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Camille ou l'amour assassiné

De
194 pages
Début de l'été 1914. Camille Graniet attend avec impatience la calèche dont l'équipage s'épuise dans la montée. Impatient et ému, le jeune homme de dix-neuf ans attend celle qu'il va bientôt épouser, sa Marion, la fille de l'irascible gendarme. Sa famille à lui, les Graniet, sont fiers de ce beau couple qui va prendre la relève dans la magnifique propriété sur les hauteurs de Séranon. Qui aurait pu s'imaginer que le malheur allait fondre sur la vallée, massacrant les vies et détruisant les rêves ?
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Sranon — Fin juin 1914
C lachapelGlreanGiertatétteamitoianssei.sàDleapburiisduun v emnto,maednots,séilauregmaurrdadite Cauteret, le brigadier-chef responsable du bureau local de gendarmerie juché sur son bel ale z an. Il n’éprou v ait pas beaucoup de s y mpathie à l’égard de la maréchaussée en général et encore moins en v ers ce militaire arrogant, hautain et cruel. Les petits délinquants, ces v oleurs de poules qui chapardaient quelques légumes pour nourrir leur famille, le fu y aient comme la peste. Malheur à celui qui tombait entre ses mains. Aucun sentiment de compassion n’a v ait trou v é place dans le cœur de cet homme. Mais v oilà, Camille était amoureu x de Marion, la fille de ce sous-officier en grande tenue. Camille souhaitait lui parler de son désir de la fréquenter, mais il ’étai enu à s’approcher du gendarme et les choses se n t pas par v compliquaient de jour en jour. Cependant, il ne le craignait pas. Il lui semblait que celui-ci retardait l’entretien. Le ca v alier tournait le dos à la route et comptait les ou v riers agricoles affairés au x tra v au x des champs, des emplo y és saisonniers italiens, des pau v res bougres qui se louaient de ferme en ferme au
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gré des récoltes et des moissons. Ils arri v aient de leur Italie natale a v ant le printemps, cueillaient les roses, le jasmin et les fleurs des genêts destinés au x usines de parfums de Grasse et ils enchaînaient a v ec le ramassage des pommes de terre, l’épandage du migon et du fumier des bêtes de l’étable, puis le c y cle renou v elé des labours d’automne recommençait. Certains repartaient v ers le Piémont, pour re v enir au bout de trois ou quatre mois. Ils ne créaient pas de problèmes et personne n’ y prêtait plus la moindre attention à force de les v oir tra v ailler, l’échine courbée v ers le sol. Cauteret les sur v eillait et les considérait comme des délinquants potentiels. Le militaire tira sur la bride du che v al, v isiblement satisfait par le résultat de son inspection. Il se retourna v ers Camille et le salua d’un bref signe de la tête. Celui-ci lui rendit un bonjour ponctué d’un sourire de circonstance. Le jeune homme regrettait déjà son manque d’audace mais connaissant le caractère ombrageu x du gendarme, il a v ait jugé préférable de lui parler en présence de Marion. Camille a v ait di x -neuf ans ; c’était un bel athlète, très grand et musclé comme un percheron qui tire la charrue de l’aube au coucher du soleil. Sa force ph y sique dissuadait ses ad v ersaires de toute v elléité de querelles sournoises. Sa famille possédait un domaine composé de prairies et de plusieurs di z aines d’hectares culti v ables, dont le terrain sur lequel était bâtie la chapelle Grattemoine. Il s’agissait d’un édifice encore v isible de nos jours, érigé à une époque indéterminée et qui de v ait ser v ir d’abri au x pèlerins imprudents qui se laissaient surprendre par des nuits glaciales. Les Graniet étaient riches et imposaient le respect au x habitants du v illage par leur grande bonté et une honnêteté sans faille. Camille ressemblait en tous points à son père. Il regardait la route à l’hori z on, guettant l’arri v ée d’une calèche qui ramenait Marion de Nice. Elle a v ait le même âge que lui et elle ache v ait ses études dans une pension tenue par les sœurs trinitaires.
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Cauteret ne pou v ait pas consacrer son temps à l’éducation de sa fille en raison de ses acti v ités professionnelles. La fin du mois de juin signifiait le début des v acances d’été. Tout le v illage sa v ait que les deu x amoureu x s’étaient promis l’un à l’autre. Cauteret approu v ait sans réser v e le choi x de Marion et les parents de Camille la considéraient déjà comme leur bru. La petite mairie de Séranon regroupait aussi les différents ser v ices de l’État. Une seule emplo y ée gérait un minuscule bureau de poste qui faisait également office de secrétariat municipal. Le personnel affecté à la v oirie passait prendre les ordres de tra v au x tous les matins. À l’autre bout du bâtiment, trois modestes appartements a v aient été mis gracieusement à la disposition du brigadier-chef Cauteret et de deu x gendarmes au x iliaires. Tous trois étaient rattachés à la brigade de Castellane et préposés à la sur v eillance d’un secteur qui s’étendait au sud-est jusqu’à Escragnolles. Au sud-ouest, il englobait les hameau x de La Martre, Le Logis du Pin, Château v ieu x et la Roque-Esclapon. Au nord, leur domaine d’acti v ités finissait à Saint-Auban, au lieu-dit les Gorges de la Clue. À l’arrière de la bâtisse , les écuries, les hangars, les ateliers et une grange occupaient tout l’espace. Les trois militaires étaient originaires de Castellane ou des en v irons et v olontaires pour ser v ir dans ces montagnes au climat si rude, l’hi v er. Tous les v endredis, un fiacre ramenait trois ou quatre personnes de Nice ou de Grasse, essentiellement des v o y ageurs occasionnels ou des étudiants que l’éloignement de la grande v ille séparait de leur fo y er. Les élus des hameau x en v ironnants a v aient décidé d’un commun accord de créer cette liaison, afin de désencla v er les v illages de la région. Les passagers étant peu nombreu x , cette calèche tirée par deu x che v au x suffisait amplement. Le v ieu x Botto, un emplo y é communal célibataire et quelque peu misog y ne, s’était porté v olontaire pour effectuer le trajet. Il transportait aussi le
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courrier et quelques marchandises indispensables notamment des médicaments. Le parcours comportait deu x étapes : la première, au départ de Séranon jusqu’au plateau de la Malle situé sur les hauteurs de la v ille de Grasse. Une sorte de relais de poste disposant de si x chambres d’une cuisine et des commodités a v ait été érigé à cet endroit et offrait un confort spartiate mais acceptable. Des écuries abritaient les animau x de trait. Une source laissait sourdre une eau parfaitement potable, chose rare en ce lieu hostile. Les passagers pou v aient se reposer une nuit et reprendre leur périple le lendemain matin. Ils arri v aient à Nice en fin d’après-midi. Camille attendait cette calèche a v ec impatience. Il sa v ait que l’attelage souffrait dans la montée jusqu’au hameau d’Escragnolles et après une route aussi longue, Botto accordait un temps de repos au x bêtes pour souffler un peu. Les ou v riers agricoles a v aient déserté les champs. Une journée de dur labeur s’ache v ait. Le jeune homme restait immobile, toujours assis ; il constata que la porte en bois de la chapelle était v ermoulue. Il en parlerait a v ec son père. Vers di x -neuf heures, le soleil commença à décliner en direction du Verdon tout proche. Au loin, tout au bout de la route, il aperçut une mince traînée de poussière qui flottait dans l’air. Il se rele v a et s’adossa au mur. Le fiacre s’arrêta de v ant l’édifice religieu x et Marion en descendit. Camille reconnut les quatre autres passagers, tous des amis demeurant à La Bastide. Le v ieu x Botto s’affairait déjà à ôter les sangles qui maintenaient les bagages sur la galerie. Du coin de l’œil, il regarda Camille qui soule v ait la jeune fille dans ses bras et l embrassait. Il eut un sourire bien v eillant. Il aimait bien ces deu x jeunes qu’il a v ait v us grandir. Marion riait ; elle était di v inement jolie et pétillante. Sa maman était décédée bien des années aupara v ant mais tous ceu x qui l’a v aient connue affirmaient que le gendarme Cauteret a v ait épousé l’une des femmes les plus attirantes de la Pro v ence.
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Il a v ait reporté ses espoirs et ses ambitions sur son unique enfant. Marion le lui rendait bien ; elle aimait son père et elle le respectait. Le cocher a v ait déposé deu x grosses v alises et un sac au bord du chemin. Il ne v oulait pas s’attarder car il de v ait conduire les autres passagers jusqu’au bourg de La Bastide et re v enir à Séranon, dételer les che v au x et les nourrir ; encore trois heures d’un tra v ail éreintant. Il ne se plaignait jamais et chaque fois qu’il passait de v ant un champ et qu’il aperce v ait les ou v riers agricoles pliés en deu x , retournant la terre ou arrachant les herbes folles, il bénissait le ciel qui lui a v ait procuré cet emploi. Camille s’était saisi des bagages de Marion. Elle v ire v oltait autour de lui comme une guêpe qui a déniché la plus belle fleur de la forêt. Il s’en amusait beaucoup. Elle se planta de v ant lui, lui barrant le passage : — As-tu parlé de nos projets a v ec mon père ? — Non, j’ai préféré attendre ton retour. Il était ici cet après-midi. Il m’a v u mais il était bien trop occupé à compter les saisonniers. Nous nous sommes salués et il est reparti en direction de La Bastide. — Tu ’ pas changé d’a v is ? n as — Comment peu x -tu dire une chose pareille ? Tu sais que je t’aime depuis toujours. — Nous de v ons lui parler ; tu as été con v oqué par le conseil de v ision et tu dois bientôt partir. Nous allons être encore séparés. — Ne t’inquiète pas ; l’officier-recruteur est d’accord pour m’affecter dans un régiment de fantassins stationné à Digne ou à Barcelonnette. Nous pourrons nous re v oir au moins une fois par mois. — J’ai terminé mes études et j’aimerais que nos fiançailles aient lieu a v ant ton départ. Ce que femme v eut… — Je ne peu x pas rester a v ec toi plus longtemps. Je v ais ranger mes affaires et préparer le souper. Demain, je passerai che z toi et je saluerai tes parents.