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Brian Mulroney - L'homme des beaux risques

De
420 pages
Tout jeune militant du Parti progressiste-conservateur, Brian Mulroney rêvait de devenir un jour premier ministre du Canada. Le « p’tit gars de Baie-Comeau », comme il aimait se décrire, aura gagné son pari. Élu en 1984 puis réélu en 1988 à la tête de gouvernements majoritaires, on lui doit notamment le traité de libre-échange avec les États-Unis et la TPS, des mesures dont même ses adversaires de l’époque reconnaissent aujourd’hui les bienfaits.
L’ancien premier ministre s’est livré sans pudeur à l’exercice de mémoire et de réflexion auquel l’a convié le journaliste Guy Gendron. Une quarantaine d’amis, parents, ex-collègues, ambassadeurs, chefs d’État étrangers et adversaires politiques ont aussi accepté de témoigner. L’auteur met ainsi en lumière des pans méconnus de ces années parmi les plus bouillonnantes de l’histoire politique canadienne: l’influence importante de Brian Mulroney sur la scène mondiale, son rôle d’entremetteur auprès des grandes puissances, son leadership dans les grandes batailles environnementales et sa participation dans la chute de l’apartheid.
Mais les années Mulroney furent aussi marquées par un échec ravageur. Depuis sa prime jeunesse, Brian Mulroney était animé par l’idée de la réconciliation nationale. L’accord du Lac Meech, conclu en 1987, devait permettre au Québec d’adhérer à la constitution canadienne. Trois ans plus tard, quand l’entente est devenue caduque, Brian Mulroney a vécu une grande tragédie personnelle.
Le journaliste Guy Gendron dresse un portrait fascinant d’un homme politique malmené par l’histoire avec un petit «h» mais pour lequel l’Histoire, celle des historiens, pourrait bien être plus clémente.
Ce livre découle d’une série documentaire télévisée de quatre heures présentée à ICI-Radio-Canada.
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BiographieBrian
Mulroney
L’homme des beaux risquesProjet dirigé par Pierre Cayouette, éditeur
Adjointe éditoriale : Raphaelle D’Amours
Conception graphique : Sara Tétreault
Mise en pages : Andréa Joseph [pagexpress@videotron.ca]
Révision linguistique : Myriam Gendron et Chantale Landry
Index : Monique Dumont
En couverture : Brian Mulroney brandissant l’accord du lac Meech lors
d’une assemblée électorale à l’automne 1988. Photographie reproduite
avec la courtoisie du Très Honorable Brian Mulroney, provenant de
la collection du Très Honorable Brian Mulroney à Bibliothèque et
Archives Canada.
Québec Amérique
e329, rue de la Commune Ouest, 3 étage
Montréal (Québec) Canada H2Y 2E1
Téléphon e: 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par
l’entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d’édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L’an
dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l’art
dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier.
Gouvernement du Québec–Programme de crédit d’impôt pour l’édition
de livres–Gestion SODEC.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales
du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Gendron, Guy
Brian Mulroney : l’homme des beaux risques
(Biographie)
Comprend des références bibliographiques et un index.
ISBN 978-2-7644-2720-0 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-2764-4 (PDF)
ISBN 978-2-7644-2765-1 (ePub)
1. Mulroney, Brian, 1939-. 2. Canada - Politique et gouvernement -
1984-1993. 3. Parti progressiste-conservateur du Canada - Histoire.
4. Premiers ministres - Canada - Biographies. I. Titre. II. Collection :
Biographie (Éditions Québec Amérique).
FC631.M84G46 2014 971.064’7092
C2014-941361-0
eDépôt légal : 3 trimestre 2014
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
© Éditions Québec Amérique inc., 2014.
quebec-amerique.com
Radio-Canada 2014. Tout droits réservés.
La marque de commerce « Radio-Canada » est la propriété de la Société
Radio-Canada et utilisée dans le présent ouvrage avec son accord.Guy Gendron
Brian
Mulroney
L’homme des beaux risquesÀ mes anges :
Laurence, Myriam, Élisabeth, Brigitte et Cléo.Table des matières
AVANT -PROPOS
Chapitre 1 | LA PANNE
Chapitre 2 | LES ORIGINES
Chapitre 3 | L’ENGAGEMENT POLITIQ u E
Chapitre 4 | LES GERMES DE LA RÉCONCILIATION
Chapitre 5 | LA RÉVOLu TION TRANQ u ILLE
Chapitre 6 | uN Fu T u R PREMIER MINISTRE
Chapitre 7 | LA Qu ESTION Qu ÉBÉCOISE
Chapitre 8 | AFFRONTER LE CHEF
Chapitre 9 | uN AVOCAT MANQu É
Chapitre 10 | LA VIE à MONTRÉAL
Chapitre 11 | OCTOBRE 70 :
u N COu TEA u SOu S L’OREILLER
Chapitre 12 | MILA
Chapitre 13 | LA COMMISSION CLICHE
Chapitre 14 | uNE PREMIè RE COu RSE
Chapitre 15 | uN ÉCHEC COû TE ux
Chapitre 16 | RICHESSE ET MISè REChapitre 17 | uN HOMME EN ATTENTE
Chapitre 18 | CESSER DE BOIRE ET TASSER CLARk
Chapitre 19 | LE GRAND BLu FF
Chapitre 20 | C’EST LA Gu ERRE
Chapitre 21 | LA FAMILIALE ROu ILLÉE
Chapitre 22 | ENTRER Aux C OMMu NES
Chapitre 23 | uNE ANNÉE DANS L’OPPOSITION
Chapitre 24 | LES MONTAGNES Ru SSES
Chapitre 25 | Pu TAIN DE CAMPAGNE
Chapitre 26 | LE DISCOu RS DE SEPT -ÎLES
Chapitre 27 | uNE TROP GROSSE VICTOIRE
Chapitre 28 | ENFIN PREMIER MINISTRE
Chapitre 29 | LA PRIORITÉ AMÉRICAINE
Chapitre 30 | uN AMBASSADEu R PEu DIPLOMATE
Chapitre 31 | LE BEAu RISQu E
Chapitre 32 | When Ir Ish e yes
Chapitre 33 | CHARLIE BROw N ET COu VERT u RE
Chapitre 34 | LA VIE Au 24 Su SSEx
Chapitre 35 | LA BATAILLE CONTRE L’APARTHEID
Chapitre 36 | uN ÉCHANGE, COMME Au HOCk EY
Chapitre 37 | SCANDALES
Chapitre 38 | LA FRANCOPHONIE
Chapitre 39 | LA RÉCONCILIATION EN SOu S-MARIN
Chapitre 40 | RAT PACk ET MÉDIASChapitre 41 | MEECH
Chapitre 42 | ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE
Chapitre 43 | DRAPEAu EN BERNE
Chapitre 44 | MONSIEu R NET
Chapitre 45 | L’AFFAIRE AIRBu S
Chapitre 46 | ÉLECTION RÉFÉRENDAIRE
Chapitre 47 | R.I.P. MEECH
Chapitre 48 | CHu TE Du Mu R
Chapitre 49 | LA TRAHISON
Chapitre 50 | SAu VER MEECH
Chapitre 51 | DÉRAPAGES
Chapitre 52 | Gu ERRE EN IRAk
Chapitre 53 | L’OBSESSION
Chapitre 54 | LE COu TEA u Su R LA GORGE
Chapitre 55 | L’ENVIRONNEMENT
Chapitre 56 | Au BORD DE L’IMPLOSION
Chapitre 57 | LE COLLIER
Chapitre 58 | DÉMISSION
CONCLu SION
ÉPILOGu E
BIBLIOGRAPHIE
INDEx
CAHIER PHOTOAvant-propos
e livre découle d’une série documentaire biographique
présentée sur les ondes de la télévision de Radio-Canada en septembre C2013. La difusion de ces quatre heures de reportage marquait
un double anniversaire : les 30 ans de l’élection de Brian Mulroney à la
tête du Parti progressiste-conservateur du Canada et les 20 ans de son
départ de la vie politique.
Le projet a trouvé son origine en mai 2011, lors d’une rencontre
eavec Brian Mulroney, à son bureau du 24 étage de la Place-Ville-Marie,
l’édifce emblématique de Montréal où il a commencé sa carrière
d’avocat, presque un demi-siècle plus tôt. En compagnie de la recherchiste
Micheline Fortin, j’allais soumettre à cet ancien premier ministre l’idée
de participer à un exercice de mémoire et de réfexion sur ses années
au pouvoir, parmi les plus tumultueuses de l’histoire politique
canadienne. Bien sûr, il aurait été possible d’en faire le bilan sans lui, à
travers le regard d’amis et d’adversaires, ou l’analyse d’historiens et de
politologues. Mais cela me semblait insuffisant, voire injuste. Car
l’homme est toujours vivant. Et alerte, comme j’allais le découvrir en
entrant dans son bureau. J’avais oublié à quel point sa stature est
imposante : un grand six pieds, les épaules carrées et droites, alors que je
l’imaginais diminué par le poids des années et les conséquences de la
maladie qui l’a presque emporté en 2005, lui imposant un séjour de
plusieurs mois à l’hôpital. Au contraire, c’est un homme vif à la poignée
de main robuste qui nous accueille en commentant la dernière soirée
électorale canadienne tout en nous montrant l’objet dont il semble le plus
fer. Il trône au milieu de la pièce. Son parti le lui a ofert comme cadeau de départ. Il s’agit du bureau de travail de John A. Macdonald, le
premier à occuper le poste de premier ministre du Canada, en 1867. u n
conservateur, il va de soi, mais bien davantage aux yeux de Brian
Mulroney. Car Macdonald a réalisé l’exploit de réunir des partis
adversaires en une « Grande Coalition » pour ensuite entreprendre de longues
négociations constitutionnelles visant à jeter les bases d’un pays immense
reconnaissant et réconciliant ses multiples identités régionales,
linguistiques et religieuses. C’est ainsi que fut adopté l’Acte de l’Amérique du
Nord britannique, le certifcat de naissance du Canada, qui lui servit de
constitution jusqu’en 1982. Élu deux ans plus tard à la tête d’un
gouvernement majoritaire, Brian Mulroney allait consacrer toutes ses
énergies à tenter de reproduire une opération politique semblable inspirée
de sa promesse de « réconciliation nationale » entre le Québec – écarté
de l’accord constitutionnel conclu sans lui en 1981 – et le reste du
Canada. L’échec de cette initiative, on le verra, constitue le moment le
plus sombre de la vie politique de Brian Mulroney. Le bureau de
Macdonald, qu’il afectionne pourtant, en est un rappel quotidien.
Cette réconciliation nationale, qualifée de « beau risque » par nul
autre que le premier ministre René Lévesque, a sans doute connu le pire
dénouement de tous les beaux risques ayant jalonné la vie de Brian
Mulroney. Homme de projets, c’est dans l’action qu’il a cherché à se
réaliser : défendre la cause des francophones auprès du gouvernement
canadien quitte à rompre les liens privilégiés qu’il avait développés avec
John Diefenbaker ; convaincre le Parti progressiste-conservateur que
la reconquête du pouvoir passait par le Québec ; lancer des négociations
de libre-échange avec les États-u nis, une mesure à laquelle son parti
s’était toujours opposé, puis conclure cette entente malgré l’opposition
féroce de l’entourage du président Ronald Reagan et la faire ensuite
ratifer par la population canadienne lors d’une élection févreuse ;
prendre la tête du mouvement mondial contre le régime raciste d’apartheid
en Afrique du Sud, au risque de brouiller ses relations avec les deux
fgures de proue du conservatisme mondial anglo-saxon, Margareth
Tatcher et Ronald Reagan ; faire du Canada un leader dans les combats
pour la protection de l’environnement planétaire, le développement
durable, la protection de la couche d’ozone, l’élimination des pluies
acides.Brian Mulroney allait-il accepter de ressasser pour nous, devant la
caméra, pareils souvenirs ? La mémoire de ses relations tendues avec
les journalistes de la Tribune de la presse parlementaire à Ottawa – dont
je fus à l’époque – allait-elle l’amener à poser des conditions ? Nous
seraient-elles acceptables d’un point de vue journalistique ? à ma grande
surprise, Brian Mulroney s’est immédiatement enthousiasmé pour le
projet bien que nous l’ayons présenté sans enrobage sucré : il n’était pas
question de réaliser une hagiographie. Notre seul engagement envers
lui était de produire un documentaire factuel, respectueux de l’homme
et de sa fonction. u ne œuvre journalistique donc, et qui ne pouvait en
conséquence s’accompagner d’obligations à ceci ou d’interdits de cela
dans le but de polir l’image de notre sujet. « Sans la liberté de blâmer,
il n’est point d’éloge fatteur », disait Figaro sous la plume du
dramaturge Beaumarchais.
Brian Mulroney a complètement endossé cette démarche. D’entrée
de jeu, il nous a assuré qu’il n’allait poser aucune condition quant au
choix des intervenants que nous allions interviewer pour cette série.
« Même pas pour Lucien Bouchard », ce qui est tout dire dans son cas !
Allait-il y avoir des sujets tabous, par exemple en ce qui concerne
l’alcool, la famille, l’afaire Airbus, les histoires de corruption ? Je peux
témoigner que jamais il n’a dicté, orienté ou demandé d’approuver nos
questions. Jamais même il n’a refusé d’y répondre. Le lecteur jugera
dans quelle mesure il l’a fait candidement à l’occasion des cinq séances
d’enregistrement qu’il nous a accordées à l’hiver et au printemps 2012,
à moi et à la réalisatrice Denise Tardif. Nous avons aussi rencontré une
quarantaine d’autres personnes : amis, parents, collègues, fonctionnaires,
ambassadeurs, chefs d’État étrangers ou adversaires politiques. Nous
avons ratissé large et amassé une centaine d’heures de témoignages qui
dressent un portrait souvent étonnant d’un homme politique malmené
par l’histoire avec un petit « h », celle écrite par les journalistes, mais
pour lequel l’Histoire, celle des historiens, pourrait un jour être plus
clémente. Notre série télévisée de quatre heures ne pouvait pas rendre
justice à la richesse de tous ces témoignages pourtant essentiels. C’est
ce qui nous a convaincus de rédiger ce livre. Moins pour nous excuser
auprès de nos invités d’avoir autant abrégé leurs propos que pour en
faire profter le plus grand nombre possible de lecteurs.Bien que largement inspiré de la série télévisée, ce livre n’en est
cependant ni la reproduction ni la suite. Il constitue une nouvelle
lecture – forcément plus personnelle – de Brian Mulroney, l’homme,
le politicien et l’homme d’État. Les idées et opinions exprimées dans
cet ouvrage sont donc celles de son auteur et ne doivent pas être
interprétées comme étant celles de la Société Radio-Canada.
Guy GendronChapitre 1
La panne
e soir-là, le 24 Sussex était plongé dans le noir. C
La panne de courant est survenue au pire moment, alors que le
temps était particulièrement lourd à Ottawa. Le vieil immeuble mal
isolé où il fait toujours trop froid en hiver et trop chaud en été était
devenu un four. Les enfants Mulroney s’étaient mis à la tâche pour
ouvrir toutes les fenêtres par où entraient des rafales de vent parfois
violentes. On se serait cru dans un château abandonné, comme en plein
flm d’épouvante. Les rideaux bougeaient dans tous les sens, possédés
par l’air du temps mauvais, agités d’une énergie démentielle en cette
soirée du 22 juin 1990, le soir de la première mort de Brian Mulroney,
celle du rêve de toute une vie.
Dans la voiture qui les ramenait, lui et son épouse Mila, à la
résidence ofcielle des premiers ministres canadiens, Brian Mulroney n’avait
pas prononcé un seul mot. Son esprit était anesthésié par l’ampleur de
la défaite, son cœur subjugué par le chagrin. Leur flle Caroline l’a tout
de suite remarqué dès leur arrivée. Contrairement à leur habitude, ils
ont tout juste salué les enfants. Il y a des peines dont on veut protéger
ceux qu’on aime. Brian Mulroney et Mila se sont donc rapidement
enfermés dans le bureau de travail qu’avait aménagé le premier ministre
six ans plus tôt. De la fenêtre, il ofrait une vue imprenable sur la rivière
des Outaouais et, au-delà, sur les douces collines de la Gatineau. Le
Québec était juste là, si proche, et pourtant si loin. Le lendemain, Brian Mulroney le sait, il lui faudra porter le deuil et trouver la manière de
réconforter un pays meurtri. Il voudrait dormir des jours, fuir le plus
loin possible. Il ne le peut pas. Sa fonction exige que demain il mobilise
toute son énergie pour balbutier un discours à la nation dont les contours
sont un inéluctable appel à l’unité : « C’est le temps de concilier nos
diférences, de panser nos plaies et de tendre la main à nos concitoyens »,
dira-t-il, lui dont l’âme n’est plus qu’une plaie béante. Face au gâchis
qui vient d’exposer les aspects les plus inavouables des rivalités
régionalistes, il n’a d’autre choix que de reprendre, comme par réfexe,
mécaniquement, son rôle de réconciliateur en chef.
Au fond de lui-même, ce soir-là, il a néanmoins la conviction que
tout a été dit. Trop, ou pas assez ? La question va le hanter tout le reste
de sa vie. Aurait-il dû faire autrement ? Aurait-il pu en faire plus pour
sauver l’accord constitutionnel conclu trois ans plus tôt à quelques
kilomètres de là, au lac Meech ? L’entente qui devait permettre au Québec
d’adhérer à la Constitution canadienne « dans l’honneur et l’enthousiasme »
était la concrétisation du projet de réconciliation nationale porté par
Brian Mulroney depuis… l’enfance. L’afrmation est grosse. Le lecteur
pourra juger de son à-propos dans les pages qui suivent. Mais une chose
est certaine au sujet de cette soirée du 22 juin 1990, lorsque l’accord du
lac Meech est devenu caduc faute d’avoir été ratifé par toutes les provinces
canadiennes : ce soir-là, le 24 Sussex était plongé dans le noir.