
a fait et lui a causé comme préjudices sur tous les
plans pendant près d’un demi-siècle. (…).

Parlez au peuple souverain un langage de vérité,
de patriotisme et d’espoir. Il finira, sans doute, par
vous comprendre. Expliquez-lui que, pour le PALU,
ce qui compte avant tout c'est la préservation de la
Nation et l’évolution positive du peuple et du pays.’’


Antoine GIZENGA, 23 juillet 2011.

èreLes ancêtres, ou « nationalistes de 1 génération »


Patrice Lumumba, Antoine Gizenga et Laurent-Désiré Kabila

èmeLes « héritiers », ou « nationalistes de 2 génération »


Le Président J. Kabila, encadré par le Secrétaire permanent du
PALU (Godefroid Mayobo) et le Premier Ministre (A. Muzito).

ère ème1 et 2 générations réunies

ANTOINE GIZENGA, UN MILITANT DE LA
« GAUCHE NATIONALISTE ET PROGRESSISTE »


Depuis son entrée en politique en 1959 comme
président du Parti solidaire africain (PSA), Antoine
Gizenga n’a jamais cessé de lutter pour qu’émergent au
Congo les valeurs républicaines cardinales suivantes :
indépendance, unité, liberté, paix, justice et démocratie.

Ainsi, dès juin 1960, il s’est attelé de consolider ces
valeurs, aux côtés du Premier ministre P. Lumumba. Le
peuple, qui leur avait confié une majorité au Parlement
en mai 1960, estima que l’indépendance du Congo devait
se faire dans l’unité. C’est pourquoi, quand la sécession
du Katanga fut proclamée en juillet 1960, Gizenga la
combattit avec toute son énergie, d’abord dans le
Gouvernement Lumumba à Léopoldville, puis dans ce
même Gouvernement qu’il délocalisa, à son éviction le 14
septembre 1960, à Stanleyville. Cette lutte sans merci
contre le séparatisme katangais et pour la légalité
conduisit Lumumba à la mort en janvier 1961 et Gizenga à
la prison un an plus tard.

Après la mort du héros Lumumba, il se résolut
d’assumer son héritage spirituel et devint, par le fait
même, le premier ennemi de ses assassins, qui avaient
instauré la terreur et l’arbitraire au pays.

A peine libéré en 1964, il réunit autour de lui les
partis nationalistes, qui, le 22 août de cette année,
fusionnèrent en une formation politique unique, le Parti
lumumbiste unifié (PALU). Cette plateforme, qu’il dirige
encore, s’est toujours opposée à tous les ennemis de la
9
liberté et de la démocratie. Deux mois après sa naissance,
ses adversaires le remirent au silence.

Quand Gizenga recouvra sa liberté, en novembre
1965, il reprit la lutte, cette fois-ci contre la dictature du
nouveau régime militaire. Ayant échappé à un attentat, il
se réfugia à l’étranger depuis le 19 février 1966. Pendant
son exil, qui dura 26 ans, il continua sa lutte pour
l’émergence de la démocratie pluraliste. Ce combat ne
faiblit jusqu’à son retour au pays le 7 février 1992.

Il redoubla d’intensité, se donnant comme priorité le
départ du maréchal Mobutu Sese Seko. C’est Laurent-
Désiré Kabila, un vieux maquisard progressiste, qui, à la
faveur d’une « guerre de libération », réussit à déloger le
dictateur. Gizenga salua en lui un « frère lumumbiste », et
pensa que son promotion à la tête de l’Etat signifiait le
retour des nationalistes au pouvoir. Mais le président
Kabila n’associa pas à l’exercice de ce pouvoir le PALU,
comme celui-ci le désirait.

C’est son fils et successeur, Joseph Kabila, qui, en
2006, comprit l’opportunité d’une coalition
gouvernementale nationaliste avec le PALU. Au terme de
cette entente, le patriarche Gizenga devint Premier
Ministre le 30 décembre 2006, reprenant le siège de
Patrice Lumumba perdu en septembre 1960.

A sa démission volontaire, pour raison de santé, le 25
septembre 2008, c’est son fidèle partisan, Adolphe
Muzito, qui le remplaça, avec pour mission de continuer
l’œuvre de refondation de l’Etat, un Etat détruit depuis
quatre décennies par les « tombeurs » de Patrice
Lumumba et des nationalistes.

10
L’« ancêtre », Gizenga, passait la main à l’« héritier »,
Muzito. Celui-ci, ainsi que Godefroid Mayobo, Secrétaire
permanent et porte-parole du PALU, l’autre « héritier »,
inaugurèrent la « seconde génération des nationalistes »,
Patrice Lumumba et Antoine Gizenga constituant la
« première génération des nationalistes », ou les « pères
fondateurs du nationalisme de Gauche ». Deux autres
combattants lumumbistes, en l’occurrence, Pierre Mulele
et Laurent-Désiré Kabila, peuvent être joints à cette
classe d’ancêtres ; ils forment beaucoup plus de
« révolutionnaires ». C’est pourquoi Joseph Kabila se
déclare leur descendant, constituant un « révolutionnaire
de la deuxième génération ».

Ainsi, l’Exécutif congolais aujourd’hui est conduit par
deux « nationalistes (ou révolutionnaires) de deuxième
génération », Joseph Kabila à la tête de l’Etat et Adolphe
Muzito à la tête du Gouvernement. Tous deux travaillent
sous l’œil d’un ancien, Antoine Gizenga, en retraite des
affaires officielles de l’Etat.

Reprenant ses responsabilités dans le PALU, le chef
de file des nationalistes orienta son combat dans le
maintien des nationalistes au pouvoir reconquis en 2006.
Ce combat, qui a toujours été le sien depuis toujours, se
résume en un affrontement « Gauche progressiste » –
« Droite réactionnaire ». Il le rappelle avec gravité dans
ses deux messages, ceux du 29 janvier et du 23 juillet
2011, relatifs aux élections de novembre 2011.

Cet ouvrage tente de comprendre ce que recouvrent
exactement, pour Antoine Gizenga et le PALU, ces deux
concepts de « Gauche » et de « Droite ».

11
Il se déclinera en cinq points, essentiellement axés
sur le combat, en plusieurs étapes, pour le triomphe de la
grande idée de « l’unité de la gauche nationaliste devant
les manœuvres de regroupement de la Droite et le risque
du retour de celle-ci à la tête de notre pays ».

Ces cinq points constituent le SOMMAIRE de
l’ouvrage :

ANTOINE GIZENGA, UN MILITANT DE LA « GAUCHE
NATIONALISTE ET PROGRESSISTE » 9

1. LE PALU, UN PARTI PAS COMME LES AUTRES 13

2. MESSAGES DE GIZENGA CONCERNANT LES
ELECTIONS DE 2011 21

3. LE COMBAT DE GIZENGA POUR UNE GAUCHE
CONGOLAISE 31

4. NOTE : LA GAUCHE ET LA DROITE EN RDC 77

5. COMMENTAIRES DE LA PRESSE CONCERNANT LES
MESSAGES DE GIZENGA 99


erJean MPISI, 1 août 2011.










12
1
LE PALU, UN PARTI PAS COMME LES AUTRES


Dans le microcosme politique congolais, le Parti
lumumbiste unifié (PALU), du leader charismatique et
historique Antoine Gizenga, n’est pas un mouvement
politique comme les autres.

Le plus souvent, il ne se « mêle » pas aux autres
partis : par exemple, on ne voit guère ses dirigeants
s’afficher à la télévision ou à la presse écrite, pour
prendre part à des débats qu’ils trouvent stériles ou sans
objet. Des débats opportunistes qui ne visent qu’à faire la
publicité malsaine de ceux qui y participent. Des débats
qui ignorent les vrais problèmes du pays, les vrais dangers
qui le menacent et les vraies solutions pour sortir de la
crise née au lendemain de l’indépendance. Le PALU ne
répond pas souvent également à des critiques qu’on lui
adresse, des critiques qu’il trouve généralement
infondées, malhonnêtes et vaines.

Et, du moins depuis 2006, quand Antoine Gizenga ou
son porte-parole parle, sa voix compte ; tout le monde
l’écoute et la prend en considération. Tout le monde, du
plus petit citoyen au Chef de l’Etat. Tout le monde
l’écoute cette voix parce qu’elle vaut quelque chose,
parce qu’elle veut dire quelque chose, parce qu’elle peut
bouleverser la situation politique du moment ou à venir.

A vrai dire, le PALU veut se mettre au-dessus de tous
les partis politiques, pour plusieurs raisons.

Il est d’abord, de tous ceux qui sont nés après
l’indépendance, l’aîné : il a vu le jour le 22 août 1964,
avant même l’apparition du mobutisme destructeur et
13