Cameroun L'authenticité est possible

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Cinquante ans après son indépendance, le Cameroun baigne dans une mal-gouvernance généralisée qui s'accompagne de l'aliénation de son authenticité. En dénonçant ce malaise, ce livre propose une alternative pour la réalisation d'un Etat fort. L'auteur relève l'urgence d'une action pour un changement positif, dans le but de donner à la société une image plus conforme à la réalité de ses potentialités.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
Lecture(s) : 47
EAN13 : 9782296470132
Nombre de pages : 172
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Collection « Points de vue concrets »

Jacques Dé

siré Tsala
C
AMEROUN

L’authenticité est possible
Le rêve de ma nation

5-7, rue de l’©E cLo’leH-aProlmyattetcahn,n i2q0u1e1, 75005 Paris
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-5

Au peuple camerounais tout entier et à tous les amis du
Cameroun ;
À tous les Africains qui aspirent au mieux-vivre dans leur
continent ;
À tous les peuples écrasés par la misère ou par l’histoire ;
À tous les enfants qui naissent et grandissent sans espoir de
lendemain ;
Aux martyrs de la liberté ;
Aux combattants de la dignité des hommes et des peuples ;
À tous ceux qui partagent les idéaux de paix, de justice et de
règlement pacifique des conflits ;
Aux combattants de la bonne gouvernance et du
développement durable ;
À tous les militants de la politique des idées, de compétence et
du génie créatif ;
À tous les militants de la stabilité par des élections libres et
transparentes ;
À tous les militants du changement et de l’alternance au
pouvoir ;
À tous ceux qui rêvent de changer les nations et de changer le
monde ;
À tous ceux qui rêvent d’une Afrique authentique, développée
et dotée d’une âme vivante.

Prologue

Quand il y a des pleurs, il y a aussi possibilité de consolation !
Étant encore étudiant, j’étais déjà très préoccupé par
l’intensité de la tricherie dans nos lycées, à l'université, aux
examens et concours officiels. Je me suis néanmoins opposé
moi-même à cette pratique depuis le secondaire, étant donné
mon ignorance du phénomène à l’école primaire de notre
époque. Ceci a d’ailleurs contribué à forger mon caractère et à
développer en moi une grande répugnance pour tout ce qui
pouvait s’apparenter à la fausseté ou à l’injustice. Ce qui m’a
permis, aussi bien dans ma démarche de chercheur d’emploi,
que plus tard, en tant que fonctionnaire dans l’administration
camerounaise, de faire face à la corruption et aux autres travers
de notre société en gardant la tête haute. Je me sentais
personnellement interpellé à être un modèle, une étincelle qui
peut maintenir l’espoir dans les ténèbres. Ma démarche au
départ était moins la lutte active contre la corruption que la
simple vie chrétienne dans la crainte de Dieu.
C’est ensuite, par le vécu permanent de la profondeur du mal
de la corruption, que j’ai compris la nécessité de m’impliquer
dans le combat pour le changement positif de la société. J’ai
entrepris dès lors de parler discrètement avec des gens, jeunes
et moins jeunes, sur la nécessité d’un autre système de valeurs
au Cameroun en particulier, et en Afrique en général. De mes
nombreuses discussions, à travers des rencontres directes et des
échanges par Internet, il se dégage un constat général : le
désespoir ; désespoir inspiré par des systèmes corrompus ne
laissant entrevoir que suicide et chaos en Afrique.

7

Certains estiment que les Africains sont condamnés à subir
des systèmes politiques qui, selon eux, seraient tenus par une
main invisible beaucoup plus forte et qui tire les ficelles dans
l’ombre. Ils estiment en outre que l’Afrique est déjà devenue
une poubelle pour le monde entier, et qu’à cela, il n’y a pas de
remède. La conscience de la profondeur d’une telle blessure
dégage la nécessité d’une action en faveur de ce continent qui
veut pourtant croire à sa souveraineté et à celle des États qui le
composent, comme le prône si bien la Charte des Nations
Unies. Ceci nécessite au moins pour nos dirigeants politiques,
une évolution vers plus de communication avec leurs peuples et
de transparence dans la gestion des affaires de leurs
communautés respectives.
D’autres indexent les sectes ésotériques, le népotisme et le
tribalisme comme sources de nos problèmes. Ils estiment en
effet que les sectes ésotériques, pour la plupart d’origine
occidentale, sont non seulement trop présentes, mais semblent
même contrôler et verrouiller le pouvoir et les décisions dans
nos pays sous-développés. Ils évoquent en outre, comme critère
de compétence valable, l’appartenance à la famille ou à la tribu
d’un haut placé (président, ministre, député, directeur général,
etc.). Une telle situation confuse déstabilise la jeunesse et détruit
le goût de l’effort, ce qui est inacceptable au regard de la
morale ou de l’éthique professionnelle.
D’autres encore, en plus grand nombre, estiment qu’il n’y a
aucune perspective d’avenir au pays et que la solution serait d’
« aller se chercher » ailleurs, la destination préférée étant en
général l’Europe ou l’Amérique du Nord. Ceci nous rappelle
sans doute le dicton : « voir Paris et mourir ». Il se pose
néanmoins un problème : comment imaginer le scénario qui
nous permettrait de nous retrouver tous en Europe, aux États-
Unis ou au Canada ? Faudrait-il évacuer la solidarité africaine
qui nous caractérise et qui nous pousse à trouver des solutions
d’ensemble, pour nous livrer à une sorte de « sauve-qui-peut »
ou encore, « chacun pour soi, Dieu pour tous » ? Bref, peut-on

8

vraiment envisager l’émigration comme une réponse possible
aux besoins de l’Afrique ?
En 2003, j’ai eu le privilège de faire mon premier voyage en
Europe dans le cadre d’une formation en gestion des transports,
grâce à une bourse d’études de la Coopération universitaire au
développement (CUD), un organisme belge. C’était alors pour
moi une occasion très spéciale, non seulement pour la qualité de
la formation sans doute de très haut niveau, mais aussi et
surtout pour le sentiment qui m’habitait de quitter enfin un sol
de misère pour un autre considéré par la plupart des Africains,
comme un paradis de bonheur. En effet, une mentalité s’est
développée chez nous en Afrique, de sorte qu’un simple voyage
en Occident est très souvent perçu comme un signe de réussite
sociale et de bénédiction divine. Mon cas ne fut pas une
exception : bien que mon contrat de bourse n’ait pas prévu la
possibilité de rester en Europe après mes études, j’ai néanmoins
envisagé de mettre sur pied une stratégie pouvant me permettre
d’y retourner à tout moment.
Dès mon arrivée, il était sans doute facile de constater une
société bâtie, développée et en pleine activité économique. Il y a
bien lieu de le dire aussi, ce développement est tout à fait
logique en raison d’une certaine rationalité visible dans la
gouvernance politique, économique, administrative et sociale.
Mais, un autre constat, tout aussi facile et clair, était que c’est
une société qui « reconnaît les siens » et ne laisse pas beaucoup
de place à l’étranger, surtout lorsque celui-ci viendrait d’Afrique
et particulièrement d’Afrique noire.
Alors qu’en Afrique, on ignore que beaucoup de ceux qui
prennent la direction de l’Europe n’y arrivent pas vivants, étant
donné la clandestinité de certains voyages, des histoires peu
banales font étalage au quotidien de la misère humaine de ces
Africains émigrants. C’est à peine qu’on pourrait croire qu’ils
sont des hommes à part entière, quand on viendrait à les
considérer comme supérieurs aux chiens. Mais on arrive tout de
même à manger, à se vêtir, à gagner un peu d’argent, et

9

quelques fois, à se loger. Ceci peut-il vraiment suffire pour
rester tranquille quand des gens vivent des situations tellement
dévalorisantes de la dignité humaine ?
Mais qui est donc prêt à rentrer au bercail ? Comment
comprendre en effet qu’une fille préfère de se faire abuser par le
chien de son patron, que d’évoquer toute possibilité de
rapatriement, alors qu’elle est elle-même bien consciente de
toute la dégradation de sa dignité ?
Voilà un peuple qui a mis son espoir dans une société
occidentale comme des gens mettraient leur foi en un dieu sans
cœur ! Ceci ne démontre-t-il pas à suffisance que l’avenir de ce
peuple n’est pas jouable à l’étranger ? On est même amené à
s’interroger sur ce qui se passe dans nos pays d’Afrique au point
où personne n’ose y retourner.
Dans nos pays d’Afrique qui ont connu la colonisation, on
fait en général face à des régimes dictatoriaux qui s’appuient et
font allégeance à la métropole coloniale dans le seul but de
mieux contrôler et conserver le pouvoir. Aucune rationalité
n’est perceptible et n’est en vue dans la gouvernance des
affaires publiques. L’alternance au pouvoir est pratiquement
verrouillée, les conditions favorables à la violence et l’instabilité
politique et sociale sont permanemment entretenues. Le peuple
est exclu des décisions et n’a aucune possibilité de demander
des comptes à ses dirigeants. Sans liberté, il est maté, matraqué
mentalement et finit par perdre confiance. Ceci finira par
instaurer une mentalité défaitiste, de résignation et de démission
conduisant peu à peu à une perte totale de tout espoir. Le
prince au pouvoir reçoit le sceau de l’invulnérabilité, de
l’infaillibilité, de l’infatigabilité et de l’éternité. La possibilité de
s’en sortir dépend de la capacité qu’on a à lui faire allégeance, à
louer ses bêtises en les vantant comme une forme de sagesse et
surtout, en essayant de les ériger en comportement modèle.
Ainsi, le chef ne vole pas, on dira plutôt qu’il se sert. Ce modèle
va vite s’installer comme principe de gouvernance pour tous les
collaborateurs du chef.

01

Le travail qui est chose rare, est si souvent précaire. Le
travail par excellence est le travail champêtre, une agriculture
itinérante et embryonnaire dans les conditions moyenâgeuses.
On travaille ainsi presque uniquement à la main, au rendement
médiocre et sans sécurité, jusqu’au soir de sa vie. Pour travailler
dans un cadre viable, avec des conditions salariales acceptables,
il faut pouvoir avoir la chance de se faire recruter dans une
multinationale ou alors sans garantie de durée dans l’une des
rares entreprises parapubliques.
Les entreprises expatriées qui offrent un service de grande
qualité en Occident, avec des rendements extraordinaires, sont
championnes en Afrique dans la médiocrité et la corruption.
Souvent, alors même que le rendement économique ou social
est complètement nul, l’entreprise ne court point le risque d’un
audit sérieux ou d’un bilan quelconque, mais au contraire, elle
conserve le monopole sans possibilité de céder le moindre
espace. Les Occidentaux avec leurs accords occultes en Afrique,
tout comme les Africains en Occident, n’envisagent pas leur
départ pour les premiers et leur retour pour les seconds ; sauf
que, les premiers sont sur le podium durant toute la scène,
tandis que les seconds sont tout simplement au crépuscule de la
scène. Pendant que le peuple africain croupit ainsi dans une
misère effrayante et que tous les indices de perception de
développement sont au rouge, les gouvernants, avec leurs pairs
occidentaux, s’arrogent toutes les richesses
1
. Comment
comprendre en effet le mystère des paradis fiscaux qui avalent
la fortune de ces misérables ? Et la « France-Afrique », semble-
t-il, constitue un symbole fort des intérêts de la France en
Afrique. Mais, comment s’empêcher de supposer aussi une
certaine corrélation entre ces intérêts et la misère cruelle qui tue
ces populations ?
En effet, on fait face à un peuple qui n’a de place nulle part.
Comme un enfant qui crie sans que personne n’ose l’écouter, il


1
CCFD-Terre Solidaire,
Biens mal acquis, à qui profite le crime ?
http//terresolidaire.org/BHA.

11

s’apparente à
« l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho ; il tomba
entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en
allèrent, le laissant à demi mort »
2
. D’où viendra-t-il donc, le « bon
samaritain » qui pourrait lui sauver la vie ?
Une petite réflexion à l’égard de certaines discriminations
dites « positives » fait aussi penser qu’il y a encore lieu de
réfléchir.
Quand un Européen débarque en Afrique, non seulement il
n’a pas besoin de s’embarrasser d’un visa d’entrée ou d’un titre
de séjour, il est d’office estimé plus compétent et plus digne de
confiance. N’allons pas essayer de comprendre son traitement
salarial ou le comparer à celui d’un Africain. Complexe ou
domination ? Toujours est-il qu’il y a matière à réfléchir, si du
moins on croit encore à l’égalité entre les hommes et les races,
comme le prône la Déclaration universelle des droits de
l’homme.
On observe aussi souvent, concernant le problème de
naturalisation, qu’un simple changement de nationalité semble
accroître formidablement la valeur intrinsèque d’un individu et
la personne n’est plus la même, sans avoir à travailler ni à
fournir un quelconque effort. On essaie donc, à gauche et à
droite, d’obtenir telle ou telle nationalité, pour espérer trouver
meilleure place dans un contexte où l’on parle de
mondialisation. Il y a donc à craindre une mondialisation
exclusive et génocidaire, où « la raison du plus fort est toujours
la meilleure », au risque de voir certaines nations disparaître sans
laisser de trace.
On observe si souvent aussi, qu’à côté d’une population
extrêmement paupérisée, certaines espèces animales, au nom de
leur protection, bénéficient de dotations budgétaires assez
considérables et jouissent d’une ration alimentaire quotidienne



2 Le pape Jean-Paul II et les évêques d’Afrique, dans
ECCLESIA IN
AFRICA
(p44), comparent l’Afrique à l’homme de la parabole du bon
samaritain, Lc10, 30-37.

21

très équilibrée, par le truchement de certains programmes des
Nations Unies sur la préservation de la faune. Le problème
n’est certes pas l’objectif noble de préservation de la nature,
mais c’est que l’animal profite de tous les soins possibles alors
que l’homme, créé à l’image de Dieu, n’arrive même pas à
manger, à se loger et à se soigner.
Lorsqu’on fait en plus mention du taux de prévalence du
VIH/SIDA en Afrique ou encore du poids économique de ce
continent qui ne dépasse guère 3% des échanges
internationaux
3
, on en vient à se demander si ce continent a
véritablement des ressources ou des capacités, ou encore, s’il
n’est pas tout simplement maudit. Autrement, la pauvreté
ambiante de cette partie du monde est-elle vraiment le reflet
réel de ses potentialités ? C’est aussi à juste titre qu’on peut se
demander si la valorisation de l’Afrique ne passera pas
forcément par le changement des systèmes de gouvernance en
place.
Or, dans nos sociétés, on croit de moins en moins au
changement politique, les systèmes en place étant
complètement verrouillés. On pense d’ailleurs que la politique
est une affaire sale et qu’on ne peut s’y aventurer sans avoir à se
salir les mains. Il se dit même qu’elle est réservée aux hommes
véreux, meurtriers, violents, cupides, avares, avides de pouvoir
et n’ayant aucun sens de la morale, de l’honneur, de la loyauté et
du service. Certains pensent même que la politique est l’affaire
des réseaux financiers mafieux, et que les idées et les idéaux ne
servent pas à grand-chose. D’autres pensent encore qu’elle est
réservée aux vieillards et que la jeunesse n’a pas le droit de s’y
mêler. Il y a certes des raisons de penser ainsi en vertu de
l’environnement sociopolitique ambiant et du comportement
décevant de nos leaders politiques. Mais de là à considérer que
tel doit être le visage de la politique, la gestion de la cité comme
on a coutume de dire, où se préparent, s’orientent et se
prennent les décisions qui engagent le développement et


3
http ://saoti.over-blog.com/article-reflextion-sur-l-afrique-39113151.html.

31

l’avenir des peuples, est une erreur monumentale qui pourrait
démobiliser les forces de bonne volonté. Bref, est-il vraiment
acceptable d’admettre que la direction des affaires publiques
soit réservée à l’immoralité ? N’est-il pas plutôt utile, et même
souhaitable, que la direction des affaires soit confiée en priorité
à des hommes honnêtes et de bonne volonté ?
Ce n’est que par l’engagement des hommes de bien qu’on
pourrait renverser la tendance, comme l’a si bien relevé
Edmund Burke :
« la seule condition au triomphe du mal, c’est
l’inaction des gens de bien »
4
.

Il me plaît d’évoquer l’importance de la question de la
dignité de la femme, elle qui, en plus d’être un être humain à
part entière, est également mère et éducatrice de l’humanité.
Pourtant, rabaissée et reléguée au bas de l’échelle dans la société
traditionnelle, elle est souvent considérée comme un objet ne
valant que par son corps et par son sexe. Il est donc normal que
la communauté humaine tout entière, par tous les moyens
organisationnels et institutionnels, essaie de la réhabiliter dans
sa dignité. Mais, pendant que la lutte pour la respectabilité de la
femme bat son plein, une certaine forme de dégradation de
celle-ci fait aussi surface et semble même prospérer. À la
télévision comme dans la rue, à travers la publicité ou la mode,
la femme est déshabillée, sa nudité est exhibée et marchandée.
On a même si souvent l’impression que, si sa nudité n’est pas
exhibée, la femme n’a plus de valeur. Ce que les femmes mêmes
semblent supporter difficilement. On fait donc face à une autre
banalisation de la femme, aussi grave que la première, qui la
réduit à son corps et à son sexe, allant jusqu’à son utilisation
comme moyen de satisfaction des convoitises matérielles.
Quoique ce défi repose sur l’humanité entière, une solution
africaine pourrait servir d’exemple et faire tache d’huile dans le
monde entier.



4 Homme politique irlandais, http ://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Burke.

41

Ces observations constituent sans doute un défi majeur pour
l’Afrique, mais ne sauraient être une malédiction insurmontable.
Ce qui vient de se passer aux États-Unis avec l’élection à la
Maison Blanche d’un Africain américain, on pourrait même dire
plus, « un Africain », Barack Obama, nous interpelle à plus d’un
titre.
Nous voyons d’une part que
« rien n’est impossible à celui qui
croit »
5
. Par sa foi, son audace et sa détermination, il a donné au
monde entier, ce dont des générations d’hommes et de femmes
ont rêvé durant des décennies, voire des siècles, et qui
s’apparente aujourd’hui à l’une des plus grandes révolutions de
l’histoire contemporaine.
D’autre part, du fait que Obama est Africain d’origine,
comment s’empêcher de croire que ces Africains sont eux-
mêmes assez compétents et capables de prendre en main le
destin de ce continent, pour lui relever la tête et redonner espoir
à ses populations ? C’est ce que le président américain affirme
lui-même d’ailleurs dans son discours devant le parlement
ghanéen, lors de sa visite officielle au Ghana le 11 juillet 2009 :
« C'est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de
l'Afrique. Enfin, c'est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent
s'acquitter (…) Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que
l'Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la
prospérité. Témoin en est le succès extraordinaire d'Africains dans mon
propre pays l'Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont donc le talent et ils
possèdent l'esprit d'entreprise – la question est de savoir comment s'assurer
qu'ils réussissent ici dans leur pays d'origine »
6
.
Si donc les Africains veulent voir leur continent décoller, ils
doivent accepter d’endosser la responsabilité de tenir les
gouvernails d’un nouveau départ de l’authenticité africaine.
Nous avons du talent et le temps est aussi favorable à l’action.


5

Bible
, Marc 9, 23.
6
Http ://appablog.wordpress.com /2009/07/12/ obama-ghana-traduction-
française-du-president-obama-au-ghana.

51

Ne courons pas le risque de nous mettre dans la situation de ce
serviteur de la parabole des talents
7
qui avait enfoui son talent
dans le sol. Il faut le dire, avec le pape Jean-Paul II et les
évêques d’Afrique, qu’
« il n’y a pas de place pour l’inaction »
8
. Nous
devons agir pour que le talent que Dieu a donné à l’Afrique soit
valorisé et fructifié. Ceci passe certainement par la conception
de nouveaux systèmes de gouvernance pouvant reposer sur la
légitimité du peuple et capables de conjurer les paradigmes
d’asservissement et d’endormissement qui régissent la société
actuelle.



7 La Parabole des talents est tirée de la Bible, Mt 25, 14-30 ;

8 Le pape Jean-Paul II et les évêques d’Afrique, dans
CHRISTIFIDELES
LAICI
(p.10), commentent la parabole des serviteurs de la dernière heure,
Mt 20, 6-7.

61

Cas spécifique du Cameroun

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