Daaf, le magicien ?

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Il ne faut pas se bercer d'illusions : les ambitions de développement durable et de réduction de la pauvreté en Afrique et notamment en Côte d'Ivoire sont aujourd'hui encore plus proches du rêve que de la réalité. La gestion des finances de l'Etat n'est toujours pas débarrassée de ses faiblesses : corruption, détournement, fraude, blanchiment… Bonne gouvernance ? Plutôt un marketing mensonger de politiques habiles, avides et calculateurs. Pour l'auteur ne pas dénoncer un tel complot constituerait une trahison contre la patrie, le peuple et soi-même.
Publié le : mardi 15 septembre 2015
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EAN13 : 9782336391342
Nombre de pages : 108
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Séraphin SkyKOUAME
DAAF, LE MAGICIEN ? ou Pauvre daaf !
Préface de MamadouKOULIBALY
DAAF, LE MAGICIEN ? ouPauvre daaf !
Séraphin Sky KOUAME DAAF, LE MAGICIEN ? ouPauvre daaf !
Préface de Mamadou KOULIBALY
L'HARMATTAN
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN :978-2-343-06737-7 EAN : 9782343067377
À la mémoire de Nanan Kodou Kouamé, mon vénérable père, honnête travailleur et excellent éducateur
PRÉFACE Lorsque Séraphin Sky Kouamé, directeur des affaires administratives et financières (daaf) de métier,m’a annoncé qu’il avait écrit un petit texte et qu’il souhaitait que j’en fasse la préface, je m’attendais soit à une description et une présentation d’un manuel de procédures du « bon daaf », soit à un texte sur les contes et légendes du terroir dont il est originaire. À la lecture de l’opuscule, je n’ai rien trouvé detel. Déjà à la vue du titre qui se réfère aux misères du daaf,qui se prend ou que l’on prend pour un magicien, le ton est donné. Agréable surprise donc de découvrir que Séraphin Kouamé, de son angle d’observation de daaf, nous présente un circuit, certaines méthodes et motivations qui prédisposent, d’une part, le daaf à l’inefficacité et qui, d’autre part, président au détournement des deniers publics, aussi bien dans les ministères que dans les structures et entreprises sous tutelle de l’État et qui constituent le grand secteur public ivoirien. Un très beau décor. Il aurait pu choisir comme titre « Comment l’argent de l’État est détourné par les hommes et les femmes qui le servent» que le contenu n’aurait pas changé. L’argent du contribuable, perçu par le canal des impôts et taxes et mis à la disposition de l’État pour financer son budget, disparait, comme par enchantement, des circuits normaux pour être collecté, géré, dépensé dans le flou de l’art kleptocratique que Séraphin Kouamé révèle et dénonce, tout en expliquant en quoi le daaf ne pouvait être tenue pour responsable ou bien pour seul responsable. Mais au fait à quoi sert normalement un daaf ? Dans le secteur privé, c’est-à-dire dans une entreprise qui n’appartient pas à l’État et qui est gérée pour le compte, le bonheur et l’intérêt des actionnaires, des
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propriétaires, des clients, des salariés et non celui des contribuables, usagers et autorités politiques, la direction administrative et financière, a pour mission d’élaborer, en fonction du secteur d’activité et de la taille de l’entreprise, les techniques financières et administratives nécessaires à la survie et à la croissance de la firme avec les ressources adaptées. Le daf -c’est comme cela qu’il s’appelle, avec un seul « a » - est le directeur administratif et financier ainsi chargé de coordonner les services généraux de l’entreprise et de les maintenir en cohérence avec les services de la comptabilité, des personnels, des finances et de l’administration dont il a la gestion. Ainsi, dans l’entreprise privée, le daf travaille pour optimiser les dépenses de fonctionnement sous la contrainte des choix d’investissement. Pour cela, ses capacités managériales et analytiques doivent rendre la firme proactive, dans un environnement de compétition sur les marchés, pour avoir des personnels qualifiés, compétents et performants, obtenir des capitaux aux meilleurs coûts auprès des actionnaires, des investisseurs, des milieux bancaires et financiers, et assurer une mise à jour permanente des algorithmes juridiques et fiscaux de la société. Donc, le daf donne la garantie qu’au sein de l’entreprise, les obligations légales, administratives et réglementaires seront respectées et honorées. Dans l’ouvrage deSéraphin Kouamé, administrateur principal des services financiers formé àl’ENAet possédant aujourd’hui une longue expérience de daaf, l’on apprend qu’il n’y a pas de règles stables en la matière, bien qu’il y ait une législation de la fonction dedaaf dans les administrations publiques. Il nous montre que dans le secteur public l’on ajoute un second «a » dans l’appellation de cet agent de l’État. Le daaf, c’est le directeur des affaires administratives et financières.
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« Les affaires » ? Le mot est lâché. Ce sont vraiment des « affaires »! Dans l’administration publique, le daaf est entouré d’affairisteset d’affairés. Le daaf avec son « a » supplémentaire, le daaf convoité ou submergé par les corrupteurs, les surfactureurs, les détourneurs qui pillent les ressourcesde l’État et qui restent impunis. D’où le cri d’horreur: « de Séraphin Kouamé Le daaf n’est pas un magicien ». Ne lui demandez donc pas des pratiques extraordinaires en dehors de la loi. Sans foi ni loi, le daaf pratique-t-il sa profession ou exerce sa fonction ? On peut sans doute l’admettre, car pour le même employeur qu’est l’État et selon les ministères, la mission et les fonctions du daaf ne sont pas forcément les mêmes. Ainsi, pour le même État, il n’y a pas de règles homogènes. Qui a raison et qui a tort ? La gestion financière de l’État serait-elle simplement informelle et laissée à la l’appréciation et aux caprices de Monsieur le Ministre ? S’il y a des dispositions règlementaires, pourquoi ne les applique-t-on pas ? Et si on ne les applique pas, quelle peut en être la sanction ? La réponse que l’on peut retenir à la lecture de Séraphin Kouaméest claire : l’arbitraire pour les uns et l’impunité pour les autres. Il en est ainsi de tous les ministères et des hautes administrations, où le daafest appelé à exécutercrédits déterminés par certains Monsieur le Ministre, principal Administrateur des crédits du Ministère ou encore doitfinancer les opérations du ministère, donc du ministre. Quels sont donc ces crédits déterminés par Monsieur le Ministre, principal Administrateur des crédits du Ministère et que le daaf devrait financer en dehors du budget ? Et quelles sont ces opérations du ministère financées par le daaf en dehors de la gestion officielle du budget déjà signalée comme mission ?
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