Dictionnaire de l'islamisme au Maghreb

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En 2011, le Maghreb, comme le reste du monde arabe, a été l'objet de bouleversements. Les "printemps démocratiques" ont été marqués par des succès politiques, électoraux de partis islamistes. Au Maghreb, le respect du pluralisme politique et du fonctionnement d'un régime de type parlementaire est désormais la norme au sein de la mouvance islamique. Ce dictionnaire présente les organisations, les hommes, les réseaux et les grands thèmes.
Publié le : mardi 1 mai 2012
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EAN13 : 9782296491762
Nombre de pages : 320
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Dictionnaire de l’islamisme au Maghreb
Histoire et Perspectives Méditerranéennes Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud  Dans le cadre de cette collection, créée en 1985, les Éditions L'Harmattan se proposent de publier un ensemble de travaux concernant le monde méditerranéen des origines à nos jours. Déjà parus Mahmoud OURABAH,Premiers pas. Souvenirs autour d’un projet de développement de l’Algérie,1963-1980, 2012. Xavier JACQUEY,Ces appelés qui ont dit non à la torture,2012. Daniel LAGOT,Responsabilité de protéger et guerres « humanitaires ». Le Cas de la Libye, 2012. er Michel BUR,janvier 1960-16 février 1961Algérie 60. Mascara-Sétif, 1 , 2012. Ali ABASSI,Espace francophones tunisiens ou Main de fatma, 2011. Chokri BEN FRADJ,Oliviers et oléiculture en Tunisie, 2011. Guillaume D’HOOP,Les Algériens dans le prisme des faits divers, Une lecture de la guerre d’Algérie (1954-1962), 2011. Sébastien ABIS et Damien CORDIER-FERON,Bizerte, otage de l’histoire. De la Seconde Guerre mondiale aux indépendances du Maghred, 2011. Fabien SACRISTE,Germaine Tillion, Jacques Berque, Jean Servier et Pierre Bourdieu. Des éthnologues dans la guerre d'indépendance algérienne, 2011. Abraham LAHNITE,L’application du Traité de Fez dans la région du Souss, 2011. Abraham LAHNITE,Le Souss géographique, historique et humain, 2011. Abraham LAHNITE,Les conditions d’établissement du Traité de Fez, 2011. Arfaoui KHEMAIS,Les élections politiques en Tunisie de 1881 à 1956, 2011. Hamid CHABANI,Le printemps noir de 2001 en Kabylie, 2011. Makhtar DIOUF,L’islam, un frein au développement, 2011. Hassane Zouiri,Le Partenariat euro-méditerranéen. Contribution au développement du Maghreb, 2010. Tarek HEGGY,Le Djinn Radical, 2010. Mehenni AKBAL,Père Henri Sanson s.j. Itinéraire d'un chrétien d'Algérie, 2010. Hadj MILIANI,Des louangeurs au home cinéma en Algérie, 2010. Houria ALAMI M'CHICHI,Le féminisme d'Etat au Maroc, 2010. Jean-Marc VALENTIN,Les parlementaires des départements d'Algérie sous la IIIe République, 2010, Jean OTTER,Journal de voyages en Turquie et en Perse, Présentation d'Alain Riottot, 2010. Mohammed TELHINE,L'islam et les musulmans de France. Une histoire de mosquées, 2010. Maher ABDMOULEH,Partenariat euro-méditerranéen. Promotion ou instrumentalisation des Droits de l'homme, 2010.
Jean-Michel Salgon Dictionnaire de l’islamisme au Maghreb
L’HARMATTAN
© L'HARM ATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96231-6 EAN : 9782296962316
A Bruno Etienne, l’éclaireur.
D’UNE REVOLUTION L’AUTRE. L’« Islamisme », terme, concept inventé par l’école orientaliste française a été intégré dans le langage courant depuis le début des années 1990. Que faut-il entendre par islamistes ? Tous ceux, qui considèrent agir en tant que croyant au service de la religion dans le cadre de leur activité politique, sociale ou culturelle. La mission première de l’islamiste est de favoriser une islamisation de la société, de son environnement. Il intervient dans la vie politique locale ou nationale dans son pays en se définissant avant tout comme un croyant au service du message coranique. Au Maroc, notamment, nombre d’acteurs politiques et de citoyens préfèrent l’expression de « référentiel islamique ». Toute organisation à « référentiel islamique » est une organisation islamiste. Cette dénomination recoupe par voie de conséquences à la fois des partis politiques, des syndicats, des associations, des groupes armés, des mouvements clandestins…La mouvance islamiste est traversée par des courants et est loin d’être homogène. En Algérie, durant la guerre civile des années 1990, les groupes armés islamistes prenaient parfois pour cibles des militants islamistes qui avaient refusé de rejoindre les maquis et qui étaient accusés de soutenir la junte. Le numéro deux du parti islamiste Hamas, Mohamed Bouslimani a été abattu en 1994 par un groupe armé, vraisemblablement au nom de la pureté religieuse. En Tunisie, la légitimité du nouveau pouvoir, issu des urnes et dominé par le parti islamiste Ennahda, est remise en cause, au nom d’idéaux religieux, par des groupes d’obédience salafite. En 2011, presque tous les pays du monde arabe ont été touchés, à des degrés divers, par des mouvements de contestations qui ont été à l’origine de la chute des régimes tunisiens, égyptiens et Libyens et qui ont modifié durablement le paysage politique. Les révoltes ont été systématiquement menées ou canalisées par des coalitions hétéroclites, rassemblant des citoyens se réclamant de courants idéologiques divergents, le mouvement du 20 février au Maroc, la coordination de la « jeunesse du 25 février »……. Elles ont toutefois presque uniquement profité aux divers courants islamistes. L’Algérie et la Mauritanie, sont les deux seuls pays de la région qui n’ont pas été affectés par des changements d’envergure en raison de contextes nationaux particuliers. Force est de constater que même dans ces deux pays les régimes en place pour canaliser les mécontentements et réduire leurs impacts ont amorcé des réformes politiques et cédé sur certains nombres de revendications économiques. Un nouveau personnel politique a
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toutefois accédé au pouvoir dès la fin de l’année 2011 dans plusieurs pays marqués par les troubles et le mode de fonctionnement des différents régimes concernés sont systématiquement remis en cause par de larges pans de la population. Cette aspiration démocratique s’est généralement concrétisée par un appel à la constitution d’assemblée nationale constituante. Leur mise en place étant dans l’esprit de l’ensemble des acteurs, un acte symbolique concret de rupture avec l’ancien régime. Ces changements ont indubitablement profité aux différents courants islamistes et ont révélé ou amplifié des fractures au sein des sociétés. Les révoltes arabes ont mis en relief des fractures importantes au sein même de la mouvance islamiste, certains acteurs ou mouvement refusant dans certains cas de soutenir les révoltes. Au Maroc, le Parti de la justice et du développement, principale formation islamiste légale a dès le départ marqué son refus de s’associer aux rassemblements, en revanche le mouvement non reconnu Al Adl Wal Ihsan (Justice et Bienfaisance) a été l’un des principaux animateurs de la contestation. Si certaines composantes de l’opposition islamiste illégale ont accepté d’intégrer le jeu politique, comme le parti Ennahda en Tunisie, d’autres formations n’ont pas obtenu l’agrément officiel, comme Hizb Al Tahrir en Tunisie, ou refusent, quoi qu’il en soit, de s’associer au jeu politique officiel. Plus globalement des divergences doctrinales et stratégiques sont apparues notamment au proche et moyen orient entre les différents courants sur l’application de la charia et sur la notion d’Etat islamique. Les nouveaux gouvernements, à dominante islamiste, au Maroc comme en Tunisie, doivent désormais traités, notamment en termes d’ordre publique, les prises de positions et les actes parfois malveillants d’une composante de la mouvance salafite. En Tunisie, l’ancien prisonnier politique cadre d’Ennahda Ali Larayedh actuel ministre de l’intérieur et Moncef Ben Salem ministre de l’enseignement supérieur sont en première ligne pour tenter notamment de faire face à des mouvements de protestations parfois violents menés sur des campus universitaires. Des milices religieuses, notamment dans la commune de Sejnane, à proximité de Bizerte, sont apparues et défient l’autorité étatique. Le Maghreb est toujours en proie au terrorisme et la révolution libyenne n’a pas débouché à ce jour sur l’instauration d’un nouveau régime stable et reconnu comme légitime. Une logique de compromis semble toutefois prédominée et il convient donc de noter un fort contraste entre la situation au Maghreb qui s’est progressivement stabilisée et le contexte politique très préoccupant en Egypte et en Syrie. Plus globalement, les mouvements en cours ont révélé une profonde aspiration à l’anti autoritarisme et ont marqué un refus affirmé du modèle politique en cours depuis la seconde guerre mondiale reposant sur un régime fort incarné par un chef de l’Etat, un rais omnipotent. L’ampleur du phénomène islamiste a été minorée voire niée par la plupart des observateurs de la scène politique maghrébine
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Face à tous ces bouleversements, il était plus que jamais nécessaire de faire le point sur ce courant politique très original, en rassemblant et en classifiant sur un mode alphabétique l’ensemble des connaissances à notre disposition dans un ouvrage ambitieux, afin de permettre de mieux analyser comprendre les changements, les mutations en cours. Jean-Michel Salgon.
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