Dix années d'épreuves pendant la Révolution

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« Je parcourais Paris comme une ville étrangère; le signe de la terreur avait marqué tous les fronts. Chacun semblait se glisser dans l’ombre... »
C’est avec bonheur que le jeune Charles de Lacretelle s’installe à Paris en 1787 où il entreprend une carrière de journaliste. Acquis aux idées d’égalité et de liberté, il milite avec fougue pour une révolution émancipatrice. Mais bien vite, horrifié par les violences, rejeté par ses amis de la veille, il se voit livré à une existence de proscrit pour échapper à la guillotine. Ses mémoires paraissent en 1842. C’est donc un royaliste sincère, adepte du « juste milieu », membre de l’Académie française qui se penche avec attendrissement sur ses souvenirs de jeunesse alors qu’il demeure l’un des derniers témoins de cette période marquée du sceau indélébile de la Terreur.
Publié le : mercredi 21 janvier 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021008823
Nombre de pages : 304
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Charles de Lacretelle Dix années d'épreuves pendant la Révolution Mémoires
DIX ANNÉES D'ÉPREUVES PENDANT LA RÉVOLUTION
CHARLES DE LACRETELLE
DIX ANNÉES D'ÉPREUVES PENDANT LA RÉVOLUTION
Mémoires
INTRODUCTION ET NOTES D'ÉRIC BARRAULT
La bibliothèque d'Evelyne Lever Tallandier
© Éditions Tallandier, 2011 2, rue Rotrou75006 Paris www.tallandier.com
SOMMAIRE
Introduction,par Éric Barrault. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
I.. . . . . . . . . . . . . . . . . . .Mon entrée dans le monde II.. . . . . . . .. . . Souvenirs de l'Assemblée constituante III.Mes relations intimes avec le duc de La RochefoucauldLiancourt . . . . . . . . IV.. . . . . . . . . . . . . .Appendice au chapitre précédent V.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Préliminaires du 10 Août VI.Entreprise du duc de La RochefoucauldLiancourt pour sauver le roi . . . . VII.Commencement de mes rudes épreuves . . . . . . . . VIII.. . . . . . . . . . . . . . . . . .Souvenirs sous la Terreur IX.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . Asile à l'armée X.Bienfaisants résultats du 9 Thermidor, et le concours que je pus y prêter . . . . . . . . . . . . . . . . XI.Le 13 Vendémiaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XII.Mœurs de la République sous le Directoire . . . . . . . . . XIII.Menaces d'une nouvelle proscription, qui éclatent au 18 Fructidor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XIV.Séjour de trois mois à la prison du Bureau central . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XV.Vingt mois de séjour à la prison de la Force . . . . . . . . . XVI.Suites politiques et militaires du 18 Fructidor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XVII.La délivrance commune s'opère par le 18 Brumaire. Quelques vues sur les résultats de cette journée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Index des noms de personnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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25 39
53 63 67
75 83 93 107
123 143 161
175
191 203
213
221
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INTRODUCTION
Le 5 février 1857, à l'Académie française, François Guizot pro nonce l'éloge de l'historien Charles de Lacretelle décédé deux ans plus tôt à l'âge de quatrevingtneuf ans. Il brosse le portrait d'un homme qui a combattu, comme lui, les excès de la Révolution et défendu la monarchie parlementaire à la française. L'ancien ministre de LouisPhilippe salue « l'interprète fidèle des sentiments des honnêtes gens [], le représentant de la conscience publique 1 dans les temps qu'il retrace ». Lacretelle et Guizot ont tous deux enseigné à la Sorbonne et consacré leur vie à écrire l'histoire de la Révolution. Cependant Guizot n'était qu'un enfant de deux ans en 1789, alors que Lacretelle, de presque vingt ans son aîné, a pris part aux événements. Il s'est battu pour ses idées et en a subi dou loureusement les conséquences. Après avoir publié unPrécis histo 2 rique de la Révolution françaisesous l'Empire, qu'il développera sous 3 la Restauration , il est revenu, dans ses mémoires, sur cette période tumultueuse et sombre qui l'a profondément marqué. e Au milieu duXIXsiècle les passions restaient vives. Alors que les hommes politiques et les historiens s'affrontaient sur la signifi cation et l'héritage de la Révolution, on comprend qu'il ait res senti le besoin de raconter ce qu'il avait vécu personnellement. Il avait soixanteseize ans lorsque ses mémoires parurent, en 1842.
1. François Guizot, « Discours de réception de Biot à l'Académie française », Moniteur, 5 février 1857. 2. LePrécis historique de la Révolution française, publié entre 1801 et 1806, comporte cinq volumes. 3. SonHistoire de la Révolution françaiseen six volumes paraît entre 1821 et 1826.
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DIX ANNÉES D'ÉPREUVES PENDANT LA RÉVOLUTION
CHARLES DELACRETELLE:UN TÉMOIN ET UN HISTORIEN DE LARÉVOLUTION
Fils de Sébastien de Lacretelle (né en 1701), avocat à Metz puis à Nancy, Charles est le benjamin d'une fratrie de sept enfants. Après des études classiques, reçu avocat, il pense s'engager à l'instar de son père et de son frère aîné, PierreLouis (dit Lacretelle l'Aîné), dans une carrière juridique. Grand lecteur de Voltaire et de l'Anglais Pope, il s'enflamme pour les idées nouvelles et écrit volontiers en imitant les auteurs à la mode. Il aurait même publié des poèmes dansLe Journal de Nancyet composé un vaudeville dont la représen tation fut empêchée par son père. « Le ton en était leste et grave leux ; c'était une véritable calomnie contre les mœurs », notetil 1 dans sonTestament philosophique et littéraire. PierreLouis, son frère, avocat défenseur des opprimés à Metz, s'est installé à Paris. En 1787, il fait venir Charles dans la capitale, où il fréquente ministres, philosophes, éditeursIl collabore au Mercuretout en siégeant à la commission chargée de présenter des projets de réforme au roi et fait participer son cadet à la rédaction deL'Encyclopédie méthodique, lancée par le libraireimprimeur Panckoucke. Enthousiasmés par les nouveaux principes et dans l'ébullition intellectuelle qui précède la Révolution, les deux jeunes gens suivent les événements avec passion. PierreLouis est élu député suppléant de Paris aux États généraux en 1789. Grâce à 2 l'intervention de Hugues Maret , Charles entre auJournal des 3 débatspour relater les séances de la C onstituante. Favorables à l'idée d'une monarchie constitutionnelle et bientôt dégoûtés par les excès révolutionnaires, ils se retrouvent au club des Feuillants
1. Charles de Lacretelle,Testament philosophique et littéraire, tome II, p. 147. 2. Hugues Maret (17631839) est l'un des principaux artisans duMoniteur universel, créé par le libraire Panckoucke et publié pour la première fois en novembre 1789. Passé à la diplomatie, il deviendra l'un des ministres de Napoléon Bonaparte, qui le fera duc de Bassano. Sur Maret, voir également note 5,infra, p. 240. 3.Le Journal des débats, créé en 1790 par Gautier de Biauzat, donnait les comptes rendus du déroulement des séances de l'Assemblée constituante. Par la suite, il devint la propriété du royaliste Bertin (1799). Transformé enJournal de l'Empireen 1805, il prend le nom deJournal des débats politiques et littérairesjusqu'à sa disparition, en 1944.
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