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De la menace terroriste au traitement des victimes

179 pages
Après l'attentat au sarin du métro de Tokyo en 1995, le 11 septembre 2001 a donné la mesure de la menace qui pèse désormais sur les sociétés pacifiées, et plus particulièrement sur leurs populations civiles. A une menace doit répondre une défense qui, compte tenu de la nature même du risque, ne peut plus être l'affaire seulement des armées ni même des pouvoirs publics. Chaque citoyen à désormais son rôle à jouer. Dans cette perspective, ce livre est destiné à informer le grand public, d'une part sur la menace terroriste, d'autre part sur les mesures de défense et de traitement des victimes.
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DE LA MENACE TERRORISTE
AU TRAITEMENT DES VICTIMESCollection Médecine des Conflits Armés
dirigée par Marc Lemaire
@L'Hannatlan,2003
ISBN: 2-7475-4776-0sous la direction de
Marc LEMAIRE
DE LA MENACE TERRORISTE
AU TRAITEMENT DES VICTIMES
L'Harmattan L'Harmattan Hongrie L'Harmattan Italia
5-7, rue de l'École-Polytechnique Hargita u. 3 Via Bava, 37
75005 Paris 1026 Budapest 10214 Torino
FRANCE HONGRIE ITALlELES AUTEURS
Nicolas Couessurel est juriste de droit public, infirmier sapeur-pompier
professionnel, officier du Service de santé et de secours médical de l'Isère
(SDIS 38).
Patrick Devillières est psychiatre militaire, médecin-chef du Service local de
Psychologie appliquée (SPLA) de Brest, diplômé d'études approfondies de
sciences pénales et criminologiques.
Marc Lemaire est médecin urgentiste, exerçant auprès des sapeurs-pompiers
des Bouches-du-Rhône (SDIS 13), diplômé en médecine de catastrophe,
doctorant en Histoire militaire et études de Défense (Montpellier III).
Eric Torres est médecin urgentiste, exerçant auprès des sapeurs-pompiers des
Bouches-du-Rhône (SDIS 13), diplômé en médecine de catastrophe ainsi
qu'en victimologie ; il est également journaliste spécialisé.
REMERCIEMENTS
Sont vivement remerciés pour leurs avis critiques et leur participation à la
relecture du manuscrit, Pascale Lemaire (enseignante, professeur certifiée de
lettres modernes) et Oliviers Poitiers (avocat, diplômé de l'Institut d'Etudes
Politiques de Strasbourg et de Droit international).
couverture réalisée par M. Lemaire. Crédit photos Service
communication des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône et
Eric Torres @.Aux victimes du terrorismeAVANT-PROPOS
Le terrorisme n'est pas né le Il septembre 2001, et ne
disparaîtra pas avec la neutralisation du réseau connu sous le
nom d'AI-Qaida. Il est malheureusement indissociable de
l'histoire humaine. Cependant, après l'attentat au sarin du
Inétro de Tokyo en 1995, le Il septembre 2001 a donné la
mesure de la menace qui pèse désormais sur les sociétés
pacifiées, et plus particulièrement sur leurs populations
civiles. A une menace doit répondre une défense qui, compte
tenu de la nature même du risque, ne peut plus être l'affaire
seulement des armées ni même des pouvoirs publics. Chaque
citoyen a désormais son rôle à jouer, pour prévenir le risque
tout d'abord, pour limiter ensuite les effets matériels,
physiques et psychologiques des attaques éventuelles, pour
concourir enfin à la prise en charge des victimes et de leurs
proches.
Dans cette perspective, ce livre est destiné à informer le
lecteur, d'une part sur la menace terroriste, d'autre part sur
les mesures de défense et de traitement des victimes. Les
chapitres qui suivent, rédigés pour être accessibles aussi bien
au lecteur spécialisé qu'au grand public, sont complétés par
de nombreux encadrés pratiques. Dans le même esprit, les
astérisques qui suivent certains termes renvoient en fin de
volume à un glossaire apportant bon nombre d'informations
complémentaires.
La menace terroriste et les moyens de la réduire doivent
être appréhendés afin de développer la vigilance de chacuntout en prévenant la dérive d'une attitude alarmiste ou, pire,
le développement d'une psychose collective. Il importe donc
de comprendre les nouveaux dangers pour assimiler ensuite
les conduites simples et efficaces à leur opposer. En cas
d'alerte, il s'agit évidemment de se protéger dans la mesure
du possible, mais d'éviter aussi l'aggravation de la situation
par un comportement inadapté. Donner foi à des rumeurs
invraisemblables par ignorance, ou provoquer de fausses
alertes par inconséquence ou incivisme, ne peut que
contribuer, en période de tension à déstabiliser le corps
social, conformément aux objectifs visés par le terrorisme.
Les effets d'une éventuelle attaque doivent être maîtrisés
aussi rapidement que possible par les services spécialisés en
même temps que l'on secourt les victimes. Al' égard des
survivants ensuite, marqués dans leur chair comme dans leur
esprit, il faut plus que jamais affirmer, par un mouvement de
solidarité, la sauvegarde, d'une part de la cohésion sociale,
d'autre part des valeurs humanitaires.
Ces dernières sont primordiales. Et elles sont très
précisément menacées par la nature même du terrorisme qui,
en générant peurs et souffrances, installe les individus et les
populations cibles dans des postures passionnelles et
archaïques. Pour les préserver, il faudrait pouvoir s'interroger
sur ces exécutants qui sèment la mort en sacrifiant leurs
propres vies. Il faudrait aussi pouvoir porter un regard sur les
autres terrorismes qui, ici et là dans le monde, soumettent des
individus et des populations à l'indicible.
La prise en compte des nouvelles menaces dans un cadre
médical ne doit pas se confondre par ailleurs avec la
démarche judiciaire, voire la condamnation morale des actes
terroristes.
8Il s'agit de ne s'intéresser qu'aux victimes, même
lorsqu'elles sont les exécutantes de l'attaque. Cela ne signifie
pas que la justice soit à exclure du champ médical. Bien au
contraire: la reconnaissance du préjudice, sa réparation - au
moins symbolique - et la condamnation des coupables font
partie intégrante du processus de guérison. De plus, le corps
médical peut être sollicité par la justice au titre de
l'expertise. Mais, même s'il doit encourager la justice et, le
cas échéant, l'aider selon ses attributions, il ne doit pas, en
vertu du serment d'Hippocrate comme du droit international
humanitaire, se substituer à elle.
Cette attitude a également un intérêt dans la démarche
thérapeutique. En effet, s'il est important que la justice
départage clairement coupables et victimes, et qu'elle veille à
sanctionner les premiers et à faire indemniser les deuxièmes,
il ne peut être question, pour le thérapeute, d'enfermer son
patient dans un statut psychique de victime.
Ainsi, l'approche médicale de la lutte antiterroriste doit
d'une part laisser à la justice le soin de juger, d'autre part
étendre son écoute, et éventuellement son action, à toutes les
victimes du terrorisme. La question morale que pose l'usage
du terrorisme appartient, quant à elle, au débat de société.
M.L.
9I
Du TERRORISME
Traiter du terrorisme nécessite en premier lieu de s'éloigner
de l'attentat du World Trade Center, ou plutôt de l'émotion née
de cet attentat. Car si le terrorisme a fait irruption dans la
conscience occidentale un certain Il septembre 2001, et qu'il a
abouti, au Conseil de sécurité de l'ONU, à la création d'un
Comité de lutte contre le terrorisme, il faut considérer qu'il est
étroitement mêlé à l'histoire de l'humanité, et qu'il n'a jamais
cessé de sévir, en de multiples lieux, sous diverses fonnes. Il ne
va pas s'agir ici de retracer son histoire ni de faire l'inventaire
des régions où il continue de s'exercer, mais d'aborder tout
d'abord l'épineuse question de sa définition. Car il n'existe pas
de consensus sur ce sujet. Ce qui est terrorisme pour les uns est,
en effet, considéré par d'autres comme vandalisme, guérilla,
résistance, ou encore contre-terrorisme. L'enjeu de la
qualification des faits est en réalité éminemment politique. Cela
ne nous empêchera pas cependant d'esquisser une définition, en
plaçant au centre de notre réflexion le sort des victimes. Nous
traiterons ensuite du terrorisme NRBC (nucléaire, radiologique,
biologique, chimique), c'est-à-dire de ce terrorisme qui, à la
violence arbitraire, a ajouté la capacité de destruction massive.
LE TERRORISMEEN QUESTION
Etymologiquement, le mot « terrorisme» renvoie
évidemment à la terreur, c'est-à-dire à un affect. Il suppose enoutre une intention, celle de provoquer la terreur. Le terrorisme
associe donc une intention à des actes, qui visent à soumettre un
ou plusieurs individus, voire une population entière, à la terreur.
Au-delà de l'approche littérale, il existe de multiples façons de
définir le terrorisme.
En droit français, la qualification de terrorisme s'applique
aux crimes et délits de droit commun dès lors qu'ils sont
« intentionnellement en relation avec une entreprise
individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement
er
l'ordre public par l'intinlidation ou la terreur» (v. 1 encadré).
Cette définition élargit le champ des affects mis en jeu à
l'intimidation, mais déplace en revanche la problématique du
terrorisme vers la menace exercée contre l'ordre public.
D'autres définitions vont plus loin en englobant les atteintes
portées à l'économie ou à l'informatique, même lorsqu'elles ne
provoquent aucune victime humaine ni ne relèvent d'aucune
intention d'induire la terreur, ou, du moins, la panique (v. 2e
encadré). Les coups portés à l'économie ou aux institutions
d'un pays en paix relèvent pourtant plus de la guerre subversive
que du terrorisme. En réalité, ce que l'on reproche
généralement au terrorisme tient plus à l'objectif politique, la
désorganisation sociale, qu'à la méthode.
Revenons donc à la signification du terme qui évoque avant
tout un processus d'emprise psychologique. Partant de là, on
peut aboutir à un autre but politique du terrorisme qui est non
plus la désorganisation mais l'instauration ou le maintien de
l'ordre public.
C'est la Révolution française qui a inventé le terrorisme
moderne. De septembre 1793 à juillet 1794, pour combattre les
ennemis déclarés de l'intérieur et de l'extérieur, le
gouvernement révolutionnaire instaurait un régime de terreur.
Tout citoyen suspect pouvait être jugé devant les tribunaux
révolutionnaires et, même en l'absence de faits matériels
12patents, pouvait être condamné à mort - sans appel. L'objet de
cette politique était d'imposer à chacun un comportement
exemplaire, en rupture totale avec le passé, et en conformité
avec les nouvelles « valeurs» républicaines. Les premiers à être
appelés « terroristes» dans l'histoire furent les révolutionnaires
missionnés en province pour y assurer la répression du
royalisme et du fédéralisme. Ainsi, pour des raisons historiques
autant que pratiques, il ne faut pas oublier, parmi les acteurs
possibles du terrorisme, aux côtés des individus et des groupes,
l'Etat.
Après les acteurs, considérons les armes. Là encore, il ne faut
pas se limiter aux attentats, assassinats, prises d'otages ou
enlèvements. Le viol systématique, la torture et les internements
et exécutions arbitraires, délibérément orchestrés ou encouragés
par des stratèges, militaires ou politiques, sont aussi des
instruments privilégiés du terrorisme, du temps de paix comme
du temps de guerre.
Ces points étant précisés, force est de constater que le
terrorisme de grande envergure, appliqué par des conquérants,
des groupuscules révolutionnaires ou des Etats, est volontiers
toléré dans la mesure où il ne meurtrit que des populations
soumises à l'état de guerre ou à l'autoritarisme d'un régime
politique. Pire, il est parfois souhaité par les observateurs
extérieurs comme facteur de stabilisation de populations ou de
régions. En effet, parvenue à ses fins, la terreur aboutit parfois à
l'émergence, au moins pour un temps, d'un pouvoir fort,
capable de maîtriser toute forme de violence non
institutionnelle. Il s'agit en fait d'un terrorisme « structurant »,
considéré par beaucoup comme un mal nécessaire.
Le terrorisme «sauvage », qui vise la déstructuration des
sociétés, par opposition à son homologue « structurant », est dès
lors souvent perçu seul comme dangereux, autant pour les
13sociétés prises pour cible que pour l'humanité en général. Et il
devient aisé, sinon opportun, de s'entendre sur sa dénonciation.
Si l'on situe le débat dans une dimension médicale, il ne peut
être question de dissocier ces deux formes de terrorismes, qui
sont de la même façon pourvoyeuses de souffrances extrêmes,
pour des individus comme des communautés, meurtris dans leur
histoire personnelle ou dans leur mémoire collective. Ainsi,
s'intéresser à la menace de ce terrorisme «déstructurant» qui
pèse aujourd'hui sur le pays, ne doit pas faire oublier cet autre
terrorisme, lointain et ignoré, qui place des millions de
personnes en situation de détresse.
Il faut ajouter à cela, dans une perspective cette fois
intéressée, relative à l'étude des risques, que le terrorisme
« déstructurant» n'est que trop souvent une réaction au
terrorisme « structurant». Car le terrorisme, quel qu'il soit, est
toujours, pour l'individu, déstructurant. Ille prive des repères
moraux, de l'ouverture d'esprit et de l'empathie* indispensables
au lien social, plus largement à l'édification d'une société
huma~nequi soit plurielle et pacifiée. Ille confine au contraire à
une vision monolithique du monde, qui implique la peur de
l'Autre ainsi que le dénie de sa différence et de ses souffrances.
Il peut conduire à l'extrême à son élimination physique, donc à
un retour à la violence. Il faut noter en outre que ce retour à la
violence peut échapper à la génération meurtrie pour
n'apparaître qu'aux suivantes. En l'absence d'une justice
impartiale pacificatrice, les traumatismes se transmettent de
générations en générations, à l'échelle de l'individu comme à
celle du groupe.
Ce dernier point nous conduit à considérer la psychologie
des exécutants du terrorisme. Si la planification de stratégies ou
d'actes terroristes est à la portée d'individus en pleine
possession de leurs moyens, intellectuels et émotionnels, par
14contre l'exécution d'attentats par des kamikazes posent, d'un
point de vue médical, un sérieux problème. L'attentat-suicide,
qu'il soit structuré par un discours idéologique ou mystique,
qu'il soit la résultante d'humiliations répétées ou de
manipulations mentales, l'aboutissement d'une histoire
personnelle ou d'une pression sociale, le fait de sujets sains ou
au contraire délirants, reste objectivement l'expression d'une
souffrance. Et toute souffrance doit être entendue, autant pour
prévenir, s'il en est encore temps, le passage à l'acte, que pour
répondre, dans tous les cas, aux exigences humanitaires de la
pensée médicale. Cette démarche empathique ne reviendrait pas
évidemment à dédouaner les auteurs de tels actes à l'égard de la
justice ~ à moins de vouloir leur enlever, sous prétexte
d'humanité, ce qui leur reste de libre arbitre, et ne laisser à leurs
victimes, pour seul ressort, que le désir de vengeance.
Ces réflexions nous amènent à proposer enfin une définition
du terrorisme. L'exercice reste difficile, car au-delà des enjeux
politiques qui sous-tendent l'adoption d'une définition
universelle, toutes les nuances utiles à la compréhension du fait
terroriste ne peuvent tenir en une seule phrase.
Proposons d'associer dans la définition les intentions aux
faits, d'inclure dans les cibles possibles les décideurs visés,
comme les populations, par l'emprise psychologique, et de
souligner le caractère arbitraire intervenant dans le choix des
victimes. Cela nous conduit à désigner sous le tenne de
terrorisme, tous les actes de violence et de destruction, infligés
intentionnellement et arbitrairement à l'encontre de personnes
vulnérables ou de leur environnement vital dans le butpolitique
ou militaire de soun1ettre ou de briser psychologiquement ces
mêmes personnes ou celles qui leur sont attachées.
Les attachées comprennent les proches des
victimes, les politiques ou les militaires en charge de leur
protection, ou encore les individus du même groupe
15d'appartenance. Ainsi, par exemple, aux grandes stratégies de
terreur, cette définition pennet d'ajouter tout attentat contre un
avion de ligne, détourné ou détruit en vol. Même s'il ne vise pas
à répandre la terreur au sein d'une société, celui-ci correspond
en effet à un acte de violence exercé intentionnellement contre
des sujets extérieurs aux enjeux, dans le seul but d'infléchir la
volonté des décideurs politiques. Précisons qu'il faut dissocier
les victimes des cibles. Les victimes sont celles qui supportent
les souffrances de la stratégie terroriste (les passagers de
l'avion), les cibles celles que le terrorisme tente de soumettre à
sa volonté (les décideurs). Un régime de terreur appliqué à une
population fait de chacun de ses membres une cible et de
certains d'entre eux des victimes.
Cette définition permet en outre de dissocier guérilla et
terrorisme. La guérilla est une méthode de combat du faible au
fort -le faible pouvant être un belligérant militairement faible
ou seulement une troupe investie localement dans un combat
disproportionné. Le terrorisme est l'usage arbitraire de la
violence contre des innocents. Certes, la guérilla intègre souvent
le terrorisme dans son arsenal, qu'elle déploie d'ailleurs aussi
bien dans son propre camp qu'à l'encontre de l'adversaire. Mais
ce n'est pas le cas de toutes les guérillas et, même lorsque
guérilla et terrorisme sont étroitement imbriqués, il reste
essentiel de les distinguer. Il ne faudrait pas en effet, par la
confusion des concepts ou un jeu de vocabulaire, d'une part
légitimer le terrorisme lorsque la cause de la guérilla est
considérée comme juste, d'autre part condamner le recours des
faibles à une défense année sous prétexte de lutte antiterroriste.
D'ailleurs, le droit international humanitaire, qui vise à limiter
les souffrances inutiles des conflits annés, et donc à protéger les
civils comme les combattants devenus inoffensifs (par la
capture, la blessure, la maladie, le naufrage, etc.) condamne les
actes relevant du terrorisme - même si le tenne n'est pas
16employé - mais non la guérilla. Le concept même de « guerre
asymétrique» impose par ailleurs, de façon mécanique et non
idéologique, celui de guérilla. Cette distinction, entre guérilla et
terrorisme a également l'avantage de permettre d'identifier,
pour le combattre, le terrorisme perpétré par les belligérants
placés en état de supériorité (Etats ou armées).
De fait, ces nuances s'imposent afin que le terrorisme puisse
faire l'objet d'une condamnation qui soit universelle et non
sélective. Si les Etats, par l'intermédiaire de conventions
multilatérales ou du droit onusien, s'emploient à condamner le
terrorisme qui les menace tout en laissant certains d'entre eux le
pratiquer librement dans un cadre institutionnel, la lutte
antiterroriste ne pourra avoir que des effets limités, y compris à
l'égard du terrorisme « déstructurant ». Cela est également vrai
si la légitimité supposée d'une guérilla conduit à cautionner
l'usage du terrorisme. Il s'agirait donc, conformément à l'esprit
du droit international humanitaire, qui est centré sur les
victimes, de combattre le terrorisme - et dans le même temps
l'instrumentalisation de la lutte anti-terroriste -, en l'identifiant
et en le condamnant indépendamment des acteurs qui le
pratiquent et des buts politiques qu'il poursuit.
LE TERRORISME NRBC
Le terrorisme a connu une « évolution» majeure à l'occasion
de la Révolution française puisqu'il y a été institutionnalisé au
nom du progrès de I'humanité. Des mouvements
révolutionnaires comme les Etats communistes (pour ne citer
qu'eux) n'eurent plus qu'à surfer sur la vague pour perpétrer
leurs exactions.
Au support idéologique, construit puis éprouvé jusqu'à nos
jours en de multiples occasions, les actuels mouvements
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