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Chine

De
296 pages
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Ajouté le : 01 janvier 1997
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EAN13 : 9782296345942
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CHINE le Monde des affaires

Kham VORAPHETH

CHINE le Monde des affaires
Préface de Jacques AITAU

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Collection Points sur l'Asie dirigée par Alain Forest

Déjà parus: Laurent METZGER, Les sultanats de Malaisie, 1994. Richard SOLA, Birmanie: la révolution kidnappée, 1996. Laurent METZGER, Stratégie islamique en Malaisie, (19751995),1996. Firouzeh NAHA V ANDI, Culture du développement en Asie, 1997. Frédéric GRARE, Le Pakistan face au conflit afghan, 1997.

@ f:ditions l'Harmattan, ISBN: 2-7384-5696-0

1997

TABLE DES MATIÈRES

Préface Introduction
Chapitre 1 Où va la Chine? ........................................................... Chapitre 2 D'où vient la Chine? .................................................... Chapitre 3 Les Chinois d'ailleurs.................................................... Chapitre 4 L'environnement des affaires en Chine......................... Chapitre 5 Faut-il investir en Chine 7............................................. Chapitre 6 Comment investir en Chine? ........................................ Chapitre 7 Travailler en Chine....................................................... Conclusion Remerciements Bibliographie

. .

7 9 13 53
71 85 111 146 197

. . .

265 273 275

Glossaire
Repères chronologiques de la Chine depuis 1842............................ Adresse des organismes et représentations chinoises........................

. 281
285 287

Tableaux Graphiques

. 291 . 292
5

PRÉFACE

Des milliers de livres ont été écrits sur la Chine. Au moins autant que sur Napoléon. (Il existe d'ailleurs, des livres sur Napoléon et la Chine I). Et pourtant, le livre de Kham Vorapheth est bienvenu. Plus que cela, il pourrait s'imposer comme le compagnon de voyage irremplaçable de tous ceux que la Chine fascine, intéresse, concerne. C'est un livre de praticien, qui vise d'abord, modestement, à épargner aux voyageurs d'affaires, les mille et une déconvenues qu'entraînent inévitablement la rencontre d'une culture si éloignée de la nôtre. Mais, par sa modestie même, le projet réussit bien au-delà de ses ambitions. Il donne, en un livre succinct, précis, un compte rendu fort complet du passé de la Chine, de ses mœurs et de ses promesses. Parmi les chapitres les plus originaux, on notera ceux où il décrit les

principes à suivre pour créer des relations de confiance avec les Chinois.
Pour avoir une assez longue expérience des relations avec ce grand peuple, je peux témoigner de la qualité de ses conseils et de leur efficacité. La France est aujourd'hui mal placée dans ses relations commerciales avec l'Asie, et avec la Chine en particulier. Une des causes majeures de ce retard est culturelle. Nous occidentaux plaquons trop souvent sur la Chine nos schémas de pensée. Nous croyons que les mots, les gestes, les idées, les hiérarchies, les sourires, les vêtements, les places à table, ont le même sens là-bas que chez nous. Grave erreur. La Chine exige de ses hôtes l'humilité qu'elle assume à l'égard d'elle-même. Elle exige aussi une formidable mémoire de son passé et de son futur. Avec ce livre, nul ne pourra plus dire qu'il ne savait pas.
Jacques A IT ALI

7

INTRODUCTION

A l'aube du XXle siècle, la Chine, géant des Dragons asiatiques, s'éveille. La nouvelle "économie socialiste de marché", adoptée depuis 1992 par le Parti Communiste, met fin à une économie planifiée qui aura duré plus de quarante-trois ans. Les Chinois vivent mieux aujourd'hui qu'ils n'ont certes jamais vécu. En effet, depuis 1990, la Chine connaît une croissance telle que, désormais, la population profite de cette profusion et peut s'en répartir les dividendes. Elle enregistre, depuis 1991, un taux de croissance qui peut atteindre parfois jusqu'à deux chiffres. Elle se trouve ainsi propulsée sur le devant de la scène mondiale. Cet essor se fonde sur le dynamisme d'un secteur collectif encore prépondérant mais qui cède progressivement la place à un secteur privé naissant. Dans le même temps la Chine s'ouvre aux investissements étrangers et s'appuie sur la contribution très active de la diaspora chinoise. En 1978, la politique d'ouverture et de réforme - lancée deux ans à peine après la mort de Mao Zedong par Deng Xiaoping - avait pour objet d'en faire une grande

nation moderne et une puissance économique avec laquelle les Etats-Unis,
l'Asie Pacifique, le Japon et l'Europe devraient désormais compter. Les différentes études et prévisions à l'horizon de 2020, comme celles de la Banque Mondiale, par exemple, octroient d'ores et déjà, à la Chine la place de la plus grande puissance économique de la planète. En 1996, son commerce extérieur atteignait 296 milliards de dollars US. Le marché chinois doté d'un milliard deux cents millions de consommateurs - offre aujourd'hui de multiples et réelles opportunités aux entreprises multinationales qui souhaiteraient investir, vendre et fabriquer à moindre coût dans ce pays. Les grands axes du IXe plan quinquennal 1996 - 2000 ont confirmé sa volonté de poursuivre son ouverture aux marchés et aux capitaux étrangers. En effet, 33 % de l'économie chinoise dépend désormais des capitaux étrangers. Le boom économique que la Chine est en train de vivre ne peut certes laisser aucun esprit curieux ni aucun homme d'affaires indifférent. Ce dynamisme cohabite de manière paradoxale avec un conservatisme encore vivace que ce soit sur le plan social ou politique. Pour les entreprises étrangères, la 9

question n'est plus de savoir si elles doivent travailler en Chine aujourd'hui mais surtout dans quel état d'esprit elles doivent y travailler. Ce livre a été écrit dans le but d'aider les hommes d'affaires et les investisseurs étrangers à accroître leur présence de manière efficace en Chine. Il est basé sur un certain nombre de réflexions, de recherches; certaines sont effectuées par l'auteur lui-même ou tirées de son expérience, d'autres font appel aux témoignages d' hommes d'affaires, spécialistes de ce pays. L'unique ambition de cette démarche est de donner à des hommes d'affaires ou à des futurs managers expatriés, un ensemble d'ingrédients essentiels de connaissances et de "know how" nécessaires pour aborder ce grand pays, considéré comme le nouvel Eldorado du XXIe siècle, car, en effet, faire des affaires en Chine exige une connaissance parfaite, non seulement des processus des décisions administratives, mais aussi la détentation d'un ensemble de règles du savoir-faire. Le contenu du livre est structuré autour de trois thèmes principaux: le premier, concernant l'héritage du passé et le poids culturel dans le monde des affaires en Chine; le deuxième, l'état des lieux de l'économie chinoise et l'environnement de la vie des affaires, et enfin, le troisième, le monde du travail suivi des conseils pratiques pour réussir en Chine. Ce présent ouvrage a pour objectif de rendre compte, d'autre part, aux investisseurs étrangers sur le nouvel environnement commercial de la Chine ainsi que des aspects techniques liés aux investissements. Les difficultés d'accès au marché chinois ont très souvent des raisons d'ordre culturel, aussi, une partie de ce livre sera consacrée à faire comprendre aux hommes d'affaires occidentaux l'héritage historique de la Chine et les mécanismes de relations de pouvoir et de "guanxi". Il a également pour intention de donner des clés pour comprendre le marché chinois, ses particularités financières et juridiques, le mécanisme de la création des joint-ventures, les difficultés auxquelles se heurtent les entreprises étrangères dans un contexte de concurrence débridée et les possibles risques pour les investisseurs. Il répond à autant de questions cruciales que les hommes d'affaires et les investisseurs étrangers se posent sur les pratiques du business en Chine. Par exemple: - Le confucianisme et la culture d'affaires; - Le mythe chinois; - Les conséquences de la politique des réformes sur l'environnement des affaires; - Les nouvelles ambitions de la diaspora chinoise; - Pourquoi fait-on plus confiance aux hommes et à leurs relations qu'aux lois et aux normes? 10

- Le contexte chinois de la corruption; - Les relations entre l'administration centrale

et les provinces; - Les autorités compétentes pour les investisseurs étrangers; - Les raisons d'investir en Chine; - Où faut-il s'implanter? - Quelle organisation mettre en place; - Comment choisir son partenaire? - Quelle stratégie pour la Chine? - Négociation et gestion des joint-ventures; - Le transfert de technologie; - La protection des droits de propriété intellectuelle, une réalité; - Le casse-tête du problème de la gestion des ressources humaines; - Ce que pensent les Chinois sur les entreprises étrangères en Chine? - Le rôle des expatriés et leur mission; - Quelles sont les règles de bonnes manières et de conduites? - Ce qu'il faut faire ou ne pas faire avec les Chinois; - Comment se faire des amis? - Comment recevoir des Chinois en France, etc...

Cet ouvrage est avant tout un guide pratique: le but en est de donner aux hommes d'affaires les éléments de réponse qu'ils attendent afin de percer les arcanes du marché chinois. Cependant, il ne prétend pas donner la clé du marché chinois ni de son "système". Il convient d'ailleurs de rester extrêmement prudent et modeste sur ce sujet. Enfin, nous espérons que ce livre permettra de préparer les hommes d'affaires au choc culturel, d'une part, et, d'autre part, d'accompagner les multinationales dans les labyrinthes du monde des affaires. Nous recommandons néanmoins aux investisseurs occidentaux d'être vigilants dans leur approche du marché chinois, car celui-ci s'avère complexe et difficile... mais combien prometteur! La plus grande satisfaction de l'auteur est que ce livre contribue à une meilleure compréhension du monde des affaires et qu'il fournisse des informations et des conseils utiles permettant aux multinationales étrangères de prendre de bonnes décisions et de travailler en Chine. mars 1997 TRANSLITTÉRA TION Le système pinyin a été utilisé pour la transcription des mots chinois, à l'exception des noms propres les plus connus comme: Chiang kai-chek et Sun Yat-Sen.

Il

LA CHINE EN CHIFFRES

Superficie: Population: Principales villes:

Taux de croissance de population: PIB * : 816,8 milliards de US $ (+ 9,7 %) PIB/Bab * : 675 US $ Inflation * : 8% Monnaie: le renminbi ou le yuan Le commerce extérieur * : 296 milliards de US $ Les réserves en devises * : 100 milliards de US $ La dette extérieure * : 109,6 milliards de US $ * Chiffres provisoires pour 1996 du Bureau d'Etat des Statistiques.

9 571 300 Km2 7 % de terre cultivable 1,211 milliards d'habitants Beijing (capitale), 10 millions d'habitants Shanghai, 15 millions d'habitants Tianjia, 9,5 millions d'habitants Guangzhou, 5,8 millions d'habitants la 1,04 %

12

Chapitre 1 Où va la Chine?

Selon une étude prospective, l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a corroboré l'hypothèse selon laquelle la Chine serait en mesure de devenir la plus grande puissance économique mondiale à l'aube de 2025. Les résultats de cette étude sont par ailleurs confirmés par une analyse récente de la Banque Mondiale: la Chine devancerait ainsi - en terme de croissance du PIB - les Etats-Unis et le Japon. La réforme économique et la politique d'ouverture insufflées par Deng Xiaoping depuis 1978 ont permis d'enregistrer des évolutions importantes dans de nombreux domaines. Cette volonté de moderniser le système économique et de poursuivre les réformes en faveur de l'ouverture aux capitaux étrangers représente un des éléments clé du IXe plan quinquennal. Ce projet a d'ailleurs reçu l'approbation du Congrès National Populaire qui s'est réuni en mars 1996. Pour les années 20102015, l'objectif géopolitique des dirigeants chinois est clair: faire de la Chine une grande puissance moderne. Tous les types d'industries sont présents en Chine. La potentialité de son marché est énorme et sa réserve en main d'oeuvre à bon marché est quasi inépuisable. Elle possède également une classe moyenne émergente et avide de consommation. En outre, elle cherche à se doter rapidement des moyens technologiques nécessaires, des outils de gestion modernes et des capitaux étrangers. A terme, ces outils lui permettront d'égaler les pays industriellement avancés. Pour que la Chine puisse entrer dans le XXIe siècle et aborder l'ère de la Révolution Industrielle avec succès, il lui faudrait mener à bien sa transition économique et passer d'un marché socialiste à un marché capitaliste. La réussite de cette mutation dépendra de la vitalité que la Chine emploiera pour s'initier aux technologies nouvelles, faire évoluer sa politique et son économie et développer son commerce extérieur et ses investissements. Bien que les réformes économiques aient déjà été suivies de succès probants, les autorités chinoises devront continuer à exercer un contrôle macro-économique rigoureux pour lutter contre l'inflation et le déficit budgétaire. De manière paradoxale, le système souffre aujourd'hui à la fois d'une économie quasi capitaliste et d'une politique encore 13

conservatrice. Depuis 1991, tous les grands groupes industriels et financiers mondiaux parient sur le fait que la Chine deviendra une grande puissance économique émergente de l'an 2000. Ce serait une erreur stratégique de ne pas être présent sur ce marché dès maintenant. Dans ce premier chapitre, nous aborderons successivement les thèmes suivants: Les données économiques et les grands axes du IXe plan quinquennal, le marché chinois, la stratégie de développement de la Chine, l'économie socialiste de marché selon Deng Xiaoping, les réformes et leurs conséquences ainsi que les grands changements économiques et sociaux que vivent aujourd'hui les Chinois.

a. Les données économiques La transition opérée depuis 1979 dans le domaine économique - et planifiée selon le modèle de l'économie de marché socialiste - a permis d'entraîner un changement radical de l'économie chinoise et d'obtenir une croissance soutenue et stable. Au cours de ces dernières années, un système législatif et judiciaire concernant les relations économiques avec l'étranger a vu le jour. Il est à présent pratiquement opérationnel. Jusqu'en 1978, le régime de propriété - qui jusqu'alors était caractéristique d'une mono-économie publique - a progressivement laissé place à une structure dans laquelle le secteur public occupe certes une place encore prépondérante, mais où on assiste plutôt à la coexistence d'entreprises collectives, individuelles, privées et celles constituées de capitaux étrangers et concurrentes des entreprises publiques. Le mécanisme de marché commence à jouer son rôle fondamental dans le domaine de la production, des échanges commerciaux, des investissements et de l'emploi. Dans les secteurs concurrentiels, l'économie chinoise s'est pratiquement libéré du contrôle monopolistique de l'Etat. Le gouvernement n'intervient plus dans la production ni dans la gestion des entreprises. Son rôle se limite à une surveillance macro-économique, c'est-à-dire un contrôle encore rigoureux de l'inflation et du déficit du budget national. Dès 1991, l'Etat a supprimé toutes les subventions à l'exportation afin d'être en conformité avec les pratiques de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). C'est également en 1991 qu'a été promulguée une loi sur les investissements étrangers, et que des mesures de protection des intérêts des investisseurs étrangers ont été prises. Enfin, la Chine revendique l'image d'une nation moderne, elle a même franchi une étape importante et mis au point une loi sur les contrats étrangers qui définit le principe des contrats libres en usage dans le monde actuellement. Nous allons entrer maintenant dans l'analyse du 14

boom économique de la Chine depuis l'instauration de la politique de réforme et d'ouverture en 1978. Nous verrons également comment son évolution et son intégration dans le système Monde lui permettront d'aborder le XXle siècle avec dynamisme.

a.l.

L'évolution

de la croissance

économique

Lors de l'Assemblée Générale de la 4e session annuelle du 8e Congrès National Populaire qui s'est réuni le 6 mars 1996, le Premier Ministre Li Peng a confirmé que, jusqu'en 2010, la Chine continuerait son développement économique et social selon un même rythme. Au cours de ce Congrès, le Premier Ministre avait annoncé que la Chine, en 1995, avait atteint, avec cinq ans d'avance, l'objectif qu'elle s'était fixé en 1980. Cet objectif était de multiplier par quatre son PIB en l'an 2000, et cela même si le nombre d'habitants devait augmenter de 300 millions. Dans ces conditions, le PIB pourrait doubler entre 2000 et 2010. En 1996, le PIB atteint environ 816 milliards de dollars US et affiche une croissance de 9,8 % par rapport à 1995. L'objectif des autorités chinoises pour les cinq prochaines années est de contenir la croissance économique à environ 8 % par an et de maintenir le taux annuel d'inflation à 10 %.
Graphique N° 1 Courbe de l'évolution de la croissance

depuis 1979 en %

11 22
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~ 11,8

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15

L'inflation, qui en 1994 plafonnait à 21,7 %, redescendait à 15 % en 1995, et très probablement autour de 8 % pour 1996 grâce à un contrôle macro-économique très strict. Entre 1991 et 1995, le commerce extérieur de la Chine progressait selon un rythme annuel moyen de 20 %. Les exportations chinoises représentent 3 % du total mondial. La Chine importait quatre fois plus de 1991 à 1995 que pendant le plan quinquennal précédent, principalement des équipements et des machines. La Chine est devenue le lOe pays exportateur du monde, alors qu'elle n'était que 15e en 1990. A la fin de 1996, on estime les réserves en devises de la Chine à 100 milliards de dollars US, alors qu'elles s'élevaient à 11 milliards US $ en 1990. Le fort taux d'épargne de la population (35 % par an) constitue une réserve monétaire et un capital d'investissements important pour l'Etat.
a.2 L'agriculture

Le démantèlement des communes populaires s'est effectué dès 1978. Il a été suivi d'une dé-collectivisation et d'une redistribution des terres aux paysans et a remporté le succès escompté. Les résultats spectaculaires obtenus dans le domaine agricole s'expliquent aussi par un relèvement des prix. Ce facteur s'est avéré très stimulant pour les producteurs. Dans les campagnes, les activités non liées à l'agriculture, telles que l'artisanat, la construction, les transports, les échanges et les services se multiplient et la consommation enregistre une hausse impressionnante. A vrai dire, le véritable problème de la Chine à long terme est celui de la question agricole. Comment nourrir en effet 1,3 milliard d'habitants (23 % de la population mondiale) avec seulement 7 % de sol cultivé? Ainsi, dans le cadre du IXe plan quinquennal, le gouvernement chinois a décidé de donner la priorité au secteur agricole. Il est indéniable que la décollectivisation a eu pour effet d'enrichir sensiblement les zones rurales. Entre 1978 et 1994, les entreprises rurales ont créé à elles seules quelques 90 millions d'emplois, contribuant ainsi à enrichir le PNB de 28 %. La croissance de la production céréalière, base de l'alimentation chinoise, devrait franchir un nouveau palier en atteignant 500 millions de tonnes en 2000. a.3 L'industrie

Depuis quelque temps, la production industrielle connaît une croissance satisfaisante. En 1995, la valeur ajoutée totale du secteur industriel atteignait 2.472 milliards de RMB (298 milliards de dollars US) 16

soit une croissance de 14 % par rapport à 1994. Le secteur d'Etat et les entreprises ont enregistré une progression de 9,5 %. La contribution des entreprises collectives à la croissance s'est élevée à 15,8 % tandis que les joint-ventures et les entreprises étrangères participaient à cet essor dans une proportion de 15,2 %. La production des grandes et moyennes entreprises a augmenté de 10,2 % par rapport à 1994. Dans le secteur de l'industrie légère, la croissance a été plus rapide que dans le secteur de l'industrie lourde. En 1995, la valeur ajoutée de l'industrie légère était de 1.118 milliards de RMB, (136 milliards de dollars US), soit une progression de 16,7 % par rapport à 1994, tandis que celle de l'industrie lourde s'élevait à 1.354 milliards de RMB (163 milliards de dollars US), soit 12 % de plus qu'en 1994.
Tableau N° 1 productions de produits

Principales

industriels

en 1995

Nature des produits

1995

2,9 millions de tonnes Fibre chimique Papier 24 millions de tonnes 5,65 millions de tonnes Sucre 19,6 millions de postes TV couleur 9,5 millions de machines Machines à laver (Linge) Charbon 1.298 millions de tonnes 149 millions de tonnes Pétrole Electricité 1000 milliards de kwh Acier 94 millions de tonnes 80 milliards de tonnes Acier rouleau 450 millions de tonnes Ciment 181 000 machines Machines outils - 12,5 10,( Automobiles I 503 000 véhicules 7,C, 313 millions Circuits intégrés Source: China Daily, Business Week (10-16 mars 1996) Le secteur industriel a largement contribué, lui aussi, à la croissance de l'économie chinoise avec un taux moyen annuel de 17,4 % entre 1986 et 1990. a.4
Le commerce extérieur

Evolution 1995/1994 en % 3,~ 12,~ - 4,~ 15,Ç 21,( 4 ~, 2,( 7,~ 1~, - 5, 7,Ç

L'ambition de la Chine, aujourd'hui ouverte aux échanges avec le monde extérieur, c'est de devenir à moyen terme un acteur majeur dans

17

l'arène du commerce international. Désormais, elle ne refuse plus de solliciter les capitaux étrangers ni d'assimiler les technologies nouvelles car c'est cela qui lui avait gravement fait défaut par le passé. Elle se sent prête aujourd'hui à entrer et à s'intégrer dans le Système-Monde. Lors du Forum de l'APEC qui s'est déroulé à Osaka en septembre 1995, le Président de la République, Jiang Zemin, a clairement exprimé la volonté de la Chine de se conformer aux pratiques internationales imposées par l'Organisation Mondiale du Commerce. En permettant une croissance importante du rythme des importations, Jiang Zemin s'est conformé aux recommandations des organismes internationaux (FMI, Banque Mondiale). Depuis 1991, le commerce extérieur est un facteur puissant de la transformation structurelle de l'économie chinoise. A eux seuls les besoins des entreprises et des ménages sont devenus si importants qu'ils entraînent les importations vers une ascension pratiquement irrésistible. En 1995, le commerce extérieur chinois, en progression de 18,6 % par rapport à 1994, représentait un volume total de 281 milliards de dollars US. Les exportations atteignaient 149 milliards de dollars US, soit une progression de 22,9 %. La part des produits mécaniques et électroniques est passée de 26,4 % à 28,9 %, dépassant ainsi les exportations de vêtements et de produits textiles. En raison de la faiblesse de l'offre domestique, les importations de matières premières, de combustibles et de produits finis enregistrent une hausse significative de 14,2 % par rapport à 1994 et s'élèvent à 132 milliards de dollars US. Quant à la part des exportations des entreprises étrangères, elle connaît une croissance régulière. En 1995, le volume du commerce extérieur en matière d'importations et d'exportations de produits étrangers atteignait 110 milliards de dollars US, soit une progression de 25,3 % depuis 1994. La part des entreprises étrangères en Chine, dans le commerce extérieur total chinois, est passée de 37 % à 39,1 %. La continuité de la croissance du commerce extérieur a pu être réalisée grâce à l'apport des capitaux étrangers. En 1995, ceux-ci atteignaient 48,5 milliards de dollars US, soit 11 % de plus qu'en 1994 (dont 37 milliards de dollars US proviennent d'investissements étrangers directs, soit Il, 7 % de plus qu'en 1994). C'est entre 1991 et 1995 que le commerce extérieur chinois a atteint son point culminant et dépassé 1 010 milliard de dollars US, doublant ainsi les résultats de la période 1986-1990. Pour l'an 2000, le Ministère du Commerce Extérieur et de la Coopération Economique (MOFTEC) prévoit que la part du commerce extérieur chinois pourrait s'évaluer à environ 400 milliards de dollars US. Selon les premières estimations du bureau des statistiques chinoises, en 1996, les exportations s'élevaient à 152 milliards de US $ (+9 %). Un surplus de 8 milliards de US $ devrait être réalisé. 18

Graphique N° 2 Evolution du commerce extérieur chinois (en milliards de dollars US)
411

3&0

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1511

III

511

Source: Coopers & Lybrand China Daily, Business Weekly - 10-16 Mars 1996
a.5 Les investissements étrangers

Au cours du plan 1991-1995, le montant des investissements directs étrangers s'élevaient à environ 114 milliards de dollars US, soit 8 fois plus que le total des investissements pendant la période 1986-1990. En 1993, les investissements directs étrangers étaient principalement dirigés vers le secteur immobilier devenu très spéculatif. Dès 1994, le gouvernement chinois encourageait plutôt les investissements destinés aux infrastructures et à l'industrie. En 1995, 70 % des projets approuvés étaient plutôt ceux dédiés au secteur industriel. De plus en plus, les investisseurs présentent des projets dont la rentabilité est fixée à plus long terme. La suppression des avantages fiscaux octroyés aux Joint-ventures depuis avril 1996 risque de rendre les nouveaux projets moins attractifs pour les nouveaux investisseurs étrangers. Selon les chiffres provisoires du Bureau d'Etat des statistiques, le montant des investissements directs étrangers pour l'année 1996 serait de 40,3 milliards de US $

19

Graphique N° 3 Les investissements étrangers directs en Chine (en milliards de dollars US)
40 35 30 25 20 15 10 5 0 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 37

Source:

FMI (1995)

b. Les grands axes du IXe plan quinquennal Le IXe plan quinquennal 1996-2000, présenté le 28 septembre 1995 par le Président de la République Jiang Zemin et par le Premier Ministre Li Peng, a été validé lors du 5e Plénum du 14e Congrès du Comité Central du Parti Communiste chinois. Ce plan, également approuvé par le Congrès National Populaire lors de sa session de mars 1996 doit préparer la Chine à entrer dans le XXIe siècle. Ce IXe plan est particulièrement important et sans commune mesure avec les précédents car il doit définir le type de société et d'économie dans laquelle la Chine va s'engager. Ce plan a été établi par les cadres actuels du Parti, autrement dit ceux de la troisième génération depuis la création de la République Populaire de Chine. Son originalité vient du fait que, pour la première fois, il est accompagné d'une vision à long terme, vision qui projette la Chine dans les années 2010. b.l Les objectifs du plan Le principal objectif du IXe plan quinquennal - qui concerne le développement de l'économie nationale et l'amélioration du secteur social

20

- est de mener à bien la deuxième étape d'un plan stratégique visant à moderniser l'ensemble de la Chine de façon que, à l'aube de l'an 2000, le problème de la pauvreté serait pratiquement résolu. La population pourrait jouir d'un niveau de vie relativement agréable et les entreprises pourraient accéder aux outils de gestion modernes.
b.2 Les grands axes du plan

Les grands axes du IXe plan comportent deux volets essentiels, d'un côté le volet politique, et de l'autre le volet économique. Le volet politique Le plan définit huit orientations principales: Le passage d'un mode de développement extensif à un mode de développement intensif. Autrement dit, privilégier l'aspect qualitatif plutôt que l'aspect quantitatif. . L'intégration organique des mécanismes de marché et de macro contrôle de l'Etat qui devra être mise en place de manière parfaitement coordonnée dans les quinze ans à venir. Un développement harmonieux et équilibré des régions qui stimulera l'essor de l'industrie lourde et la délocalisation des autres types d'industrie depuis les régions côtières vers le centre, l'ouest et le nord de la Chine. La prise en compte des questions sociales (après restructuration du secteur public) et des problèmes relatifs à la protection sociale en général, la mise en application des lois sur la faillite des entreprises. Cette phase constitue une étape stratégique essentielle de la réussite du plan. La volonté de persévérer dans la voie de la démocratie socialiste et l'élaboration d'un système juridique qui maintiendrait une stabilité sociale acceptable. Un développement intensif des relations diplomatiques avec l'étranger. La modernisation de la puissance technologique des forces armées dans le domaine de la Défense Nationale. La pérennité et la propagation de l'enseignement de la théorie de Deng Xiaoping "Construire un socialisme aux caractéristiques chinoises".

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Le volet économique Dans le domaine économique, les sept objectifs essentiels - à saVOlr les éléments clés du IXe plan - sont les suivants: Obtenir en l'an 2000 un PIB de 1 300 dollars US par habitant. Renforcer et développer les cinq secteurs considérés comme les piliers de l'industrie nationale, c'est-à-dire les secteurs de l'électronique, de la mécanique, de la construction, de la pétrochimie et de l'automobile.

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21

Obtenir une croissance économique soutenue et contrôlée grâce au maintien d'un taux annuel de 8 % pendant toute la période du plan. On prévoit d'ailleurs qu'en l'an 2000, les ratios des industries des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, correspondront respectivement à 18,2 %, 52 % et 29,8 %. Les ratios du secteur de l'industrie et du secteur agricole atteindraient, quant à eux 84 % et 16 %. Ceux de l'industrie lourde et de l'industrie légère représenteraient 50 % et 50 %. Réserver 55 % du capital destiné au développement des cinq secteurs piliers à des projets nouveaux tandis que les 45 % restant seront utilisés pour assurer la continuité des projets et réalisations du plan 19911995. Atteindre en l'an 2000 un revenu annuel de 1200 RMB par habitant (à condition que le taux annuel de croissance de la production des principaux produits alimentaires soit stabilisé à 4 %). Réussir le passage des entreprises vers les techniques modernes de commerce et de gestion. Poursuivre les efforts importants engagés dans le domaine du commerce extérieur. Contrairement aux précédents, le IXe plan met l'accent sur la gestion, le modernisme, la formation, et surtout sur l'acquisition du savoir-faire et l'apprentissage des technologies importées.

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c. Le marché chinois: Nouvel Eldorado du XXle siècle Les Chinois sont d'ores et déjà entrés dans le club des dix plus grands pays exportateurs mondiaux. L'apparition d'un authentique marché intérieur doté de centaines de millions de consommateurs (et qui plus est de jeunes consommateurs), risque de bouleverser l'économie de toute la planète. Ce marché aux dimensions gigantesques fascine les industriels et les hommes d'affaires occidentaux. Il suffit de se rendre aujourd'hui dans les grandes villes chinoises et même dans les campagnes pour constater que le quotidien de la population a subi un bouleversement extraordinaire. Ce phénomène a démarré il y a une quinzaine d'années et le pouvoir d'achat des habitants s'est considérablement amélioré, au point que la Banque Mondiale a été obligée d'intervenir pour rectifier le classement du PNB par habitant de la Chine. Dans cette partie, nous nous attacherons à rendre compte aux hommes d'affaire et aux investisseurs étrangers des changements survenus récemment et ferons une présentation de chaque grand secteur du marché chinois assortie d'évaluations récentes.

22

c.l Quel est le poids réel de l'économie chinoise? En 1993, la Chine recense déjà plus d'un million de millionnaires (en RMB), quelques 60 millions de consommateurs qualifiés de riches et, à très courte échéance, 100 à 200 millions de consommateurs potentiels. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont déclenché une onde choc en affirmant que la Chine était, d'ores et déjà, la troisième puissance économique mondiale en 1992 (et non la dixième comme le prétendaient toutes les autres statistiques. En effet, jusqu'à présent le FMI ne retenait que les PNB bruts p01.lrle classement des pays. Le PNB par habitant - qui détermine la richesse d'un pays - s'obtient en divisant le PNB brut par le nombre total d'habitants de ce pays. Désormais, le FMI corrige ces données sur la base des parités du pouvoir d'achat (PPA) : il est évident qu'un dollar US permet d'acheter plus de biens en Chine qu'aux Etats-Unis ou en France, par exemple. Graphique N° 4 Calcul comparatif du PNB (avec/sans parité de pouvoir d'achat PPA) (en milliards de dollars US)

USA ...... aft RFA Fnnce hit

-~ Br""

~

CInIdo
1992

Source: FMI, Banque Mondiale, OCDE (1993) 23

Ainsi, avec la méthode des PPA, la Chine passe de la place de dixième puissance économique mondiale à celle de troisième. Ce nouveau mode de calcul permet, en 1992, d'obtenir un nouveau PNB par habitant Chinois. De cette manière, celui-ci passe soudainement de 370 à 2040 $US I!! Selon la théorie de certains économistes, le PNB chinois réel par habitant serait bien plus important et s'élèverait plutôt à 4 000 $US en tenant compte des PPA -. Il serait alors identique à celui des pays développés à forte consommation. C'est d'ailleurs vers ce type de société que la Chine commence à se tourner à présent. En conséquence et si nous admettons que le PNB réel par habitant est de 4 000 $US, la Chine aurait obtenu - selon un raisonnement arithmétique simple - un PNB en 1992 de 4 800 milliards de $US. Si la Chine continue sa croissance à un rythme annuel de 8 %, (alors que la moyenne annuelle des cinq dernières années était de 11,7 %) le PNB chinois par habitant pourrait atteindre 6000 dollars US en l'an 2000. On peut raisonnablement penser qu'il pourrait avoisiner 7.200 milliards de dollars US (dépassant ainsi le PNB de 1994 des Etats-Unis, égal à 7000 milliards de dollars US). Vers 2015, avec l'intégration économique de Taïwan, la puissance économique de la "Grande Chine", (terme imaginé par les économistes) connaîtrait un essor tel qu'elle dépasserait largement celle des Etats-Unis. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les hommes d'affaires et les grandes entreprises mondiales s'intéressent de si près à ce gigantesque marché. Tous sont déjà présents en Chine et espèrent conquérir une part de ce marché déterminant.

c.2

Le secteur de l'énergie électrique

En Chine, le secteur énergétique est le secteur dont la croissance est la plus forte actuellement au monde avec un taux de 10 %, c'est-à-dire à peu près l'équivalent de celui de l'économie mondiale. Pour accompagner le développement économique du pays, construire des centrales, s'équiper en sous-stations, construire des lignes, assurer le transport et la distribution électrique, rénover les réseaux électriques et interconnecter ces réseaux entre les différentes régions administratives, la Chine doit investir (de 1996 à 2010) quelques 800 milliards de dollars US. Actuellement, on assiste à un déficit important au niveau de la production d'énergie électrique en Chine. A la fin de 1994, la puissance installée atteignait 199 000 MW tandis que la production, elle, s'élevait à 909 000 MWh. Malgré cela, la Chine se place au 4e rang mondial des producteurs d'électricité. Les objectifs fixés par le gouvernement chinois pour le développement de l'industrie électrique à la fin de l'an 2000 sont les suivants:

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I Augmenter la puissance installée et atteindre les 300 000 MW afin de d'accompagner le taux de croissance de l'économie nationale jusqu'à 8 ou 9 % par an. I Pourvoir à la distribution d'électricité dans 28 districts et à la fourniture d'électricité à plus de 95 % des habitants des zones rurales. En effet, on estime à environ 120 millions le nombre de personnes vivant sans électricité actuellement en Chine. Pour atteindre cet objectif, la Chine devra augmenter sa puissance installée de 16 000 MW chaque année (soit l'équivalent de la puissance installée totale de l'Ile de Taïwan). D'autre part, on évalue la part du marché des équipements électriques à environ 13 milliards de dollars US par an, et celle des équipements importés (chaudières, turbo-alternateurs, transformateurs de puissance, appareillages électriques, centres de dispatching et de télécommunications) à 7 milliards de dollars US.
Graphique N° 5 d'électricité - Puissance (en Megawatt)

Production

installée
900000

900000

800000

700 000

600000

500000

400000 000 300000

320000

200000
200000

150000 70000

164000

80000

100000

110000

100000

~000

0 1980

1982

1984

1986

1988

1990

1992

1994

Source,'

Electric Power Industry

in China (1995)

L'investissement direct destiné à la construction de centrales électriques fera l'objet d'un paragraphe particulier (9 e. : "Sources de financement" - Chapitre 4). Ici, nous développerons la manière d'utiliser les capitaux étrangers. Il existe de nombreuses possibilités de coopération techniques avec les sociétés chinoises. Les investisseurs étrangers ne 25

doivent pas ignorer cet aspect important, surtout dans les secteurs suivants: - les grands réseaux électriques - l'automatisation du contrôle de réseau haute tension ou des systèmes SCADA - le dispatching - le contrôle à distance, les télécommunications - les relais de protection - les postes blindés haute tension (500 KV) - le transport du courant continu très haute tension - la protection de l'environnement Le marché chinois offre coopération entre les sociétés fabrication des équipements électriques, à lui seul, est évalué de 4,5 % du marché mondial). déjà de nombreuses opportunités de sino-étrangères dans le domaine de la électriques. Le marché des appareils à environ 5 milliards de dollars US (près

c.3 Les industries

"high tech"

Le secteur des Télécommunications, considéré comme extrêmement prioritaire par le gouvernement chinois, représente un des piliers du IXe plan quinquennal et nécessite des efforts soutenus et considérables. L'étendue du réseau téléphonique, bien que multipliée par dix depuis les dix dernières années, demeure malgré tout l'une des plus limitées au monde avec seulement 3 lignes pour 100 habitants. La demande est de quelques cent millions de lignes d'ici à l'an 2000 et représenterait un investissement de 200 milliards de dollars US. Le marché est actuellement dominé par les trois grands constructeurs mondiaux Ericsson, Motorola et Alcatel. Vu l'importance de ses besoins, la Chine cherche à importer notamment des équipements de stations terrestres destinées aux satellites, des réseaux intelligents, des équipements de transmission, de télécommunication militaire, des réseaux de fax et de la fibre optique. Pour toutes ces raisons, il est évident que la Chine doit continuer à privilégier les transferts de technologie et favoriser les joint-ventures avec les entreprises internationales étrangères. Il faut aussi noter l'explosion du marché des bips : les consommateurs chinois ont acheté 24 millions d'appareils en 1996. D'ici l'an 2000, les prévisions de vente sont de 30 à 40 millions d'appareils. Cela assurerait à la Chine la deuxième place du marché mondial, juste derrière les Etats-Unis. Parmi les marchés destinés à connaître une forte évolution (pouvant aller jusqu'à 100 % par an), citons, par exemple, le marché des cabines téléphoniques à cartes et celui des téléphones cellulaires. Depuis longtemps déjà, la Chine a compris que le développement de son industrie électronique représente un atout 26

majeur dans le développement du secteur industriel, mais qu'il est aussi la garantie d'un système de défense performant en matière d'armement. Depuis 1993, le secteur de l'armement connaît, lui aussi, une croissance de plus de 20 % par an. Il existe un réel marché potentiel surtout dans le domaine des composants électroniques actifs et des circuits intégrés. En 1989, la Chine a importé 400 millions de circuits intégrés (pour seulement 110 millions produits fabriqués localement). En 1995, la Chine a importé 600 millions de circuits intégrés destinés à la fabrication de 400 000 micro-ordinateurs, 15 millions de téléphones et 12 millions de téléviseurs couleur. Le géant américain Motorola - qui est la seule société dont les capitaux sont 100 % étrangers - produit à Tianjin la totalité des circuits intégrés destinés au marché chinois. Selon les statistiques de la Chinese Network, de la fin septembre 1996, il y aurait déjà plus de 100 000 abonnés aux réseaux d'Internet en Chine. Ce chiffre pourrait atteindre les 300 000 en l'an 2000.
cA Les infrastructures

L'un des problèmes majeurs - directement issu du retard pris par la Chine dans son développement économique - reste celui de la pauvreté de son réseau d'infrastructure de transports. Ceci constitue l'un des paradoxes de la Chine: en effet, elle possède toutes les ressources nécessaires en matière agricole et minière. Elle dispose, dans ses régions du centre et du nord-ouest, la Mongolie Intérieure, le Xinjiang et le Shanxi, de la troisième plus grande réserve de charbon du monde. Cependant les réseaux de transports nécessaires à l'acheminement de ces matières premières vers les provinces côtières sont nettement insuffisants. C'est pourquoi la Chine importe d'énormes quantités de matières qu'elle possède pourtant en abondance. Le IXe plan quinquennal 1996-2000 donne la priorité à un développement accéléré du réseau de chemins de fer, du réseau routier, des métros en zone urbaine et des transports aériens. Le réseau routier chinois - développé sur seulement un million de kilomètres - est loin de suffire à l'énormité et aux exigences actuelles du trafic. Celui-ci augmente de 16 % par an environ. Le secteur ferroviaire ne dispose que de 55 000 kilomètres de voies ferrées, ce qui est largement insuffisant eu égard aux besoins du pays. Ce réseau, mal entretenu et mal desservi, n'est plus du tout adapté aux normes actuelles. En 1995, le nombre des personnes transportées est estimé à 1 milliard de passagers et le transport de marchandises porte sur 1,5 milliards de tonnes. Pour répondre aux besoins engendrés par le développement économique, la Chine devra construire 12000 kilomètres de voies ferrées supplémentaires d'ici 2000. Le grand axe ferroviaire Beijing-ShanghaiGuangzou fait l'objet d'un vaste programme portant sur la construction de 27

près de 2000 kilomètres de nouvelles voies. De nombreuses opportunités seront offertes aux entreprises étrangères qui souhaiteront participer à ces travaux de modernisation, en particulier dans le secteur de la signalisation et du matériel roulant. Les transports urbains, dans les grandes villes comme Beijing, Shanghai, Guangzhou, Qingdao, Nanjin, Wuhan, Tianjin, vont bénéficier d'un vaste programme de construction de nouvelles lignes de métros traditionnels et de métros légers. En 2000, et grâce à la coopération des constructeurs-ensembliers tels que GEC-Alstohm, AEG Siemens, Bombardier ou Mitsubishi, la Chine sera équipée de quelques 500 kilomètres de nouvelles lignes de métro. Quant au réseau routier, il devrait - aussi bien dans le cadre du IXe plan quinquennal que dans celui à long terme de 2010 - se doter de 5000 à 6000 kilomètres supplémentaires de routes asphaltées par an. La rénovation et l'extension d'un réseau routier permettant, entre autres, le rapprochement des régions, sont des priorités absolues pour le gouvernement chinois. Le réseau autoroutier - dont 70 % se trouvent dans la province de Guangdong compte seulement 500 kilomètres et reste évidemment totalement insuffisant. Il sera nécessaire de construire aussi des tunnels et des ponts. C'est pourquoi, une fois encore, la Chine sollicite de nombreuses entreprises étrangères, comme le groupe Hopewell à Hong Kong qui a obtenu la concession de l'autoroute Shenzhen-Guangzhou. Le réseau des transports aériens a été transformé et amélioré de manière impressionnante en moins de dix ans. En 1995, les quatre compagnies aériennes régionales autonomes ont transporté plus de 60 millions de passagers. Elles sont sous la tutelle de China National Aviation Industry Corporation. On estime l'évolution de ce secteur à environ 30 % par an. Mais pour faire face aux besoins du développement économique et touristique, la Chine devra doubler sa flotte (qui se compose actuellement de 300 appareils) d'ici 2015. On peut évaluer le marché potentiel à 6 milliards de dollars US par an. Ce marché est aujourd'hui dominé à 70 % par Mc Donnel Douglas et Boeing, ceci malgré l'achat récent de 30 airbus à l'Aérospatiale en avril 1996. Jusqu'en 2015, la Chine a prévu de construire une soixantaine d'aéroports supplémentaires dont 30 seront des aéroports internationaux. Des sociétés chinoises, américaines et allemandes se constituent actuellement en joint-venture pour la fabrication de matériels et de pièces détachées. Swissair, Singapore Airlines viennent de passer des accords pour assister les compagnies chinoises dans le secteur de la gestion et des services. La Chine fait appel aux Engineering Consultants étrangers pour la construction des aéroports et la conception de nouvelles aérogares. Ainsi, en avril 1996, les Aéroports de Paris (ADP) ont remporté le concours de la conception du nouvel aéroport de Pudong à Shanghai. Celui-ci sera opérationnel en l'an 2000 et son coût est évalué à 2 milliards de US$.

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c.5 L'industrie

lourde

Depuis 1960, le gouvernement chinois a jugé que le développement de l'industrie lourde était prioritaire pour répondre au bon déroulement du processus d'industrialisation de la Chine. Certes, la Chine compte parmi les cinq premiers pays producteurs de minerai de fer et d'acier, mais elle est aussi l'un des moins performants sur le plan de la productivité. De grandes entreprises comme Benxi, Shougang et Baoshan commencent à se doter de nouvelles installations et à utiliser des outils de gestion modernes. L'objectif du gouvernement est de produire 140 millions de tonnes en l'an 2000, ceci en vue de couvrir les gigantesques exigences en infrastructures ferroviaires, navales et routières. Là encore, la Chine compte énormément sur ses partenaires étrangers pour l'aider à améliorer le niveau et la rentabilité de sa production et développer les équipements de protection de l'environnement. N'oublions pas que la Chine est un réservoir considérable de métaux non ferreux (cuivre, plomb, zinc, nickel, aluminium, étain. magnésium, mercure, titane) réservoir que la Chine exploite en abondance. Cependant, cette production aussi énorme soit-elle ne parvient pas à répondre aux besoins urgents de la croissance économique. C'est pourquoi les entreprises étrangères pourraient être rapidement sollicitées pour exploiter et rentabiliser ces mines. Le secteur chinois des mines et de la pétrochimie est le cinquième exportateur mondial. Compte tenu des besoins considérables en charbon du Japon, de Taïwan, et des autres pays de l'Asie, le marché à l'exportation de cette matière première sera certainement considérable. Cela débouchera sûrement sur des importations massives d'équipements miniers, entre autres. Le secteur de la chimie fine et de la pétrochimie est un secteur ouvert en très forte expansion. Il existe déjà plusieurs milliers d'entreprises chimiques et quelques 1100 joint-ventures sino-étrangères dans ce secteur. Les sociétés Henkel, BASF, Hoechst et Rhône-Poulenc sont actuellement très fortement présentes et actives dans ce secteur.

c.6 Le secteur automobile

Ce secteur, comme ceux que l'on vient de citer, fait partie des secteurs piliers de l'industrie chinoise. Le parc automobile est estimé à environ 9 millions de véhicules (dont 30 % sont des véhicules particuliers). C'est, à l'évidence, un segment de marché appelé à connaître une croissance très rapide d'ici dix ans. Tous les constructeurs étrangers présents actuellement en Chine considèrent le marché de l'automobile comme un secteur très prometteur bien que les droits de douanes - qui pourtant ont sensiblement baissé - oscillent encore entre 100 et 110 %. En 1995, la 29