Aristide et la France

De
Publié par

Pourquoi la France, autrefois alliée d'Aristide, participa-t-elle à sa chute ? Quelle est la nature des intérêts français en Haïti ? Qu'en est-il du poids de la France sur l'île face aux États-Unis ? Toutes ces questions sont au coeur de cet essai abordant les relations francohaïtiennes de 1991 à 2004 et qui s'appuie aussi bien sur des sources officielles françaises que sur des témoignages inédits d'acteurs haïtiens et français.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
Lecture(s) : 19
EAN13 : 9782336392134
Nombre de pages : 224
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Alexandra Breaud
Aristide et la France
Les raisons de la discorde
Aristide et la France
Les raisons de la discorde
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06396-6 EAN : 9782343063966
Alexandra Breaud Aristide et la France
Les raisons de la discorde
L’Harmattan
« Notre vision de l’histoire préfigure notre avenir » Colum McCann,Transatlantic, Belfond, Paris, 2013, p. 181
Avant-propos Plus anciennes et par là plus profondes que les relations entre Haïti et son inévitable voisin étasunien, les rapports franco-haïtiens sont aussi plus complexes et plus ambigus. J’en suis d’autant plus consciente de par mes liens avec Haïti, étant née à Port-au-Prince et ayant surtout un père haïtien passionné d’histoire qui ne manque jamais une occasion de faire revivre des pans entiers de la Révolution ; les moins cartésiens seraient d’ailleurs tentés de croire qu’il se battait aux côtés de François Capois le 18 novembre 1803 lorsque le bonnet de celui-ci fut soufflé par l’un des canons du Général Rochambeau ; un père qui nous a si souvent répété les derniers mots prononcés par Toussaint Louverture, grande figure de la Révolution Haïtienne, lorsque ce dernier quitta son île, prisonnier de la France. C’est du reste bien loin du soleil et du bleu d’Haïti que mourut Toussaint Louverture, dans le froid d’une cellule des montagnes jurassiennes où chaque année des Haïtiens se rendent comme d’autres vont en pèlerinage. La République Haïtienne s’est initialement construite en réaction à l’esclavage imposé par la France ; sans elle, la Révolution Haïtienne n’aurait pas vu le jour et, inversement, la Révolution Française n’aurait pas acquis une portée véritablement universelle : c’est en effet en donnant corps à la Déclaration des droits de l’homme là où l’exploitation et l’oppression atteignaient un point d’acmé que l’épopée haïtienne a concrétisé les idéaux farouchement universalistes de la Révolution française. Les deux Révolutions se font ainsi écho, la seconde étant sans doute impensable sans la première, et la première demeurant incomplète sans la seconde, la France ne pouvant maintenir l’esclavage en Haïti sans faire mentir la prétention à l’universalité des principes de liberté et d’égalité. Ces événements ont posé les jalons du rapport amoureux, quasi fétichiste que l’île des Caraïbes entretient avec son histoire, avec sa Révolution ; les Haïtiens n’aiment-ils pas leur histoire au point de s’en nourrir lors de chaque premier janvier quand, en mémoire de l’indépendance, ils commencent l’année en savourant la traditionnelle soupe giraumon qui était autrefois interdite aux esclaves ? Parmi les mythes fondateurs d’Haïti, l’on raconte qu’à la veille de l’insurrection de 1791 – qui signa le début de la Révolution –, une
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.