Dynamiques des politiques décentralisées au Cameroun

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Dans l'ensemble global que constitue la nouvelle gouvernance de l'Etat (NGE), la gouvernance décentralisée est une composante de haute envergure, qui contribue de manière significative au développement régional et local. Ce livre est un plaidoyer pour une bonne gouvernance décentralisée et, partant, le succès du processus de décentralisation de l'Etat au Cameroun.
Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782296480452
Nombre de pages : 118
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Dynamiques des politiques
décentralisées au Cameroun
Landry Mepui Abah Dynamiques des politiques décentralisées au Cameroun
Analyse des enjeux et défis sociopolitiques, économiques et culturels
Préface de Michel Kounou
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55906-6 EAN : 9782296559066
À - Mes parents MEPUI ABAH et BILONO AWOULOU Jeanne - Monsieur et Madame GERBA - Monsieur Jean Claude OTTOU - Professeur Michel KOUNOU - À tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce précieux projet
PRÉFACE
Voici un opuscule intéressant, qui nous promet léclosion dun jeune talent littéraire nommé Landry Mepui Abah. La substance de cette proposition sur la problématique de la gouvernance décentralisée reflète une préoccupation fondamentale actuelle des Camerounais et Camerounaises, celle qui porte sur le développement. Pays jadis soumis au Programme dajustement structurel (PAS), puis admis à lInitiative pays pauvre très endetté (PPTE), le Cameroun se trouve aujourdhui résolument engagé dans le laborieux chantier de développement, avec pour objectif politique déclaré à moyen terme sonémergenceen 2035. Dans sa structuration, le présent livre établit dabord un diagnostic froid et sans appel du processus de développement en cours au Cameroun ; un processus guidé de nos jours par le Document de stratégie de croissance et de lemploi (DSCE). Ce projet ambitieux fait un constat général alarmant : la moisson ne tient pas la promesse des fleurs. La décentralisation et son corollaire, la gouvernance décentralisée, qui étaient censées impulser le développement local ny parviennent pas, soutient lauteur. La machine politico-administrative reste bloquée du fait, principalement, dune kyrielle de problèmes apparemment insolubles : les acteurs confondus ne maîtrisent pas les rouages de la décentralisation et de la gouvernance décentralisée ; laccompagnement de lautorité centrale reste limité, tandis que les lois et les textes en vigueur ne répondent pas aux réalités locales ; les appréhensions des enjeux majeurs du développement local savèrent rigides ; le non-respect des consignes juridiques en vigueur par les administrateurs
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locaux constitue un autre facteur refrénant ; les conflits de compétence entre communautés urbaines et communes darrondissement sintensifient ; la distance entre les autorités locales et les populations sélargit ; bref, si lincohérence des actions des autorités locales trouble la perception populaire, lutilisation des richesses locales à des fins égoïstes et oligarchiques tend à pervertir la vision densemble des politiques. M. Landry Mepui Abah, ne sarrête guère en si bon chemin. Il poursuit résolument : les dérives notoires et confusions multiples relevant du transfert de compétence ne permettent pas de susciter lenthousiasme des techniciens et des populations. Aussi, si la gestion fantaisiste et inégale des collectivités résulte des largesses de lautonomie, la non-implication permanente des populations constituant pourtant un capital humain provoque un manque à gagner préjudiciable à la consolidation du processus développemental. Plus sensible, la question du non-respect du cahier des charges par les entreprises extractives des richesses naturelles nationales, pour la plupart étrangères, contribue à freiner limpulsion générale du développement. Que dire de léternelle main tendue des autorités locales vers les partenaires de lÉtat (FEICOM, PNDP), sans lesquels les initiatives locales ou communales seraient simplement vouées à léchec ? Bref, labsence dencouragement et de soutien des initiatives des opérateurs locaux, limitées par des redevances et impôts élevés, ne permet guère dannihiler la léthargie et le manque dactions innovatrices de la part des autorités décentralisées. Finalement, lignorance des enjeux de la décentralisation, autant que la méconnaissance de la géographie locale qui constitue un atout majeur de développement des collectivités sont devenues des fléaux dévastateurs pour le développement. Comme conséquence de cet état de fait, les dérives administratives et managériales tels linertie, le laxisme, la
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corruption et le détournement des deniers publics locaux maintiennent les communautés dans la précarité et compromettent, de ce fait, lémergence du Cameroun en 2035. Et pourtant, le jeune auteur, Landry Mepui Abah, croit quil est possible datteindre les objectifs de développement du Cameroun. Voilà pourquoi il élabore, en deuxième articulation de cet essai, une véritable « feuille de route » qui met une emphase particulière sur le rôle primordial de lÉtat dans limpulsion du développement, tout en invitant tous les acteurs impliqués dans la gouvernance décentralisée, gage du développement local et global selon lui, à jouer chacun sereinement sa partition : LÉtat, en tant quautorité centrale et au-delà des moyens financiers et matériels mis à la disposition des autorités locales, doit simpliquer vivement dans la gouvernance décentralisée ; il doit procéder à une relecture des instruments juridiques de fiscalité locale et à la redynamisation structurelle des institutions régionales et locales. En dautres termes, lÉtat devrait organiser des sessions dinformation, de sensibilisation et de formation des maires et des autorités administratives et traditionnelles ; il doit diminuer le coût des taxes et impôts communaux pour une plus grande implication des acteurs locaux ; sans oublier dinitier, au niveau communal, des inspections des services chargés du contrôle sur le terrain du niveau de consommation des cartons de crédits et dexécution des projets locaux. En outre, les responsables et gestionnaires locaux devraient cultiver le dynamisme et laudace positive ; en plus de socialiser les revenus de la gestion décentralisée pour lépanouissement des populations locales. Ils doivent inciter le développement de leur
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collectivité par lidentification et laccompagnement autant des ressources humaines que des secteurs dactivité, afin de maximiser les potentialités et les spécificités naturelles ou physiques locales. En capitalisant tous les atouts, ils permettront de viabiliser leur territoire et attireront les investisseurs à travers une coopération décentralisée. Aussi, doivent-ils résolument opter pour une gouvernance de proximité, à savoir : une gouvernance géographique consistant à faire de lespace et de son contenu un enjeu éloquent de développement. En fin de compte, les responsables et gestionnaires camerounais devront intensifier la communication des informations favorisant ladéquation, la collaboration, lharmonisa-tion et la cohérence des actions de tous les partenaires et acteurs décentralisés. Nul doute que le projet de M. Landry Mepui Abah ne manque guère daudace. Son approche intellectuelle reste cohérente et bien structurée. Son idéalisme peut même savérer être un atout remarquable dans un contexte général caractérisé par une morosité curieuse et déconcertante. Ses propositions de revivification de la gouvernance décentralisée savèrent même pertinentes, nonobstant des pesanteurs idéologiques, politiques et systémiques, qui ne manqueront pas dentraver cette proposition remarquable de ce jeune intellectuel indéniablement talentueux. Pr. Michel KOUNOU Faculté des sciences juridiques et politiques Université de Yaoundé II
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