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Demain, les drones de combat ?

De
202 pages
On sait l'importance prise par le renseignement spatial et arien dans les conflits des années 90, et le rôle clé joué par les drones, "avions sans pilote". On a assisté à une montée en puissance des drones comme vecteurs essentiels de la surveillance militaire, comme instrument indispensable et privilégié d'observation et de renseignement tactique, et comme pièce maîtresse d'un dispositif de surveillance d'un théâtre d'opération. Mais les missions des drones vont de plus en plus s'élargir, se diversifier au-delà du renseignement. Ainsi apparaissent aujourd'hui les drones de combat à missions offensives.
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DEMAIN, LES DRONES DE COMBAT?

Collection « Défense»
.
Le moment n'est hélas pas venu où la force militaire pourrait
«

- peut-il
être

d'ailleurs
reléguée

venir?
dans

le

linceul de pourpre où dorment les Dieux morts», chers à André MALRAUX.

Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de toujours « d'Etats-Nations» dont le nombre ne cesse de progresser et progressera sans doute encore au XXIème siècle s'il faut en croire la prophétie du Père Serge

BONNET: «Le XXIème

siècle sera plus encore que le

.

XXème siècle le siècle des Nations». Se pose à ces «Etats-Nations» le problème de leur défense, c'est-à-dire la fonction vitale d'assurer leur sécurité, leur paix, leur indépendance, l'obligation de préserver et de pérenniser les signes forts d'une identité nationale à travers les accidents de l'Histoire, à savoir: un territoire et la communauté consciente des hommes qui l'habitent. On peut convenir en effet d'appeler « politique

de Défense»

l'ensemble

des

mesures

et

dispositions

de

tous ordres prises par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l'intégrité du territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins retenus par l'ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense « a pour objet d'assurer en tout temps,

en toutes circonstances et contre toutes les formes d'agression, la sécurité et /'intégrité du territoire ainsi

.

que la vie de la population». Cette collection entend accueillir les réflexions qui touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant bien sûr le cas de la France et de l'Europe dans un contexte qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d'emblée« mondialisé ». Pierre PASCALLON

Sous la direction

de

Pierre

PASCALLON

DEMAIN ,

LES DRONES DE COMBAT?

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10 124 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2004 ISBN: 2-7475-6692-7 EAN : 9782747566926

PUBLICATIONS
DANS LA COLLECTION « DEFENSE»

Défense et renseignement, 1995 Quel avenir pour les drones ?, 1998 Les transmissions militaires, 2000 Quelles perspectives pour le deuxième porte-avions français ?, 2000 Quelles perspectives pour le Transport Aérien Militaire français ?, 2001 Quelle défense pour la France à l'aube du xxrme siècle ?, 2001 Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien
français après le Kosovo ?, 2001 La guerre des missiles, 2001

Les Armées françaises à l'aube du 2.rme siècle, Tome I: La
Marine Nationale, 2002

Le bouclier antimissiles américain après les attentats du 11 septembre 2001 ?, 2002 Quelle protection du territoire national contre le terrorisme international ?, 2003 Les Armées françaises à l'aube du 2.rme siècle, Tome II: L'Armée de l'Air, 2003 La politique de sécurité de la France en Afrique, 2004 Renforcer l'intégration de la Défense dans la Nation, 2004

Le 08 décembre 2003, à l'Assemblée Nationale à Paris, le Professeur Pierre PASCALLON organisait une table ronde visant à réfléchir sur l'avenir des drones de combat. Cet ouvrage rassemble les communications présentées lors de cette journée par les meilleurs experts, industriels, civils et militaires Nous tenons à remercier tous ces intervenants d'avoir bien voulu consacrer un peu de leur temps à nous faire partager leur savoir. Merci au Général Jean RANNOU qui a dirigé les débats de main de maître. Merci aux députés qui, à 1'habitude, nous ont accordé leur fidèle soutien et plus particulièrement à Charles COYA dont l'amitié nous est précieuse... et efficace! Merci enfin, encore et toujours, à la petite équipe du Club « Participation et Progrès ».

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SOMMAIRE

INTRODUCTION PARTIE I: LA PROBLEMATIQUE DESUCAV PARTIE II LES PROGRAMMESTPROJETSD'UCA V E
CONCLUSION

page 11

page31

page 99
page 173

GLOSSAIRE ET SIGLES BIBLIOGRAPHIE TABLE DES MA TIERES

page 185 page 191 page 195

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INTRODUCTION

De la nécessité d'une culture drones par Thierry POUPLIN Colonel Chef du Groupe « Drones» Section Technique de l'Armée de Terre STAT

Les drones sont devenus en moins de dix ans des acteurs incontournables des conflits modernes. D'ailleurs, il serait plus juste de parler de systèmes de drones et, devant la multiplicité de ces systèmes, des plus petits aux plus grands, les expériences des utilisateurs sont très disparates. Notre pays a, dans ce domaine, une histoire non négligeable qui lui confère une place parmi les chefs de file des nations utilisatrices de drones. Peu à peu une culture drone s'est développée ou plutôt devrait-on dire des cultures drones compte tenu des origines des utilisateurs. De plus, le milieu d'évolution de ces systèmes et leur environnement ont été longtemps ignorés parce que les drones français étaient et sont pour l'heure des épiphénomènes. Pour parvenir à une véritable culture drones des efforts doivent être entrepris.
UN HERITAGE HORS DU COMMUN

Une diversité de culture Un petit rappel historique: en France les premiers drones ont leur origine dans l'Armée de Terre dans les années 70 avec le R20. Puis viendront le CL89 et le CL289 toujours en service au 61 èmerégiment d'artillerie à Chaumont. Il s'agit alors d'une culture de missile de surveillance téléguidé avec un vol entièrement programmé comme dans le CL289. En opération, aucune action humaine n'est possible après le décollage. Puis vint, à la fin des années 80, le MART, engin télépiloté, appelé aussi ALT (Avion Léger Télé piloté), qui a participé à la guerre du Golfe. Après ce système expérimental à l'initiative de la STAT (Section Technique de l'Armée de Terre), le système CRECERELLE développé par SAGEM fut adopté par l'Armée de Terre en 1995. L'Armée de Terre a ainsi acquis une expérience importante, surtout à partir de l'année 1996, premier déploiement du CL289 en Bosnie, suivront alors d'autres

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opérations extérieures aussi bien pour le CL289 que pour
CRECERELLE.

Parallèlement à cette époque, l'acquisition du système expérimental HUNTER,d'abord mis en œuvre en interarmées, puis maintenant essentiellement par l'Armée de l'Air à Mont-de-Marsan, a apporté une dimension nouvelle au sein des armées par le mélange des cultures terre-air-mer, puis par l'aspect intégration dans la circulation aérienne militaire. Force est de constater que les points de vue d'emploi, mais également de mise en œuvre, des systèmes de drones sont très différents et profondément marqués par la culture d'origine. D'un côté, celle de l'Armée de Terre, qui est un mélange entre une approche type missile et de l'aéromodélisme durci; de l'autre, celle de l'Armée de l'Air, avec une vision pilote par essence. Cette diversité de cultures est, à mon avis, un atout pour parvenir à créer une véritable culture drones. Un héritage en décalage avec la réalité De même, au sein d'une instance internationale comme l'OTAN, il Y a un décalage historique avec la réalité. En effet, il existe au sein de cet organisme, trois groupes de travail sur les drones qui sont l'AG7 (Air Group 7), le PG35 (Project Group 35) et Ie TG2 (Topical Group 2). Or, Ie plus ancien de ces groupes, chef de file en matière d'UA V (Unmanned Aerial Vehicule) est le PG35, groupe marine. Ce groupe a fait de nombreux travaux de qualité et est très actif, ce qui peut paraître paradoxal car la majeure partie des marines n'ont pas de systèmes de drones en service. Aujourd'hui, ces trois groupes ont des contacts et échanges très réguliers qui devraient d'ailleurs s'intensifier pour une plus grande collaboration en particulier pour la rédaction de normes OTAN.

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Les armées de terre qui possèdent le plus de systèmes, aussi bien en quantité qu'en variétés, ne sont pas les plus actives au travers du TG2 au sein de l'OTAN.
UN ENVIRONNEMENT PEU PROPICE QUI EVOLUE

L'absence de réglementation Aujourd'hui, d'un point de vue réglementation aéronautique, il n'existe aucune législation sur les vols de drones, que ce soit du niveau international (OACI) ou national. En France, le seul texte détaillé concerne les activités d'aéromodélisme (arrêté du 25 août 1986). Il Y a donc un vide juridique. Cela n'a pourtant pas empêché les vols de drones, depuis plus de 20 ans, en métropole comme en opérations. Personne ne se préoccupait vraiment d'établir une quelconque réglementation tant que l'utilisation de tels systèmes restait un épiphénomène. La donne a maintenant changé avec le besoin d'espace aérien plus vaste et de nature différente suivant les systèmes et les missions. Les armées ont entrepris une démarche qui vise à écrire des textes de différentes natures pour combler l'absence de réglementation. Ainsi, devrait prochainement sortir une instruction provisoire sur la circulation aérienne militaire des drones. Ce texte, écrit par la DIRCAM (Direction de Circulation Aérienne Militaire), se veut pragmatique. Il sera à l'épreuve pendant 6 mois et également innovant car dans les espaces aériens avec organisme de contrôle, différentes activités pourront cohabiter. Peu après, l'Armée de Terre sortira une instruction provisoire relative à la sécurité des vols de drones au sein de l'Armée de Terre. D'une façon générale, beaucoup de réflexions et d'études sont menées ici ou là sur la certification, la sécurité des vols, la conception des systèmes de drones. Il est nécessaire à mon avis, de ne jamais faire abstraction de la finalité des systèmes de drones. Cette finalité n'est pas de voler mais de remplir une ou des missions.
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Une méfiance du monde aéronautique vis-à-vis des drones et de leurs opérateurs Le milieu aéronautique - que ce soit les pilotes (avions, hélicoptères), les contrôleurs aériens, voire les personnes chargées de la réglementation - est très méfiant à l'égard des drones. Cela est dû en partie à la méconnaissance des systèmes de drones, à la crainte d'une certaine concurrence. Or, aujourd'hui, les systèmes en service et à venir ont acquis une fiabilité importante et bénéficient de la bonne maturité des technologies employées. Les opérateurs de systèmes de drones ont des formations propres de plus en plus exigeantes. Ainsi, l'Armée de Terre a mis en place depuis cette année une formation interne sous forme de modules qui visent à donner aux opérateurs une connaissance de base solide en ce qui concerne la réglementation aérienne, la météorologie, la mécanique du vol. Cette méfiance existe également vis-à-vis des industriels, en particulier les PME et PMI qui ont beaucoup de mal pour faire des vols de développement pourtant indispensables à la maturité des systèmes, et acquérir de la confiance. Hormis, les centres d'essais de la DGA et l'aérodrome de la STAT (Section Technique de l'Armée de Terre) à Mourmelon, il n'y a pas de zone dévolue à une telle fonction.
L'EMERGENCE D'UNE CULTURE DRONES

Même s'il n'y a pas de pilote ou d'équipage à bord, l'homme est toujours présent et de façon essentielle pour l'instant. En effet, à l'heure où il faut éviter les dommages collatéraux et parfaitement identifier la cible avant sa destruction, il me paraît improbable de confier à un système évolué et entièrement automatisé une telle responsabilité sans un contrôle humain. Les opérateurs de mise en œuvre des systèmes de drones ne peuvent ignorer le milieu dans lequel évolue leur système. -18-

Aujourd'hui, les plus aptes à appréhender les systèmes de drones sont les contrôleurs aériens, voire pour la fonction contrôle de l'aéronef un adolescent féru de jeux vidéo comme « flight simulateur »... Mais les systèmes de drones ne se résument pas à des connaissances aéronautiques ou aérodynamiques. Ce sont des systèmes complexes dans lesquels la partie logicielle est prépondérante ainsi que tout ce qui concerne les liaisons de données et les charges utiles embarquées. Cette culture doit être un juste amalgame empruntant aux connaissances aéronautiques et au monde de la robotique, de la réalité virtuelle et de l'intelligence artificielle, moteur des évolutions à venir des systèmes de drones. En matière d'instruction et d'entraînement, l'EAO (Enseignement Assisté par Ordinateur) et la simulation auront une part très importante. De même, en matière de réglementation et de sécurité, la fameuse règle du « voir et éviter », pour assurer l'anti abordage, devra trouver de nouvelles solutions tant technologiques que par la mise en œuvre de procédures appropriées. Comme il n'y a plus besoin d'assurer leur sauvegarde, seule celle des personnes et des biens au sol devient essentielle en cas d'accident. Dans ce domaine, la STAT et le CEV collaborent étroitement par le biais d'un protocole. La STAT appliquera pour ses vols d'expérimentations une procédure définie par le CEV sur les vols d'essais. Toujours parce qu'il n'y a plus d'équipage à bord, la conception des systèmes de drones ne doit plus être centrée sur le pilote ou l'équipage mais sur la ou les missions. Cela ouvre des perspectives nouvelles pour les industriels. Cette culture drone apparaît peu à peu de façon naturelle par le développement de synergies locales. Il me semble nécessaire de conserver un caractère pragmatique à cette -19-

démarche compte tenu de la diversité des cultures qu'il faut fédérer. Un autre aspect essentiel est le coût de ces systèmes, le ratio efficacité opérationnelle / coût d'acquisition et de possession est capital au développement des drones. L'arrivée des UCA V, drones de combat, va être un facteur important de développement, tant sur le plan technologique qu'en termes d'image que véhiculent les drones.

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