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Des dirigeables pour demain

De
171 pages
Une réflexion sur l'utilisation des dirigeables pour la Défense et la Sécurité nationale aurait pu paraître incongrue au tournant des années 2000, tant il est vrai qu'à la fin du XXe siècle les dirigeables passaient pour de bon pour une technologie du passé. Et pourtant nous allons assister dans la décennie 2000-2010 à un véritable renouveau des dirigeables, y compris pour le domaine de la Défense et celui de la Sécurité si omniprésent aujourd'hui.
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DES DIRIGEABLES POUR DEMAIN

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12812-5 EAN : 9782296128125

Sous la direction de

Pierre PASCALLON

DES DIRIGEABLES POUR DEMAIN
Défense et sécurité nationale

Collection « Défense »
Le moment n’est hélas pas venu – peut-il d’ailleurs venir ? – où la force militaire pourrait être reléguée dans le « linceul de pourpre où dorment les Dieux morts », chers à André MALRAUX. Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de toujours « d’États-Nations » dont le nombre ne cesse de progresser et progressera sans doute encore au XXIème siècle s’il faut en croire la prophétie du Père Serge BONNET : « Le XXIème siècle sera plus encore que le XXème siècle le siècle des Nations ». Se pose à ces « États-Nations » le problème de leur défense, c’est-à-dire la fonction vitale d’assurer leur sécurité, leur paix, leur indépendance, l’obligation de préserver et de pérenniser les signes forts d’une identité nationale à travers les accidents de l’Histoire, à savoir : un territoire et la communauté consciente des hommes qui l’habitent. On peut convenir en effet d’appeler « politique de Défense » l’ensemble des mesures et dispositions de tous ordres prises par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l’intégrité du territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins retenus par l’ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense « a pour objet d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire ainsi que la vie de la population ». Cette collection entend accueillir les réflexions qui touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant bien sûr le cas de la France et de l’Europe dans un contexte qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d’emblée « mondialisé ». Pierre PASCALLON

PUBLICATIONS Dans la collection « Défense »
Défense et renseignement, 1995 Quel avenir pour les drones ?, 1998 Les transmissions militaires, 2000 Quelles perspectives pour le deuxième porte-avions français ?, 2000 Quelles perspectives pour le Transport Aérien Militaire français ?, 2001 Quelle défense pour la France à l’aube du XXIème siècle ?, 2001 Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien français après le Kosovo ?, 2001 La guerre des missiles, 2001 Les Armées françaises à l’aube du 21ème siècle Tome I : La Marine Nationale, 2002 Tome II : L’Armée de l’Air, 2003 Tome III : L’Armée de Terre, 2004 Tome IV : La Gendarmerie Nationale, 2006 Tome V : Les Armées françaises à l’heure de l’Interarmisation et de la Multinationalisation, 2007 Le bouclier antimissiles américain après les attentats du 11 septembre 2001 ?, 2002 Quelle protection du territoire national contre le terrorisme international ?, 2003 La politique de sécurité de la France en Afrique, 2004 Renforcer l’intégration de la Défense dans la Nation, 2004 Demain, les drones de combat ?, 2004 Satellites et Grands Drones dans le cadre de la politique spatiale militaire française et européenne, 2005 La politique de sécurité autour de la Méditerranée, lac de Paix, 2005 Quelles menaces, demain, sur la sécurité de la France ?, 2005 La dissuasion nucléaire en question(s), 2006

Les zones grises dans le monde d’aujourd’hui : le non-droit gangrène-t-il la planète ?, 2006 Quelle politique de Défense pour la France à l’heure de l’élection présidentielle de 2007 ?, 2007 Quel avenir pour l’OTAN ?, 2007 La défense antimissiles en débat(s), 2008 La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique de Défense, 2008 Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ?, 2009 Hier la crise, demain la guerre ?, 2010 La politique industrielle d’armement et de défense de la Ve république : évolution, bilan et perspectives, 2010 La guerre technologique en débat(s), 2010

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS ........................................................ 11 AVANT-PROPOS ........................................................... 13 INTRODUCTION GÉNÉRALE ..................................... 23 I PARTIE : LES DIRIGEABLES ET LA DÉFENSE ....................... 37 II PARTIE : LES DIRIGEABLES ET LA SÉCURITÉ ..................... 71 CONCLUSION GÉNÉRALE ........................................ 123 ANNEXES .................................................................... 143 GLOSSAIRE.................................................................. 161 BIBLIOGRAPHIE ......................................................... 165 TABLE DES MATIÈRES ............................................. 169

REMERCIEMENTS
● Cet ouvrage reprend pour l’essentiel les actes de la table ronde qui s’est tenue au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, sous l’égide du Club Participation et Progrès, le 16 février 2010, sous le même titre. ● Nous avons bénéficié bien sûr pour cette table ronde d’appuis très nombreux qui nous imposent une grande brassée de remerciements. Des remerciements d’abord à tous ceux qui nous ont aidé à mettre sur pied le programme de cette journée. Et il nous faut dans ce cadre remercier plus particulièrement Michel GARNIER, Nersi RAZAVI et Jean THYRARD. Des remerciements ensuite aux responsables du Musée de l’Air et de l’Espace qui ont bien voulu nous accueillir gracieusement dans leur belle structure. Et on doit dire ici plus spécialement notre gratitude à Gérard FELDZER, le Directeur du Musée et à Ahmed RACHITI du service Marketing. Des remerciements encore à tous les intervenants et à tous les participants à cette journée de réflexion qui a réussi à réunir tous les spécialistes et tous les passionnés français et européens des dirigeables, plus particulièrement intéressés par leurs applications militaires. Des remerciements enfin à la petite équipe du Club Participation et Progrès et à Pascale MARCHEIX qui s’est beaucoup investie pour cette publication. Pierre PASCALLON

AVANT-PROPOS par Pierre PASCALLON Professeur Agrégé de Faculté Président du Club « Participation et Progrès »

Une réflexion sur les dirigeables ? Qui plus est, une réflexion sur les dirigeables, demain, pour la Défense et la Sécurité ? Nationale ? Il est sûr que cet exercice aurait pu paraître – au tournant des années 2000 – académique, plus exotique, sinon incongru tant-il-est-vrai - qu’à la fin du XXe siècle – les dirigeables1 paraissaient pour de bon une technologie du passé, une technologie dépassée, devant être abandonnée sans un quelconque espoir de retour. Après en effet avoir eu les heures de gloire que l’on sait, notamment sur le plan militaire au cours des deux grandes guerres mondiales du XIXe siècle : avec les Allemands et les Français dans la 1ère guerre mondiale et encore avec les Américains durant la 2ème guerre mondiale : le colonel GARNIER y revient longuement dans l’introduction générale, on pouvait légitimement penser, au terme du XXe siècle, que les dirigeables – cet outil « plus léger » que l’air2 étaient bien morts, enterrés, relégués aux oubliettes, même si quelques fré-

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Cf. annexe 1 pour définition et caractéristiques des dirigeables. Le texte de départ le plus significatif pour une première appréhension des dirigeables est sans doute celui de Robert GIRAUDON : « le point sur les dirigeables », repris sur Adminetcawa. Le Cawa d’Adminet, Mars 2010. Le 23 avril 2010. 2 On dénomme et on qualifie le dirigeable en effet de « plus léger que l’air » par opposition à l’avion – la conquête des cieux se fera vraiment avec lui – « plus lourd que l’air », à dire le vrai, pour le dirigeable, il faut parler peut être très exactement de « pas plus lourd que l’air qu’il déplace ».

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missements, ici ou là, montraient que le cadavre bougeait encore de temps à autre. Il faut dire qu’on ne parvenait pas alors – ou l’on parvenait très difficilement – à se débarrasser d’un préjugé plutôt défavorable sur les dirigeables avec toujours en arrière plan le syndrome HINDENBURG en 19373 et les défauts, les insuffisances largement ressassés de cet outil : des dirigeables délicats à piloter, vulnérables aux vents, nécessitant une équipe au sol spécialisée, un mat d’arrimage, un hangar, … . La liste pourrait être allongée, précisée de l’ensemble des difficultés inhibant l’emploi de tels appareils. Qui plus est, personne n’imaginait alors une quelconque possibilité d’utilisation demain à nouveau de dirigeable sur le plan militaire, bien sûr au plus fort du combat aéroterrestre, mais même comme outil très général d’observation particulièrement apte à emporter senseurs et équipements opérationnels de tous types tant sa vulnérabilité paraissait forte aux tirs d’armes, voire aux missiles sol-air ou air-air ; bref les dirigeables ne peuvent avoir un quelconque rôle désormais en temps de crise et qui plus est en temps de guerre. Et pourtant, il n’est pas excessif d’affirmer que l’on va assister à un renouveau des dirigeables depuis une quinzaine d’années et à plein – on schématise forcément en fixant abruptement cette période – durant la décennie 2000-20104. - Les raisons de ce renouveau pour les dirigeables durant cette 1ère décennie du XXIe siècle ? Des dirigeables qui apparaissent en effet en plein accord avec les préoccupations clefs de cette période – préoccupations distinguées par simple commodité d’exposition -, à savoir les préoccupations d’économie et de protection de l’environnement, les préoccupations de sécurité. → Les préoccupations d’économie et de protection de l’environnement et les dirigeables ? On n’a plus besoin – en 2010 – de souligner la pace prise par les soucis d’économie, d’écologie, et de façon plus générale la
3 Le 6 mars 1937, le dirigeable ZEPPELIN LZ 129 HINDENBURG – le plus grand aéronef jamais construit – explose alors qu’il atterrit sur l’aéroport de LAKEHURST, provoquant l’une des plus spectaculaires catastrophes aériennes de tous les temps. 4 Cf. J. BOUTTES : « Que penser du renouveau des dirigeables ? », La lettre de l’Académie Nationale de l’Air et de l’Espace, N° 41, 2004.

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quête du développement durable. On sait en particulier dans cette perspective les efforts technologiques pour dessiner l’avion de demain qui devra être moins gourmand en carburant, moins polluant, plus silencieux, l’avion « vert », avion « écologique » du futur5. Or, par « essence », le dirigeable – par rapport aux autres « outils » aériens – est particulièrement économe6 et écologique7 particulièrement bien adapté à la défense de l’environnement, même si, lui aussi, doit inventer encore – et le secteur s’y met à plein – des dirigeables plus « résistants » et plus « légers » - avec enveloppe en matériaux composites : on pense au projet de Philippe TIXIER -, des dirigeables plus économes et plus écologiques – qu’on voit le dirigeable à énergie solaire : le NEPHELIOS, etc. voire le ballon dirigeable propulsé par une pile à combustible : « le space Bike », etc.8, ces petits dirigeables pouvant être des bancs d’essai pour des technologies en devenir même si l’intérêt pratique immédiat est limité. → Les préoccupations de sécurité et les dirigeables ? Le monde post changements géostratégiques 1989-91 : dislocation de l’URSS et du Pacte de Varsovie, chute du Mur de Berlin n’a pas été comme certains s’en étaient faits les chantres (Francis FUKUYAMA) un monde de Paix et de Prospérité. On a vu apparaître de nouvelles menaces9, de nouvelles conflictualités, les nouveaux conflits « asymétriques », et en particulier le terrorisme, avec l’hyper-terrorisme du 11 septembre 2001. Tout cela a amené une montée en puissance des préoccupations de Sécurité et notamment de ce que les Anglo-saxons

Cf. A. PHILIPPE et Ph. LANGLOIT : « Quand l’aéronautique engage son virage historique », DSI Technologies, sept-oct. 2008. Y. GALLOIS et G. ROY : Révolution aéronautique – le défi de l’environnement, Ed Pearson, 2008. A. BAUER : « Climat : le secteur aérien affute ses propositions », Les Echos, 15 juin 2009. 6 Le dirigeable est le seul moyen de transport aérien à voir sa consommation divisée par huit chaque fois que sa vitesse diminue de moitié. 7 Cf. annexe N° 2 pour ce salon de « l’aviation verte » 8 Cf. annexe N° 2 pour ces projets. 9 Cf. P. PASCALLON (sous la direction de) : Quelles menaces sur la sécurité de la France ?, L’Harmattan, 2005.

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vont appeler le « homeland security ». Et tout cela a renforcé la nécessité d’avoir des moyens d’observation, de surveillance, de renseignement sinon de contrôle de plus en plus appropriés. On sait – dans le cadre de la guerre technologique, de la « Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) -, la place que vont prendre pour ce faire les drones, les satellites, etc. Nous avons –dans le cadre de la réflexion du Club Participation et Progrès – été particulièrement attentifs à ces développements autour du renseignement de façon très large10. Comme on a été particulièrement attentifs : on a pu les percevoir – dans les années 2000 – aux premières limites de ces outils drones, satellites, à la croissance tentaculaire. Et de se souvenir par la même, dans le même temps, pour ces besoins de sécurité globale, des mérites des dirigeables en termes d’observation, de surveillance, … ; en deux mots, pour dire l’essentiel, la capacité et la facilité des dirigeables d’observer mieux, constamment et à plus grande distance et d’apparaître ainsi comme un outil – à revoir – puisque n’ayant pas d’équivalent pour maintenir sur zones une permanence de vision et de veille et permettre de mieux gérer nos menaces et nos crises d’aujourd’hui. On ne s’étonnera pas dans ces conditions d’observer une véritable frénésie de projets - et de réalisations - autour des dirigeables dans cette décennie 2000-2010 : sans aucun souci d’exhaustivité, mentionnons les développements des dirigeables durant cette période dans trois directions – cet effort de présentation et de distinction ne doit pas faire oublier qu’en réalité, les projets se veulent souvent polyvalents : → Développement des dirigeables sur le plan touristique, médiatique, festif, sportif…

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Cf. notamment dans cette collection « Défense » de L’Harmattan : - Défense et renseignement, 1995. - Quel avenir pour les drones ?, 1998. - Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien français après le Kosovo ?, 2001. - Demain, les drones de combat ?, 2004. - Satellites et grands drones dans le cadre de la politique spatiale militaire française et européenne, 2005.

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Le dirigeable n’a véritablement jamais disparu de nos cieux sous ce volet. On peut dire que cette perspective s’est encore renforcée dans la 1ère décennie du XXIe siècle, scandée désormais par des manifestations d’envergure et régulières : on pense au Campus des dirigeables (Royan – juin 2010) et au championnat du monde des dirigeables (Grand Dole dans le Jura, juillet 2010)11. → Développement des dirigeables sur le plan utilitaire On peut regrouper ici : Les efforts pour des dirigeables pour le transport de marchandises. On devine bien l’intérêt pour les entreprises d’un outil qui ne demanderait ni rupture de charge, ni démontage des produits pour leurs transports. Nous avons-nous même réfléchi à Issoire sur un tel dirigeable pour le transport des grosses pièces (ailes, …) de notre industrie aéronautique … et caresser le rêve d’un centre de dirigeables dans la cité de St Austremoine. On ne donna pas suite, compte tenu des développements en Auvergne du projet VOLIRIS et d’un pôle National du dirigeable à Moulins12. Il convient de signaler ici – qui confirme les dates du « renouveau » retenues – le projet « FIRST » en 2000, premier projet de dirigeable rigide DGP (Dirigeable gros porteur) conçu à Tarbes par Marc SÉNÉPART. On doit mentionner ici au moins encore l’étude AERALL (2006) pour un dirigeable gros porteur (DGP), puis le Colloque de la même association en 2007 (des dirigeables pour l’humanité). Les militaires bien sûr sont aussi intéressés par un transport adapté pour leur logistique et on y refait écho plus loin avec le projet américain WALRUS13 : Les efforts pour des dirigeables de « service public ». On voudrait mentionner dans ce cadre le travail d’une équipe suisse sur un dirigeable pour le haut débit14.

Cf. annexe 3. Cf. La présentation d’Anne MUSQUERE du projet Voliris, « nouvel aéronef à hydrogène », Air et Cosmos, 9 oct. 2009, en annexe 3. 13 Il y a eu aussi le projet allemand GARGOLIFTER, Cf. B. HOPQUIN : « le dirigeable revient dans l’air », Le Monde, 22-23 avril 2007. 14 Cf. annexe 3. Ph. RICHARD : « Un dirigeable pour le haut débit », Les Echos, 9 janv. 2008.
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