//img.uscri.be/pth/487eea9e3db9dbfebb3d63be6c7b15daa6e47683
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Denis Sassou N'Guesso

De
258 pages
Ce livre est une compilation de 37 discours prononcés par le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, durant son premier septennat à la tête du Congo, entre 2002 et 2009. Il s'agit de ceux dédiés aux rendez-vous les plus importants, les plus symboliques et les plus marquants de cette période charnière, comprise entre la fin de la transition post-conflit de 1997-2002 et la relance du processus démocratique au Congo.
Voir plus Voir moins

DENIS SASSOU N’GUESSO Claudia Lemboumba Sassou N’Guesso
Les grands discours du premier septennat
2002-2009
Ainsi que l’indique son titre, ce livre est une compilation de 37 discours DENIS SASSOU N’GUESSOprononcés par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, durant
son premier septennat à la tête du Congo, entre 2002 et 2009.
Les grands discours du septennat, parce qu’il s’agit de ceux dédiés aux
rendez-vous les plus importants, les plus symboliques et les plus marquants Les grands discours du premier septennat
de cette période charnière, comprise entre la fi n de la transition post-confl it
de 1997-2002 et la relance du processus démocratique au Congo. 2002-2009
Une période marquée, au plan national, par le retour à la quiétude
après des années de crises sociopolitiques, et au plan international, par une
reconquête patiente de la confi ance des partenaires extérieurs du Congo.
Denis Sassou N’Guesso parlait du « septennat de la nouvelle espérance ».
En ouverture, on trouve le serment constitutionnel prononcé par le
président de la République, le 14 août 2002, jour de sa prestation de serment
après son élection à la magistrature suprême lors du scrutin présidentiel du 10
mars 2002. Suivent ses diff érentes adresses commandées par les événements
et par l’actualité.
Claudia LEMBOUMBA SASSOU N’GUESSO est diplômée en manage-
ment, option communication f nance banking, des universités American College
of London (Angleterre) et Loyola Marymount University (États-Unis). Elle est
le conseiller à la communication et aux relations publiques du président de la
République du Congo.
Préface de Firmin Ayessa
ISBN : 978-2-343-00142-5
26 €
DENIS SASSOU N’GUESSO
Claudia Lemboumba Sassou N’Guesso
Les grands discours du premier septennat 2002-2009















DENIS SASSOU N’GUESSO
Les grands discours du premier septennat
2002-2009

















Claudia Lemboumba Sassou N’Guesso

























DENIS SASSOU N’GUESSO
Les grands discours du premier septennat
2002-2009




Préface de Firmin Ayessa



















































































L’HARMATTAN


































































































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00142-5
EAN : 9782343001425


Sommaire


Préface ............................................................................................................ 7

Avant-propos .................................................................................................. 9

Année 2002 ................................................................................................... 11

Année 2003 33

Année 2004 67

Année 2005 89

Année 2006 ................................................................................................. 127

Année 2007 159

Année 2008 197

Année 2009 235




















5


Préface


La mémoire collective retiendra que le Congo avait, hélas, négocié, dans les
larmes, le sang et les décombres, son passage au troisième millénaire.
En effet, à la fin des années 1990, le Congo est un pays exsangue, une nation
morcelée, un Etat fantôme. Autant de conséquences malheureuses des
guerres intestines à répétition.
A la fin de l’année 1997, le Président Denis SASSOU-N’GUESSO revient
aux affaires, dans des conditions particulièrement dramatiques et dans ce
contexte national apocalyptique. Que de nombreux défis à relever:
rétablissement de la paix et de la sécurité dans tout le pays ; restauration de
l’unité nationale par la réconciliation et le dialogue ; relance du processus
démocratique sur des bases saines ; reconstruction physique du pays et
redressement de l’économie ; etc.
L’année 2002, dont les discours présidentiels ouvrent cette précieuse
compilation, a ceci de particulier qu’elle marque le couronnement, sur le
plan politique notamment, de la volonté inébranlable du président de la
République de faire que le Congo, alors meurtri en ce moment-là, redevienne
un pays normal, une Nation soudée et solidaire, un Etat viable.
Ainsi, après la longue nuit d’incertitudes, en 2002 le Congo retrouve enfin
ses marques ; il a de bonnes raisons d’espérer : adoption, par référendum,
d’une nouvelle Constitution ; organisation, dans la paix, des élections
générales ; investiture du président de la République élu démocratiquement
pour un mandat de sept ans.
Sur cette voie de la confiance et de l’assurance retrouvées, le navire Congo
met, par conséquent, le cap vers le rivage de la reconstruction et du
développement.
Le livre " Grands discours du septennat 2002-2009 ", restitue donc cette
séquence exaltante de notre histoire commune au cours de laquelle le Congo
a pu gagner, aux forceps, une bataille déterminante, celle de la remise en
place de ses piliers politiques et institutionnels.
Le catalyseur de ce grand bond en avant c’est la constante qui a toujours
guidé la politique du Président Denis SASSOU-N’GUESSO selon laquelle,
de tout temps et en toutes circonstances, les aspirations profondes du peuple
doivent être tenues pour sacrées.

L’histoire récente du Congo nous en fournit d’éloquentes illustrations. En
effet, le "mouvement du 5 février 1979" qui porta, pour la première fois, le
Président Denis SASSOU-N’GUESSO à la magistrature suprême, fut – les
témoins de cette époque ne sauraient le démentir – l’émanation d’une grande
aspiration populaire.
7
Au tout début de la décennie 1990, conformément à la volonté du peuple
souverain, le Président Denis SASSOU-N’GUESSO a favorisé l’avènement
de la démocratie pluraliste, avec son corollaire, l’exercice intégral des
libertés, sans heurts ni effusion de sang. Ainsi, se sont tenues, dans la paix,
les assises de la Conférence nationale souveraine en 1991, et une année plus
tard, les premières élections pluralistes du Congo postcolonial, sanctionnées
par une dévolution démocratique et pacifique du pouvoir d’Etat.
Enfin, au sortir des troubles de la fin des années 1990, le président de la
République a appelé au rassemblement et à l’unité de toutes les filles et de
tous les fils du Congo, afin de rebâtir la Nation. C’était là aussi la réponse du
chef de l’Etat au vœu le plus intime et le plus ardent de l’ensemble du
peuple. De ce fait, à l’image de l’agora grecque, la palabre congolaise
tiendra ses assises ; lesquelles assises ont tenu leurs promesses. En
témoignent, les résultats du forum national de 1998, consolidés par les
acquis du dialogue national sans exclusive de 2001.
Tels sont les faits parmi tant d’autres qu’il convient de mettre au crédit du
respect que voue toujours le Président Denis SASSOU-N’GUESSO à
l’adage qui dit : vox populi, vox dei.
Au-delà de toutes ces considérations, il importe de souligner que le plus
grand mérite de ce livre réside dans le fait que ces morceaux choisis de la
parole présidentielle sont avant tout le Manifeste de l’action d’un chef d’Etat
qui fait toujours ce qu’il dit.
Les lignes qui vont suivre confirment ce que tout observateur de bonne foi a
toujours affirmé : le Président Denis SASSOU-N’GUESSO n’a pas que
l’expérience du verbe, mais, il a aussi et surtout, le verbe de l’expérience et
de l’action concrète.

Le Ministre d’Etat, Directeur du Cabinet
du Président de la République,
Firmin AYESSA.-














8


Avant-propos


Ainsi que l’indique son titre, ce livre est une compilation des discours
prononcés par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, durant
son premier septennat à la tête du Congo, entre 2002 et 2009.

« Les Grands discours du Septennat», parce qu’il s’agit de ceux dédiés aux
rendez-vous les plus importants, les plus symboliques et les plus marquants
de cette période charnière, comprise entre la fin de la transition post-conflit
de 1997-2002 et la relance du processus démocratique au Congo.

Une période marquée, au plan national, par le retour à la quiétude après des
années de crises sociopolitiques ; au plan international par une reconquête
patiente de la confiance des partenaires extérieurs du Congo. Denis Sassou
N’Guesso parlait du septennat de « La Nouvelle espérance ».

En ouverture, on trouvera le serment constitutionnel prononcé par le
président de la République, le 14 août 2002, jour de sa prestation de serment
après son élection à la magistrature suprême lors du scrutin présidentiel du
10 mars 2002. Suivent ses différentes adresses commandées par les
événements et par l’actualité.

Des vœux de nouvel an à l’adresse de ses compatriotes à son discours
d’investiture, en passant par ses interventions devant les tribunes
internationales à l’occasion des grands sommets, ces 37 discours servent au
lecteur, bien au-delà des mots et des expressions, la vision de Denis Sassou
N’Guesso sur l’état de la Nation congolaise et sur la marche du monde.

Ce répertoire est un outil permettant d’appréhender une grande partie de
l’histoire du Congo et, dans une certaine mesure, celle de l’évolution récente
de l’Afrique et du monde. Il donne l’opportunité à tout chercheur, à tout
citoyen et à tout chroniqueur d’étudier la dimension et la profondeur de la
pensée d’un homme d’Etat d’envergure : Denis Sassou-N’Guesso

Le caractère didactique de ces discours nous a amenés à les publier dans leur
état brut, sans artifices ni commentaires, en vue d’en préserver l’authenticité
et laisser à chacun la liberté de les commenter, de les évaluer, au besoin, de
se les approprier.

L’essentiel a été de sauver ces écrits, spécifiquement, en fixant leur
dimension, puis en réveillant la mémoire collective en vue de combler un
9
vide qui risquerait de devenir, le temps passant, abyssale ; de marquer un
passage dans l’histoire, de taire un silence, d’indiquer une direction pour
montrer le chemin ; de fixer un horizon.

Manifestement, ce catalogue n’a d’autre ambition que de faire entendre la
voix de Denis Sassou N’Guesso toujours en quête de paix pour inculquer les
valeurs de justice, de vertu, de liberté et de tolérance au peuple. De même
qu’il permet de saisir la pensée profonde et révèle les sentiments, les
motivations et le rêve d’un Homme pour son pays et pour le monde.

Il n’y a pas meilleure manière de préserver ces textes pleins d’enseignements
et d’engagements émanant d’un dirigeant dont l’intérêt, pour son pays, pour
l’Afrique, et pour l’apaisement des relations internationales est sans
ambiguïté, que de les fixer sur ce support, dont on souhaite un excellent
succès. Sans doute ce premier volume sera-t-il suivi d’autres, de façon à ce
que, comme disaient les anciens, « les paroles s’envolent, les écrits restent ».


Claudia Lemboumba Sassou-N’Guesso

























10















Année 2002




























Prestation de serment
(14 juin 2002)

"Devant la nation et le peuple congolais, seul détenteur de la souveraineté.
Moi, Denis Sassou N’Guesso, Président de la République, je jure
solennellement :

de respecter et de défendre la constitution et la forme républicaine de
l’État ;
de remplir loyalement les hautes fonctions que la nation et le peuple
m’ont confiées ;
de garantir le respect des droits fondamentaux de la personne humaine et
les libertés publiques ;
de protéger et respecter le bien public ;
de consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement da
le nation ;
de garantir la paix et la justice à tous ;
de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire, la souveraineté
et l’indépendance nationale."



Message à la Nation sanctionnant la fin de la transition démocratique
(Brazzaville, le 9 août 2002)

Mes chers compatriotes,

Le Gouvernement d'L Union nationale et de salut public, mis en place au
lendemain de la guerre du 5 juin 1997, s'était fixé les missions principales
suivantes :

- créer une dynamique de fonctionnement régulier des institutions de l’Etat
telle que déterminée par l'Acte fondamental du 24 octobre 1997 ;
- pacifier le pays par l'arrêt total des hostilités et la réconciliation entre
Congolais de toutes sensibilités politiques et de toutes origines ethniques ;
- refaire, grâce à une action diplomatique offensive, l'image du pays à
l'étranger ;
- élaborer et faire adopter une nouvelle Constitution sur la base des
orientations du Forum national de janvier 1998 actualisées par le Dialogue
national de mars 2001 ;
- organiser les différentes élections politiques à savoir, l'élection du
Président de la République, les élections législatives, locales et sénatoriales.


13
Mes chers compatriotes,
Toutes ces missions ont été accomplies. Ainsi, conformément à la décision
n°17-02 du 07 août 2002 de la plus haute juridiction de notre pays, la Cour
suprême, siégeant en matière constitutionnelle, j'annonce solennellement la
fin de la transition à compter de ce jour, vendredi 9 août 2002, à minuit. Au-
delà, la Constitution du 20 janvier 2002, qui ouvre une nouvelle ère à notre
pays, peut produire ses effets.

Vive la République !
Vive la démocratie !
Je vous remercie.



Discours d’investiture à la présidence de la République au Palais du
Parlement
(Brazzaville, le 15 août 2002)

Excellences messieurs les chefs d'Etat et de Gouvernement ;
Mesdames les épouses des chefs d'Etat ;
Excellences messieurs les vice-présidents ;
Messieurs les représentants des chefs d'Etat ;
Monsieur le président de la Commission de l'Union africaine ;
Monsieur le représentant du secrétaire général des Nations Unies ;
Messieurs les ambassadeurs et représentants des organisations
internationales ;
Monsieur le premier président de la Cour suprême ;
Messieurs et mesdames les ministres ;
Honorables députés ;
Vénérables sénateurs ;
Distingués invités ;
Mesdames, messieurs ;

Le Congo est, aujourd'L hui, en pleine effervescence mû par une volonté
collective de bouger et de gagner. Il a restauré la possibilité pour son peuple
de choisir librement ses gouvernants. Il a reconquis la liberté. Liberté de
dire, mais aussi, liberté d'entreprendre.

Naguère, figé dans un cadre désuet et inadapté, le système d'Etat dans notre
pays s'est progressivement désengagé et s'est ouvert. Il a mis le cap sur
l'initiative et la transparence. Les prises d'initiatives se sont diversifiées.
Elles émanent aujourd'hui de sources nouvelles, d'un secteur privé émergent
et d'une société civile dont l'autonomie n'est plus une vue de l'esprit. La
14
dynamique de privatisation des entreprises publiques est là pour conforter
cette perspective.

De ce jour, 14 août 2002, l'histoire datera, pour la postérité, le
commencement d'une ère nouvelle dans notre pays.

Le processus démocratique que nous avions si bien engagé, en 1990, sans
effusion de sang, mais que quelques dirigeants avaient conduit dans
l'impasse, se trouve aujourd'hui réhabilité. Nous devons cette correction à la
détermination de toutes les forces vives de la Nation qui ont résolument dit
non à la violence, à la division et à la partition du pays.

Qu'il me soit donc permis de saluer le peuple congolais pour son élan
patriotique et sa pugnacité face à l'adversité, pour sa lucidité au moment des
choix essentiels pour le bien de la Nation, pour son courage face aux
obstacles dont était parsemé le chemin de la reconstruction, de la
réconciliation et de la paix, pour avoir su se forger des ressorts internes, afin
de sortir le pays de l'ornière. Il le mérite. D'ailleurs, c'est lui le grand
vainqueur des élections générales que nous venons de vivre.

Qu'il me soit également permis de féliciter le Gouvernement sortant et la
commission nationale des élections pour le calme, la sérénité et la
transparence qui ont marqué le déroulement du processus électoral.

J'adresse également mes félicitations au Conseil national de transition pour
l'important travail législatif accompli et qui a créé un cadre juridique
favorable à la bonne conduite de la transition.

Enfin, je remercie les pays frères et amis, toutes les organisations
internationales qui ont soutenu le Congo tout au long de ce processus. Je
réaffirme notre ferme volonté de poursuivre avec eux notre coopération pour
le renforcement et l'enracinement de la démocratie dans notre pays.

Mes chers compatriotes,

Pendant plus d'une décennie, nous avons souffert dans notre chair et dans
notre âme :
- d'une instabilité politique, institutionnelle et sociale ;
- d'une régression économique ;
- d'une désagrégation du tissu social ;
- d'une aggravation de la pauvreté ;
- d'une précarité sociale, accentuée par la quasi-faillite des finances
publiques.

15
Ces facteurs et tant d'autres ont conduit à une dégradation de l'image de
notre pays à l’extérieur et à une perte de confiance des Congolais en eux-
mêmes. Cette situation économique et sociale, exacerbée par les effets
d'actes terroristes, a saigné notre pays, a soumis à rude épreuve l'unité de la
Nation et a été traumatisante pour chaque famille congolaise.

Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons tous soif de paix et de stabilité, de
travail et de progrès, de liberté et de justice. Je prends l'engagement de m'y
investir personnellement, afin de répondre à cette attente collective par :
- un climat politique apaisé et une crédibilité intérieure et extérieure rétablie;
- une économie qui renoue avec la croissance et la création d’emplois ;
- l'élargissement des bases de cette économie à travers des incitations devant
profiter à tous les secteurs, en particulier au secteur agricole ;
- des actions vigoureuses dans les domaines de l'éducation, de la santé, de
l'alimentation et de l'approvisionnement en eau potable ;
- un cadre de vie plus décent, notamment en matière d'habitat et
d'assainissement de l'environnement ;
- une démocratie respectueuse des droits humains et des libertés publiques ;
- un Etat qui tient ses engagements et qui assume pleinement ses fonctions
dans le respect des règles de la bonne gouvernance.

Il n'est point de salut pour nous sans une économie forte, résolument tournée
vers la modernité, suffisamment dynamique pour créer des richesses et des
emplois. La situation actuelle de notre économie appelle des gouvernants la
détermination pour la restructurer, le bon sens et la rigueur pour stimuler et
entretenir la croissance. Elle appelle aussi de la population active des
opérateurs économiques l'esprit d'initiative et d'innovation, le travail
acharné, la combativité, l'ouverture au monde, l'acceptation de la
concurrence et la responsabilité dans la conduite des affaires. Ce n'est qu'à
ces conditions que nous pourrons espérer arrimer notre pays au train de la
mondialisation qui est en marche.

Mes chers compatriotes,

Président de tous les Congolais, j'entends résolument me placer au-dessus de
la mêlée pour mieux exercer les prérogatives que me confère la Constitution.
Par la volonté librement exprimée du peuple souverain, certains parmi les
partis politiques ont, à compter de ce jour, la lourde responsabilité de
conduire une opposition que nous souhaitons constructive, afin que notre
démocratie soit renforcée et que notre pays tienne de plein droit sa place
dans le concert des nations libres et démocratiques. C'est par le respect de la
différence et le libre exercice d'une opposition responsable que nous
pourrons enraciner durablement la culture démocratique dans notre pays.
16
Je tiens à réaffirmer, en cet instant solennel, que je veillerai à ce que l'Etat
soit véritablement impartial. La dépolitisation des postes publics de
responsabilité est une exigence. Elle devra s'accompagner de l'amélioration
du professionnalisme des agents de l'Etat.

Il est temps que l'administration publique cesse d'être le lieu de l'anarchie et
de la paralysie : trop d'hommes et de femmes relevant du service public dans
notre pays manquent de conscience professionnelle et de conscience
patriotique.

La quasi-faillite des finances publiques, que j'évoquais à l'instant, est
largement imputable à des pratiques de gestion qui ne riment pas avec la
bonne gouvernance. Ces pratiques ont pour noms, vous le savez bien :
affairisme, corruption, trafic d'influence et passe-droits.

Je lance un appel solennel à l'esprit patriotique de chacun et au civisme de
tous, afin qu'un terme soit mis à ces agissements pervers. Ces travers,
j'entends les combattre avec la dernière énergie, afin que s'instaure
définitivement une gestion saine et transparente de la chose publique, gage
d'une véritable justice sociale. Des résolutions novatrices seront prises qui
engageront le changement que le peuple attend.

Mesdames et messieurs,

Le Congo est, en réalité, une terre bénie de Dieu. Une terre dotée d'atouts
divers au nombre desquels cette population jeune et dynamique. Plus de 50%
des Congolais ont, en effet, moins de 20 ans et plus de 80% d'entre eux sont
alphabétisés.

C'est pourquoi, notre préoccupation pour les années à venir, nous l'avons dit
et nous le réitérons, sera de mettre en œuvre une politique audacieuse d'aide
à l'emploi des jeunes et à leur insertion sociale. Une fois encore, j'invite le
pays tout entier à une mobilisation générale autour de cet objectif, afin que
l'emploi des jeunes demeure la priorité absolue.

Notre sol et notre sous-sol regorgent des richesses innombrables : pétrole,
gaz naturel, bois, eau, diverses mines solides, etc. Notre pays est surtout
formé de terres arables d'une admirable fertilité, facilement irrigables et
parfaitement aptes à recevoir la plupart des cultures des pays chauds.

Notre forêt couvre 60% de notre territoire et représente 10% de l'ensemble
des forêts africaines. L'immense bassin du fleuve Congo, au cœur duquel se
trouve notre pays, constitue à côté de l'Amazonie l'autre poumon de la
planète. Comme vous le savez, il est l'une des plus grandes réserves de la
17
faune et des espèces végétales de la terre. Un privilège qui induit pour nous
une lourde responsabilité face au reste du monde. Nous mettrons tout en
œuvre pour que cette fabuleuse réserve naturelle soit durablement protégée
et préservée. En même temps, nous créerons les conditions indispensables à
l'éclosion et au développement d'un écotourisme transnational qui mettrait en
valeur les potentialités de cette région si généreuse.

La position géographique de notre pays, considérée comme stratégique, est
un irremplaçable avantage. Pays de transit, le Congo entretient de bonnes
relations avec tous ses voisins. Avec son port en eau profonde sur l'océan
atlantique, il a vocation d'être le centre à partir duquel peuvent être
desservies les économies des autres pays d'Afrique centrale, pour le plus
grand bien des peuples. Le Congo croit fermement en l'intégration
économique sous-régionale. Il a foi en la réussite de la communauté et monétaire des Etats d'Afrique centrale et se réjouit de la
redynamisation de la communauté économique des Etats d'Afrique centrale.

Autant d'atouts, aussi précieux les uns que les autres, qui fondent notre
optimisme et notre foi en l'avenir. L'avenir, on ne le dira jamais assez,
appartient, appartiendra toujours aux forces du mouvement, de la démocratie
et de la jeunesse. C'est à elles que, en ce jour historique, je fais appel avec
espoir et confiance, afin que, ensemble, nous défrichions les chantiers de la
Nouvelle Espérance.

Mes chers compatriotes,

Je suis conscient que pour atteindre cet objectif, le soutien de la communauté
internationale nous est indispensable. C'est pourquoi, je lance un appel aux
partenaires au développement, aux organisations internationales, à tous les
pays épris de paix et de solidarité, afin qu'ils accompagnent nos efforts sur la
base d'intérêts mutuellement avantageux. Je voudrais, avant de terminer,
m'acquitter d'un agréable devoir, celui de remercier, au nom du peuple
congolais tout entier, les chefs d'Etat et de Gouvernement, leurs épouses, les
délégations qui les accompagnent, les représentants des organisations
internationales, les représentants des pays frères et tous les amis personnels,
souvent venus de loin, qui ont tenu à rehausser de leur présence l'éclat de
cette cérémonie.

Au peuple congolais, je voudrais exprimer ma profonde gratitude pour la
confiance qu'une fois encore il place en ma personne.

eA vous tous, mes chers compatriotes - en cette veille du 42 anniversaire de
notre indépendance nationale - je présente mes vœux pour un Congo uni,
solidaire et prospère, dans un monde plus fraternel.
18
Vive la République !
Vive la démocratie !
Je vous remercie.



Allocution prononcée au sommet mondial sur le développement durable
(Johannesburg, du 26 août au 4 septembre 2002)

Monsieur le Président ;
Excellences, messieurs les chefs d'Etat et de Gouvernement ;
Monsieur le secrétaire général de l'ONU ;
Monsieur le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour
l'environnement ;
Distingués représentants ;
Mesdames et messieurs ;
Je suis heureux J de saluer, au nom du peuple congolais, de la délégation qui
m'accompagne à ce sommet historique et en mon nom propre, le Président
Thabo Mbeki, le Gouvernement et le peuple frère d'Afrique du Sud.

Monsieur le Président,

Il y a dix ans, au sommet de la Terre à Rio de Janeiro, la communauté
internationale a engagé notre planète dans ce que nous avons convenu
d'appeler le développement durable : un processus de développement qui
allie croissance économique, développement social et protection de
l'environnement.

A l'appui de cette option, nous avons adopté plusieurs principes et
résolutions contenus dans Action 21, communément appelé l'Agenda 21 de
Rio.

Dans l'Agenda 21, nous nous engagions à mettre en œuvre un programme
global d'actions pour un développement universel économiquement efficace,
socialement équitable et écologiquement soutenable.

Hélas, en dix ans, malgré des velléités qui ont parfois suscité quelques
espoirs vite contrariés, le constat général est que la communauté
internationale a totalement abdiqué ces engagements de Rio. Rien de concret
n'a été entrepris, sinon que des déclarations, beaucoup de déclarations.
Comme cela semble devenu une coutume universelle, ici aussi, le verbe a
pris le pas sur l'action.


19
Monsieur le Président,

Si nous le voulons, le développement durable peut devenir, dans un délai
raisonnable, une réalité profitable à tous, pourvu que nous replacions l'être
humain, les êtres humains de tous continents, de tous pays et de toutes
conditions au cœur des préoccupations relatives à leur épanouissement
présent et avenir, grâce à une vie saine et productrice, en harmonie avec la
nature par la lutte acharnée contre la pauvreté et la protection résolue de
l'environnement.
II n'y aura pas de développement qui soit durable si la santé et la sécurité
alimentaire demeurent pour une écrasante majorité de l'humanité une
chimère, si l'eau et l'énergie ne sont pas accessibles à tous, si les graves
épidémies (paludisme et sida) qui menacent les pays du sud ne sont pas
contrôlées et enrayées. Il n'y aura pas de développement qui soit durable si
notre planète n'est pas elle-même protégée des effets destructeurs de
l'environnement.

Monsieur le Président,

La terre est en danger. La sauver est un combat aux avant-postes duquel tous
nos Etats devraient s'inscrire. Chacune de nos nations est tenue de
reconnaître sa responsabilité pour l'assumer, sans hésitation.
Pour ce qui nous concerne, nous savons ce que la communauté internationale
attend de nous. Elle attend prioritairement du Congo, mon pays, qu'il veille à
la préservation du grand bassin du Congo au cœur duquel il se situe, ce vaste
bassin qui est l'une des plus grandes réserves de la Terre.

J'affirme à la tribune de ce sommet que la protection du bassin du Congo fait
justement partie des priorités de mon gouvernement. II reste cependant que
la faiblesse de nos capacités ne peut nous permettre, seuls, de réaliser cet
objectif qui nécessite des moyens conséquents.
Nous sollicitons l'appui de la communauté internationale, particulièrement
celui de nos partenaires au développement. Le grand projet sur la
préservation du bassin du Congo actuellement en éclosion retient toute notre
attention et tout notre intérêt. Le souhait du Congo est d'être partie prenante
de cette louable et noble initiative qu'il soutient.

Monsieur le Président,

Faisons ensemble que ce sommet soit un succès. Faisons que ce sommet
constitue un pas concret dans l'exaltante marche du monde vers la cohésion
et la solidarité internationales.


20
Faisons qu'ici, à Johannesburg, le développement durable passe du simple
concept à la réalité, pour le bonheur de tous les peuples de la planète.

Je vous remercie.



Mot de remerciement prononcé lors du lancement du partenariat sur
l'initiative du Bassin du Congo à l'occasion du sommet mondial pour le
développement durable
(Johannesburg, le 7 septembre 2002)

Monsieur le secrétaire d'Etat ;
Messieurs les ministres ;
Mesdames et messieurs :

Je remercie les gouvernements des Etats-J Unis d'Amérique et d'Afrique du
Sud de nous avoir associé au lancement du Partenariat sur l'initiative du
Bassin du Congo, à l'occasion du Sommet mondial pour le développement
durable.

En ma qualité de Président de la Communauté économique des Etats
d'Afrique centrale, espace qui englobe le Bassin du Congo, au moment où
mon pays assume la présidence en exercice de la COMIFAC, je tiens à
apporter le témoignage de la volonté politique des chefs d'Etat d'Afrique
centrale, d'œuvrer ensemble pour la gestion durable des écosystèmes
forestiers de la sous-région.

Les forêts du Bassin du Congo s'étendent sur plus de 200 millions d'hectares.
Elles couvrent les territoires du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la
Guinée Equatoriale, de la République centrafricaine, de la République
démocratique du Congo et de l'Angola et représentent le second massif
forestier au monde, après l'Amazonie. Il est connu qu'elles constituent un
important réservoir de la biodiversité.

C'est à Yaoundé, le 17 mars 1999, que les chefs d'Etat d'Afrique centrale,
tirant la leçon des expériences passées, se sont engagés à œuvrer pour une
gestion durable et concertée des forêts du Bassin du Congo, afin de tirer le
maximum de profit de la forêt, au triple plan économique, écologique et
socioculturel.

Ces forêts constituent, en effet, pour nos pays, l'un des principaux facteurs
de développement.
21
La COMIFAC, Conférence des ministres en charge des Forêts d'Afrique
centrale, chargée de la mise en œuvre de cet engagement, a mis en place un
plan de convergence. Ce plan comprend des actions prioritaires pour la
période 2002-2005, notamment :

- la création de nouvelles aires protégées ;
- la poursuite de l'effort des inventaires forestiers ;
- l'aménagement des concessions forestières ;
- l'intensification des programmes de reboisement ;
- le développement des activités alternatives autour des aires protégées en
faveur des populations riveraines ;
- l'accroissement des revenus tirés de l'exploitation des ressources forestières
et fauniques.

Ces initiatives développées dans la sous-région sont appuyées par un
partenariat multilatéral associant gouvernements, organismes parapublics,
secteur privé, société civile, populations riveraines, donateurs et bailleurs de
fonds.

Elles œuvrent soit dans la gestion forestière, soit dans celle de la
biodiversité. Ce sont :

- l'Organisation africaine du bois (OAB),
- l'Organisation pour la conservation de la faune sauvage en Afrique
(OCFSA),
- les Ecosystèmes forestiers d'Afrique centrale (ECOFAC),
- la Conférence des écosystèmes des forêts denses et humides d'Afrique
centrale (CEFDHAC).

C'est ici le lieu de remercier les pays du G8 pour leur appui multiforme aux
programmes de conservation des forêts d'Afrique centrale et de les inviter à
s'intégrer dans les mécanismes existants.

Le lancement du partenariat sur le Bassin du Congo, ce jour, par les
gouvernements américain et sud-africain, annonce à notre avis, un appel à un
effort plus accru de solidarité de la part des acteurs au développement en
faveur de la conservation en Afrique centrale. Pour nos pays, il constitue un
nouvel engagement moral, technique et financier en vue d'atteindre,
ensemble, un objectif d'intérêt mondial.

Nous sommes convaincus que ce nouvel élan sera fédérateur d'énergies et de
dynamiques nouvelles à consacrer à la gestion durable des écosystèmes
forestiers dans la sous-région. Nous sommes également persuadés que le
partenariat sur le Bassin du Congo restera respectueux de la souveraineté des
22
Etats, de la transparence dans la gestion des subventions et d'objectivité dans
le financement des projets, qu'il sera toujours soucieux de leurs effets induits
tout en prenant en compte les intérêts particuliers des populations riveraines.

Mesdames et messieurs,

Nous avons beaucoup de foi et d'enthousiasme pour que, dès à présent, la
coopération que nous nous engageons à promouvoir, en matière de
conservation atteigne, comme nous le souhaitons, les objectifs les plus
louables. Nous aurons ainsi contribué au développement durable en Afrique
centrale.

Vive la coopération sous-régionale !
Vive la coopération internationale !
Je vous remercie.



eDiscours prononcé à l’occasion de la 9 conférence des chefs d'Etat et de
Gouvernement des pays ayant le français en partage
(Beyrouth, du 18 au 20 octobre 2002)

Messieurs les chefs d'Etat et de délégations,
Mesdames et messieurs,

PermP ettez-moi d'exprimer au peuple et au gouvernement libanais ma
profonde gratitude pour l'accueil fraternel et chaleureux qui nous est réservé
depuis notre arrivée à Beyrouth, ville chargée d'histoire et de symboles,
capitale d'un pays situé au carrefour de plusieurs civilisations et où
d'innombrables communautés cohabitent dans un incessant dialogue.

Pour mon pays qui a, lui aussi, connu un long conflit interne, la renaissance
et la reconstruction du Liban représentent un cas exemplaire et encourageant.

Messieurs les chefs d'Etat et de délégations,
Mesdames et messieurs,

L'accession des pays africains à l'indépendance avait été perçue comme le
début d'une ère de paix et de progrès pendant laquelle nous devions nous
consacrer aux tâches de construction nationale. Malheureusement, la réalité a
déçu nos espoirs.

Dans un premier temps, nous avons imputé les conflits, dont nous étions les
victimes, aux ingérences extérieures. Nous avons espéré que la libération
23
totale de l'Afrique et la fin de la guerre froide favoriseraient le processus
d'intégration et consolideraient la paix sur l'ensemble du continent.
Malheureusement, nous sommes tous obligés de reconnaître que, durant près
de quarante ans, notre continent a été secoué par des conflits armés qui ont
plongé nos populations dans le désarroi. Aujourd'hui encore, nous
demeurons la région du monde où se trouvent le plus grand nombre de
réfugiés et de déplacés du fait des conflits de toutes sortes.

Ces conflits ont ralenti l'élan de nos ambitions de développement et
contribué à la dégradation de l'image de marque de l'Afrique dans le monde.

Messieurs les chefs d'Etat et de délégations,
Mesdames et messieurs,

Pour conjurer les crises internationales, le monde moderne s'est doté d'un
cadre et d'un outil susceptibles de prévenir les conflits entre Etats. Telle est
l'origine de l'Organisation des Nations Unies et de l'OUA.

Les Africains possèdent la sagesse et les ressorts nécessaires pour sortir des
situations de guerre auxquelles ils sont confrontés aujourd'hui. Nous
possédons dans notre patrimoine culturel des ressources pour nourrir une
culture de paix et de tolérance. Les foyers de tension, dont nos pays sont les
principaux théâtres et qui réduisent à néant nos efforts de construction
nationale et de développement, peuvent être maîtrisés.

On peut classer les conflits qui ont créé un climat d'insécurité en Afrique au
cours de ces dernières décennies, en trois groupes :

1 - Les guerres de libération nationale : Lutte pour le droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes, ou lutte pour l'égalité des droits des personnes. Les
Africains ont réclamé, avec ces guerres, leurs droits légitimes.

2 - Leurs indépendances acquises, certains pays ont été en proie aux conflits
frontaliers. Le plus long, le plus meurtrier a sans conteste été celui qui a
opposé l'Ethiopie à l'Erythrée. Le plus récent est celui qui a opposé le
Nigeria au Cameroun autour de la presqu'île de Bakassi. Toutes ces guerres
frontalières ont pu, fort heureusement, être réglées par la communauté
internationale, la charte de l'OUA qui prescrit l'intangibilité des frontières
héritées de la colonisation, des termes de références utiles aux médiateurs et
acceptables par les belligérants.
3 - Mais les conflits les plus nombreux, probablement les plus dévastateurs
pour les populations civiles sont, à coup sûr, ces dangereuses lignes de
fractures internes aux Etats. Ces guerres civiles posent plusieurs sortes de
questions :
24