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Défis coopératifs

De
528 pages
Les coopératives se heurtent à la puissance des régulations internationales qui tantôt les ignorent, tantôt les contrarient. Simultanément, la société civile attend de l'économie sociale des solutions alternatives. Les coopératives sont-elles capables de susciter elles-mêmes des attentes différentes de celles provoquées par l'économie capitaliste ? La transformation des attentes de la population est le défi auquel la société a à faire face aujourd'hui pour éviter une catastrophe écologique et sociale annoncée.
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Défis coopératifs
Alimentation, crédit, démocratie, développement

Cooperative Challenges
Food, Credit, Democracy and Development

Collection

LES CAHIERS DE L'ÉCONOMIE SOCIALE ENTREPRENDRE AUTREMENT

Ce cahier constitue le sixième volume d'une collection centrée sur les thèmes majeurs de l'économie sociale et solidaire. Créée à l'initiative de l'Institut de l'économie sociale (lES), devenu l'association Recma, elle développe son programme en étroite relation avec la Revue internationale de l'économie sociale. La direction scientifique de la collection est assurée par Jean-François Draperi. La correction (Sylvie Irissou) et la maquette (Gabrielle Claisse et Cyril Dehay) sont réalisées par la Ciem. La coordination de ce volume a été assurée par Jean-François Draperi (comité de recherche de l'ACI), avec la collaboration de Jesse Bryant (Recma, textes en anglais), Jordane Legleye, Sylvie Mosser (Recma, textes en français) et Caroline Naett (GNC).

Ouvrages parus Pour une économie sociale sans rivages Jacques Moreau (1927-2004) Coord. André Chomel et Nicole Alix Les Cahiers de l'économie sociale - Entreprendre autrement, na 5, juillet 2005 Économie sociale et développement local Coord. Danièle Demoustier Les Cahiers de l'économie sociale - Entreprendre autrement, na 4, avril 2004

Les coopératives entre territoires et mondialisation
Coord. Jean-Marc Touzard et Jean-François sociale, Draperi 2003 Les Cahiers de l'économie na 2, juillet

L'émergence de l'entreprise sociale Jean-François Draped, Léna-Morgane Jan ColI. « Entreprendre autrement », Fondation Crédit coopératif, octobre 2002

Coopération et économie sociale au « second» xx' siècle
Claude Vienney (1929-2001) Coord. André Chomel Les Cahiers de l'économie sociale, na l, juillet 2002

LES CAHIERS DE L'ÉCONOMIE SOCIALE - N° 6

Défis coopératifs
Alimentation, crédit, démocratie, développement

Cooperative Challenges
Food, Credit, Democracy and Development

XXIIe conférence internationale de recherche coopérative Alliance coopérative internationale Dourdan, France, 9-22 octobre 2006

Cahier coordonné par Jean-François

Draperi,

avec la collaboration de Jesse Bryant, Jordane Legleye, Sylvie Mosser et Caroline Naett

Recma 24, rue du Rocher 75008 Paris

L'Harmattan

2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique j 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07625-9 EAN : 9782296076259

Sommaire

Quel défi? Jean-François Draperi What is the challenge? Jean-François Draperi

9 12

I-

ALIMENTATION: DE LA PRODUCTION AGRICOLE À LA CONSOMMATION

Typologie spatiale des groupes coopératifs agricoles français Maryline Filippi, Olivier Frey et Pierre Triboulet Economic evaluation of an agricultural cooperative: The case of the agricultural cooperative of Episkopi, Greece Simeon Karafolas and Electra Pitoska

17

39

Pour une coopération agricole et territoriale. Quelles innovations pour les agriculteurs en Cuma l'alliance des pratiques d'acteurs et des pratiques juridiques autorise-t-elle? . 57 Franck Thomas The role of producer-owned cooperatives in the dairy supply chain: Evidence from Armenia Vardan E. Urutyan Économie sociale et solidarité: La Récolte de chez-nous et la viabilité des petites fermes agricoles du sud-est du Nouveau-Brunswick Gilles Martin, Orner Chouinard, Danièle Courchesne et Léopold Bourgeois 77

99

H - LE CRÉDIT:
NÉCESSITÉ ET COMPLEXITÉ DES GROUPES BANCAIRES

Cooperative values, intra-group insurance and self-help groups in rural India Mani AmI Nandhi Le rôle économique des banques coopératives dans les pays en transition: le cas du Kirghizstan Nazik Beishenaly Credit unions' role in local economic development in Ireland and Lithuania: Problems and perspectives Dalia Kaupelyte and Olive McCarthy The governance of the credit union system in Lithuania: At a crossroad between an atomised or centralised credit union system Jurgita Igaryte Gouvernance coopérative et sociétariat: une reconquête inachevée? Une illustration par les banques coopératives en France. Nadine Richez-Battesti

119

141

159

179

199

HI - ApPROFONDIR

LA DÉMOCRATIE ÉCONOMIQUE

La gouvernance dans les groupes coopératifs européens. La prépondérance de la proximité locale dans la construction d'organisations modernes et innovantes 221 Etienne Ptlimlin et Adrian Zelaïa Propositions pour un contrôle de la filialisation dans les groupes coopératifs Laurent Gros Managers in workers' co-operatives: Empirical research in Spain Alfonso Carlos Morales Gutiérrez 6 239

253

Rethinking difference, rethinking deference: The struggle to create the egalitarian workplace in five worker cooperatives in Buenos Aires Collette Oseen Bénévolat, citoyenneté, professionnalisation: administrateurs du Crédit mutuel André Rousseau et Yann Regnard Coopération, participation et climat social: un enjeu de santé pour les salariés Patrick Guiol et Jorge Munoz Évaluation de la responsabilité sociale des entreprises: quelles spécificités de l'économie sociale? Catherine Bodet, Thomas Lamarche, Gérard Leseul et Dominique Picard

273

295

313

339

IV -

DÉVELOPPEMENT

ET ÉDUCATION

La propriété commune de la coopérative, un modèle pour le droit du développement durable David Riez Global co-operation experiments: Co-operative buying from China's worker co-ops Tom Webb and John Chamard Transition réussie d'un groupe de coopératives de la construction vers un groupe industriel compétitif grâce à un fort attachement aux principes coopératifs Bernard Stauffer et Maria Teresa Branduzzi Étudier les coopératives multipartites pour faire avancer l'approche des parties prenantes Valérie Michaud Pratiques d'intercoopération: essai de modélisation Michel Lafleur, Ernesto Molina et André Martin 7

361

383

403

423 453

A recent experience in inter-cooperation: University-cooperative movement partnership in cooperative training and research Beatriz Diaz Sustainable development of the local economy: The E-Iearning role-play Pekka Hytinkoski La coopérative est plus moderne que la société de capitaux Jean-François Draperi

475

491

499

It is the difference that counts: Unique features of the co-operative form of co-operation as a resource and competitive advantage 509 Hans-H. Münkner Liste des contributions 525

8

Quel défi ?
Jean-François Draperi

C

e livre a été élaboré à partir de travaux de recherche

présentés

lors de la XXIIe conférence internationale du comité de recherche de l'Alliance coopérative internationale (ACI), qui s'est tenue du 19 au 22 octobre 2006 à Dourdan (France). Cette rencontre a été co-organisée par le comité de recherche de l'Alliance coopérative internationale, le Groupement national de la coopération (GNC), le Centre d'économie sociale travail et société du Conservatoire national des arts et métiers (CestesCnam, Paris) et la Recma (Revue internationale de l'économie sociale), avec le soutien de la région Île-de-France. Elle a permis de présenter et de débattre de quatre-vingts contributions de recherche portant sur près de trente pays: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Arménie, Biélorussie, Canada, Cuba, Danemark, Espagne, Éthiopie, Finlande, France, GrandeBretagne, Grèce, Hongrie, Inde, Iran, Irlande, Israël, Italie, Japon, Kirghizstan, Luxembourg, Lituanie, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Portugal, République tchèque, Roumanie, Suède. Elle a réuni les meilleurs spécialistes mondiaux du mouvement coopératif et a été l'occasion pour les jeunes chercheurs, notamment français, de rencontrer leurs homologues étrangers. Cet ouvrage ne reprend pas l'ensemble des contributions. Nous avons retenu celles qui ont été retravaillées par leurs auteurs en vue de la publication en nous limitant à l'édition d'un volume de cinq cents pages environ. La liste de l'ensemble des participants à la rencontre est présentée en fin d'ouvrage. Nous nous étions posé la question suivante: le mouvement coopératif répond-il aux nouvelles attentes de la société? Nous avons rassemblé en quatre parties les réponses à cette question: alimentation, crédit, démocratie et développement. À côté de l'agriculture et du crédit, qui constituent les deux champs les plus

étudiés, les travaux portent sur la pauvreté, la santé, l'éducation, l'industrie et la pensée coopérative. Cela ne signifie pas que les coopératives ne répondent pas à d'autres attentes, mais que les celles-ci sont moins explorées par les chercheurs. Il est cependant logique que les recherches se répartissent ainsi. Les deux premières parties renvoient aux secteurs d'activité dans lesquels les coopératives sont les plus puissantes à l'échelle internationale. Les troisième et quatrième portent sur les autres secteurs d'activité et s'appliquent à étudier soit la coopérative proprement dite, soit la place des coopératives dans le développement. Il existe cependant des besoins sociaux auxquels les coopératives ne répondent pas ou peu. Leurs positions sont faibles dans la production et la transformation industrielles, dans la production d'énergie, ainsi que dans la recherche scientifique et technique. Dans le travail et l'emploi, dans le commerce et l'artisanat, les coopératives occupent une place non négligeable, mais à la différence des secteurs agricole et bancaire, elles sont peu influentes sur l'évolution générale de l'activité. Dans presque tous les secteurs, les coopératives font preuve d'une meilleure santé que les sociétés de capitaux avec lesquelles elles sont en concurrence. Y compris pendant des périodes de réduction de l'emploi, elles continuent à salarier un nombre croissant de personnes. Elles se situent très souvent à la pointe de l'innovation, défrichant de nouvelles voies délaissées par les pouvoirs publics, avec ou sans leur soutien. L'évolution de ces entreprises est toutefois complexe, dans la mesure où elles se heurtent à la puissance des régulations internationales qui tantôt les ignorent, tantôt les contrarient. Elles doivent lutter contre la généralisation de normes juridiques et comptables qui ne leur sont pas adaptées. Simultanément, la société civile, largement victime d'un capitalisme financier produisant exclusions sociales, inégalités économiques et désastres écologiques, attend de l'économie sociale - et particulièrement de la coopération - des solutions alternatives. C'est donc un paradoxe qui caractérise la situation de la coopération en ce début de XXIesiècle: l'économie dominante tente de l'affaiblir alors que les populations forment en elle des espoirs renouvelés.

10

La majorité des recherches ont la forme de travaux analytiques avec, fréquemment, une mise en perspective théorique et/ou des propositions d'action. La majorité des travaux portent ainsi un regard nouveau sur la situation des coopératives qu'ils étudient, dans quelque pays que ce soit. Même si les difficultés ne sont pas ignorées, le sentiment qui prévaut est celui d'un grand dynamisme et d'un potentiel de développement considérable. Les coopératives répondent avec une grande réactivité aux nouvelles attentes sociales par des innovations remarquables et à des niveaux d'intervention extrêmement variés. On peut à la fois souligner l'unité du mouvement autour de valeurs et d'une démarche originale communément admise et sa diversité répondant à l'extrême variété des attentes sociales. La question qui se pose dès lors est peut-être la suivante: les coopératives sont-elles capables de susciter elles-mêmes des attentes différentes de celles provoquées par l'économie capitaliste? En effet, la transformation des attentes de la population - en termes de normes de production et de consommation, de rapport au crédit, de modèle de développement, de son contrôle et de ses finalités - est sans doute le défi le plus important auquel la société a à faire face aujourd'hui pour éviter une catastrophe écologique et sociale annoncée. Peut-être manque-t-il une ou des théories coopératives de grande ampleur, valides non seulement pour le mouvement coopératif, mais aussi pour la société dans son ensemble. À cette condition, le mouvement coopératif peut nourrir une nouvelle utopie sociétale, à l'instar de celle des microrépubliques de travailleurs du début du XIX"siècle ou de celle de la grande république - du commonwealth coopératif - qui motiva l'essor des coopératives de consommation à la fin du XIXesiècle et au Xxe siècle. Si cette question est pertinente, elle représente le meilleur encouragement pour renforcer la recherche et l'action coopératives.

11

What is the challenge?
Jean-François Draperi

T

his book is a collection of research papers that were presented at the 22nd International Research Conference of the International Cooperative Alliance (ICA), which was held on 19-22 October 2006 in Dourdan (France). The conference was jointly organized by the research committee of the ICA, the Groupement national de la coopération (GNC), the Centre d'économie sociale travail et société at the Conservatoire national des arts et métiers (CESTES/Cnam, Paris) and Recma (Revue internationale de l'économie sociale) with support from the Ile-de-France region. The conference provided the opportunity for presenting and discussing eighty research papers covering around thirty countries including Argentina, Armenia, Belarus, Canada, Cuba, the Czech Republic, Denmark, Spain, Ethiopia, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, India, Iran, Ireland, Israel, Italy, Japan, Kyrgyzstan, Lithuania, Luxembourg, Malaysia, New Zealand, Portugal, Romania, South Africa, Sweden and the United Kingdom. It brought together the world's leading authorities on the cooperative movement and gave young researchers, in particular the French, a chance to meet their foreign counterparts. This volume does not present all of the papers. Restricted to a book of around 500 pages, we selected the papers that were revised by their authors for publication. A list of all the participants at the conference appears at the end of the book. We asked ourselves the following question: Is the cooperative movement meeting society's new demands? The answers to this question were grouped into four sections: food, credit, democracy and development. Besides agriculture and credit, which are the two most studied areas, the papers deal with poverty, healthcare, education, manufacturing and cooperative theory.

12

This does not mean that cooperatives ignore other demands but rather that they are less studied by researchers. However, it is logical that research looks at these areas. The first two parts of the book concern the sectors where cooperatives are most powerful internationally. The third and fourth parts concern other sectors and examine either cooperatives themselves or the role of cooperatives in development. There are, however, social needs that cooperatives do not meet or meet poorly. Cooperatives have a weak position in manufacturing, energy, and scientific and technical research. Worker, associated labor, retail and small business cooperatives play important roles in their respective sectors but, compared with agricultural and banking cooperatives, have little impact on business trends. In almost every sector, cooperatives are healthier than their conventional competitors. Even in periods of rising unemployment, cooperatives continue to hire. Cooperatives very often lead the way with innovations and open new paths abandoned by government, with or without public funding. The evolution of cooperatives is, however, complex, as they have had to grapple with powerful international regulations that sometimes ignore or hamper them. They have had to fight against the indiscriminate use of legal and accounting standards that are not adapted to them. Simultaneously, civil society, largely a victim of a financial capitalism that produces social exclusion, economic inequality and environmental disasters, expects alternative solutions from the social economy and particularly from the cooperative movement.

At the start ofthe 21sI century, the cooperative movement thus faces
a paradoxical situation. While the dominant economy is trying to undermine the cooperative movement, civil society is forming new hopes about it. Most of the research is analytical work and frequently includes a theoretical overview and/or suggestions for action. The majority of the papers offer a new perspective on the situation of the cooperatives that they are studying regardless of the country. Even though the difficulties are not overlooked, there is a prevailing sense of great dynamism and the potential for considerable growth. Cooperatives respond proactively to new social needs with remarkable innovations

13

and an extremely broad range of initiatives. It is worth emphasizing that the movement is both united around a set of values and a shared original approach and diverse in the ways that it meets the enormous variety of social needs. The question that now arises is perhaps the following:Are cooperatives capable of sparking different demands than those that the capitalist economy creates? Transforming society's demands - in terms of the standards of production and consumption, the relation to credit, the development model and its oversight and goals - is probably the most important challenge that society has to tackle today if we hope to avert the foretold environmental and social catastrophe. Perhaps we are missing a grand cooperative theory or theories, valid not just for the cooperative movement but for society as a whole. If we had that, the cooperative movement could foster a new utopia for society like the worker micro-republics in the early 19thcentury and the great republic of the cooperative commonwealth that spurred the growth of consumer cooperatives in the late 19thcentury and 20thcentury. If this is really the issue, then it is the best reason for encouraging more cooperative research and action.

14

I - Alimentation:
de la production agricole à la consommation

Typologie spatiale des groupes coopératifs agricoles français
Maryline Filippi*, Olivier Frey** et Pierre Triboulet***

Les nombreuses opérations de délocalisation sont un exemple des modifications de l'organisation spatiale des firmes. Ce papier a pour objectif d'analyser les stratégies d'ancrage et de désancrage territorial des groupes coopératifs agricoles français. La méthodologie d'étude repose sur l'analyse des bases de données nationales (Lifi et EAE pour les années 2000 et 2003) en vue d'établir les correspondances entre les formes organisationnelles, les activités et la gestion de l'espace aux différents niveaux de l'organisation de la firme (établissement, entreprise, groupe). Les résultats soulignent le poids de l'activité dans la dynamique des logiques organisationnelles. Celles-ci se traduisent à la fois par un renforcement de la relation productive firme-territoire et par un étalement spatial du groupe. Si le désancrage des groupes coopératifs apparaît aujourd'hui limité, la concentration de la coopération agricole française sous l'effet de la mondialisation des marchés pourrait provoquer des basculements rapides.

* Enita Bordeaux (1, cours du Général-de-GaulIe, 33 175 Gradignan cedex. Mél. : m-filippi@enitab.fr), UMR CNRS Gretha, université Montesquieu Bordeaux-IV. ** Inra-Sad, UMR Sadapt (16, rue Claude-Bernard, 75231 Paris cedex 5); Coop de France (49, avenue de la Grande-Armée, 75116 Paris). *** Inra-Sad, UMR Agir (BP 52627,31326 Castanet-Tolosan cedex).

17

L

'accélération du développement des groupes coopératifs agricoles depuis les années 90 exprime leur volonté de s'adapter à la pression concurrentielle et à la globalisation des marchés. Cependant, ce développement considérable induit de fortes tensions entre leurs formes organisationnelles et les principes mutualistes (Côté, 2001 ; Filippi et Triboulet, 2003). D'un point de vue juridique, « les coopératives agricoles ont pour objet l'utilisation en commun par des agriculteurs de tous moyens propres àfaciliter ou à développer leur activité économique, à améliorer ou à accroître les résultats de cette activité. Elles forment une catégorie spéciale de sociétés, distinctes des sociétés civiles et des sociétés commerciales» (article L521-1 du Code rural). Pour les coopératives agricoles, la filialisation dans des sociétés de droit commercial apparaît comme un moyen souvent incontournable pour développer et valoriser l'activité de base des agriculteurs. Parallèlement, le transfert ou le développement d'activités dans de telles sociétés renforce une logique de capital dans les groupes coopératifs qui peut paraître contradictoire avec les fondements coopératifs initiaux. Paradoxalement, il existe peu de travaux sur la coopération agricole permettant de mesurer le développement des groupes coopératifs et les évolutions en termes de mode d'organisation. Rappelons que, par définition, une société coopérative agricole est agréée par le ministère pour mener ses activités sur une zone géographique précise. Il est ainsi défini un périmètre d'action territorial pour lequel la coopérative a obligation de collecte et de service aux adhérents situés sur cette zone. Par ailleurs, la coopérative ne peut développer une activité avec des nonadhérents qu'à hauteur de 20 % de son chiffre d'affaires. Aussi la filialisation de droit commercial est-elle perçue comme un moyen d'alléger la contrainte du périmètre d'action en autorisant la collecte à d'autres agriculteurs sur des espaces et avec des produits différents. La filialisation correspond également au fait qu'investir l'aval des filières, c'est aussi chercher à contrôler la transformation des denrées fournies par les adhérents et qu'en conséquence ce processus participe à la valorisation des ressources locales. 18

Ce papier a pour objectif d'analyser les stratégies d'ancrage et de désancrage des groupes coopératifs agricoles. Le développement considérable des coopératives agricoles sous forme de groupes de taille et de complexité grandissantes questionne le maintien de l'ancrage initial des coopératives mères (I). Les regroupements de structures, le développement de la filialisation et le positionnement à l'international induisent-ils une distanciation de cet ancrage traduisant une perte du pouvoir de l'adhérent? Autrement dit, comment les adhérents-propriétaires exercent-ils leur pouvoir au sein de groupes coopératifs qui se complexifient et qui s'éloignent de leur base territoriale? L'entrée par l'organisation spatiale des groupes coopératifs contribue à éclairer cette question. L'article repose sur l'analyse de bases de données nationales Lifi et EAE en 2000 et 2003 (Thollon-Pommerol, 1999) afin d'étudier les correspondances entre les formes organisationnelles, les activités et la localisation spatiale des groupes coopératifs français (Morin, 1988). Les résultats sur l'inscription spatiale des groupes coopératifs présentent un paradoxe. Alors qu'il leur est reproché de s'éloigner de plus en plus de leur périmètre territorial initial et, partant, d'introduire une distance avec l'adhérent-propriétaire, l'analyse statistique met en évidence une concentration importante de l'activité des groupes, soit dans la tête de groupe, soit dans des filiales situées dans le même département que la tête de groupe. Cette stratégie d'inscription spatiale dominée par une concentration géographique des outils productifs autour de la coopérative mère permettrait de maintenir un lien fort entre l'adhérent et le groupe.

La typologie de l'inscription spatiale des groupes coopératifs français
La mobilisation des données statistiques apporte des éléments au débat sur l'ancrage ou le désancrage des coopératives agricoles, mais surtout sur la façon dont elles activent, sous forme de groupes
(l) Les groupes coopératifs s'affirment aujourd'hui comme les acteurs principaux de la coopération agricole, y représentant 77 % de l'ensemble des effectifs salariés en 2000.

19

d'entreprises notamment, leur ancrage géographique. L'analyse statistique montre que, si l'hybridation des statuts et la concentration des pouvoirs aux mains d'un petit nombre d'acteurs apparaissent comme des phénomènes majeurs dans la coopération agricole, la gestion de différentes échelles spatiales n'est pas un fait avéré au niveau des groupes. Le fort ancrage spatial mis en évidence ouvre alors sur la question du rôle de l'espace dans la structuration des activités des coopératives agricoles et de leurs groupes.

L'analyse statistique met en évidence la grande hétérogénéité des groupes coopératifs agricoles La constitution des groupes coopératifs est réalisée à partir des bases de données issues de l'enquête « Liaisons financières» (Lifi) et des enquêtes annuelles d'entreprises (EAE) des secteurs suivants: IAA, coopération agricole, commerce, industrie, services, en 2000 et en 2003. Pour 2000, l'enquête «Petites coopératives agricoles» a également été utilisée (2).Outre un travail considérable de prétraitement (nettoyage, appariement, validation), notre approche soulève le problème de l'identification des coopératives têtes de groupe et de la caractérisation du contrôle, qui se révèlent très délicates dans le secteur coopératif du fait de l'importance des liens minoritaires partagés entre acteurs coopératifs. L'étude porte sur les groupes coopératifs ayant un effectif total supérieur ou égal à cinquante salariés (3).Le choix de travailler uniquement sur les groupes coopératifs sans prendre en compte les coopératives indépendantes se justifie par le poids prépondérant et croissant qu'ils occupent au sein de la coopération agricole. L'analyse de leur organisation spatiale est menée à deux dates en vue de caractériser et de comprendre les stratégies de localisation. Elle croise les formes organisationnelles et les activités à deux
(2) L'accès à ces enquêtes au niveau individuel a nécessité le passage au Comité du secret statistique. (3) Les groupes de moins de cinquante salariés représentent moins de 3 % de l'effectif salarié total des groupes coopératifs en 2000 et en 2003. Ces très petits groupes ne sont pas retenus, car, d'une part, la majeure partie de leurs activités est réalisée dans la coopérative mère et, d'autre part, les calculs statistiques sont peu fiables au-dessous de ce seuiL

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niveaux: le niveau groupe, avec la prise en compte de toutes les entreprises contrôlées, y compris les contrôles joints (50-50), et le niveau coopérative tête de groupe, au travers de ses établissements. Ainsi, nous construisons une typologie mettant en évidence l'inscription spatiale des groupes coopératifs.

Des groupes aux statuts juridiques hybrides dominés par un petit nombre d'acteurs Le développement des groupes coopératifs se traduit par une concentration des pouvoirs aux mains d'un petit nombre d'acteurs coopératifs (tableau 1). Dans le même temps, les groupes déploient de façon croissante leurs activités dans des filiales de droit commercial. Les interdépendances entre groupes coopératifs au travers des liens financiers qu'ils partagent jouent un rôle majeur dans les recompositions observées. Le tableau 2 (voir en page suivante) montre l'importance des effectifs salariés des filiales de droit commercial, dont la part augmente de trois points entre 2000 et 2003, de 53 à 56 % de l'effectif salarié total, alors que la part des têtes de groupe diminue d'un point, de 32 à 31 % de l'effectif salarié total. Dans le même
Tableau 1 Une concentration économique importante dans quelques grands groupes coopératifs
2000 Taille du groupe (nombre de salariés) Nombre d'entreprises Nbre 50-499 500-2499 2500 et plus Total 105 29 11 145 % Effectif salarié Eff. % 23,2 30,0 46,8 Nombre d'entreprises Nbre 160 30 14 204 % 2003 Effectif salarié Eff. % 24,7 25,8 49,5

72,4 22610 20,0 29277 7,6 45641

78,4 27632 14,7 28 890 6,9 55423

100,0 97 528 100,0

100,0 111945 100,0

Le tableau 1 souligne le mouvement de concentration observable dans la coopération agricole, avec une dizaine de groupes coopératifs de plus de 2500 salariés représentant environ la moitié de l'ensemble des groupes coopératifs.

des salariés

21

temps, la part des entreprises contrôlées de droit mutualiste est en diminution. Signalons enfin que les effectifs salariés des entreprises contrôlées à 50-50 comptent pour 5 % dans l'effectif salarié total des groupes coopératifs. Le nombre considérable de partenariats entre groupes coopératifs témoigne de l'importance des interdépendances entre les acteurs coopératifs. Ces partenariats s'établissent pour environ 30 % au travers de structures mutualistes et pour environ 70 % dans des entreprises de droit commercial. On note ainsi Tableau 2 Le poids économique croissant de la filialisation de droit commercial
2000 Nombre d'entreprises Groupe coopératifs Eff. salarié Eff. Nombre salarié (% arr.) d'entreprises 2003 Eff. salarié Eff. salarié (% arr.)

.Têtes de groupe

145

31 160 61185 51438 9747 5183 97522

32,0 62,7 52.7 JO,O 5,3 100,0

204 1549 1415 134 178 1931

34 808 72 542 63198 9344 5840 113190

30,8 64,1 55,8 8,3 5,2 100,0
-.: ::: 0.;

. Entreprises contrôlées de droit commercial de droit mutualiste . Entreprises contrôlées à 50 % Total groupes coopératifs Partenariats intergroupes

1018
920 98 90 1253

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Les entreprises contrôlées à 50 % sont des entreprises contrôlées par deux têtes de groupe sous la forme d'un contrôle joint 50-50; les effectifs de l'entreprise sont alors comptabilisés pour moitié dans chacun des deux groupes. Les entreprises en partenariats intergroupes sont des entreprises qui ont plusieurs groupes coopératifs dans leur actionnariat. Elles peuvent être contrôlées par un ou plusieurs groupes coopératifs.

22

une évolution de partenariats classiques entre coopératives sous forme d'unions de coopératives ou de sociétés d'intérêt collectif agricole (Sica) vers des partenariats dans des entreprises de droit commercial. Les structures en partenariat sont soit sous contrôle d'un groupe coopératif (53 % des cas), soit en contrôle joint 50-50 (12 % des cas), soit sous contrôle indéterminé ou partagé entre plus de deux groupes coopératifs (34 % des cas). L'ouverture du capital social d'entreprises contrôlées à d'autres groupes coopératifs est souvent la marque de groupes coopératifs leaders qui peuvent ainsi élargir leur emprise territoriale ou productive au travers d'alliances avec d'autres coopératives. Ainsi, les groupes coopératifs s'organisent au travers d'un double mouvement: d'une part, une logique de contrôle unitaire de filiales de droit commercial induisant une hybridation des statuts et des logiques au sein des groupes coopératifs et, d'autre part, une logique d'interdépendances fortes entre acteurs coopératifs qui se traduit par des contrôles partagés ou des partenariats plus ou moins équilibrés entre coopératives pour la mise en commun de moyens ou d'outils. La dynamique des groupes coopératifs révèle ce double mouvement de renforcement de la filialisation dans les sociétés de droit commercial assis sur un développement des interdépendances entre acteurs coopératifs (Filippi et al., 2006).
Le poids du siège social de la coopérative mère traduit une relative concentration spatiale Compte tenu de l'hybridation des groupes coopératifs, qualifier la tête de groupe, qui en l'occurrence est toujours une structure de droit coopératif détenant le périmètre d'action, s'impose pour comprendre les stratégies d'ancrage. À ce niveau, le critère d'appréciation de l'ancrage territorial de la coopérative mère est la localisation de ces établissements. Pour mesurer cette emprise, nous distinguons les entreprises qui ont tous leurs établissements dans le même département de celles dont les établissements sont répartis dans plusieurs départements (tableau 3, en page suivante). La répartition d'établissements sur un nombre important de départements reste un phénomène limité au niveau des 23

coopératives mères (environ le tiers des coopératives sont mono-départementales et les autres sont présentes en moyenne dans trois départements) et, en règle générale, le siège social a un poids important (56,3 % en moyenne) dans l'activité totale de la coopérative. À ce stade, il nous faut qualifier le type de fonction des établissements de la coopérative mère. Cela nous amène à distinguer deux populations de coopératives, celles ayant une activité principale en IAA et celles ayant une activité principale de commerce de gros. Les coopératives en IAA, comparées à celles de commerce de gros, sont en règle générale des entités plus grosses et ayant un nombre d'établissements limité. À l'exception d'un effet taille, le profil des coopératives mono-départementales et celui des coopératives pluri-départementales se ressemblent, avec une activité de transformation largement dominante dans les Tableau 3 Une gestion de l'espace différente selon le type d'activité des établissements des coopératives agricoles en 2000
Répartition des effectifs salariés (%) en fonction de l'activité de l'établissement IAA Commerce de gros Autres activités Effectif Nbre Nbre Poids salarié moyen ~oyend, moyen moyen d'établis- départe- du siège entresemen ts ments social prise

Inscription spatiale de la coopérative mère

Nbre d'entreprises

Industries agro-alimentaires Mono-département Pluri-département Total Commerce de gros Mono-département Pluri-département Total Total IAA et commerce 29 68 97 121 6,6 3,6 4,1 32,9 81,2 89,3 87,9 61,6 12,2 7,1 8,0 5,5 115,2 244,8 206,1 241,6 12.1 37,6 30,0 25,3 l,a 3,2 2,5 73,2 % 47,1 % 54,9 % 56,3 % 9 15 24 95,9 94,8 95,0 4,1 5,1 4,8 0,1 0,2 0,1 218,7 485,3 385,3 3,0 8,5 6,4 l,a 2,9 2,2 68,6 % 57,8 % 61,8 %

2.5

Sources: SCEES. EAE IAA et coopération agricole. 2000. Sur les 145 groupes coopératifs, 24 coopératives têtes de groupe ne sont pas prises principale en compte: ou le commerce

10 ont un effectif salarié inférieur à 20 et 14 n'ont pas paur de gros (dont 8 avec un effectif salarié inférieur à 20).

activité

les IAA

24

établissements et un poids du siège social important. Sur les vingt-quatre coopératives, seules trois ont un siège social qui ne réalise pas d'activité productive. Les coopératives de commerce de gros sont caractérisées par un nombre important d'établissements, lié à leur activité de collecte-approvisionnement. Les établissements restent spécialisés dans le commerce de gros au vu de la répartition des effectifs salariés, et cela que les coopératives soient mono ou pluri-départementales. Le poids du siège social dans l'entreprise reste important, même si une distinction nette apparaît entre les coopératives mono-départementales (73,2 %) et les coopératives pluri-départementales (47,1 %). Dix coopératives sur les cent cinq ont un siège social qui est uniquement un siège administratif, dont six pour les coopératives mono-départementales. Les résultats statistiques permettent de spécifier les caractéristiques des deux populations, qui s'opposent plus en termes d'activité qu'en termes d'emprise spatiale. Les coopératives mères se différencient ainsi nettement selon deux profils: des coopératives de transformation, caractérisées par un nombre limité d'établissements et un poids important du siège social, et des coopératives de commerce de gros, caractérisées par un nombre important d'établissements. De plus, ces deux types de coopératives présentent une spécialisation des établissements dans leur domaine d'activité. Les groupes se répartissent selon trois classes d'inscription géographique La mesure de l'inscription spatiale des groupes coopératifs (tableau 4, en page suivante) est basée sur la répartition spatiale relative des effectifs salariés des entreprises du groupe, en tenant compte de la localisation des entreprises contrôlées (y compris les contrôles 50-50) par rapport à la tête de groupe (TG). Les effectifs salariés sont localisés aux sièges sociaux des entreprises. La typologie permet de distinguer trois classes:

.

les groupes à tête de groupe dominante avec plus des deux

tiers des effectifs du groupe dans la tête de groupe et moins de 20 % des effectifs du groupe hors département de la TG ; 25

. .

les groupes locaux qui ont soit plus des deux tiers des effectifs

du groupe dans les filiales du département de la TG et moins de 20 % des effectifs du groupe hors département de la TG, soit plus de 80 % des effectifs du groupe dans le département de la TG; les groupes multi-Iocalisés qui ont au moins 20 % des effectifs du groupe hors département de la TG. Tableau 4 La typologie de l'inscription spatiale des groupes coopératifs en 2000 et 2003
2000
.... 1)

Répartition

des effectifs du groupe (% arrondis) Même région
RegIOn

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Groupes avec TG dominante 61
Groupes locaux 51 Groupes multi-Iocalisés 33 Ensemble 145

2003
....
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Répartition Tête de groupe Même dépt

des effectifs du groupe (% arrondis) Même région Région contiguë

c

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France

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1)8 ~:!i "':;

5 ~

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Groupes avec TG dominante 84 Groupes locaux 67 Groupes multi-Iocalisés 53

Ensemble 204
Sources: ln,ree. Lift et EAE indu."rie, serviee.I', lAA, coopérution agricole, commerce, 2000 et 2003,

26

La plupart des groupes coopératifs sont soit des groupes coopératifs dans lesquels la tête de groupe occupe une place dominante (classe 1), soit des groupes coopératifs dont les sièges sociaux des entreprises contrôlées sont majoritairement localisés dans le même département que la tête de groupe (classe 2). Seuls les groupes de la classe 3 localisent de manière significative leurs entreprises contrôlées hors du département d'origine de la tête de groupe. Ils sont de plus grande taille que les groupes des classes 1 et 2 et concentrent plus de 60 % des effectifs en 2000 et 2003. En termes d'évolution, on note une part plus importante de la classe 3 en 2003 par rapport à 2000. Alors que le nombre moyen de filiales est stable et que l'effectif salarié moyen diminue, l'effectif des groupes multi-localisés s'accroît. L'entrée par les groupes en segmentant trois niveaux, soit établissements, têtes de groupe, groupes, nous permet de montrer, d'une part, le relatif ancrage spatial des groupes coopératifs et, d'autre part, la spécialisation des coopératives têtes de groupe. Les groupes coopératifs se caractérisent par une concentration spatiale des activités soit au niveau de la tête de groupe, soit dans les filiales situées à proximité géographique immédiate de celle-ci. De plus, les coopératives têtes de groupe présentent une spécialisation de leurs établissements soit dans les IAA, soit dans le commerce de gros. Ces résultats sont finalement assez contradictoires avec l'hypothèse d'un désancrage important des groupes coopératifs du fait de la filialisation des activités et de l'extension spatiale du groupe. Ils méritent d'être discutés au regard des activités de la tête de groupe et du groupe, et en tenant compte du fait que la caractérisation de la tête de groupe ne conditionne pas nécessairement le type de groupe.

Le désancrage relatif des groupes coopératifs agricoles français
La typologie spatiale des groupes coopératifs nous invite à discuter de l'hypothèse de leur ancrage à travers l'étude de la diversification de leurs activités. L'approche de l'ancrage territorial des groupes d'entreprises dans un contexte de mondialisation 27

a précisé que les logiques sous-jacentes à la gestion des différentes échelles spatiales reposaient sur un ancrage territorial des activités productives. Expliquer la typologie de l'inscription spatiale des groupes coopératifs nécessite alors d'articuler une double approche au niveau de la coopérative mère et au niveau du groupe dans son ensemble, complétée par une analyse des partenariats entre groupes coopératifs. Cette approche nous permet alors de montrer comment l'extension des périmètres d'intervention des coopératives suit une logique de contiguïté spatiale à partir de la localisation de la tête de groupe. La typologie montre l'importance de la logique productive comme déterminant de la localisation Apprécier la répartition des activités telles que nous les avons définies dans la première partie repose sur l'articulation de trois niveaux organisationnels, l'établissement, la tête et le groupe. La spatialisation des activités, opérée à partir de la localisation des entreprises, caractérise la grande hétérogénéité des groupes coopératifs en termes de répartition de leurs activités en deux types, ceux à la vocation industrielle (IAA) affirmée, qui sont spécialisés, et ceux plus impliqués dans la commercialisation, qui semblent plus diversifiés. Le poids de la tête de groupe est alors déterminant pour caractériser les logiques spatiales. La typologie révèle une segmentation de la population entre les activités de commerce et celles de transformation. L'approche de l'activité des coopératives mères à partir des établissements montre une spécialisation des établissements autour de l'activité des IAA ou de celle du commerce de gros. Cela tend à révéler une différenciation entre des coopératives axées sur les fonctions productives et d'autres axées sur les fonctions commerciales. Il nous a semblé intéressant d'analyser de manière plus fine les activités des coopératives mères pour pouvoir confirmer ce résultat (4). La diversification est caractérisée à partir
(4) Pour ce faire, nous avons réalisé une analyse au niveau branche, critère plus précis que celui du secteur, de manière à pouvoir statuer sur le degré de diversification des fonctions de la coopérative tête de groupe.

28

d'un indice d'entropie calculé sur la répartition des effectifs salariés dans les différentes branches d'activité (Galliano, 1995). Les coopératives sont regroupées en quatre classes en fonction de la valeur de l'indice (voir le tableau Al en annexe). La diversification au niveau de la coopérative tête de groupe en termes de transformation, de commercialisation et autres activités apparaît relativement limitée. L'analyse au niveau des branches d'activité confirme ainsi les résultats obtenus à partir de l'activité principale des établissements, à savoir que l'effet taille joue sur le degré de diversification et que l'on note une différence significative entre les coopératives de transformation et celles de commercialisation. Les premières restent centrées sur cette activité et la part des activités de commercialisation et des autres activités reste faible, y compris pour celles qui diversifient le plus. Dans les coopératives de commerce de gros, le gradient de diversification est plus marqué et l'on note ainsi que, pour les plus diversifiées d'entre elles, l'activité de transformation représente en moyenne le quart de l'activité totale. En conclusion, au niveau de la tête de groupe apparaît une séparation marquée entre les coopératives impliquées dans les activités de transformation et celles pratiquant uniquement des activités de collecte, d'approvisionnement et de négoce. La caractérisation des fonctions et des activités au niveau du groupe a pour objectif d'isoler l'influence de la tête. La distinction entre IAA et commerce de gros reste pertinente pour caractériser l'activité au niveau du groupe (voir le tableauA2 en annexe). Ces deux populations se distinguent par leur dimension économique (les groupes des IAA représentent le quart des groupes, mais plus de la moitié des effectifs salariés totaux) et par le degré de diversification (90 % de l'activité des groupes des IAA sont dans les IAA). En complément, l'analyse sur les produits permet de mieux apprécier les spécifications des filières productives (voir le tableau A3 en annexe). Ainsi, la filière céréales et aliments reste dominée par l'activité de négoce et d'approvisionnement, alors que les autres filières sont majoritairement en transformation. Sachant la part importante et rémunératrice de l'activité commerciale dédiée au service de l'adhérent dans les coopératives céréalières,

29

on peut s'interroger sur les formes spécifiques organisationnelles et spatiales développées par ces groupes coopératifs. Les activités commerce ou transformation conditionnent donc les logiques productives. Or, la place de la tête de groupe dans le groupe influence de façon déterminante la logique de spatialisation sous-jacente. Le rôle différencié des coopératives têtes de groupe, depuis celles qui concentrent toute l'activité jusqu'à celles tendant vers une fonction de holding, situation relativement courante dans les grands groupes, conduit à examiner de façon conjointe les activités et les formes organisationnelles. L'influence déterminante de la tête de groupe dans la logique d'ancrage et d'étalement spatial Le fait de croiser une approche au niveau des établissements pour la tête de groupe et une approche au niveau de l'ensemble des entreprises contrôlées du groupe, y compris dans ses partenariats, permet de mieux comprendre comment l'ancrage territorial s'opère à partir de la localisation de la tête de groupe pour suivre un effet étalement dans l'espace. Caractéristiques de la classe 1, « TG dominante» Les groupes coopératifs à TG dominante ont pour caractéristique de garder dans la tête de groupe la majorité des activités. Les formes organisationnelles restent donc simples et les groupes sont de faible dimension en termes d'effectif salarié. L'analyse au niveau des activités et des établissements de la coopérative mère montre que ces groupes présentent cependant, pour une part importante, une diversification de leurs activités au niveau NAP 700 et une emprise spatiale de leurs établissements sur plusieurs départements. Ce sont pour la majorité des groupes ayant pour activité principale la commercialisation de gros et pour filière principale les céréales et aliments. La mesure de la diversification des produits au niveau du groupe est peu pertinente du fait du poids majoritaire de la coopérative dans le groupe. Sans surprise, les groupes coopératifs à TG dominante ne possèdent pas de holding dans leur grande majorité et ceux qui en possèdent en ont une et une seule.

30

Caractéristiques de la classe 2, « Groupes locaux»
Les groupes locaux ont pour caractéristique de concentrer les effectifs des entreprises contrôlées dans le même département que la tête de groupe, cette dernière ne représentant pas plus des deux tiers des effectifs du groupe. Ils présentent un profil relativement similaire aux groupes coopératifs à TG dominante. La complexité organisationnelle et la taille du groupe augmentent légèrement et l'on note également qu'une part importante des groupes présente une diversification des activités et une emprise spatiale sur plusieurs départements. Signalons que se retrouvent dans cette classe un nombre significatif de coopératives têtes de groupe ayant un poids très faible dans le groupe. En termes de diversification produits des groupes, on observe deux souspopulations: d'une part, des groupes qui sont mono-produits et, d'autre part, des groupes diversifiés. Un peu plus de la moitié des groupes coopératifs locaux possèdent une, voire plusieurs holdings, ce qui tend à infirmer l'hypothèse selon laquelle la fonction financière des groupes est en général délocalisée. » Les groupes multi-Iocalisés présentent un profil très différent. Tout d'abord, cette classe comprend tous les groupes de plus de 2500 salariés, groupes qui représentent 47 % des effectifs salariés totaux de la population étudiée. La complexité organisationnelle s'accroît fortement, plus de trois quarts des groupes ayant des prises de participation dans au moins dix entreprises. Ensuite, la part des groupes des IAA augmente et les filières lait et viande sont représentées de manière significative à côté de la filière céréales et aliments, qui reste dominante. On retrouve également, ici, un certain nombre de coopératives têtes de groupe ayant un poids très faible dans le groupe. En termes de diversification d'activités produit, un peu plus de la moitié des groupes sont mono-produits et un peu plus d'un quart sont diversifiés. Les trois quarts des groupes multi-Iocalisés possèdent une ou plusieurs holdings. Cette observation est à mettre en relation avec la diversification des activités de ces groupes. Certains de ces groupes ont notamment mis en place des structures holdings réparties par filières produit.

Caractéristiques de la classe 3, « Groupes multi-localisés

31

Ainsi, la tête de groupe cherche à exercer son contrôle aussi bien sur les activités que sur le périmètre d'action territorial. Les relations entre groupes coopératifs s'effectuent aussi sur la base d'une contiguïté géographique La gestion de l'inscription spatiale mobilise également les partenariats entre groupes coopératifs. Dès lors, ces derniers prolongent le raisonnement dans la mesure où ils s'opèrent dans une optique de renforcer le poids des entreprises coopératives. Nous prenons en compte ici les partenariats intergroupes vers des sociétés de droit mutualiste qui peuvent être des unions ou des Sica. Cette forme de partenariat est classiquement développée dans le secteur coopératif pour mutualiser des moyens et il est intéressant de se poser la question du choix de localisation de la structure en partenariat. Ces partenariats sont établis, pour environ les deux tiers d'entre eux, entre deux groupes coopératifs. L'analyse de la localisation des entreprises mutualistes en partenariats entre groupes montre, d'une part, que ces partenariats sont établis en majorité entre groupes d'une même région ou entre groupes situés dans des régions contiguës (75 % en 2000 et 80 % en 2003) et, d'autre part, que la société en partenariat est localisée essentiellement dans la région d'appartenance d'au moins un des groupes coopératifs (89 % en 2000 et 94 % en 2003). En règle générale, les acteurs coopératifs localisent donc la société en partenariat dans leur région d'implantation. Les groupes coopératifs visent ainsi à conforter et à étendre leur périmètre d'action en privilégiant une localisation à proximité ou à équidistance des têtes de groupe. Autrement dit, la tendance est à l'extension du périmètre d'action des coopératives mères. Ainsi, la typologie révèle qu'au-delà de la grande hétérogénéité des coopératives agricoles, trois classes se dessinent en fonction d'un jeu de multi-localisation. Sans surprise, ce sont les groupes les plus gros qui se délocalisent et se diversifient. Enfin, elle renseigne sur les modalités d'ancrage qui soulignent le contrôle dominant opéré par la tête de groupe coopératif. Ces coopératives conservent leur spécialisation initiale soit en IAA, soit en 32

commerce de gros, mais présentent des stratégies de localisation différenciées au niveau des filiales. L'achat d'outils industriels de transformation comme celui de magasins de commerce de détail (type Lisa, Gamm'Vert ou Point vert) ne contredit pas l'esprit mutualiste tant que la notion de profit n'entre pas en conflit avec le principe d'acapitalisme. Dès lors, cette dernière notion marque la limite entre, d'une part, ce qui relève de l'efficience économique et qui permet de réinvestir les profits pour maintenir un outil industriel compétitif et, d'autre part, ce qui relève d'une logique d'enrichissement d'un collectif de propriétaires. C'est sur cette frontière entre des revenus productifs réinjectés dans un outil de production et des revenus du capital transformés en dividendes versés aux actionnaires que s'opère la légitimité d'action des coopératives agricoles. En ce sens, la problématique des tensions entre localisation et globalisation se pose de façon pertinente au sein des groupes coopératifs.

Conclusion
La caractérisation de la typologie spatiale des groupes coopératifs est opérée à partir de critères sur les activités et les formes organisationnelles. La typologie obtenue en trois classes (groupes à TG dominante, groupes locaux et groupes multi-localisés) permet de qualifier la gestion de l'espace des groupes coopératifs français. La mesure de l'ancrage repose sur la localisation des filiales complétée par la diversification des activités et le développement de partenariats sous contrôle mutualiste. La réorganisation des filières et le développement d'outils industriels performants ont un effet sur la concentration amont des sociétés. D'une part, la localisation des filiales de droit commercial s'effectue souvent sur le même périmètre spatial que les têtes de groupes coopératifs, traduisant une volonté de maintien d'un contrôle de ces sociétés. D'autre part, l'analyse des partenariats montre que l'extension du périmètre s'opère par contiguïté spatiale. Si le périmètre d'action des coopératives contraint leur activité et que les filiales permettent de s'en extraire, la gestion de l'organisation spatiale des coopératives
33

montre une forte volonté de co-localisation. La filialisation de droit commercial ne se traduit pas par un dés ancrage de la coopérative de son territoire. Autrement dit, le désancrage des groupes coopératifs serait un mythe qui trouverait son origine dans la complexification des organisations coopératives. Cependant, dans la réalité, l'hétérogénéité des groupes masque une grande fragilité de cet ancrage territorial des coopératives agricoles. En effet, une dizaine de groupes coopératifs génèrent environ la moitié de l'activité mesurée en termes d'effectifs salariés de l'ensemble des groupes coopératifs. La poursuite de la concentration au sein de ces groupes pose donc la question de l'aboutissement ultime de ce processus. Ces groupes cumulent tous les paramètres d'une réactivité très forte vis-à-vis de la pression des marchés. L'obligation de contractualisation avec l'aval, notamment avec la grande distribution, oblige les coopératives à fournir sur une période de l'année un volume supérieur à la production opérée localement. Dès lors, pour être en mesure de répondre aux exigences des distributeurs, les coopératives sont de plus en plus obligées de s'allier avec des producteurs situés dans d'autres bassins de productions complémentaires. Aussi, l'articulation de niveaux spatiaux étendus va se poursuivre. De même, l'apparition de rachats de sociétés à l'étranger exacerbe les tensions entre localisation et globalisation, induisant des distorsions géographiques et organisationnelles. Si en termes d'emplois les coopératives jouent le niveau local, la question qui se pose alors est comment les coopératives toutes classes confondues activent le potentiel local à travers le développement de projets et la mise en valeur des ressources territoriales.

34

Bibliographie
Côté D. (édit.), 2001, Les holdings coopératifs, Éditions De Boeck, p. 413. Filippi M. et Triboulet P., 2003, « Les modalités d'exercice du pouvoir dans le cas du contrôle mutualiste: le cas des groupes coopératifs agricoles », Cahiers du Gres, n° 12, octobre, p. 26. Filippi M., Frey O., Triboulet P., Vivensang J., 2006, Bilan des lois de 1991 et 1992 et gouvernance des groupes coopératifs, rapport final, étude 03 B6 04 Ol-A, ministère de l'Agriculture et de la Pêche, 105 p. Galliano D., 1995, Les groupes industriels de l'agro-alimentaire français, Inra, Economica, p. 202. Morin E, 1988, « Les groupes industriels et financiers », chapitre 3, in Arena R. et alii, Traité d'économie industrielle, Economica, p. 208-217. Thollon-Pommerol V., 1999, « Enterprise group: the French methodology and results », in Micro and macrodata of firms, statistical analysis and international comparison, S. Biffignandi (ed.), Springer-Verlag, p. 59-68.

35

Annexes Tableau Al Diversification des activités des coopératives têtes de groupe selon leur secteur d'activité en 2000

Classe
d'entropie IAA Mono-activité Peu diversifié Assez diversifié diversifié Total Commerce de gros Mono-activité Peu diversifié Assez diversifié diversifié Total Total IAA et commerce

~I:l. 8 " '" 0'::: 5'::E ~Z " c ." .... "'" " 4 8 4 8 24 Il 26 32 28 97 121 173,0 233,3 527,3 575,5 386,3 83,1 151,4 190,5 390,2 225,5 257,4

" ~'c

'"

c-'" " c

," .;::
OJ

Répartition des effectifs salariés (% arrondis)

~~IAA

Commerce Autres de gros activités

NEE(') moyen

]5"5 " >, c
o 0 Ze~

'"

e

"'"

"

100,0 93,6 89,2 80,3 86,5 0,0 0,0 7,4 23,7 13,9 35,5

0,0 4,6 9,5 10,0 8,1 100,0 97,3 87,3 67,1 79,6 58,3

0,0 1,8 1,2 9,7 5,5 0,0 2,6 5,3 9,1 6,5 6,2

1.00 1,57 2,47 3,84 2,38 1,00 l,55 2,44 4,55 2,65 2,59

1,75 3,63 5,25 6,88 4,67 2,00 3,23 4,28 7,61 4,70 4,69

Sources: EAE, 2000. (1) Le nombre équivalent entropie (NEE) est calculé à partir de la répartition des effectifs salariés par branches d'activité. L'analyse est effectuée sur les 12] coopératives têtes de groupe dont l'activité principale est en ]AA ou en commerce de gros et qui ont un effectif salarié non nul.

Tableau A2 Diversification des activités du groupe en fonction de l'activité principale du groupe coopératif
Activité principale

du groupe lAA Commerce de gros Autre Total

Z c: Agriculture :;", " 1,2 39 103 3 145 5,1 59,1 3,4

" ~'C ~I:l. e " 0':::
'"

Répartition des effectifs du groupe (%) IAA 89,0 21,3 0,0 56,0 Commerce Autres de gros activités 5,9 58,7 0,0 31,2 3,9 14,9 40,9 9,4

.....

......... '"
0 ..... ..... ....

~:!i

~.:s OJ
'"

50123 46818 585 97526

Sources: Lifi et EAE, 2000.

36

Tableau A3 Diversification des activités du groupe en fonction de l'activité produit du groupe ] .ë
Z c <!)
:;"
<!) '"

Répartition

Activité principale

des effectifs du groupe (% arrondis) IAA

<ü ......... .~ ..... ..... 0 Jj :2
.... ....
OJ
'"

du groupe

S e0'::
Agriculture

Commerce
de gros

Autres
activités

~.!!!

Autre Boisson Céréales et aliments Fruits et légumes Lait Sucre Viande Total

3 5 68 8 26 3 32 145

59,1 0,0 6,9 9,7 0,0 0,0 0,5 3,4

0,0 46,1 22,3 69,5 74,5 85,3 71,8 56,0

0,0 50,8 57,7 19,0 12,9 3,8 23,1 31,2
Sources:

40,9 3,1 13,0 1,8 12,6 10,9 4,6 9,4

585 642 31769 6513 22 707 2920 32391 97 526

Lift et EAE. 2000.

37

Economic evaluation of an agricultural cooperative: The case of the agricultural cooperative of Episkopi, Greece
Simeon Karafolas and Electra Pitoska*

Agricultural cooperatives have a determinant role in the Greek agriculture sector, rural society and the economy. 6,350 Greek agricultural cooperatives are grouped into 118 unions of agricultural cooperatives. An agricultural cooperative manages the local agricultural production. Its social and economic role becomes much more important if the local economy is based essentially on the agricultural production managed by the cooperative. The paper examines the case of the Agricultural Cooperative A.S.O.P. EP1SKOP1S. This cooperative, founded in 1924, has had a determinant role in the local community since 54% of the local population is employed in agriculture. The cooperative's examination is focused on its economic and financial results and on its influence on the local economy. These results show that the cooperative responds to the necessity to operate as a competitive and profit-making entity.

* Department

of Financial

Applications

TEl of Western,

skarafolas@yahoo.gr.

39

T

he agricultural sector remains an important sector for the Greek economy and society, particularly in rural areas. Its contribution to the Gross Domestic Product (5.2% of Gross Value Added in 2005) and employment (12.6% of the working population in 2004) is one of the highest within the European Union (see respectively Eurostat Pocketbooks, 2007, for G.Y.A. and Jouhette and Romans, 2005, for employment). Farm size in Greek agriculture is very small, as the majority of agricultural holdings (77%) do not exceed 5 hectares; agricultural population is near the retirement age, since 54% of the agricultural population was over 55 years old in 2003 (Tsiforos, 2005). Greek agricultural society is characterized by family farming and cooperative structure. The agricultural cooperative movement in Greece dates back to the beginning of the twentieth century. The present paper focuses on the agricultural cooperative A.S.O.P. EPISKOPIS which is one of the oldest agricultural cooperatives that dates from 1924 and has had a determinant role in the local community since 90% of the local population is occupied in agriculture. Section 2 of the paper discusses the context of the development of agricultural cooperatives in Greece. The local cooperative movement, the establishment of the cooperative under review and its role in the local society are examined in the following section. Section 4 presents the organization of the cooperative, its investment policy and a comparative financial analysis drawn from a national sample of agriculture companies. Conclusions are discussed in section 5. Context of the development of agricultural cooperatives

in Greece

The agricultural cooperative movement in Greece dates from 1915 (Law 602/1915) when the agricultural cooperatives were established. Since then it has experienced a rapid growth, particularly in the post-war period and up to 1990s when it confronted problems related to changes in the socio-economic environment in Greece and worldwide, such 40

as structural changes in the Greek economy, globalization, and the Common Agricultural Policy (Tsiforos, 2005). The agricultural movement is organized in a pyramid structure in which the base of the pyramid includes the village cooperatives, which are the 1stdegree agricultural cooperative organizations (ACO). These ACOs cooperate among themselves on a wider geographical scale creating the 2nddegree ACO that form the Unions of Agricultural Cooperatives. The Unions of ACOs make up the Central Unions. Central Unions either operate on a limited geographical scale or on a national scale. Unions form the Panhellenic Confederation of Unions of Agricultural Cooperatives (PASEGES). This Confederation, founded in 1935 as a non-profit organization, is on the top of the pyramid and includes almost all agricultural organizations. A number of other cooperative organizations or companies engaged in specialized activities also exist. Table 1 presents the structure of the ACOs in Greece under the Panhellenic Confederation of Unions of Agricultural Cooperatives (PASEGES). 6,350 agricultural cooperatives (of pt degree) form 118 unions of agricultural cooperatives. The region of Macedonia is the most important region considering the number of ACOs, number of farmers, employees and turnover. Differentiations appear in the number of Agricultural Cooperatives (AC) and Unions of Agricultural Cooperatives (UAC) within regions. Some of them are characterized by a relatively small number of ACOs in comparison to members; this is the case of Sterea Ellada, the Aegean Islands and Crete. Some others are characterized by the relatively big number of UACs in comparison to ACOs; this is the case of Islands, Aegean Islands, Crete and Ionian Islands and it is due to territorial particularities of these regions. The cooperative movement has been characterized by state and political intervention. Farmers' interests were aligned much more with the state's policies (Klimis, 1991). This intervention has been constant till the decade of the 1990s. Patronis (2002) distinguishes some periods demarking the state's intervention towards the cooperative movement: 41

Table 1 Agricultural Cooperatives in Greece, members of PASEGES (end of 2000)
i:

Geographical Division

on U
::3

.... '<ï;' 0 .... ~" := ;> 0"" Eo

e " >.
0

ACs(2)

on on .... ....

u

e.J:J " "

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~~is. e
""

.... e

"-::s
1,713 1,066 710 866 302 705 463 328 197 6,350 174,774 106,060 92,778 135,635 46,145 85,427 53,683 30,690 21,620 746,812
Cooperatives

os "

e " ...
&';

ACI DAC

Macedonia Peloponnese Crete Sterea Hellada &Evia Aeagean Sea Islands Thessaly Epirus Thrace Ionian sea Islands Total
Source: Ponhellenic

28 19 18 17 11 10 6 5 4 118

208,893 139,079 152,003 83,875 57,584 144,867 57,081 91,883 7,810 943,075

3,365 1,242 1,170 938 622 1,186 499 597 163 9,782

102 99 131 157 153 121 116 94 110 118
(PASEGES),

61 56 39 51 27 71 77 66 49 54
2006.

Confederation

of Unions of Agricultural

(1) Unian., of Agricultural Co-operatives (2"" level organÜations). (2) Agricultural Co-operatives (I" level organisations).

. The 1914-1920period with the establishment of agricultural cooperatives.

.

The inter-war period (1921-1939) characterized

by the state's

intervention on leadership and organization of agricultural cooperatives. The post-war period (1950-1973) when the agricultural

.

cooperatives were treated as appendages of state administration. Within this period two sub-periods have been distinguished, first, from 1950 to 1967, where state intervention focused on the transfer of surplus to the urban-industrial sector, and, second, the dictatorial period (1967-1973) when the dictatorial government placed cooperatives under direct control. of cooperatives; this phenomenon began in the 1974-1980 period

. The post-dictatorial period with a strong politicized image
42

and was extended with the close identification of cooperatives to the political party in power during the intervaI1981-1989. The post-1990 period with cooperatives realizing the necessity to operate on a private-interest basis. The necessity to operate on a private-interest basis has been enforced by the changes provoked by the European policy in the agricultural area. It was also related to changes on the status of the Agricultural Bank of Greece (ATE). This bank was established in 1929 as an autonomous non-profit banking institution (Tragakis, 1980). ATE was established to provide credit to the agricultural sector (ATE, 2006); therefore it was chosen to assist the agricultural policy of Greek governments, (Gortsos, 1998), being the principal banking partner of cooperatives. Until the end of 1980s ATE had the obligation to submit its balance sheet and results to the Ministries of Agriculture and Finance. Practically the Bank of Greece, having the supervision role over the Greek banking system, did not exercise this supervision at the ATE. As a consequence Greek governments covered the bank's provisions for non-paid loans, largely owed by agricultural cooperatives. In 1991ATE became a société anonyme having full power to operate as a commercial bank and supervised, on the other hand, by the Bank of Greece. The consequence of these changes has been a much more strict policy over the loans of the cooperatives. Within this context the Greek State undertook the payment of debts owed to ATE. Through Law 2198/1994, debts of 1,467 million euros owed to ATE have been undertaken by the Greek state. This amount concerned 420 million euros for conventional payments to the bank and 357 million for agricultural cooperatives' debts (Patronis, 2002). Through a new legislative action three years later, (Law 2538/97), the Greek state undertook debts of agricultural cooperatives that had not been included in the previous legislative action of 1994 (Patronis, 2002). Agricultural cooperatives did not have the same efficiency during the post-war and particularly the post-dictatorial period based on the economic and financial results. Panagiotopoulos (1998) distinguished four categories of agricultural cooperatives considering credit ability and viability as an economic enterprise:

.

43

1- A small number of cooperatives which are competitive and profit-making; they attract the interest of many banks. 2- Problematic cooperatives with no chance of recuperation or survival; they have been excluded by the banking market. 3- Agricultural cooperatives which are under reform and undergo a process of reorganization; they are financed by the Agricultural Bank of Greece and have no access to other banks. These cooperatives have received adjustment of their debts by the Agricultural Bank of Greece; this group includes a large number of agricultural cooperatives. 4- The small-medium agricultural cooperatives which deal with agricultural supplies or simple processing activities; they require limited banking financing and have low credit risk; in spite of the low risk they do not attract any "commercial" bank and co-operate exclusively with the Agricultural Bank of Greece. According to Panagiotopoulos, (1998), this category includes the

largest proportion of 1st level agricultural cooperatives. The Law 2810/2000 on the agricultural cooperatives in 2000, (Official Gazette, 2000) promotes a business philosophy based on the necessity of the entrepreneurial spirit, the competitiveness and the private- interest basis of cooperatives. This philosophy encouraged the merger within cooperatives in order to become more competitive. Cooperatives did not seem to respond to this merging policy. For example in the case of the Prefecture of Imathia within 76 agricultural cooperatives of 1st degree no merger took place until the end of 2006. Cooperatives did not consider significant the gains from merging nor generous the incentive measures in order to sacrifice their autonomy.

The agricultural cooperative of Episkopi A.S.O.P. EPISKOPIS
The Agricultural Cooperative of Episkopi AS.O.P. EPISKOPIS is one of the 76 agricultural cooperatives of the Prefecture of Imathia and one of the 14 agricultural cooperatives of the region of Naousa (see Table 2). This prefecture is characterized by the importance of agricultural cooperatives. More than 12,000 farmers

44

Union of agricultural

Table 2 cooperatives of Imathia
OJ

(end of 2003)
OJ

Union of Agricultural
Cooperatives

OJ " uo&> < E :;E " 59 14 3 76

...

... ... so&> ...

OJ OJ

" S "
" >l..:;E
8,138 1,828 2,200 12,166

" .->
t:4 t:4ca

Turnover
(1,000

ca

" g
U

u

Euros) 2,879 2,451 20,475 25,805

ë..
S 37 51

" ~~» "
0

!:LI

DAC of Veria DAC of Naousa AL.M.ME. Association of Agricultural Cooperatives Total

60,308 90,976 2,805,000 2,956,284

(I) (2)

254(3) 342

Source: Idem Table J. (/) 3 ofthem are permanent and 34 seasonal. (2) 19 ofthem are permanent and 32 seasonal. (3) 29 of them are permanent and 225 seasonal.

are members of cooperatives. The cooperatives are grouped in three unions of cooperatives, the most numerous being in the district of Veria, the largest in the Prefecture of Imathia. The big number of cooperatives is related to the importance of the agricultural production. Imathia has the highest production of peaches in Greece and one of the biggest productions of cherries, grapes, apples and wine. Historically, private companies and cooperatives in Imathia created the infrastructure of an extended commercial network of fruits and vegetables all over Greece that included other regions' producers of fruits and vegetables as well. These companies permitted the export of agricultural production from all of Greece to European and Middle Eastern countries. The commercialization of oranges from Peloponnesus, Crete and Epirus by Imathia's companies is an example. The community of Episkopi is one of the villages that form the town of Anthemia in the district of Naousa. Its population amounts to the average for Greek villages in the plains of Greece. Its territory is considered very fertile since 82.2% is under cultivation (see Table 3). As a consequence, the population is occupied principally in agriculture; 54% of the active population is employed in agriculture. The Community of Episkopi considers 45

that 90% of the population has a direct or an indirect (as owners of agricultural land) relation with agriculture (Community of Episkopi, 2006). In Table 3 the share of the employed population in agriculture shows the importance of Episkopi in comparison with the average of the Prefecture of Imathia. Agricultural production is very much oriented to the production of peaches, considering that almost 77% of the production in 2005 was of peaches. Besides the oligopoly in the production of peaches, the production of kiwi has been developed, approaching 13% of the total production in 2005 (see Table 4). The Agricultural Cooperative in Episkopi, "A.S.O.P. EPISKOPIS," was created in 1924 and had 300 farmers members in 2006, 165 of whom are local farmers and the rest from other districts and even the neighboring prefecture of Pella. The extension of members is related to the new agriculture policy of the European Union and the Greek State regarding the creation of the Producers' Organization (Ministry of Agriculture, 2003). The creation of this agricultural cooperative had a historic, social and economic role in the local area that is described in its statutes. The cooperative aims at equal terms for its members and assisting them in economic, social and cultural development.

Table 3 Community of Episkopi
c
0
0: > .~ ,-., ;::~
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....

0
....

g.", ::I~,-., u C

.. .... 0 .... c "" ::I .5 0: '" .. -< Prefecture of Imathia Town of Anthemia of Episkopi Source: National
...

... 0:

Population
(2001)

u..'-' o u_

- c 8 .~ .~
... 0/)

"-0 ... 0:0 Bô'" .........
0

-<

42.7 76.1 82.2
Statistic

143,618 8,147 1,916
Service olGreece, 2006lauthor's

10.5 52.7 53.6
calculations).

Community

46

Table 4 Community of Episkopi, agricultural production, in 2005

Product

Total production (1,000 kg)

Share of total (%)

Peaches Kiwi Apples Pears Plums Apricots Cherries Total

13,000 2,200 600 550 200 180 170 16,900
Source: Community

76.9 13.0 3.6 3.2 1.2 1.1 1.0 100.0
of Episkopi, 2006.

The cooperative is an enterprise operating under democratic management. In order to obtain these goals the cooperative can exercise any legal activity concerning the production and commercialization of agricultural products. For these objectives the cooperative can create agencies in the national or international area, and it can develop and commercialize agricultural products. It can ask for bank loans. The cooperative offers any technical aid to its members, and undertakes works for the improvement of the agricultural infrastructure within the area of Episkopi. The cooperative undertakes every necessary measure for the protection of the agricultural products of its members. It can create activities related to rural social and cultural tourism. The cooperative can undertake any action in order to improve the social and cultural conditions of its members. The Agricultural Cooperative A.S.O.P.EPISKOPIS has a strong involvement in the agricultural production of the area of Episkopi. 65% of the farmers of this region deliver their agricultural production to this cooperative, (A.S.O.P. EPISKOPIS, 2006). The cooperative operates on multiple levels regarding the production 47

and commercialization that reflects directly on its members. A major intervention was undertaken for the restructuring of agricultural production during the period 1996-1997 with the substitution of part of peach cultivation by kiwi culture. In the 1990s the commercialization and absorption by the market was problematic for a big part of peach varieties. Therefore the cooperative searched for new agricultural products that could replace part of the peach cultivation. Kiwi production seemed to offer better opportunities. As a consequence kiwi was chosen to replace peach cultivation. The results of this policy appeared in the production of 2005, where kiwi's production amounted to 13.0% of the agricultural production in the district of Episkopi
(see Table 4).

The commercialization of production follows a specific process. The cooperative's members declare the cultivated area, the anticipated production and the quantity that has been collected already. The cooperative accepts only products that have received a quality control exerted by a cooperative's committee. The cooperative has criteria of quality, size, packing, presentation and marking that are related to the destination market. Therefore, part of the agricultural production that does not have the demanded quality is not commercialized by the cooperative. In accordance with the quality policy, the cooperative offers any help to its members to improve the quality of their products. The accepted products are allocated by variety, size and quality. Prices are determined by the market; expenses made by the cooperative are extracted from the final price to be paid for the products brought by the farmers, members of the cooperative. It appears therefore that the cooperative has a policy of quality control, on severallevels, but the prices of products are mainly determined by the market.

Organization and financial evaluation of A.S.O.P. EPISKOPIS
A.S.O.P. EPISKOPIS follows the organization generally accepted within Greek cooperatives of analogous size. It is a simple organization structure characterized by the clear separation 48

of responsibilities and specializations. It has a central control of activities that could facilitate necessary improvements and changes. The organization facilitates direct communication with lower levels of the organization. Its philosophy is based on the professional management of the cooperative and the participation of members in the decision-making process The organizational chart depicts the process of collection, elaboration, maintenance and sale of the fruits and vegetables (see Figure 1). During the examined period 2000-2006 the cooperative proceeded to important investments in two periods. These investments were placed in two different programs, both publicly
Figure 1 Organization chart of ACO "A.S.O.P. Episkopis"

Direction
of Administrative and Economic

Services

Direction of Receipt and Storage

Direction of Sales

Department of Receipt of Fruits and Vegetables

Department of Selection, Elaboration and Maintenance

Department of Expedition

49

financed. The first investment began in 1999 and completed in autumn 2001. The second investment began in 2004 and continued unti12008, while part of it was completed in 2005. The first investment was placed under the Operational Program of Industry and particularly the program for the "Support for the Modernization and Improvement of the International Competitiveness of Commercial SMEs." This program was supported financially by the Greek state and the European Union (General Secretariat of Industry, 1994). The financial aid to the investor was up to 40% of the proposed budget. The aim of this particular program was the support of small- and medium-sized enterprises in the commercial sector for their modernization in order to become competitive on the international scene. The support was oriented towards modern production technologies, the creation of infrastructures, buildings and transport facilities. The cooperative proceeded to incur investments of 293,470 euros. These investments were related to new buildings, maintenance equipment, software, installation of quality systems, and new trucks. Investments were financed by public financial support for 40%; the remaining 60% of the budget was partly self-financed by the cooperative and partly financed through bank loans (granted by the Agricultural Bank of Greece). The second investment was related to the pre-recognition of the A.S.O.P. EPISKOPIS as a producer organization. The European Union has a policy on the creation of producer organizations, which can be agricultural cooperatives as well, and supports financially investments proposed by these organizations. Within this policy, the European Union finances operational programs proposed by fruit and vegetable producers. The aim of this support is to help fruit and vegetable growers in adapting to the changing market situation (Official Journal of the European Union, 2006). More specifically, the improvement of product quality, the reduction of production cost and the improvement of environmental practices are major targets of the EU-funded programs. Member States are responsible for approving operational programs and processing the payments. The content of an operational program may include the following elements: purchase of sorting and packing machinery, 50

employment of quality control staff and marketing staff, investments in irrigation facilities and greenhouses, subsidies to growers for replanting fruit trees, and the cost of natural and disease control approaches (Official Journal of the European
Union, 2006).

The Greek government distinguishes pre-recognized from recognized producer organizations. In the first case the financial support is up to 70% of the proposed budget. In the case of agricultural producers in Imathia, a pre-recognized organization can be transformed into a recognized organization if it has at least 300 members and turnover of 3 million euros. A.S.O.P. EPISKOPIS submitted an operational program as a pre-recognized producer organization. In the first three years of the program, investments reached the total amount of 254,410 euros, publicly financed for 70% of expenses related to the purchase of equipment, track, software and a warehouse. Investments permitted the improvement of competitiveness, the creation of a brand-name, the application of quality control systems, increased production and maintenance capacity that offer greater possibilities for sales. Additionally, employment has been affected positively especially regarding part-time employees. Employment increase is due to the growth of production, especially of the production period of the cooperative that is now seven months per year instead of three months prior to the two investments. That has been possible because of the increase of maintenance and production capacity towards a larger variety of agricultural products with different periods of harvest. Agricultural production is largely influenced by weather conditions such as a sudden frost during the flowering period. That was the case in Imathia in 2003. The production that year of peaches was only 65,000 tons against the average of 331,500 tons in the period 2000-2005 (Prefecture of Imathia, 2007). Results regarding the cooperative's activity may be examined by the evolution of the balance sheet as well as by a comparative examination of financial ratios between the cooperative under review and a consolidated balance sheet of 250 agricultural companies in Greece. 51

In the period 2000-2005, assets of the cooperative went up 78%, influenced particularly by working assets that went up 180%, while liabilities were influenced by the equity that went up 79% and loans that went up 84%. The exceptionally low production of peaches in 2003 influenced particularly working assets; on liabilities, loans went up exceptionally in order to cover financial needs of the cooperative. Results were particularly influenced by the fall of peach production in 2003 (see Table 5). That year, turnover was at its lowest level; it had a negative effect on gross profit and provoked

Table 5 Selected elements of the balance sheet and results of A.S.O.P. EPISKOPIS (in euros)
2000 Assets Net Fixed assets Working assets Liabilities Cooperative capital Owner's Equity Loans . Short-term loans . Long-term loans Total Assets - Liabilities Results Turnover Gross profit Net profit before taxes (2) Interest charges 2,197,918 3,605,369 278,876 40,742 379 336,913 34,058 2,962 3,044,692 262,680 28,487 9,742 1,863,079 2,676,889 136,738 30,670 -95,598 2]8,962 26,653 3,767 3,12],874 218,279 19,026 1,686
2006),

2001

2002

2003

2004

2005

(I)

718,883 375,775

752,026 388,825

700,727 653,219

920,457 551,310

940,657 688,223

917,820 1,048,672

169,479 897,807 196,065 122,867 73,198 1,094,658

169,479 971,657 168,408 89,995 78,413 1,]40,851

252,384 1,170,863 183,117 88,213 94,904 1,353,980

195,158 1,082,507 393,176 208,995 184,182 1,476,470

227,439 1,404,832 223,263 101,708 121,555 ],628,881

328,687 1,604,119 361,587 257,686 103,719 1,966,493

Source: Ba/once Sheets and Income Statements (1) After deduction of depreciations. (2) Turnover less cost of sa/es.

of the A.S.O.P. EPISKOPIS,

(A.S.O.P. EPISKOPIS

52