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Civilisation chinoise et minorités ethniques

De
90 pages
L'ouvrage analyse l'évolution des relations de la minorité aborigène taiwanaise, plus particulièrement au cours du dernier siècle. Il met en évidence l'importance des caractéristiques sociales et identitaires, telles que peuvent d'ailleurs les vivre d'autres populations autochtones et l'importance de facteurs exogènes pour rendre compte des évolutions constatées.
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Olivier Lardinois
Sur une population de plus de 23 millions Civilisation chinoise
d’habitants, Taiwan compte quelque 500 000 et minorités ethniques
aborigènes issus des populations malayo-
polynésiennes qui vivaient sur l’île avant l’arrivée L’émancipation
edes aborigènes de Taiwan. des premiers colons chinois au 16 siècle. L’étude Civilisation chinoise Un modèle ? chronologique de l’interaction entre ces populations
autochtones et une population chinoise aujourd’hui et minorités ethniqueslargement majoritaire permet de mieux connaître
Olivier Lardinois, jésuite, est « la manière spéci quement chinoise » de contrôler
historien formé à l’Université
et gouverner les minorités ethniques.
catholique de Louvain. Il vit L’émancipation des aborigènes de Taiwan.
à Taiwan depuis vingt ans
Un modèle ?L’analyse proposée vise à mieux comprendre à et enseigne à la Faculté de
la fois la politique des gouvernements taiwanais théologie de l’Université
catholique Fujen (Taipei), tout successifs, et la réaction des aborigènes, tout au
en assumant d’importantes long d’une rencontre interculturelle de plus de cinq
responsabilités pastorales en siècles. Elle met en évidence que l’émancipation et
milieu aborigène montagnard. le renouveau culturel des aborigènes de Formose
Il a notamment publié ne résulte pas seulement de facteurs internes,
Shamanism
notamment sociaux, à la société taiwanaise, mais
and christianity :
aussi de la convergence d’in uences extérieures : religious encounters among
protestantisme presbytérien ; missions catholiques ; indigenous peoples of East
redécouverte de travaux d’anthropologues japonais ; Asia, edited by Olivier Lardinois
and Benoit Vermander, Taipei émulation de « mouvements aborigènes » antérieurs
Ricci Institute, 2008. dans d’autres démocraties développées (Canada,
USA, Australie, Nouvelle-Zélande)…
Collection dirigée par le Professeur Paul Servais,
avec la collaboration de Guillaume Gillard.
Séminaire d’études taiwanaises
Working papers
N°3
ISBN: 978-2-8061-0081-8
9 782806 100818
www.editions-academia.be 11€ - 12€ hors Belgique et France
Civilisation chinoise et minorités ethniques
Olivier Lardinois


Civilisation chinoise
et minorités ethniques
L’émancipation des aborigènes
de Taiwan. Un modèle ?




Olivier Lardinois


Civilisation chinoise
et minorités ethniques
L’émancipation des aborigènes
de Taiwan. Un modèle ?





Séminaire d’études taiwanaises. Working papers, 3

Louvain-la-Neuve 2012




Séminaire d’études taiwanaises. Working papers, 3
Direction de collection : Professeur Paul Servais, avec la collaboration de Guillaume Gillard



Ce volume est issu des conférences données à l’Université catholique
de Louvain de Louvain-la-Neuve en novembre 2011 par Olivier
Lardinois s.j., professeur à la Faculté de théologie de l’Université
catholique Fujen à Taiwan. Leur publication a été rendue possible
grâce au soutien du ministère de l’Éducation de Taiwan. Elle a béné-
ficié d’une relecture attentive de la part de Madame Françoise
Mirguet qui a bien voulu en assurer la mise en page.








D/2012/4910/44 ISBN 978-2-8061-0081-8
© Harmattan-Academia s.a.
Grand-Place 29
B- 1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé
que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants
droit.
www.editions-academia.be

Avant-propos
Taiwan occupe, en Asie orientale, une position singulière. Aux
marges du continent, l’île constitue un carrefour majeur entre les
nations proches – Chine, Japon, Philippines. En ce sens, étudier
Taiwan, c’est en quelque sorte être introduit à une déclinaison singu-
lière de problématiques que l’on retrouve dans toute la région.
Ce volume est le troisième de cette série.

Les caractères chinois utilisés dans ce volume sont les caractères non
simplifiés, encore en usage dans le monde chinois non soumis au
régime communiste. Pour la transcription phonétique des termes
chinois de ce volume, on a généralement utilisé la romanisation
Pinyin qui est aujourd’hui d’usage en Chine continentale, ainsi que
dans la plupart des cercles internationaux. Une exception a toutefois
été faite pour les noms des villes les plus importantes de Taiwan,
pour lesquels on a utilisé le système Wade qui est encore largement
en usage en Chine insulaire. À Taiwan, on romanise les principales
villes comme suit : Taipei, Hsinchu, Taichung, Changhua, Chiayi,
Kaohsiung, Pingtung, Hualien et Taitung, et non pas : Taibei,
Xinzhu, Taizhong, Zhanghua, Jiayi, Gaoxiong, Pingdong, Hualian et
Taidong. De même, on a conservé la romanisation Wade pour
orthographier les noms et prénoms des personnalités taiwanaises de
l’époque contemporaine.
1
Introduction :
pourquoi parler des aborigènes taiwanais ?
Sur une population de plus de vingt-trois millions d’habitants,
Taiwan compte quelques cinq cent mille aborigènes issus des popu-
lations malayo-polynésiennes qui vivaient sur l’île avant l’arrivée des
epremiers colons chinois au 16 siècle. L’étude chronologique de
l’interaction entre ces populations autochtones et une population
chinoise aujourd’hui largement majoritaire est riche d’ensei-
gnements. Elle permet de mieux connaître « la manière spécifique-
ment chinoise » de contrôler et gouverner les minorités ethniques.
Elle s’avère également intéressante en ce que l’histoire des abori-
gènes de Taiwan diffère de celle des minorités de Chine continen-
tale, étant marquée dans une époque récente par l’histoire même de
l’île : cinquante années de protectorat japonais (1895-1945), la con-
version massive des aborigènes au christianisme (1945-1965),
l’industrialisation rapide de Formose (1965-1985), l’émergence d’un
contexte politique démocratique (à partir de la fin des années 1980).
Ce séminaire d’études taiwanaises essayera d’aider à comprendre à la
fois la politique des gouvernements taiwanais successifs, et la réac-
tion des aborigènes, souvent plus subtile qu’on ne pourrait le penser,
tout au long d’une rencontre interculturelle de plus de cinq siècles.
Nous découvrirons ainsi que l’émancipation et le renouveau culturel
des aborigènes de Formose ne s’origine pas seulement dans des
facteurs internes à la société taiwanaise, mais aussi dans la conver-
gence d’influences extérieures : le protestantisme presbytérien ;
les missions catholiques ; la redécouverte de travaux d’anthro-
pologues japonais célèbres ; l’émulation de « mouvements abori-
gènes » antérieurs dans d’autres démocraties développées (Canada, 8 Olivier Lardinois
USA, Australie, Nouvelle-Zélande) ; et enfin, l’apparition récente
d’une théorie défendant une origine taiwanaise des populations ma-
layo-polynésiennes (théorie contestée de l’anthropologue australien
Peter Bellwood).
Nous tenterons aussi de situer et d’analyser la version taiwanaise des
problèmes sociaux rencontrés par les minorités indigènes de la majo-
rité des démocraties au niveau économique élevé : la précarité de la
vie d’un grand nombre de familles marquées par l’alcoolisme, la vio-
lence et les suicides ; une espérance de vie bien inférieure à celle des
autres habitants du pays ; l’incapacité de beaucoup de jeunes de
s’insérer dans une vie sociale « normale » ; une élite nouvelle qui
profite le plus des politiques positives discriminatoires sensées aider
les plus démunis ; le risque de voir basculer toute une frange des
populations autochtones dans une situation d’assistanat à long
terme.
À côté de ces grands défis sociaux, notre séminaire se penchera aussi
sur les atouts de la société aborigène taiwanaise. En d’autres termes,
nous essayerons d’identifier en quoi la présence d’ethnies aborigènes
à Taiwan constitue une chance, non seulement pour les habitants de
l’île et la société locale, mais aussi pour la région Asie-Pacifique dans
son ensemble.
En matière de conclusion, nous tenterons de répondre à la question
suivante : l’émancipation des aborigènes de Taiwan peut-elle être un
modèle parmi les minorités ethniques de Chine continentale, et
pourquoi pas même ailleurs?