Cambodge 1945-2005 : soixante années d'hypocrisie des grands

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Ce livre retrace l'histoire complexe du Cambodge et permet de comprendre le jeu macabre des puissances étrangères interposées (USA, URSS, Chine, France) à l'oeuvre pendant plus d'un demi-siècle. Puissances qui ont installé ou maintenu au pouvoir tour à tour des dirigeants corrompus, incompétents et sanguinaires. L'auteur stigmatise l'idéologie maoïste des khmers rouges et reconnaît s'être fourvoyé pour avoir salué la libération de Phnom Penh par les Khmers rouges de Pol Pot.
Publié le : dimanche 1 février 2009
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EAN13 : 9782296221437
Nombre de pages : 276
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CAMBODGE 1945 - 2005 :
SOIXANTE ANNÉES D'HYPOCRISIE
DES GRANDS Questions Contemporaines
Collection dirigée par J.P. Chagnollaud,
B. Péquignot et D. Rolland
Série « Globalisation et sciences sociales »
dirigée par Bernard Hours
La série « Globalisation et sciences sociales » a pour objectif
d'aborder les phénomènes désignés sous le nom de globalisation en
postulant de leur spécificité et de leur nouveauté relatives. Elle
s'adresse aux auteurs, dans toutes les disciplines des sciences
humaines et sociales, susceptibles d'éclairer ces mutations ou
évolutions à travers des enquêtes et des objets originaux alimentant les
avancées théoriques à réaliser et les reconfigurations disciplinaires
consécutives.
Derniers ouvrages parus
Karl NESIC et Gilles DAUVÉ, Au-delà de la démocratie, 2009.
Gérard MASSON, L' ébranlement de l'universalisme
occidental. Relectures et transmissions de l'héritage chrétien
dans une culture « relativiste », 2009.
Antonio GRECO, France-Italie : quel avenir pour nos
sociétés ?, 2009.
Bernard LEROUGE, Tchernobyl, un « nuage » passe..., 2008.
Eric GEORGE et Fabien GRANJON, Critiques de la société de
l 'information, 2008.
Philippe ARINO, Homosexualité sociale, 2008 Homosexualité intime, 2008.
Olivier LIETARD, La fin des inégalités. Manifeste du Parti
pour l'Abolition de l'Usure (PAU), 2008.
Philippe ARINO, Dictionnaire des codes homosexuels (Tome 1,
de A à H), 2008. Dictionnaire des codes homosexuels (Tome 2,
de I à Z), 2008.
Fabien GALZIN, La dictature du chiffre. Le libéralisme, la
science et le « psy », 2008.
Clotilde CHABUT, Parents et enfants face à l'accouchement
sous X, 2008. A Henri, Jean-Yves, Jean et Thierry
A Marie-Jeanne Eap et Nouth Savoeun
A soeur Françoise Vandermeersh
A Daniel Assalit et Paulette Roy
A ma soeur de coeur Duong Quyhn Hoa et à Nghi son époux « L'honune commença dans la vie progressive par
l'ignorance absolue et l'erreur en quelque sorte nécessaire.
L'homme fut des milliers d'années un fou, après avoir été
des milliers d'années un animal. Il a cessé à peine d'être un
enfant. »
Ernest Renan
Histoire du peuple d'Israël. Calmann-Lévy. Paris. 1891 Sommaire
Le Cambodge avant la guerre américaine page 9
La guerre américaine au Cambodge page 53
Les Khmers rouges, une affaire de famille page 7 1
La lutte fratricide et la délivrance page 115
La solidarité se développe page 161
La difficile renaissance du Cambodge page 193
Postface : trente ans après page 2] 3
Carte de la péninsule indochino-malaise page 10
Carte du Kampuchéa démocratique résiduel page 144
Carte des bombardements américains et
des tombes et charniers khmers rouges page 214
Liste des principaux protagonistes page 259
Liste des acronymes page 273
LE CAMBODGE AVANT LA GUERRE AMERICAINE
Des origines à la splendeur d'Angkor
Siège de luttes incessantes entre des Etats qui, tour à
tour, entraient en expansion puis en régression, la péninsule
indochinoise a une histoire qui, comme celle de l'Europe,
fut longtemps mouvementée. L'apparition successive
d'ethnies nouvelles, certaines assimilant purement et
simplement les civilisations antérieures, rend difficile la
compréhension historique d'une région qui fut en constant
remodelage géopolitique jusqu'à ce que la colonisation
française en fixe les frontières actuelles.
Le terme cambodgien désigne selon l'Encyclopœdia
Universalis des populations où l'élément centro-mongol
(thaï-viet) est superposé au fond indonésien teinté de
quelques apports indo-malais. Cet important brassage s'est
effectué dès le néolithique et l'étude des stations
paléolithiques du deuxième millénaire atteste que les
populations qui les occupaient pratiquaient l'agriculture, la
pêche et le tissage. Il est établi que les Khmers représentent
l'un des peuplements les plus anciens de la péninsule
indochinoise, tout comme les Mônes en Thaïlande, les
Chams de la côte annamitique et les Viets au nord du
Tonkin. Mais tandis que les Chams et les Mônes perdaient
leurs caractères ethniques sous la poussée des Viets et des
Thaïs venant de Chine du Sud, les Khmers conservèrent
certains des leurs, en particulier culturels et religieux. Au
début de notre ère, l'influence hindoue devint
prépondérante et les Khmers adoptèrent un alphabet du Sud
de l'Inde.
9
a. 0e è
Malaisie
MI. Mn 1 1 Fou-Nan «. 4 Au-Lac
2 Chen-La 5 Champa
3 Dvaravati 6 Pégou
///// Empire khmer dans sa plus grande extension
Etats de la péninsule indochino-malaise
Carte de la péninsule indochino -malaise
10
nDepuis ces origines qui remontent sans aucun doute
à plusieurs siècles, bien avant l'ère chrétienne, des guerres
incessantes opposèrent les habitants de la péninsule
indochinoise dans la vallée inférieure du Mékong et la
région des « quatre bras » représentée, autour du Tonlé
Sap, par les deux Mékong inférieur et supérieur et les deux
bras du Bassac. Dans les premiers siècles avant Jésus-
Christ, il y avait, selon les annales des dynasties chinoises,
deux royaumes peuplés de proto-Khmers. Le Fou-Nan,
situé au sud dans la région du delta du Mékong et l'actuelle
plaine du Sud, qui s'étend de Hô-Chi-Minh-Ville à la partie
méridionale des hauts plateaux, était le plus important et
exerçait sa suzeraineté sur le Chen-La, situé plus au nord, à
cheval sur les Etats actuels du Laos (jusqu'à Paksé), de la
Thaïlande (région de Ubon Ratchathani) et du Cambodge
(jusqu'à Kratié). Ces royaumes s'étaient développés au sein
d'une vaste zone linguistique mône-khmère, le reste du
Laos et de la Thaïlande étant occupé par les Mônes répartis
sur plusieurs royaumes. Les côtes de l'Annam constituaient
le royaume du Champa. Les Viets occupaient le royaume
d'Au Lac situé sur un territoire correspondant aujourd'hui
au nord du Vietnam et à la région chinoise de Canton, dont
la capitale, Cô-Loa, était située aux environs de Hanoï. Il
était depuis le troisième siècle avant notre ère sous la
domination féodale chinoise.
siècle, le Fou-Nan entra en décadence et Au Vierne
fut absorbé par ses anciens vassaux du Chen-La sous
l'impulsion de Bhavavarman ler créant ainsi un Etat plus
continental que le Fou-Nan centré sur la région des « quatre
bras » du Mékong. L'unité ne durera que deux siècles à
l'issue desquels deux nouveaux royaumes se constituèrent :
le Kambuja et, à l'ouest, le Dvaravati qui s'étendait dans la
baie de Bangkok et la plaine centrale. Ses principales villes
11 étaient Nakhon Pathom, Lopburi et U Thong. Il était
constitué de populations d'origine mône, premier peuple à
majorité bouddhique de la péninsule indochinoise, qui
aurait été converti au bouddhisme theravâda par des
missionnaires indiens. On retrouve aussi chez lui des
éléments de religion brahmanique.
La disparition du Dvaravati reste sujette à maintes
controverses. Elle se situerait entre 1050 et 1200 et serait
due à une invasion birmane ou khmère. On constate
cependant que le royaume de Dvaravati devint vassal de
l'Empire khmer dès le X' siècle et que sa civilisation se
perpétua en Birmanie jusqu'au XV" siècle dans la région de
Pégou. Au sud, des missionnaires d'une tribu originaire de
la région de Kamboja en Inde s'implantèrent dans le delta
du Mékong. Ils convertirent les populations locales à
l'indouisme et au bouddhisme donnant ainsi le nom de
Kambuja au territoire de l'ancien Chen-La. Les territoires
de l'ancien Fou-Nan furent morcelés en de multiples
seigneuries et royaumes. Ce fut Jaya-Varman II, souverain
du Kambuja, qui jeta les bases de la réunification. Ce jeune
prince avait été éduqué à la cour d'une thalassocratie du
centre de Java où il avait été conduit à la suite d'une
capture par un raid maritime. Il affranchit le Cambodge des
eaux de la colonisation javanaise et malaise et c'est de son
règne (802-850) que l'on date les origines de la civilisation
d'Angkor. Toutes les capitales royales d'Angkor furent
construites entre le IX ème et le XIllème siècle.
La réunification, partielle au début, fut totalement
achevée en 877 par Indra-Varman l er qui fera construire à
partir de 879 le Baray de Loleï ou Indratataka, le Prah Ko et
le Bakong. A son fils, Yaço-Varman r, on doit
l'achèvement du Loleï sur le site de Roluos, les temples des
12 trois collines de la plaine d'Angkor : Phnom Bakeng, et sa
ville disparue, Phnom Krom et Phnom Bok le tout sur une
surface de seize kilomètres carrés. Il fit creuser le Baray
oriental, bassin de sept kilomètres de long et mille huit
cents mètres de large, premier élément du système de
régulation des eaux.
En trois siècles allaient s'édifier un empire et une
civilisation largement imprégnée d'influences hindoues.
Celle-ci était fondée sur l'adoration d'un Dieu-roi et sur la
maîtrise des eaux. Des digues, des réservoirs et un vaste
système d'irrigation permirent de réguler l'eau des
moussons et les crues du Mékong. De nombreux temples
furent édifiés dont l'inventaire reste encore à établir
aujourd'hui. Cependant cette période fut loin d'être
paisible, le royaume khmer entreprenant des guerres
d'expansion à l'ouest, au nord et à l'est. A l'ouest, le
royaume de Dvaravati, situé au nord de Bangkok, fut
d'abord annexé, puis celui de Pégou le long de l'Irrawaddy
en Birmanie. Au nord, un protectorat fut établi sur la
principauté mône de Lampun. Lors de sa plus grande
expansion, qui coïncide avec le début de sa décadence,
l'empire atteignait les confins de la Chine. A l'est, une lutte
incessante fut conduite contre le royaume des Champas. Ce
dernier, encastré entre le Cambodge des eaux et un Vietnam
qui venait de se débarrasser de la tutelle chinoise, allait
complètement disparaître. La lutte fut longtemps indécise.
Sûrya-Varman II construisit Angkor Vat, l'immensément
célèbre, défit les Chams et s'empara de leur capitale Vijaya
en 1145 puis fut à son tour vaincu par eux en 1149. Après
sa mort en 1152, le royaume traversa des années difficiles.
Les Chams ravagèrent Angkor en 1177. Valeureux
combattants, ils réussirent même à occuper en 1190 la
seconde ville d'Angkor. Les Chams occuperont Angkor
13 quelques années avant que Jaya-Vartnan VII en reprenne
possession en 1181.
Ce n'est qu'au faîte de la puissance de la civilisation
d'Angkor, au début du Xlilème siècle, qu'il assura aux
Cambodgiens la maîtrise totale du delta du mékong. Les
Chams furent refoulés sur les côtes annamitiques, leur
territoire de départ. Jaya-Varman VII hissa le bouddhisme
Mahayana au rang de religion d'Etat et les grands visages
du Bouddha souriant firent leur apparition pour orner sa
nouvelle capitale Angkor Thom, la troisième ville
d'Angkor. Il y réhabilite le Palais royal et remanie le
Phimeanak.as, élève le Bayon au centre de la cité, puis, à
proximité des remparts, les temples Banteay Kdei et Ta
Prohm à l'est et Preah Khan au nord. Cette construction
répondait aux nouveaux besoins religieux de la famille
royale qui venait de se convertir avec, semble-t-il, de
nombreux mandarins, au bouddhisme du grand véhicule
puis au bouddhisme orthodoxe (theravada) ce qui
impliquait l'élimination du civaïsme. Cette conversion fut
durable et les tentatives de restauration de l'ancienne
religion par Indrajaya-Varman entre 1308 et 1327 et ensuite
par Jaya-Varman IX se heurtèrent à une opposition
populaire organisée en sous-main par les mandarins. Jaya-
Varman IX en mourut, assassiné en 1336 par un homme
nommé Pou et surnommé plus tard « Concombre Sucré »
(Trasak Phaem) d'ethnie samrê, au cours d'une révolution
religieuse dirigée contre l'oligarchie brahmane que le roi
tentait de remettre en selle. La légende veut que celui-ci,
qui était son chef jardinier, ait pris sa place sur le trône.
« Le Cambodge monarchique, [rappelle Mak Phœunl, a
toujours cru fortement en l'existence de ce jardinier
régicide qui devint roi. Malgré son origine plus que
modeste, la monarchie n'a jamais songé à le rejeter. Ceci
14 explique qu'une rue de Phnom Penh ait porté son nom et
qu'une lance ancienne, considérée comme lui ayant
appartenu, ait été conservée comme objet sacré de la
royauté. »
Le règne de Jaya-Varman VII marque l'apogée de
l'empire. Le déclin fut aussi brutal que l'expansion avait été
rapide et la période de « splendeur » sera donc relativement
brève. La limite extrême de la progression au nord fut
atteinte au début du Xle ne siècle, alors que les Thaïs
avaient largement entamé leur migration vers le sud sous la
poussée des hordes de Koubilaï Khan qui s'imposaient au
royaume sino-thibétain de Nam Tchao. Pendant tout le
Men' siècle et pendant la première moitié du XIV ème, les
Khmers et les Thaïs se disputèrent les terres mônes situées
aujourd'hui en Thaïlande et en Birmanie.
Les causes du déclin d'Angkor demeurent
controversées. Pour certains, la révolution religieuse qui
installa le bouddhisme en lieu et place du brahmanisme en
fut la cause principale. Mais il est plus que probable que la
société khmère était à bout de souffle. Cette civilisation,
essentiellement féodale, esclavagiste et guerrière était
organisée autour du roi, de la famille royale et des castes
privilégiées. Lorsque les ponctions militaires et fiscales
tarirent la force de travail du petit peuple, le déclin
commença. Les réservoirs créés pour emmagasiner l'eau
des moussons et les systèmes d'irrigation s'obstruèrent et
furent de plus en plus laissés à l'abandon. Les digues
s'effondrèrent, le marécage regagna sur les champs et la
savane s'étendit de nouveau. La production de riz se mit à
diminuer. La régression démographique commença. Dès
lors le Cambodge déclina irrémédiablement. Le roi Chan
Ponhea quitta Angkor pour se protéger de la lente mais
15 inexorable progression des Siamois et s'installa à Srei
Santhor, puis à Lovek, qui sera pillé à son tour en 1594 par
les Siamois, et enfin à Oudong. A l'orée de la colonisation
française, le roi d'alors, Norodom I er, installera la capitale à
Phnom Penh, à deux cents kilomètres au sud-est d'Angkor.
Pour les besoins de la campagne asti-vietnamienne,
quand le Cambodge fut revenu, par la vertu des chars
vietnamiens, au centre de l'actualité, il fut de bon ton de ne
parler de la civilisation d'Angkor qu'en l'aseptisant de tout
élément qui aurait pu ternir le régime royal cambodgien.
Pourtant il est bien connu des spécialistes de l'histoire de ce
pays que les couches dirigeantes de la société angkorienne
n'étaient pas autochtones mais constituées par les hindous
conquérants. Les peuplades vaincues furent asservies et
réduites en esclavage. C'est avec leur sang et leurs larmes
que la « splendeur d'Angkor » fut édifiée. Et parmi les
causes de la décadence, la rébellion intérieure joua sans
aucun doute un rôle important, simultanément aux coups de
boutoir des Thaïs. Dès 1927, Robert Chauvelot, professeur
au Collège des sciences sociales de Paris prit la défense de
cette thèse dans son livre Visions d'Extrême-Orient : « fl
est possible [y écrivait-il] que les esclaves des immigrants
hindous, après les revers de leurs dominateurs, au
treizième siècle, se soient simplement révoltés et aient
tourné leur fureur contre les asiles des divinités qui leur
étaient défavorables, contre les temples et les palais dont
les constructions leur avait coûté tant de peine et causé tant
de morts, sous un climat aussi fiévreux et malsain que celui
du grand lac cambodgien. »
Quand débuta la ruine de l'Empire khmer, deux
peuples étaient alors en plein développement, les Thaïs et
les Vietnamiens. Le royaume d'Au Lac avait donné
16 naissance au Nam Viêt (pays des Viêts), fraîchement
indépendant après avoir chassé le protecteur chinois, mais
amputé de sa partie septentrionale annexée par l'empire du
Milieu. Ce pays était dirigé par la dynastie des Ly, alors au
summum de sa puissance et prit le nom de Daï Viêt.
L'annexion du territoire du Champa avait été entreprise dès
le Xllième siècle et en 1471 la capitale Cham, Vijaya, près
de Da Nang, fut envahie par les troupes vietnamiennes de
l'empereur Lê Thanh Tong qui détruisirent pratiquement le
royaume. Ainsi la frontière sud du Daï Viêt fut reculée
jusqu'à l'actuelle province de Phu Yen (Cap Varella).
Malgré les partages féodaux du Vietnam et la misère qui
régnait chez les paysans, ou peut-être à cause de cela, la
poussée vers le sud se poursuivit car c'était en fait le seul
vase d'expansion pour sa croissance démographique.
Dans le même temps, les Thaïs arrivaient dans la
péninsule. Leur origine mal connue se situe probablement
dans le Nord Ouest chinois. Ils ont largement essaimé et
constituent actuellement un groupe ethnique dispersé mais
très nombreux. Dès la civilisation d'Angkor, des groupes
thaïs étaient présents dans les Etats mônes situés sur le
territoire de l'actuelle Thaïlande. Les Khmers les avaient
désignés sous le terme de Syem qui donnera ensuite son
nom au royaume du Siam. Mais la plus grande partie était
établie au Yunnan, en Chine du Sud, où elle constituait le
royaume de Nam-Tchao. Les Mongols qui envahirent le
Yunnan au XIllème siècle en chassèrent les Syerns qui se
réfugièrent plus au sud. Ils occupèrent le royaume mône de
Pégou en Birmanie, le Dvaravati et le Laos et, dans ce
dernier pays, les Thaïs Laos allaient devenir les Laotiens.
En Thaïlande, ils supplantèrent rapidement les Mônes qu'ils
chassèrent ou assimilèrent.
17 A la fin du XIIIème siècle, les Thaïs contrôlaient
toute la Thaïlande actuelle, le Laos, une partie de la
Birmanie, et entreprenaient la conquête de la péninsule
malaise. Ils annexèrent de nombreuses provinces
cambodgiennes et dévastèrent Angkor en 1353. En 1431, ils
détruisirent définitivement les systèmes d'irrigation,
dépouillèrent les temples et les palais et laissèrent place
nette pour la reconquête par la jungle. Pour résister aux
Thaïs, le roi du Cambodge se résolut à demander en 1658
l'assistance de la dynastie vietnamienne de Hué à laquelle il
était apparenté. En échange, il donna son accord à
l'installation de colons vietnamiens en Cochinchine.
Après quelques siècles d'une molle résistance de la
part de monarques prompts aux intrigues et recherchant
tour à tour la protection de l'une ou de l'autre des dynasties
voisines, le Cambodge fut complètement vassalisé par le
Siam et délesté du delta du Mékong par les Vietnamiens.
Ces derniers ne chassèrent pas les Khmers du « Cambodge
des eaux », mais l'évolution démographique qui penchait
irrésistiblement en faveur des Vietnamiens les réduisit à
l'état de minorité ethnique, les Khmers kroms. Ceux-ci
serviront, un siècle plus tard, à l'émergence du mouvement
communiste cambodgien puis de vivier à la CIA, à Lon Nol
et à Thieu pour le recrutement des forces supplétives. Les
Siamois et les Vietnamiens établirent un condominium sur
le Cambodge en 1847 et imposèrent de concert Ang Duong,
sans doute d'origine vietnamienne, comme roi d'un pays
occupé militairement par les Siamois et qui était amputé du
Sud-Est de son territoire, annexé au Vietnam en 1841.
Le condominium fut de courte durée. Treize années
plus tard la France se lançait à la conquête de la péninsule.
L'Occident avait commencé à s'intéresser au Cambodge au
18 siècle. Comme souvent, l'initiative vint milieu du XV1eI
de l'Eglise et, dans le cas du Cambodge, ce furent des
dominicains envoyés par le Vatican et des jésuites portugais
puis espagnols qui s'y attelèrent avant que les Français ne
prennent le relais. Dès l'origine, ils furent encouragés par
les rois d'ascendance vietnamienne ce qui explique sans
doute pourquoi le catholicisme resta toujours une religion
très minoritaire. En 1859, convaincu du partage définitif de
son pays entre ses puissants voisins, le roi Ang Duong fit
appel secrètement à Napoléon III sur les conseils de Mgr
Miche, vicaire apostolique au Cambodge. Napoléon Ill
donna son accord mais les Siamois, mis au courant, firent
échouer le traité d'alliance en gestation. A la mort d'Ang
Duong, en 1860, son fils devint roi sous le nom de
Norodom et dut avaliser la « protection de la France ». Le
Siam resta indépendant en apparence tout en subissant
largement la pénétration anglo-américaine, mais il fut
contraint par les empires britanniques et français à limiter
ses ambitions territoriales en restituant les provinces de
l'Ouest au Cambodge sous protection française. En 1907, le
Siam dut accepter la mainmise française sur le Laos et
britannique sur la Birmanie. Du territoire cambodgien
annexé, il ne put conserver que Koral et le petit district
d'Aranh dans la province de Battambang. Il est vrai
cependant que dans cette région il existait des mines d'or
exploitées par une compagnie britannique.
protectorat français à Sihanouk Du
La première attaque française sur le Vietnam a lieu
par mer à Danang en 1847. Mais c'est seulement onze ans
plus tard que les Français y prennent pied et signent alors
les premiers accords avec la Cour de Hué. Saïgon sera
investi deux ans plus tard, le 17 février 1859. La conquête
19 de la Cochinchine sera achevée en 1861. Dès lors que la
présence française en Indochine se veut permanente et
solide, le contrôle du Cambodge s'impose à la France. Dans
sa remarquable étude sur la colonisation française au
Cambodge, Alain Forest remarque la nécessité « de
contrôler pour l'assainir la frontière vietnamo-
cambodgienne derrière laquelle viennent se réfugier la
plupart des groupes armés qui luttent encore contre
l'implantation française ». Un siècle plus tard, la même
exigence s'imposera au gouvernement américain. Ainsi, les
causes réelles de la présence française au Cambodge sont
bien loin de l'imagerie colportée encore aujourd'hui par
certains sur la recherche et la restauration des vestiges de la
civilisation angkorienne, même si cette préoccupation fut
celle de certains fonctionnaires français. Mais il s'agissait
aussi pour l'impérialisme français de faire contrepoids à
l'influence britannique en Birmanie et au Siam.
Le protectorat français sur le Cambodge fut établi le
11 août 1863. Norodom P . est couronné le 3 juin de l'année
suivante. Vingt et une années plus tard, le 17 juin 1884 une
convention générale sera signée qui ôtait au roi l'essentiel
de ses pouvoirs pour les transférer au résident général de
France. En compensation du retrait du protectorat au
royaume de Siam, les Français cédèrent à ce pays les
provinces de Battambang et d'Angkor, ce qui avalisait un
état de fait qui prévalait depuis des années. Cependant le
résident général ne put obtenir la concession de tous les
pouvoirs et, une année plus tard, éclata la première
insurrection anti-française.
Après deux années d'escarmouches, les exigences
de la France furent revues à la baisse, ce qui permit une
pacification relative. A chaque fois que l'administration
20 coloniale tentera d'élargir l'assiette de l'impôt, elle
rencontrera d'énormes difficultés allant même jusqu'à la
rébellion armée, comme ce fut le cas à Visès Nieu en 1908.
Ceci témoignait déjà du sentiment anticolonial d'un peuple
qui subissait toutes sortes de concussions de la part de
l'administration coloniale et était pris à la gorge par les
circuits chinois d'écoulement de sa production agricole.
Mais la dynastie des Norodom était d'évidence un frein à
l'extension de l'influence des Français. Comme le firent les
Américains soixante-cinq ans plus tard, ils tentèrent de
favoriser une branche rivale de la famille royale et, en
1904, à la mort de Norodom I', ils imposèrent le prince
Sisowath auquel succéda son fils Monivong. En 1909, un
accord conclu avec la dynastie siamoise permit la
restitution au protectorat français de quatre districts de la
province de Battambang, Sisophon, Mongkol-Borey, Siem-
Réap et Tuot, des provinces de Melou Prey et Tonlé Repou
au nord ainsi que du territoire de Koh Kong, le long du
golfe du Siam.
Toute à son exploitation de la Cochinchine, la
France laissera le Cambodge complètement sous-développé
pendant la première partie du XX ème siècle. Les
colonisateurs français le considérèrent avant tout comme
une province cochinchinoise destinée à ravitailler le marché
de Chôlon. C'est dans le domaine éducatif que le bilan de la
colonisation est le plus sombre : un seul établissement
secondaire avant les années trente, le collège dit « du
protectorat », futur lycée Sisowath dont l'effectif n'a jamais
été supérieur à mille élèves. L'enseignement n'était pas
obligatoire. L'enseignement élémentaire était laissé à la
discrétion du clergé bouddhique qui fut donc largement
responsable de l'indigence culturelle dans laquelle est resté
le Cambodge. Certes l'esclavage fut aboli par Norodom I'
21 et une certaine élite francophone se forma, mais
l'enseignement et la plupart des activités culturelles étaient
véhiculés par des Français expatriés. Les fonctionnaires
cambodgiens qui ne disposaient que d'un statut précaire,
confortés par la doctrine bouddhique du karma,
s'enrichissaient du surplus prélevé sur la production
agricole. Au Cambodge, comme au Vietnam, les Français
laissèrent en place les circuits commerciaux tenus par les
Chinois qui de plus furent dispensés de corvées, de
réquisitions et de service militaire.
Au décès de Monivong, en 1941, l'amiral Decoux,
au nom du gouvernement de Vichy, rendit la couronne à la
lignée des Norodom et investit Sihanouk comme roi pour
écarter du trône Sisowath Monireth, trop enclin à réclamer,
profitant de la défaite face à l'Allemagne nazie,
l'indépendance du pays. Ce choix peut paraître curieux si
l'on considère comment les médias ont présenté Sihanouk
depuis les années 70 comme un nationaliste sourcilleux,
grand admirateur du général de Gaulle. Cependant, à
l'époque, élevé avec les élites vietnamiennes au lycée
Chasseloup de Saïgon, il présentait tous les gages de
docilité. Faible, influençable et fêtard, il faisait partie du
lobby que le pouvoir colonial comptait mettre en place pour
exploiter plus aisément l'Indochine. Et de fait, tout se passa
bien les premières années. Fidèle à Vichy, il supporta sans
se plaindre la tutelle des Japonais. Ceux-ci eurent
l'amabilité de le laisser sur le trône contre la rétrocession
des provinces de Battambang et de Siem Réap à la
Thaïlande.
L'occupation japonaise se mit en place avec
l'accord de Vichy, mais le pouvoir nippon avait deux fers
au feu et favorisait dans le même temps dans les provinces
22 sous contrôle thaïlandais le mouvement des Khmers
issaraks ou Khmers libres dirigé par Son Ngoc Than. Ce
mouvement né en 1941, peu de temps avant l'annexion par
la Thaïlande d'une partie du territoire cambodgien, était en
réalité la branche cambodgienne d'un groupement
nationaliste du Sud-Vietnam, le Nam Bô. Dirigé par
Nguyen Thanh Son, le Nam Bô avait été créé vers les
années 30 par un Vietnamien d'origine khmère. Au début
de l'année 1945, profitant de la déliquescence du pouvoir
collaborationniste de Vichy et en réponse aux incertitudes
concernant le ralliement des colonies à la France Libre,
l'administration d'occupation japonaise écarta celle de
Vichy et demanda aux peuples d'Indochine de proclamer
leur indépendance. Norodom Sihanouk le fit aussitôt et
finalement, à la demande des Japonais, il désigna Son Ngoc
Than comme Premier ministre le 9 août. La capitulation du
Japon fut fatale à celui-ci car les Britanniques en Thaïlande
et les Français en Indochine reprirent le contrôle de la
situation. Son Ngnoc Than fut arrêté le 15 octobre 1945 et
condamné à vingt ans de travaux forcés. Gracié, il fut exilé
en France où il fut maintenu en résidence surveillée à
Poitiers jusqu'en octobre 1951 puis à Vence. Il rentra au
Cambodge l'année suivante mais, pour échapper à une
arrestation par les Français, il retourna à la clandestinité,
puis à l'exil et ne revint au Cambodge que dans les années
70 sous l'égide de la CIA pour participer à la création du
mouvement des Khmers serei. Il sera même quelques jours
Premier ministre sous Lon Nol en 1972.
Après la guerre, le Cambodge récupéra Battambang
et Siem Réap. Tandis qu'au Laos et au Cambodge le retour
des colonisateurs se faisait sans coup férir, il n'en fut pas de
même au Vietnam. Le mouvement nationaliste Viêt-Minh
refusait de reconnaître Bao Daï qui, sur l'injonction des
23 Japonais, après que ceux-ci eurent confisqué la totalité du
pouvoir aux vichyssois le 9 mars 1945, avait proclamé
l'indépendance et pris un Premier ministre pro-japonais,
Tram Trong Kim. Le 19 avril, aidé en sous-main par les
services secrets américains de l'OSS, Hô Chi Minh obtenait
l'unification des forces nationalistes en avril puis formait
l'armée de libération nationale. Son commandement fut
confié au général Giap. Celui-ci déclencha l'insurrection
nationale le 13 août 1945 deux jours avant la capitulation
japonaise et prit Hanoï. Bao Daï abdiqua le 25 août et remit
à Tran Huy Lieu, chef d'une délégation Viêt-Minh, le sceau
et l'épée dynastique, symbole du pouvoir royal. Le 2
septembre, la république démocratique du Vietnam
indépendant est proclamée par Hô Chi Minh place Ba Dinh.
Les troupes du Kuomintang arrivent à Haïphong le 3
septembre. Le 23 septembre, des combats éclatent à Saïgon.
Malgré les efforts de Jean Sainteny et d'autres
plénipotentiaires français, l'établissement de rapports de
coopération nouveaux entre la France et le Vietnam fut
impossible et la rupture sera bientôt consommée. Aidés par
les troupes britanniques du Commonwealth entrées à
Saïgon les premiers jours de septembre, les Français et leur
armée commandée par le général Leclerc tentèrent de
réinvestir le Vietnam. Devant la résistance populaire et
l'implantation du nouveau pouvoir qui avait prévu des
élections générales fixées au 6 janvier 1946, des rencontres
furent organisées et un accord fut trouvé le 6 mars 1946.
Des pourparlers franco-vietnamiens commencèrent alors à
Fontainebleau. Mais il s'agissait pour la France de gagner
du temps car la ligne politique était loin d'être fixée au sein
du gouvernement provisoire. Les faucons français, auxquels
Charles de Gaulle appartenait, chargèrent le nouveau Haut
24 Commissaire de France, l'amiral Thierry d'Argenlieu, de
favoriser la partition du pays.
Le 20 novembre, en écho sans doute à la mise en
place par Hô Chi Minh d'un gouvernement de large union
nationale préconisé en octobre par l'Assemblée nationale
vietnamienne et prenant prétexte du sabotage de la centrale
électrique Yen Phu dans la nuit précédente, le « moine
soldat » fit bombarder Lang Son, puis le 24 novembre ce
fut le tour de Haïphong. Cet acte terroriste fit plusieurs
milliers de victimes. En réponse à de nouvelles
provocations meurtrières des troupes françaises les 17 et 18
décembre, Hanoï se souleva le 19 décembre. La première
guerre d'Indochine commençait. Léon Blum présidait
depuis le 16 décembre un cabinet socialiste homogène qui
restera en place jusqu'au 16 janvier 1947. Hô Chi Minh lui
adressa un câble pour lui demander de faire respecter les
accords signés. Il restera sans réponse, Marius Moutet,
député socialiste, ayant déclaré que la « Cochinchine était
une colonie française ». Les communistes, qui constituaient
alors le premier parti de France, n'avaient pas encore quitté
la majorité parlementaire mais restèrent sans grande
réaction. On a raconté que le général Leclerc aurait insinué
avoir été encouragé par Maurice Thorez, avant son départ
pour l'Indochine, à « taper fort ».
A la veille de la première guerre d'Indochine,
Sihanouk, tout jeune monarque, est à la tête d'un Etat
féodal de six millions et demi d'habitants. Contrairement au
Laos, qui fut créé de toutes pièces par le colonisateur, le
Cambodge est une entité géopolitique bien ancrée dans
l'histoire. Sa démographie n'était pas en expansion bien
que la natalité ait repris. La mortalité infantile était alors
très élevée : près de 18%0 des naissances. Il n'a dû sa survie
25 qu'à l'arrivée des Français, mais est resté un pays
essentiellement agraire, sous-industrialisé et inculte.
L'artisanat s'y développait à peine, quinze mille artisans y
étant recensés en 1949. La classe ouvrière y était
inexistante, il n'y avait pas plus de mille ouvriers dans les
années 30 contre plus de 300 000 au Vietnam. Elle était
d'ailleurs pour l'essentiel composée de Vietnamiens
recrutés de force dans les villages misérables du Tonkin, ce
qui expliquera en grande partie que l'origine du mouvement
révolutionnaire au Cambodge ait été le fait d'immigrants
vietnamiens.
Le féodalisme n'a pas renforcé, tant s'en faut, le
sentiment national. Les habitants de Phnom Penh qui vivent
autour de la cour royale et ceux des autres villes sont
fortement métissés, surtout avec des Chinois, mais aussi
avec des Indiens, des Espagnols, des Portugais, des
Laotiens, des Thaïlandais, des Vietnamiens et des Français.
Il existe de très nombreuses ethnies, les ethnies proto-
indochinoises étant nombreuses sur les plateaux du Nord-
Est, dans les montagnes Cardamones et au nord du pays
Les ethnies des haut plateaux sont regroupées sous
le terme générique de Khmers Lceu, ou Khmers d'en haut,
ou encore montagnards un terme qui englobe les Phnongs
ou « sauvages » ou Mongs de la frontière entre le
Cambodge et le Vietnam, avec comme sous-groupes les
Rôhong, les Bu-Nôr, les Biet et les Khmers Khâ plus au
nord regroupant les Khmers Brao, Kaco, Kraol, Kreung,
Krâvet, Kuy, Lam, Pnong, Stieng et Tampuon. Dans cette
région, on rencontre également les Khmers Jaraï et Radhé
de langue Cham à l'extrême nord de la frontière avec le
Vietnam. Dans les montagnes Cardamones, les Khmers
Lceu constituent les peuplements Chong, Pear, Somraï et
26 Snaoch. Au nord, le long de la frontière avec la Thaïlande,
on rencontre les Khmers Samré ou Khmers Kuoy et les
Souei. Le Nord du pays était particulièrement misérable, en
proie à une instabilité chronique son élevage périclitait et
ses habitants émigraient vers le bas pays.
Les régions peuplées de minorités ethniques
constituaient les deux tiers de la surface du pays et étaient
pratiquement vides un habitant par kilomètre carré dans les
Cardamones, deux sur les hauts plateaux, trois dans le Nord
du pays. L'effort des Khmers rouges portera d'abord sur
ces zones peu accessibles où les populations étaient souvent
victimes des exactions des autorités gouvernementales, par
exemple lorsqu'il s'agissait de confisquer des terres pour
agrandir les plantations d'hévéas. Lorsque les garnisons
républicaines se retireront de Labansiek et de Bokéo, le 1"
juillet 1970, la zone Nord-Est deviendra la première des
régions entièrement entre les mains des Khmers rouges.
Dans ces régions seront testées les premières opérations de
collectivisation, coopératives, cantines communes.
Outre ces minorités ethniques, on rencontre
également des minorités étrangères importantes : Laos le
long du Mékong et de ses affluents dans le Nord-Est, Thaïs
et Birmans dans les Cardamones, Thaïs et Malais le long de
la zone côtière. Il existe également une forte minorité de
Khmers musulmans ou Khmers chams, qui s'est constituée
à partir des habitants de l'ancien royaume du Champa qui
disputèrent quelque temps le delta du Mékong aux Khmers
mais furent refoulés par l'expansion vietnamienne et par
des immigrés malais qui apportèrent avec eux la religion
musulmane. Forte d'environ deux cent mille âmes, elle est
essentiellement constituée de pêcheurs installés le long du
Tonlé Sap entre Phnom Penh et Konpong Chang ou le long
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