Congo démocratie

De
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Constitution nationale inadaptée aussitôt expérimentée, tissu social déchiré en plein défi d'unité nationale, économie catastrophique sur pari de reprise, morts publiques ou mystérieuses, assassinats non revendiqués, enlèvements dont l'origine et le déroulement restent mal élucidés... tous ces indicateurs témoignent une fois de plus d'un système politique inadéquat. La lutte contre l'insécurité devient le point cardinal de l'instauration de la démocratie, désillusionnant ainsi le rêve du redressement, de la relance économique, du respect de l'être humain... prôné par la Conférence Nationale Souveraine. " Je ne circule pas librement et je laisse faire du désastre, des destructions de ce pays que j'ai connu il y a 30 ans : j'en ai été le Premier ministre. Je reviens aujourd'hui 30 ans plus tard, c'est le désastre. C'est pénible. C'est dur. Avec une dette que vous ne pouvez pas comprendre. " Ces propos de Pascal Lissouba témoignent qu'il doit lui-même en convenir aujourd'hui : la volonté politique n'est pas tout, c'est la capacité et la compétence à confronter cette volonté avec la réalité qui décident de la trace laissée dans l'Histoire.
Publié le : dimanche 1 janvier 1995
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EAN13 : 9782296307346
Nombre de pages : 288
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CONGO
DÉMOCRATIE

Les références

Calixte BANIAFOUNA

CONGO
~

DEMOCRATIE
Les références

VolumeII

Éditions L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Photo de couverture: La paysanne longtemps marginalisée de la querelle politicienne des citadins n'attend rien de tous les systèmes importés et continue de vaquer, indifférente, à ses occupations quotidiennes.

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3548-3

AVANT-PROPOS
Plus qu'un support de l'Histoire d'une époque et de la vie politique au Congo, ce deuxième volume, annexes des DÉBOIRES DE L'APPRENTISSAGE, constitue un véritable outil de travail et vise à répondre à deux ambitions : Première ambition: pallier au manque de références. Hommes politiques, chercheurs, historiens, responsables d'entreprises, étudiants, administrateurs, etc... se confrontent souvent à cette carence faute de bibliothèque organisée au Congo. Qu'y a-t-il de plus fâcheux pour un Député que de manquer la référence d'un texte de loi ou pour un étudiant prêt à soutenir son diplôme que de se voir ajourner pour ignorance de dates importantes sur le sujet traité? Comment ne pas en venir à craindre le dialogue politique, à dissimuler la réalité et à opter finalement pour la violence lorsqu'on ignore le contenu d'un document faisant foi de ligne de conduite dans le débat démocratique? Cela s'est observé! Aussi, ce recueilâ d'annexes est-il tout trouvé pour combler ce genre de lacunes. Deuxième ambition: authentifier le récit des événements. Le volume 2 offre des documents authentiques. Il est structuré suivant l'ordre chronologique de l'évolution des événements décrits dans le volume 1, dont il est indispensable de se procurer.

CARTE ETHNIQUE DU CONGO
(Source: Ministère de l'Éducation Nationale Congolais)

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I

- LES

REVENDICATIONS

DE LA

LÉGITIMITÉ

DÉMOCRATIQUE

1.1

- Des intellectuels de la génération
des années 1960 : 26/7/68

Monsieur le Président de la République Notre pays -traverse en ce moment des jours et des nuits d'angoisse au cours desquels nous craignons de voir s'écrouler l'édifice qui reste encore le phare d'une Afrique désireuse d'indépendance réelle et l'exemple d'un petit pays qui a décidé de prendre le taureau du sous-développement par les cornes. Les quatre signataires de cette lettre n'ont pas l'intention, par une telle démarche, de se porter candidats à quelque poste de ministre ou de membre du Bureau politique. Nous voudrions simplement couper court aux spéculations de tous ceux qui cherchent à faire des intellectuels des apprentis sorciers assoiffés de pouvoir. Par les responsabilités que nous occupons ou avons occupées, nous pensons que la solution de la crise actuelle ne réSide pas dans le remplacement d'un HOMME par un autre; que le savant le plus génial, l'artiste le plus doué, n'est pas forcément le meilleur politique. Il y a une réalité économique, sociale, internationale et culturelle, complexe et en mouvement, non encore étudiée, et que les slogans les plus humanistes ne pourront refaçonner en un tour de main. Lénine, si souvent cité, avait coutume de rappeler que le pouvoir se prend en un jour, quelquefois en quelques heures, mais que pour transformer l'économie, il faut des dizaines d'années et, pour transformer l'homme, il faut bien plus encore. La pratique de notre propre Révolution nous autorise à nous défier des recettes politiques tant il est vrai que l'expérience de la vie fait refuser aux peuples, aujourd'hui, de recevoir le socialisme comme un dogme figé: comme la science, il progresse et ne nait que de la réalité objective. Pour tout citoyen conscient, l'alternative est claire; il s'agit de prendre position pour ou contre le désordre et l'anarchie qui remettraient en cause les acquis d'une économie encore fragile et emporteraient dans la tourmente les fils qu'elle a mis tant de temps à former, faisant du Congo un pays exsangue. -8-

Permettez alors. Monsieur le Président, que nous vous apportions notre analyse, notre compréhension et notre soutien dans les termes et les limites que voici. Votre appel du 22 juillet dernier, Monsieur le Président, a suscité en nous une impression inconfortable. Connaissant votre riche personnalité, celle du combattant d'avant ao1lt 1963, connaissant votre courage pour avoir vécu à vos côtés les heures les plus douloureuses sinon de notre histoire, du moins de la Révolution, on ne peut qu'être surpris, voire ému. Qui n'a pas été séduit par les discours, les positions fermes et courageuses du premier Président de la première Assemblée nationale, face à un Youlou au faîte de sa gloire, tout puissant et tout despote! Qui ne reconnaît en vous le défenseur zélé de ces étudiants honnis par le pouvoir en place, persécutés et pourchassés? Vous avez, par votre action personnelle, contribué à faire admettre dans la masse d'abord, à imposer ensuite dans la vie publique, ces fils légitimes du pays. Ces fIls ne peuvent et ne souhaitent être quittes d'une dette aussi lourde envers vous. Le moins qu'ils puissent vous dire aujourd'hui est qu'ils ont grandi et qu'ils souhaitent lever les malentendus et les équivoques créés et entretenus par les seuls ennemis de sa Révolution. Monsieur le Président, aux heures les plus sombres, les plus douloureuses de la Révolution Congolaise, certains d'entre nous furent à vos côtés. Il vous souvient comme d'hier le piteux spectacle qu'ils offraient, tremblant de tous leurs ressorts, dramatisant tout, craignant leur propre ombre! Comment ne pas, avec la rétrospective, admirer votre belle assurance.!... plus que tout, cette phrase que nous rappelons en substance, qui nous a forgés et façonnés : "La peur n'est pas remède contre le danger, elle en est parfois la cause"... Il est difficile, Monsieur le Président, avec tout le respect que nous vous devons, de reconnaître notre combattant à travers l'allocution du 22 juillet. Est-ce assez dire? Chaque citoyen est volonté: il est vouloir et pouvoir. Ce pouvoir, vous le rappelez vous-même, vous a été confié, volontairement, sciemment. Comment concevoir qu'il rot mis aux enchères ?

-9-

Monsieur le Président, quoi de plus grave qu'une rupture deux fois presque consommée avec la France, dont nous sommes encore largement tributaires, quoi de plus dramatique qu'un déferlement militaire à votre domicile, qu'une flambée de tribalisme agressif, qu'une vague de terreur, emportant certains de nos meilleurs fils, quoi de plus préoccupant, de plus affreux, que le déferlement du commando de la mort pendant des semaines, que dire des colis, ces "oranges" d'un type spécial, dont des yankees, que dire enfm de cette action perfide de l'impérialisme dont Debreton et Laurent semblent être les sous-produits de la pire espèce? Rien de tout cela ne vous a fait départir de votre calme, de votre sourire légendaire, de votre propos incisif. Q'est-ce donc qui a pu, ces jours derniers, être non seulement tout, mais plus que tout ce qui vient d'être rappelé, une élection inopinée au niveau d'une région? Une vague de contestation des jeunes, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est pas l'exclusive du Congo? Est-ce enfin la maintenant légendaire rumeur des complots d'une institution bien congolaise: "radio-trottoir" ?.. La région et la tribu constituent, à l'heure actuelle au Congo, deux réalités objectives qu'il serait souhaitable de prendre en considération. Nous, citoyens de ce pays, nous sommes, malgré nous, prisonniers de nos origines ethniques et régionales. Dès lors, nous devons nous attendre à ce que cette appartenance à une région, à une tribu, s'exprime d'une façon ou d'une autre. Il dépend de l'organisation de la vie nationale et du fonctionnement des institutions publiques, que cette expression revête un caractère constructif. Quoi qu'il en soit, il ne convient pas de surestimer les manifestations de cette appartenance. Ce n'est pas parce que cette appartenance est réalité qu'elle doit constituer un obstacle à l'édification rationnelle de la nation. En d'autres termes, notre attachement à notre patrie doit nous interdire de penser que, faute de pouvoir venir à bout du tribalisme et du régionalisme au niveau mental, il n'y a plus d'autre voie à l'édification du pays qu'un appui total et exclusif sur sa tribu ou sa région: le Congo de demain sera l'oeuvre de tous ses enfants~ou ne sera pas. L'année 1968 a cette particularité d'être marquée, dans bon nombre de pays du monde, par une énorme vague de fond que roule la jeunesse et qui tend à remettre en cause les structures établies. Une analyse, même sommaire, de cette réalité, -10 -

montre que cette protestation s explique, dans une large
I

mesure, par le fait que la jeunesse est tenue à l'écart des problèmes brdlants de son pays et que, de ce fait, elle n'en saisit pas les dimensions et les multiples aspects; faut-il alors

s étonner qu'elle conteste les solutions parfois laborieuses que les responsables tentent d I apporter à ces difficiles problèmes ? n nous semble nécessaire de commencer par définir les conditions d'installation du socialisme en partant d'une analyse objective des réalités de notre pays. n faudrait, pour cela, résoudre un certain nombre de préalables, la notion de démocratie ne saurait être la même dans des pays qui accusent des différences énormes dans leur développement économique. La nation congolaise doit être étudiée à partir du matériel humain et du fonds traditionnel "in situ". La définition d'une certaine éthique de l'individu dans la société congolaise mérite toute notre attention. Toutes ces notions élucidées ou définies, au cours de discussions franches et loyales, devraient concourir à l'élaboration de notre propre démocratie, préalable et tremplin vers le socialisme scientifique. En dernière analyse, nous voulons considérer votre déclaration du 22 juillet non comme un défi, mais comme un appel à la raison, à la sagesse, à la franchise et à la coopération. C'est pourquoi nous nous permettons de dire que les conditions d'édification du socialisme ne sont pas réunies. Il faut donc, sous peine de dévaloriser ce terme, le mettre pour un temps entre parenthèses car quand bien même vous souhaiteriez l'appliquer, une analyse de notre société montrerait que vous

I

du n I auriez.pas suffisammentde collaborateurs haut au bas de

l'échelle pour empêcher que ce rêve ne se transforme en un cauchemar pour un peuple qui ne peut encore saisir totalement les subtilités que Marx a conçues au terme d'une longue quête philosophique et scientifique. Commençons simplement à ne parler plus que de "DEMOCRATIE NATIONALE". Cette. doctrine méritera une mise au point plus élaborée. Nous vous proposons d'en faire le thème de cette nouvelle étape de la Révolution que vous avez fixée à partir de la semaine qui suivra le cinquième anniversaire des "Trois Glorieuses" . Dans cette optique, il est certain que de nécessaires réformes doivent être aménagées. Qu'il nous soit permis de suggérer à cet effet la désignation d'un Comité de personnalités de votre choix, chargé de dégager les lignes -11 -

directrices des actions futures dans le but d'assainir l'atmosphère et de résoudre l'unité nationale. Monsieur le Président, les cadres intellectuels ne sont pas à l'affi1tde postes mais souhaitent que l'on considère qu'ils sont, à leur manière, susceptibles d'apporter leur contribution à la construction nationale. On leur reproche de contester" Mais c'est leur manière d'être. Tout intellectuel est habitué à contester. Les connaissances n'avancent que par la remise en cause des principes établis et des travaux antérieurs, ce qui ne veut pas dire qu'ils veuillent par là se présenter en candidats légitimes au pouvoir. Monsieur le Président, voilà ce que nous voulions vous dire, dans ces moments difficiles. Si notre phrase est franche, elle n'a pas pour but cependant de vous accabler, mais de vous aider à faire le point et de vous assurer de notre confiance. Le découragement qui sentble vous habiter est la raison d'un long travail sans repos au service du peuple. n ne doit pas vous conduire aux solutions du désespoir. Si notre lettre ne réussissait qu'à vous faire sortir de l'isolement où vous avez l'impression d'être, nous aurions atteint notre but. Encore un mot, c'est pour expliquer pourquoi nous ne sommes que quatre: c'est que l'urgence de la situation ne nous permettait pas de toucher tous ceux qui pourraient s'associer à ce document. Nous serions heureux que d'autres personnalités - intellectuelles ou non - s'y associent, car, nous tenons moins à la paternité de notre opinion qu'à ce qu'il reflète le point de vue du plus grand nombre. Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre soutien révolutionnaire et l'assurance de notre considération la plus respectueuse. Brazzaville, le 26 juillet 1968
Pascal Lissouba Professeur au Centre d'Etudes Supérieures de Brazzaville Henri Lopez Directeur Général de l'Enseignement Jean-Pierre Thystère- Tchicaya Directeur de l'Ecole normale Supérieure d'Afrique Centrale

Jean-Edouard Sathoud
Directeur adjoint de la Banque Centrale

-12 -

1.2 - De Bernard Kolelas . 7/11/88 et 20/11/89

A

Monsieur

le du

Président Congo

de

la

Républiq

Populaire

Brazzavillp.

Monsieur le

Président,

A travers les lignes qui suivent, j'ai l'honneur de Vous
adresser tion à la respectueusement, ~olution de la ce grave que je considère que traverse CoŒme une contribupays. crise r~tre

Monsieur foi chrétienne, les

le

Président,

mes

convictions de la

poli pratique

tiques du

et

ma

enseignements

tirés

socialis-

me scientifique au Congo et-une analyse approfondie de le. ~rise à laquelle le Congo se trou~e confronté, ",'ont ~~on~_à la conclusion suivante: le remède à cett8 crise qui n'est pae seulement économi'tu; et financière, mais aussi socio-culturelle et morale, passe obligatoirement par une rencontre des coeurs et des esprits, sntre tous les fils du "aY9, toutes tenda!'lces poli tiques confondues.
Il et ~oJi Le direct. hones but de qui Il du Cette nous faut faut pays, mettre que sur~pied tous est de les de une fils autour stf:1ctura d'une seule de di"-"-o,,,~e les franc ccurant8

représentanttous
en.

se t:-ouvent

rencontre peI>Dettron-:;

recherche.'

moyens

sortir

et m~"'e table. ,,,<OS or lu'''''Le_ le paysid'u!1s s1'o,atio:1 cie

pourriese",e!)t' continu,

avec toutes
laisse les

to tale qui ne peut conduire '1\t'il sa ruine les conséquences imaginables et irlimaginables, si O!'l
suivre leur cours actuel.

choses

-13

-

/tonsieur

le Président,la solutiondes problèmes auxquels

ies peu.le~ et les r.ationsde notre monde sont confrontés, se trou;,e d3ns leo coeur,;dos hor.mes. Il suffi t que les ho..""es s'entendenZ et
se conc~r'c..t, si..cbt.~:.!c,"; :.onnête,.!dr!t, .t il suf.":. ,~u'ils t
et

",'ul~:.SC1>'l-

plient leurs énergies physi,!ues, intellectuelles, corale"
tuelles, des les unes par les autres, ils par\ri.ennent toujours quels si vous oUX prooli>,ues -lui les assaillent, Je vous l'avais déjà dit !lonsieur le Président solutions

à

trouver soient. rappelez

qu'ils vous

bien, lorsque vous nous aviez reçus à votre
Mpila, après que noUs ayons recouvré notre sui te du !'ameux .complo t d' AoQ t 1978".

ancielU}e liberté

résiden~e à la

confisquée,

Le délabrement économique, social, culturel, moral
ri

et spimentapoli ti-

tue1

dc notre
crée une à

pays
telle

a atteint
pesanteur

un

tel

état,

indui t une

telle
ou

li té,

qu' aucun

groupement

social

que

ne peut

lui

seul,

y apporter

la solution

que

notre

peu:ole

ap-

pelle venant d'opérer
parÛt

de tous

Bes voeux. les

Seule

l'union

de tous

les

Congolais,

le

concours de toutes
de toutes un réel

ini tiati ves, de toutes les honnes volc.'ntés les sensibilités politiques, me parût capable redressement d'une crise toujours croissante. Il ronde

1'aut des mesurescourageuseset inhabi tuelles.Et la table
le !'orum indiqué, pour prendro de telles mesures,

me

à l'échelle

nationale. Bre!',le salut de notre pays 1)a:>,;. un consensus napar tiOI".a1. C'est

une véri té incontournable.
à la Révolution Congolaise qui vient de fêter ses

Quant 25 ans

d'âge,laquelle fUt porteuse d'espoirs eL ~e bonheur, ~lle a d'ores et déjà atteint ses limites.L'édification d'une société socialiste de type mar-..ciste au COngo, qui est la fin qui justifie tous les ~oyens dans notre pays, pour laquelle notre peuple a versé 53 sueur, ses larmes et son sang, n'aura pas lieu. Ellen'est plus qu'u. mythe, un vieux chèque suns pi'onslon. ro ;>""t, Ctta. 'f'est p'" une surpri se. Je savai depuis s longtemps que la poli tique de di 'Ii siû

systématiqueentre
1a 'de aolidari té et la vie sociale,

les fils d'un m~mo pays,ne pouvai t ltu''Ai:ral>r.
"H'

dans un milieu où l'esprit de fam111~ élargie, le sens de pbrtag6, communion sociale, ont toujours été les bases Je l'avaispubliquement dit au Président Marien h'GOUhbl at dux responsables piUi ti~1\p.s du pav~ ,'ui. l'entourai~nt, la

-14 -

Lor~ de mon arres\apon

et de ma conè.amnapon ilmort.er:-1969. L~

l'résident NGOUAEIm'anti

t certainementcomprispuisqu'à plusie'.l':-s

reprises, il fera état de mon opinion dans ses discours, MaL'lo,-,:-o,,_ sement, il avait ~é:lig~ mdS conseils et le fond de ma pensée poli Pque.

Plus à'une i'oi l'échecde la politi ,,-ue dévéloppement s, de en mainUdomaines, et celui de la théorie ma.rx:i.ste-léninisteur le s plan pratique, a été officiellement recor.nu dans des déclarations
faites à l'occasion des réunions du Parti, du Gouvernement ou des

Organisations de masses. CitonHe
sont déniers pour CFA votre le 22 le de demeurées publics: secteur chroniquement "400 d'Etat 1985", clÔture Il Y en a milliards qui a fait

secteur d'Etat, où J.es Entreprise:
véritabJes CFA ont 20 été gouffres débloqués de Franc: dans PCT., de~ de Francs

déficitaires,

enregistrer Monsieur du

milliards le Président,

défi ci t en discours Juillet vous bon de 1987.

déclariez-vous de eu la session

Comité sur

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conférences trilogie Entreprises

Entrepris~s pour Services veilAdmi-

d~Etat; ler au

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dans le secteur

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sec teur

d' Eta t.

En tout caS le divorce entre la
e_L ,'n.: Entreprises d'Etat et les Organes

théorie et la pratiq"e,
l'inconsclen<;o ~

. .,','.C:""~:1i;. P'.rtout, dans l'Ad.rni1cistration, comme dans le: du Parti,

compétence professionnelles, l~absentéisme et 10 laxis.'Ue, mar.c;.u le de respect de la chose publique, l~lncurie, la gabégie, la cor:-.:;:tion, les malversations, la mauvaise gestion des ressources h=a~h ont persi sté. Sans oublier bien ffilr,
G.ui r. I\~C part importante la mauvai se t:estiorl d~s fi,,,,". dans l \effondrement de l' économi e cor.g~c"v~ .1.< 1q S~nt<...0la>.se~, et d<.n'- 'autres <l.OII,,,,,,,\eS, .:ot~l\.I'>J.,t d l'a~~>=t .r:ee publique a grave",cnt diminuP., "ver !.3 li~UJ.<1"l;or, <L

.

-15

-

l' EOp> tal Ger.':ral de Brë.::"',Ule, recuplacé par un cen ~re ho ~p> tall ~,. univers:'CJ.ire, où tout eo: payant: 7.000 Frs CFA par jour pour 1" salle d'ho spi talisation ~ë. moins chère, sans compter les frais d'ordonnances et d'examens <'..:'.".rs. Tandis que le pouvoir d'achat en Cor.tinl1elle déc,r3d"ti.on, aggr"ve la misère du peuple, et que lq je'''''''OOSé est de plus en plus convë.O.ncue' qu'il n'y a plus d'avenir pour elle, malgré la participation "c~ve de ses représentants offici,Üs à la direction du peys. Et bie~ d'autre maux ont continué à se dévélopper; mà1gré le ils que telle qu'à aient été officieUe, enseigne 9rendre les dénonoés officiellement, Une autoc~tique qui qu:elle devants, a m~e une donné espèce que je ne veUX pas exposer fait que de temps en temps, ic

dans le cadre de l'autocriti._ n~a j2mais produit d'effet. l'impression de couverture qualitatif propagande

A

de n'~tre
subtile.

destinée

venu.

Ainsi l'éducation

donc, le changement cODununiste, et la

de l~ho/Dt1è n'est pas du PCT menée de façon

intensi ve et permanente_, n~ont pas réussi à transformer l~hoa:me. Le degré de morali té dans le paya n'a fai t que baisser. Le vol est presque devenu public. Dans les marchés et en plein jour, les voleurs volent au vu et par peur d'~tre au su des tapés par marchands qui n'osent pas ouvrir la bouche, lea cembrioleurs. Bref, la dégénérescence de nos tradi tions morales, bat le

de nos bonnes moeurs, la décadence plein e't inquiète le peuple. Il rcssort que, du PCT a abouti à l'effet

dans de nombreux domaines, la contraire, par rapport au but

poli tique Vi~é offi-

ciellement. Illustrons cela par quelques autres exe"'ples, en plus des contradictions déjà é=érées. La propagande contre la bureaucratie qui fut l'une des cibles du Parti, a engendré un in<:uiètant phénomène de bureaucl"atisation galopante. La lutte des classe s~est compliquée et e=lchie des luttes tribales, 'luand celleoo-ci n'ont p"s purement et sicplement p:-:cs la place de celle-là. Quant à l'Etat de dl'Oi. ~ '1",( "l".>:!rdt ~~r" ::":t.\t wr.col~is, iL ja."d, .t po..,. l.""- c'ri" dible, garan~r et tradu.ire dans les faits, le respect de la loi, l' éBali té de s ci toyens de'/ant la loi, etc.. On évi terai l'I\rb:!;;i.traire, Et ce ne ~c:::t pas là des mots en l~ai'ir parle fut libéré en AoO-~ :979, après un an de détention Arreté apri>s de Mltve\lu 1982, il a été seulement libéré 4 ~ns et j mois de =étentio'n sans jU9,...t. le
::t

t ai nsi Celui qui sans ju,;-eme:1t 2 .\oO-t 1986,
j'oublie d''lutrc

-16

-

exemples,

sonne humaine, qui

et j'oublie aussi les trai te:::e":" di't:radants pour accompagnent ces incarci'rations.

la

0-01"-

~onsi"ur le Président, le régi~e est totale, Et je ne suis pas seul à le consta:er. plus autorisée a eu le courage, de.le déclarer le:; responsables des Entreprises d'Etat, et la
Bureau Syndicale que faire Poli tique en effet, après Sécrétaire avoir e, fai t avai t Général entendre di t que par du de on a

dans une impasse une personnalitL le 3/12/87 devant Voix de la Révolula qu~on ce sont Confédération ne savai tous enregi ajoutera postes états de majors poet que, poque t plus le~ stré que di-

tion avai t diffusé cettre très importante déclaration. Le Membre du
de Congolaise, pour sauver poli domaine tiques de la

l' économi qui gestion sont sont

responsables dans tous rection des le les

concernés

1: échec Il aux les

économique passés que tués à tour

pays. rOle vu

responsables de nos

Entreprises, d'Etat éonsti de

souvent

Entrepri.ses du cela, toujours à

entièrement de l'URFC, de

des

responsables etc., Et

li tiques malgré selon

syndj,cat, ces le

l~UJSC, sont la CSC,

l~p'NEAC ci taires. les

Entreprises S.G, de

demeU7ées ce sont

défi tous

responsables

litiques

tous

les

niveau,

jusqu'aux

militants

du Parti

qui

sont

~oncernés, quand'on pS:X:le des détournements, des malversations. Et le premier responsabl,e de la CSC, de s'interroger, s'il fallai1: faire venir les étrangers
"QUE'FAIRE

pcur

nous

relever

aux

postes

de direction

de

n.otre économic. imbro~lio": taureau par

? Nous nous trouvons dans un véritable
tau t en recommandant de "prendre le

devai t-il les cornes.

con"lure,

Oui,

que

faire?

C',està cette

question brO.lante que

devra répondre la table ronda que je vous suggère d'organiser pour une: concertation nationalc. RUe réunira les responsables du PCT,

le" chrétiens, les autres croyants, ainsi que
rer,..~sentRn~ d'autres courants d'idées.

d'autres fils du pays,

camp te de la con jonc ture

canna! t no tre pays au seul internationale, est une erreur d I appréciation et d'analyse. La vérité est que 11\ crise congolaise est cot>joncturelle à et structurelle à Bof', .<:t il semble m~me que Selon moi, me ttre la cri se que

20'i'

j'use d'un eu'phémisme,

dans ma 'propreappréciation.

-17-

Voilà la réalité qu~il faut regard~r en face, qui nous demande de prendre le taureau par les cornes, mais les vraies Corn. Je vous assure Monsieur le Président, qu'il n'y a pas pour notre pays, de salut en dehors d'une structure d'union nationale, d'une
réconciliation de tous les Congolais au sein et autour du peuple aides sc étra On
dan~

verain. Hors de cette voie, tout est voué à l~échec.
gères
peut

Les

quelles
verser

qu'elles
toutes les

soient,
eaux de

seront
notre

inopérantes
majestueux

inefficaces.
fleuve cor~o

ùn rot au fond percé, on ne le remplira jamais. C'est un tn.u.sme.

Aucun un rejet de mes si

prétextè

du

PCT,

à

mon

avis. ves,

ne

saurait pays

justifier se trouve

prol'O si tions

constIV.cti

quc.r.d le

dans
daire

une
pour

passe
notre

mauvaise.
pauvre

Ce serai t
Car

simplement

absurde
qu'on

et suicipeut tirer

peuple.

l'enseignement

de la
qu'elle du

situation
remet En en

que con.na!t le Congo
question le PCT la capacité

sous
de

la

direction
du

du PCT,
PCT, à la

est
tête

pilotage des en

pay9.

clair, des

a absolument nationales

besoin qui sont

apports dehors

extérieur du Parti,

c'est-à-dire,

énerg.ies

qui

sont

sous-utilisées

ou pas

du tout utilisées,

pour

la

construo-

tion d'une société
Les titre déli

cOnRolaise plus juste et plus fraternelle.

marxistes-lémnistes

congolais

pourraient-ils proposi

peut-

justifier
té aux lois

une
et

fin

de non recevoir
universels

à mes
du

tions,

par

fiaux-

principes

marxisme-léninisme,

quels ils s~accrocheraient toujours avec cet exclusiVi=e vieillissant9 Ce serait une attitude qui risquerait d'.Hra

::>arxiste qualifié

d'i'lsincère, et irréaliste et anachronique au regard r.ot=ent de ce 'lui se passe sou)jle ciel de la mère patrie du com:nun; sme intcrnat:;.onal, l~URSS, où l'on Vit dans le mouvance de la perestror).: .+ du glasno st, où l ~,onest en train de revec:irrawr:<}Jrincipes capi listes, 01\. lIon s'oriente vers la trangparenQ., verst'duocratie polinque da.. Libéral,où les p~.~".l" l'cdevian"ë..C """..: Cre,. l~s

'J'pe

de leur terre", où le Parti s'ouvredéjà étaient tenus en marge, qui étaient hier et ce, dans l'intérl!t des peuples d'URSS.

au concours de ceUX qui les indésirables du syst;, Ce serait ignorer

les changementsqui se sontproduitsdans l'Etat le plus

égal"",e peuplé de la sphère' communi s te et du, monàe, .1.. (;iLine de Deng Xi sopi ng' oil l' 0 a ueJe. po:s cal mis de ~'e',u clant kr..l~ r.~"u~i,s1;e, ';an< l'ir.tti!'~t du )leuple' chinois etJl'humamsme
,J>,

umverse '

l

.

-18

-

:':onsieur le l'résident,ous devon. taire nos mJchancct.; n et nos hair.es, nos récriminations et nos rancunes, nos égor"",es. et nos querelles dans l'intér.H de notre peuple et des génération" congolaises futures. i'lousevons pour cela faire appel à r.os v:lletl. d [,,,rzJ.es ~t s;>iri tuelles. De telle sorte que la vertu morale ,,"~ ~ et Sachons que les ma ti va tions p"ycholocentre de l' ac tion poli tique. giques sont aussi un facteur important dans la motivation d'un peuple, de tou;; le peuple. Et Que seule la diloension sui ri tuelle ""t la vraie ~ar3ntie des valeurs supérie~.res Qui assurent l'har:nOl'.ie , des communautes humaines.

.

L'entente. L'entente que je préconise sera assise sur la base de nos valeurs communes, ui fondent ~a perconnali té de no trc peup1e. Ce sont l'amour iraterne1, 1a vérité, 1a justice socia1e, 1a paix, é1argie, 1'hospitalité,l'esprit de i<!L'lille soli dari té, 'le respect .et la digni t de la personne humaine, le droit à la vie, la convnunion SOCia1e, etc. C'est sur la base de ces va1eurs humaines et. sociales Que reposait notre société traditionnelle. Et cette table de va1eurs nous fait partie internationa1e, prenante;! dont à cette priorité de l~âthique 1tATSOUA André Grenard, illustre de bataille: les de la société défenseur de et 1a 1iberté, 1'intégrité, le sens de partage, 1a

notre peu1>le. fit l' ép;a1i té raciaJ.e. Voilà la

son cheval

drai ts 'de l 'homme

nationa1e. Et on n'a gique" particulière,

base sur laquelle nous allons b:J.tir notr~ entent pas besoin d'une "uni té de conception idéolopour cela. La seule idéologie qui soutient ou

justifie

ces valeurs

fondamentales,

est une idéologie

infuse. U!1C

idéologi3 innée. Elle en sommeil ou en éveil que celui-ci l'étouffe

est dans le coeur de l~hornme. Elle se trouve dans la conscience morale de l~homme, selon ou se met à son écoute de façon permanente.

~:onsieur

le l'résident,

dan~ votre message':'

.l:> .ul.o>,>,

à l'occasion du 25ème anniversaire lancé un a~1)el à l'unité nationale. dire Aussi, voir que cet.te r~~ idées voulu idée se sont seulement reccupées, par cet ai-je

de la Révolution, vous avez Je peux donc me permettre de à ce point éori t, de nos r~tlexion". mon souci qui rér;ondfr'q è~~.'l monde de maniJrester

concrétisée

et utili~~a

dans un sens

:"'att~nte de r.o~'popu.li.tio":, ~t i~it Ai"11. 10' battus des conférences nationale, et du Parti, dont

"or'i~r~ tout le

-19

-

33.J.

t qu' elles n',ont rien donné
(liais vouloir d~uni je pays, donne et la té

par

la

sui

te. et une :ncille'lre ne difficile fai t. suffi u~lisa::. ~ pas.

con?rétisation ou d',union opinion ce ql!e

sation Il que fallai

du connaJ:t

concept t que le

nationale, sur j'ai la

mon c'est

si tua:ion

Monsieur

le

Présidedt,

tout

au long

de ma lettre, de la a.me et

vous vérité. con,...

n~avez entendu que la voix d6 rea conscience, Et j~.esp~re 'q;"~;éll'EJ rencontF~r~ dans votTe ci ence,)un écho favorable.

celle propre

Enfin permettez-moi, en' terminant, de reprendre un met de se~siot1 budvous, prononco! le 6/ll/84 à. l~occasion de" la première gétaire de l~:Assemblée Nationale Populaire à savoir: 'le " peuple aime toujours la vérité, m~e qüand elle est dure".
Veuillez les assurances agréer da. mes Monsieur'le respects,
"

Président ainsi

de que

la

RépUblique, de
0.

profonds
',II".

l'<'Xpression

ines
,'"

se~timent;ïes , ,
i,~. ' 'i"

.

plUs;!'sinc~res'.

~
'" ',:.:)',.

..

;

"

~r~F"":~'"

- . 'i
BrazzaVille " le

,

,

"

.'

.,'

...?: !tif. ,'.,' ,'.1988

'

..~

B.

KOLELAS

- 20-

Ber:ni.rd XOLELA8 ~c1en Secrétaire Général 'dü;Hinistère des Affaires ,Etrangères de la Républi"qu~ du l;'ongo
,

744,' Route
Ba~0f.go.

du Djoué

OBJET

:'suite de mes propositions relatives à la érise, exposées dans ma lettre du 7/II/88. A Konsieur République Brazzaville. le prisident de la ~opulaire du Congo..

Monsieur

le Président,

,",

J'ai. l'honneur rappeler

de venir

très respectueusement"vous

qu'en date du 1/11/88,

je vous ai adressé politiques,

une péticontri~ Cette,

tion qui contenait buer à la solution lettre est restée

~es propositions

pour

de la crise que connait le pays. jusqu'ici sans suite.

Au mois vous
4ème saisir

d'Avril 1989, vous m'avez
avant du PCT, pour vous la tenue un

fait , entendre .

que'
'.

alliez me
congrès cetts

recevoir

,en Juillet entretien. de vive

" derni~i,:,clU,

Ordinaire occasion

pour

J~'9~~pt~s~ voix,. mon opi-

exposer

, nion
,

sur cette

crise qui n'arrête

pas de à'aggra!er.
'lettre

,C,',est à::;.'
, .'.

cause de votre mutisme face.à ma
et parce plus sente que je suis convaincu

HonsieuI<i~.,président/
" promise

qué la rencontre

n'aura

lieu, que j'ai jugé bon et utile de vous adresser lettre. 'Mes 'convictions politiques

~a pré-

et ma foi chrétienne

,

m'amènent ainsi, uns fois de plus, devant le Che.t'''de 'Etat l Congolais pour lui dirs : jamais la nécessité de ténir une table ronde nationale. ne s'est aussi fortement fait sentir
,gu'en

ces

moments.

'C'est

en

ces

temus

'diff1c'l1..'~: ...~;.:_' ~M'_

-~f'~

.

.

plus particulièrem~nt
notre pays. soci6t6 Et nous et pour pensons

pour nos

les couches,l~s
entants,que ,

plus pauvres

de

qU'aucun

se joue le . ,... des~n '.. d~ . . congolaia ' n'a le droi~ û~ 'S8;

désinteresser

d'une

telle situation,

sans trahir sa propr8
. .

conscience.
Vous avez propositions réservé une tin de non recevoir

à ces

que' j'estime

val~bles

et sérieuses, .t c'est
Maia je crois que è!est le jugement de l'his-

votre droit Honsieur une err~ur politique,

le Président.

et je crai3sque .
jour.

toire ne vous le reproche un On ne "eut tici"ation 'Das redresser la de tout le monde.

J;~mper. Il . ne ...fa.u.t, P~s."s~ .',,~. , . ...~...~.. .- ...~. :.,' '" si tuation actüêÙ:é~ .'j,ans -la:-oar-

Il n'y aura jamais de redresse~ent ment volontaire du peuple tout entier. sans

sans

un en~~enationa-

l'entente

le.I1 n'y aura jacais de redressement réelsu1!5 la. .'co,zinance jamais. du .;~uple què.le PCT a perdue, au cas où il l'avait eue. Le régime a cessé d'être crédible Monsieur le Président. C'est vérité, la vérité da:ns la ,vérité. Or vous devez co~t~è la sous pein~' d'~ déphasage . entre l'opi~o~ .c... d~.p'~uple .
.',. '

et .votre

propre

opinion,

sur

une situation

dont

dépend'ï'ave-

nir du pays.

Ne croyez

pas àNPenthousiasme révôlu.t1onna.1re",

c'est
coeur

un phénomène artificiel.
des congolais qui sont

ri'ne, vient pas du !è~d du
obligés
ennuis.

de.para1tre
Voyez

en.thousias-

tes, pour ne pas avoir des..'

vous~ê:De . .. la.dé~o. .

bll.isation ~ue le PCT a Bouventpubl1queill~nt dépioÏ'6e,,~u. sein des organisatioIBdes masses: de l'Union R6vol~t1onnaire des Femmes du Congo (UR!C), de l'Unton la. Jeun~sàe de
Socialiste Congolaise (UJSC) de.la Clas;e

o~vrière~ p~imi
c'

lea

militants,

les

membres

du Parti~

- 22-

Autres menta et d~tllés nacea de sanctions obligés d'évacuer

exemples: contre

les invitations les absenta.

aux rassemb1edes .m6so~t
;

du l'arti sont touj"urs 1es marchés pour aller

&8sorties

Les marchands aSsister

aux réu-

nions, meetings ou défilés tion.
leurs

officieJ:s, vendeurs

aous
doivent

pe~ne. de pun1faire si~er

AU marché Total, les
carnets aux 1ieux les absents

le au march~, d'amende. cérémonies chandises amende de

des rassemblements. Lors du contr~. " sont contraints de payer 600 Frs. de vendre l.ur~ mar-

Au m~rché de Moungali les marchands absents ~ ces
et défilés, pendant 2.00U Frs sont int.rd~ta Voilà pour 10 jourw, à moins qu'ils CFA. , 1l1us~rer
"1'
,

ne p~yent'une
-.",

,un pe~,..la
. '

, réalité
,

J'écue.

Commen.. peut-on
d1adhésioD nombre

parliu~

' dans "céacond1t!-ons,
' "

'de
'

volonté

p'opulaire, De ϐme,

d~a m~8ses populaire~'
politiques

1
eux-

de responsables

mêmes n'agissent que pKr int~rat
vus, et non par
conviction.

ou par crainte d'être mal Beaucoup d'entre eux en etfet
du tout, mais publ~qu~entJ tout du système.

reconnaissent que
ils ne tarissent se passe vaste une pièce où

ÇK ne

va pu'

pas d'éloges à l'endroit

comme si, le parti et l'Etat étaient devenus un
chacun jou~ f1dàlement Bon numéro, dans écrite par un célèbre romancier.'

thé~tre,

Chacun

dans

son

torr1ntérieur tient partout

sait que

ça ne va pa~,du- tout, mais Jit'et sou-

qu~ tout va't;~8 biè~. Et il décide de cODsacr~r sa vie active à un r~le'aussipeu hODorablu et pour le moins, rabaissant. J~ais je'n'av~~ penBé et publiq~e~ent, qu'une personne h~aine, pouvait atteindre un tel degré ou

vivre pendant

longtemps,

'un tel

genre"de

conformitsme.

Le monolithisme térisé le PCT, d'abord
tique

outrancier

où le chrétien,

le cr?yan~

qui a toujours caracvour y ent:er doit qua~1 ~utoma-.
' I

renier

sa foi en Dieu, la reconduction ,
politique a exercé qui n'& jamais cans qui un pouvoir

~'une

classe

co'rinu' d~

rée1

re

nouvelleme~~;~,

partage.voici.~lu d~une' d6œoc~&-

20 ans, ré manque ~f e

d'ouverture,

l'entretiun

de façade

propre

~

toute démocratie

de type cêntraliste

Dêmocr~tique

, le tribalisme, manqUe d'une volont~nolile.

- ~;f---

ticue d'union nationale, maux" qui ont mis du plomb du

la peur du changement, dans

sont

parmi les~ politique

les ailes .de la pensée

régime. Ils ont entratné

une paralTsie

de ~a réflexion"poli-

tique au sein du Parti Votre système

Congolais ~olitioue

du Travail. est naralysé." H~me" s~il pouvait
"

s'y
les

trouver quelques bonnes consciences, e11m sont coincées p~r structures et par une pratique politique dont le niveau éthichroniquement bas, malgré les "autocritiques du'

que est demeuré
.i-l;T.

Si

bien

que le d"estinde toute"bonne volonté:dans un tel
qu'elle ne soit dotée d'une Pourrissement du pays, énergie hors "du commun, de des hommes, pour~i8sement

milieu,

à moins

c'est le pourrissement. l'Etat, pourrisseoent

po~rrissement

intégral."" les structures

Mais ce serait trop
seules. comQe je venais implicite~ent

facile d'incriminer

Il ya bien aussi la responsabilité

de l'élé~8nt.humain, en parlant du niveau

de le souligner

éthique très critique, dans la pratique politique du PCT." Certaines gens se structures

sont

:!1ême

posé

la question de savoir,
humain, qui a engendré Pour ma part,

de"l'état

des

ou de" l'élé~ent

qui, pour ce la responsabi-

qui est du woins, lité est partagée.

du cas congolais.

Cet état de choses que le régime n'a pu enrayer tout à l'beure, lais, fait ou'aucun

~uquel

s'ajoute

la liste

des fléaux

et dont nous dirons esnoir ne pointe

que1"ques mots con~o-

à l'horizon

bien au contraire.

Et ce n'est pas" la rhétorique

révolu-

tionnaire qui y changera~guelque chose.
chaque soci~le jou~ d'avantage, du pays, de la situation

Cet horizon s'~ssombrit
économique, Les financi~re courbes, avec parmi et les

plus en Rlus

inquiétante. le confirment

indic"Ü:~rs pour

économiques

et sociaux sociales, ci-après

éloquence au niveau les plus

tous les secteurs,

tous les services

de l'Etat,

de toutes les couches dé=unies.
:.::::.i

particulièrement quelques

Nous donnons

exemples,

à titrer

ca

tif.

Dans le"domaine de la Santé, la dégradation de l'assistance publique se poursuit. Les dépouilles mortdlles à la morgue du C.H.U. de brAzzaville qui a r~mplac:l'ancie~ HOpital

- 24-

Cénéral, s'entassent chaque jour, offrant à la population. un spectacle _ttolant. Cette situation s'explique notaœment par la pénurie chronique des médic~ents, une qualit~ de soins q~i laisse souvent ~ désirer, la tribalisation de l'assistance mé-' dicale, ae,l'administration des soins, la cor~ption, ia f~r.neles ture des cabinets médicaux dans les cités, q~'entretenaient m~decins congolais en dehors des heures de service. Le service ce désastre

chés par

de l'enseignement es~ parmi les. p1us.tou, . économioue. financier et social dont nous'
. .

rendons 'responsable le k'CT oui l'a.I!:énéré.t ne le maUrise e
pas. ~a pénurie rité, frais le chÔmage scolaires des enseignants, l'interruption de la.~~oladés dônt on fort de la des dipmomés, a~~ravé le caract èrë exorbi~ant obli~atoire ce Qui ressemble constan~e

oar une assurance

béné~icie bien

rare~ent

en cas d'accident.

à une exnloitation

du oeu~le, la baisse

qualit4. de l'enseigne~ent, l'absence de l'éducation morale, le banditisne scolaire entretenu ~ar les enfants des milieux nantis, la vétusté et l'insuffisance des locaux sont parmi les maux devant qui minent laquelle l'enseigne~ent l'?tat au Congo. Une situation grave apparalt désarmé,

et qui le conduit
confessionnelles.

maintenant

à lorgner

du cOté des organisation

Après avoir'littérale~ent

arraché

les

enfants

des

mains de leurs parents, du giron f~ilial, a.près s'~trs porté garant de leur avenir, après les avoir arrosés d'éducation COJIUJIUllisteeten avoir fait de petits savants en slogans et dé~lamations marxistes-léninistes, durant plus de 20 ans, on revient à la case départ. Quel temps perdu. Quel ~âchis!

La classe ouvrière connait quant à ells UllS démobilisation généra», que n'arrive pas à bien couvrir l'enthousiasme ré:olutionnaire. Et ce ne sont pas les co~pressions qu'impose la cr1se. la dé~radation continue du oouvoir d'achat. Qui' jure avec une aUR;mentation balisme rémédier. constante du cotH de la vie. le. chOmag:e. le tri de l'emploi, qui vont y

dans la pratique

de la politique

Bref, la classe ouvrière oui en théorie

est la classe

-25

-

dirlgeante,du régl::le, sous l'égide de la. "toute puissante, dYnamique, historique et comba.ttante".on!4dération SybdicaJ.e ~
congolaise, se présente ture pro.l~tarienne". . Cogme une victime de sa propre wdicta-

Et les générations ~ontantes, DOS jeunes, le."Yer de la~ce de la Kévolution" sont simDle~ent aux abois. parce Que plus d'avenir. Le tragi~ue, c'est que le mal .continue à se'dé~ ~elopper,
pour 1.200

sans qu'on n'arrive
Le de pays rrancs reste

à trouver le remède qu~11. taut,
.

l'enrayer. :!Ji11iards

surendett~. Avec une ";'FA. pour une pODuJ.ation wongo pays

dette de de"2 mil-

lions
dans

d'habitants
le

à neine,le
des

est par tête d'hablt~t,
les plus eridett~s: 4u;"mo'ride. . . .

preillier peloton

Or on ne peut plus co~pter revenus, dollar~s le pétrole,

sur la source principale

de nos (14

le prix du baril ayant degringol~

auJ.ieu de )4 en 1982).

lèpre

Ajoutons-y le phénomène de la corruption. Qui est la de nos finances et de l'~tat.Con~olais dans son 'ensemble.

~l en résuJ.te que tous les marchés sont mal négosiés. Au Congo, ce n'est pas la bonne entreprise, l'entreprise la plus exptrimentée qui emporte le ~archp. dans un appel d'offres, mais celle qui propose le pot de vin le plus juteux. Conséquence: la qual1ti des articles, des matériaux livrés ou des travaux exécutés, .sont nombreux

est souvent
lais s'est

Clédiocre, Les exe~ples fait rouler

où l'Etat

Conge

par des truands du monde des affaires,

par des entreprises sans expérience contre lesquelles on a engagé des poursuites pour réparations des préjudices subis, aussi-

tOt les t .ravaux

te~lnp.s.

.

.

.

La corruption ou""madezo ya bana." s'est solideClent
investie lonial, de rrai. élévés dans tous. les services moeurs administratives anéanti nos meilleures de lr~tat, hérit~es traditions où elle a d~truit du Gouverne~ent ~ora1es. Dans les C~les bonnes

marchés de l'Etat, les
de commission,

"madezo ya bana" perçus BOUS 1.a forme
de dons, grat1rication8, etc., 80nt

une

bonne

car , le s candida tsn

et grosse

affaire.

hésltent pas A 8urenchérir devant '
'

D'autant plus que ces pots

- 26-

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