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Epurations ethniques en RDCongo

211 pages
Y aurait-il une question kasaïenne ou simplement luba en RDCongo? Les épurations ethniques au Congo le suggéreraient... Ce nouveau livre d'Emmanuel Kabongo Malu sur un autre problème sensible de la République du MPR (régime mobutiste) se veut ambitieux. Dans une sorte de "sociologie de l'agonie d'un régime décadent", Kabongo Malu nous livre les secrets d'une république en crise d'identité. Il raconte l'histoire de l'hostilité de certains acteurs politiques congolais à l'idée d'un Congo républicain et démocratique.
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Emmanuel Kabongo Malu

Epurations ethniques en RDCongo
(1991-1995 : la question Luba- Kasaï)

Espace Kinshasa

L' Harmattan

Du même auteur

.

Le MPR - Fait privé et sa Lettre ouverte au Président L.D. Kabila : Les Criminels ont-ils des Leçons à donner? La responsabilité des Mobutistes et du MPR dans la guerre d'agression-invasion contre la RDC, Kinshasa: Edition Le Fax, 2000, 292 pages.

Ces pages sont dédiées à :

Rémy Kankonde N'Ka Batakalwa Udodoko, « Ya Stoude »; Honoré Didier Mukendi « HDM », « Ya Didier», «les pères des enfants de leur âge », mes amis, ces grands journalistes morts de façon suspecte sur le champ des irrationalités qui gouvernent encore aux destinées du Congo. A nos souvenirs impérissables. Tous les journalistes congolais, ces quados ignorés, méprisés et bassement exploités par les éditeurs, honnis par les politiciens et oubliés par le peuple congolais; ces « héros» furent pourtant les seuls à dire « non» massivement aux épurations ethniques, en hommage à votre courage, confrères!

@ L'HARMATTAN,2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.IT harmattan 1@wanadoo.IT

ISBN: 978-2-296-03208-8 EAN : 9782296032088

«Nous nous sommes trop habitués, au Congo et parmi les Congolais, à réduire les débats sur les affaires publiques, sur les choses de tout le monde, c'est-à-dire sur la politique, dans le sens le plus simple de ce mot, à des querelles de tempéraments, à des luttes immédiates pour la possession ou la conservation du pouvoir, à des affrontements de personnes, à d'obscurs et futiles intérêts partisans et passagers. Tout se passe comme si les clivages politiques qui façonnent notre espace politique n'avaient pas une histoire, comme si les penchants, les sensibilités, les croyances, les opinions, disons même les idéologies, qui se disputent à juste titre la direction des affaires publiques, n'appartenaient pas à des lignées profondes, surgies de notre passé, modifiées ou infléchies au besoin selon les impératifs du temps présent. Cette espèce d'amnésie donne aux débats auxquels nous assistons ou participons le caractère étrange d'un drame dont les protagonistes semblent tomber des nuages...»

Elikia M'BokoloI

1 Dans la «préface» du livre Le Congo et l'Afrique à l'orée du troisième Millénaire. Pathogénie d'un sous-développement, de Mupapa Say, PUC, Kinshasa, 2004.

Sommaire

Remerciements. Préface. Liminaire. Avant-propos.

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Première partie: Katanga, septembre 1991 Deuxième partie: La nuit des longs couteaux... ... ... ... ... . .. ... ... ... ... ... .. . ... ... Troisième partie: Les Balubas sont-ils étrangers au Katanga?.. ... ... Postface:
Katanga, un domaine de la Couronne.

.29 .151 ...189

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..203

Remerciements

Ces dépositions n'auraient jamais vu le jour sans les écrits publiés et diffusés par les journalistes congolais et étrangers, écrits auxquels nous avons constamment recouru pour témoigner sur les misères du peuple congolais, étayer nos hypothèses sur l'irresponsabilité, la vénalité de la classe dirigeante et enrichir nos dépositions contre des régimes iniques et inhumains qui se succèdent depuis l'Indépendance, radicalisant, chaque jour qui passe, le caractère criminel et déshumanisant du pouvoir politique en République Démocratique du Congo. Les écrits journalistiques sont une mine inépuisable sur les dérives politiques, économiques et sociales en République Démocratique du Congo. C'est certain aussi que nous n'aurions jamais pensé écrire ce livre si nous n'avions pas reçu un ordre de mission signé par notre éditeur, l'Honorable Sénateur Modeste Mutinga Mutuishayi, qui nous autorisait en tant que Directeur de Rédactions du quotidien « Le Potentiel» de recueillir toute l'information nécessaire sur les mauvais traitements et les exactions subis par les Luba-kasaïens au Katanga. C'est donc à la clairvoyance de cet homme des médias que nous avons pu nous intéresser à cette comptabilité de la chair et du sang pour nous atteler à recueillir l'information, à enquêter, prenant du temps à nos rédactions. Il ne se lassa point à nous encourager, à nous indiquer une piste, à nous apporter un document. Ce livre lui doit donc « tout », sauf les imperfections que nous prenons à notre charge. M. Kitenge Yezu (eh oui !) nous a fait don d'un billet de voyage: « ilfaut enquêter sur ce génocide », nous a-t-il soufflé, en 1991 ! Pour une fois, la souffrance commune avait élagué nos frontières idéologiques. M. Paul Bashale Kubindia « Ya Bashot » et M. Beyeye Djema nous ont gratifiés, chacun d'un beau billet de 100 $ pour assurer notre survie aussi bien dans les Kasaï qu'au Katanga. Ce livre leur doit les faits recueillis sur terrain. Ce livre doit sa parution à l'amitié généreuse et à l'engagement d'une compatriote, Madame Charlotte Mivilu Kalonji Mimi, la Secrétaire générale de notre Parti, le « Rassemblement pour une Nouvelle Société», RNS en sigle. Qu'elle trouve ici l'expression de toute la gratitude de son Viceprésident. Merci enfin à Fréderic Mulumba Kabwayi, Alphonse-Marie Bitulu, Karly Kanyinda, Thierry Tshibuabua, Jean Bambi, Mtoto Ndondi qui ont saisi, lu et corrigé le manuscrit.

Préface
« La question qui se posait à nous, Juifs de France rescapés du grand massacre et quels qu'aient pu être les avatars ou les aberrations de nos destins individuels qui nous permirent d'échapper à la destruction, était celle-ci: comment continuer à vivre dans ce pays parmi ces hommes et ces femmes, nos compatriotes, dont nous savions qu'ils avaient accepté, dans leur majorité, que pendant ces quatre années nous fussions devenus « autres» exclus de cette communauté nationale à laquelle, sans que rien ne soit vraiment passé dans les profondeurs, on nous réintégrait soudain. Il est clair que je ne parle ici ni de ceux qui nous traquèrent ni des justes qui nous aidèrent, mais de la grande masse des indifférents qui s'étaient accommodés de notre bannissement, de notre exil intérieur ou de notre disparition... Comment leur sourire, comment retrouver la confiance en eux, comment leur parler, vivre, coexister avec eux à égalité? L'antisémitisme était doctrine de l'Etat et ce poison infectait encore jusqu'à la moelle épinière la France libérée ». (Clause Lanzmann, Mon Sartre, in Les temps Modernes n0632-633-634, Juillet, Octobre 2005). Il Y a eu une question juive. Y aurait-il aussi une question kasaïenne ou simplement luba ? Les épurations ethniques au Congo le suggéreraient... Le nouveau livre d'Emmanuel Kabongo sur un autre problème sensible de la République du MPR se veut ambitieux. Au-delà d'une simple narration des dramatiques événements du Katanga de triste mémoire, l'auteur se propose dans un style assez particulier, de cristalliser une opinion que d'aucuns rangeraient dans des oubliettes en ce moment de refondation congolaise nationale. Dans une sorte de sociologie de l'agonie d'un régime décadent, Kabongo nous livre les secrets d'une amicale républicaine en crise d'identité. Les épurations ethniques qui ramènent à la vie la question non philosophique de Baluba Kasaï à l'intérieur des frontières nationales servent de prétexte à cet écrivain prolixe de révéler au monde les caractéristiques de l'autre face, de la face cachée de l'exception congolaise. Les événements du Katanga au cours des années folles de la démocratisation congolaise qui constituent le trame du récit de Emmanuel Kabongo décrivent plus les manœuvres de résistance au changement que l'existence d'un réel problème politique qui empoisonnerait la coexistence pacifique intercommunautaire. Ce livre raconte en vérité l'histoire de l'hostilité de certains acteurs politiques congolais à l'idée d'un Congo républicain et démocratique. Cette hostilité - qui inventa son piège déjà en 1960 dans les massacres de Bakwanga et lequel piège occasionna la crise institutionnelle devenue permanente avec le temps - aurait confié à la terre katangaise cette lugubre vocation de douloureux dénouements des ambitions rivales. Mobutu et Tshisekedi connaissaient l'existence de ce piège ainsi que le rôle instrumental des politiques Katangais. C'est pourquoi lorsque Mobutu perd l'avantage à la Conférence Nationale Souveraine, accoucheuse du

projet démocratique, il actionne le piège historique de l'enchaînement politique du destin de l'incarnation démocratique. Tshisekedi, en homme averti, choisit d'encaisser les coups et de s'afficher impuissant devant les mésaventures de ses «corégionnaires ». Empêché alors de fonctionner à fond, le piège se transforme en désastre d'une économie politique spécieuse d'un jeu d'ambitions rivales déréglementé. Kasaïens et Katangais deviennent du coup des instruments d'un duel dénué d'enjeux autre que le défi mutuel entre membres d'une amicale républicaine instituée à travers le MPR, nation politiquement organisée. Que le Katanga soit devenu le théâtre de ce pseudo combat politique de deux poids lourds de l'Amicale ne doit pas étonner. Que des personnages et personnalités rongés par l'ambition se soient prêtés à ce jeu d'exécution de basses besognes reste compréhensible. Dans la logique du fonctionnement de l'Amicale en agonie, l'Unité nationale d'une nation politiquement organisée dans un parti - Etat était une faveur du prince et la marque déposée de son pouvoir. Que celui-ci vienne à se perdre, la matrice nationale vole aussi en éclat. La méthode pour y parvenir, c'est l'attrape nigaud et non l'attrape "politicailleur". En 1960 comme en 1990, ce sont toujours les baluba que l'on massacre ou que l'on chasse toujours du Katanga vers Bakwanga et ce, contre un premier ministre Kasaïen avec le concours aussi des Kasaïens. Certes que dans l'histoire des épurations ethniques katangaises des années 1990 aux baluba Kasaï s'ajoutent tous les bilulu, soit, les congolais étrangers à la citoyenneté katangaise autrefois membres de la nation organisée politiquement au sein du MPR. Au fond la triste histoire qui a choisi le Katanga pour son déroulement est avant tout une histoire de la déconstruction du projet politique mprien ; c'est la drôle histoire de la fin d'un régime d'accumulation du pouvoir pour le pouvoir sur les décombres d'un Etat mal construit et non entretenu entraînant dans son effondrement la nation qu'il aurait dû construire. Le livre d'Emmanuel Kabongo nous révèle l'autre face de l'exception congolaise, la face cachée de ce que Jean-Jacques Servan Schreiber aurait appelé le Degré Zéro de la politique congolaise ou la version politique d'un dilemme cornélien de la construction du pouvoir sur la déconstruction de la nation. L'histoire qu'il raconte n'est pas un simple récit d'un drame mais bien plus la présentation de l'économie politique d'un désastre dans la gouvernance des ambitions légitimes. Ce dilemme politique congolais semble s'être structuré et déterminerait aujourd'hui encore le jeu des ambitions rivales qui émaillent nos mœurs politiques. C'est cela qui fonde et justifie J'intérêt de la présente contribution. L'intérêt de ce livre, c'est principalement de nous rappeler l'air du temps qui est partout dans le monde à la réconciliation nationale, au pardon comme techniques de construction de l'avenir parce que au cœur de la politique contemporaine la modernité est à la globalisation. Et la ressource naturelle dont s'alimente la politique a pour nom la confiance mutuelle dans une relation sociale empreinte de fraternité. Donc point de place à des idéologies sectaires et sectarismes qui véhiculent des fantasmes du monde tribal ahistorique et apolitique. Emmanuel Kabongo 10

aurait-il lu Max Weber dans le Savant et la Politique, qu'il ne s'estomaquerait pas du parti pris de ce qu'il appelle les idéologues de la déconstruction de l'Amicale républicaine agonisante à l'époque. Il existe une science partisane qui vitalise le combat politique. Seulement, le savant a-t-il le devoir de ne pas franchir la frontière de la vertu pour soutenir les entreprises de la destruction nationale et de l'histoire. Aucun pays, aucun peuple, aucun leader politique ou d'opinion ne devrait aller bassement en guerre contre lui-même simplement pour le plaisir du temps. Ce livre qu'Emmanuel Kabongo écrit avec son cœur n'est pas une œuvre d'historien. C'est un journaliste politique passionné qui rassemble les données et les livre à l'opinion. De crainte que tout croule sous le poids d'une histoire tourmentée, il s'adresse d'abord aux Kasaïens et aux Katangais ; il n'en fait pas une question en soi; il expose un dilemme, celui des ravages de l'amour du pouvoir pour le pouvoir. Son ton et certains de ses accents seraient compréhensibles et ceux qui les trouveront excentrés devraient l'en excuser. J'ai accepté de préfacer ce livre par sympathie à l'intellectualisme d'Emmanuel et aussi parce que convaincu qu'à travers son récit, un effort de compréhension du drame Kasaïen s'imposait. Il nous faudra un jour répondre à la question de savoir pourquoi les Baluba du Kasaï et les Katangais se haïssent-ils? Et pourquoi de cette haine réciproque ne naît pas une dynamique politique indicatrice de vraies et bonnes tendances d'une autre histoire politique plus responsable? Quelle conscience politique ou historique la justifierait? Et pourquoi ces frères ennemis paraissent-ils en définitive plus comme les instruments d'une histoire qui leur échappe et comment peuvent-ils devenir autrement plus politiques? Ces questions me semblent avoir échappées à la curiosité de l'auteur. Les bâtisseurs du nouveau Congo auront intérêt à lire ce livre qui nous apprend comment a fini, et peut finir, tout pouvoir construit sur l'économie d'une amicale républicaine oublieuse de vertus cardinales d'une vraie république moderne.
Baudouin Philippe BIYOY A MAKUTU Professeur ordinaire

Il

Avant-propos
« Je refuse de faire partie de ces intellectuels apathiques qui préfèrent sacrifier le droit à la vérité au profit d'un silence coupable et complice, qui cachent mal l 'hypocrisie, la lâcheté et la paresse intellectuelle. Car dire la vérité ne veut pas nécessairement dire juger ou prendre parti pour ou contre. Nos enfants ont droit à la vérité surtout lorsque celle-ci est trop déformée à dessein par certains acteurs qui veulent casser du sucre sur le dos des autres. J'estime qu'en ce moment où presque tous les acteurs sont vivants, un débat doit s'ouvrir au nom de la vérité, pour éclairer les générations à venir... »
Honoré N'GBANDA NZAMBO ko ATUMBA, ln : Ainsi sonne le glas, p. 346)

Dans une Tribune publiée au Journal Le Soft n° 107 du lundi 9 novembre 1992, à la page 2 et brutalement intitulée « Oui, il existe un mal luba», Bernardin Mungul Diaka, Ministre d'Etat et Gouverneur de la ville de Kinshasa d'alors, écrit: « Il existe un problème luba au Zaïre et ce problème est plus important que celui des frères Rwandais du Kivu pour la simple raison que le problème rwandais est local tandis que celui des Baluba peut provoquer une déflagration dans toute la République et au même moment». Toujours dans la même Tribune, Mungul Diaka adresse quelques reproches aux Baluba du Kasaï: «A Kikwit, non seulement les Baluba ont investi le Boulevard Mobutu, principale avenue de Kikwit, mais ils ont racheté presque tous les magasins, maisons et sociétés laissées par les Portugais ». Sur la même lancée, Mungul Diaka poursuit: « A Idiofa, le tshiluba est devenu une langue nationale au même titre que le kikongo traditionnel car si l'on ne fait pas attention, d'ici quelques années, la population d 'Idiofa peut devenir en majorité Luba ». Monsieur Mungul Diaka affirme que les Baluba se présentent «comme des conquérants et joignent le dédain au mépris des autres ». Mungul Diaka pense que « Le Muluba deviendra comme le Texan aux Etats-Unis, le Juif à travers le monde, c'est-à-dire une population martyre ». Il conclut sa prose par ce qui apparaît comme un véritable appel public au génocide: « la présence de ces compatriotes constitue tout un problème au niveau national ». Mungul Diaka, doit-on reconnaître aujourd'hui, se trompe sur toute la ligne: ce sont ses frères Rwandais du Kivu qui vont, quelques années plus tard, mettre le Congo à feu et à sang, précipitant même la chute du pouvoir inique et méprisant dont Mungul est un des ténors. Mungul Diaka trompe aussi son monde sur un autre point: à soixante-six ans, il finit par épouser une femme « muluba » de vingt-deux ans. L'histoire ne dit pas si cette jeune femme a « un caractère de domination doublé d'orgueil ». Ce que l'on sait est qu'elle est aujourd'hui son héritière politique, voire l'animatrice principale du parti politique de feu Bernardin Mungul Diaka. Au moment où

Bernardin Mungul Diaka professe, au Soft, son idéologie raciste, attisant le feu exterminateur contre « la vermine kasaïenne », les épurations ethniques pratiquées systématiquement contre les Kasaïens au Katanga, et plus tard contre tous les non-originaires vivant dans cette Province, viennent elles de totaliser une année: elles ont débuté en septembre 1991 ! L'exécutant de ces épurations ethniques au Katanga, le Gouverneur Gabriel Kyungu wa Kumwanza a droit aussi à une «Tribune», dans le même journal «Le Soft », une année avant Bernardin Mungul Diaka, pour y affirmer haut et fort que « le Kasaïen est nuisible et qu'il faut le chasser du Katanga pour pacifier la Province». Kyungu n'est alors, en ce moment-là, qu'un Vice-président de l'Uféri et Mungul Diaka lui-même un des animateurs de l'Opposition contre Mobutu ! Devenu énième Premier Ministre d'un des Gouvernements de Mobutu en début de l'année 1991, par la magie de « ces petites trahisons» dont il détient seul le secret, Mungul Diaka s'empresse de nommer Kyungu au Katanga pour exécuter la politique d'extermination du peuple kasaïen. Comme il nomme aussi «les originaires» pour diriger toutes les Provinces, des gouverneurs mobutistes qui vont tenter de susciter des réactions violentes contre les Kasaïens, chacun dans son entité administrative: Bieya Mbaki au Bas-Congo, Lombeya Bosongo dit le Grand Mamba dans la Province
Orientale, Omari Sisi Lea au Maniema, ...

Le maître inspirateur de cette stratégie écrite en lettres de sang est sans nul doute: le Maréchal Mobutu. Boudé par l'ensemble de son peuple, il va trouver dans le « diviser pour régner» l'ultime moyen de conserver son pouvoir décadent. Il ressuscite, par le biais des politiciens de sa mouvance, les conflits du Kivu et du Katanga, comme le relève dans son « Manifeste» Congo Fraternité et Paix, une ONG de lutte contre le tribalisme et de promotion de la Concorde entre communautés. A cet effet, dans une analyse intitulée « Ma vérité sur le 'péril' Luba », le Journal Demain le Zaïre n° 37 de l'année 1991, à la page Il, écrit: « Pour des raisons inavouées, le pouvoir a fait vibrer la corde la plus sensible du peuple contre un prétendu périlluba... ». Mulumba Kabwayi débroussaille « les raisons inavouées» en écrivant: « Dans la stratégie du régime de Mobutu, le pouvoir cherche un bouc émissaire pour distraire et détourner l'attention de la population des méfaits de la gestion catastrophique du pays pendant 27 ans. En plus, il recherche singulièrement à réduire Tshisekedi à la dimension d'un chef de tribu ». Avec un cynisme qui n'a d'égal que la nuisance de la classe dirigeante elle-même, Mungul Diaka, une année après son appel public au génocide paru dans Le Soft et deux ans après avoir nommé les exécuteurs de la chasse aux sorcières, revient à la charge alors que les Baluba du Kasaï vivant au Katanga sont soumis aux pires violations massives, publiques et violentes de leur Droit à la vie, et écrit, encore et toujours au Soft (nO 176 du 10 septembre 1993, p. 4) : « Le peuple luba possède dans sa culture un caractère de domination doublé d'orgueil qui frustre les autres peuples; le problème fondamental des Luba, ils n'aiment 14

pas s'intégrer, partout où ils passent, les luba créent la frustration». Loin d'une simple pratique identifiable dans les discours de quelques individus particuliers, la purification ethnique est plutôt une véritable politique émanant de profondes convictions d'une classe dirigeante en état de déficit perpétuel de vision pour leur société. En tout état de cause, l'appel au meurtre lancé par Mungul Diaka ainsi que les épurations pratiquées par Kyungu au Katanga, auraient suffi, dans des sociétés civilisées, à soulever un tollé général de protestations et à mettre leurs auteurs dans un ghetto. Mais en R.D.C., Zaïre d'alors, le silence perçu dans la classe dirigeante est révélateur de la tacite complicité. En effet, les mêmes propos anathématiques et dans les mêmes circonstances de temps, sont tenus par le Premier Ministre Léon Kengo wa Dondo, traitant les Kasaïens vivant dans la Province de BasCongo « des locataires» à Matadi; le Premier Ministre Birindwa, devant le H.C.R.-P.T., déniant aux Kasaïens chassés du Katanga le statut « des refoulés» pour les empêcher, en tant que réfugiés de l'intérieur, d'accéder à l'aide internationale, les qualifie « des volontaires au retour dans la province d'origine ». Comme Mungul Diaka, Honoré Ngbanda, conseiller de Mobutu en matière de sécurité, publie un Manifeste de la haine contre les Kasaïens, dans les journaux locaux, à la même période. Et, au vu du caractère profondément débilitant et handicapant des épurations ethniques, lesquelles affaiblissent le vouloir vivre collectif constitutif de la Nation et détruisent l'identité collective, il est tout à fait légitime de soutenir qu'une classe politique dirigeante qui orchestre et perpétue de telles sauvageries, de telles barbaries, de telles infamies, est l'antithèse même d'un leadership responsable. De ce fait, il est pertinent d'affirmer que depuis l'accession de notre pays à l'Indépendance, les Congolais sont sous les basques d'un leadership politique médiocre et irresponsable. Et, un tel leadership politique est, à tous points de vue, un génocide programmé pour un pays, le plus grand crime contre « l'humanité» d'un peuple. En effet, les épurations ethniques bien ourdies par la classe politique dirigeante, suivies des pillages, des criminalisations monétaires, de l'affaissement économique, de la destruction des infrastructures collectives et de l'abâtardissement sociaL.. marquent bien des stades avancés de la décomposition interne du Congo, devenu dès lors un simple lieu géographique fortement affaibli et où n'importe quel aventurier peut entrer, occuper un morceau de terre, violer les femmes, tuer les enfants, asservir les hommes, piller les ressources... C'est un génocide en grandeur nature sur une superficie de 2.345.000 Km2 avec comme victimes près de soixante millions d'êtres humains abandonnés à leur triste sort ! L'identité des reproches proférées par Mungul Diaka contre les Kasaïens et celles relevées par Kyungu wa Kumwanza contre la même « vermine kasaïenne », asseoit la conviction que les épurations ne sont pas une pratique mais bien une politique planifiée au niveau national, par les plus hautes autorités de la RDC, ex-Zaïre. Gabriel Kyungu confirme cet état des choses, lors d'une interview accordée au Journal « L'Alerte» n° 181 du 08 octobre 2003. En effet, à la question «Vous êtes accusé de champion en épuration ethnique des Kasaïens au Katanga» Kyungu répond « Si je suis champion, 15

qui en était le superchampion et le vice champion? ... Tout le monde est d'avis que toute la deuxième République a été dirigée par un système dont les décisions venaient d'en haut. Que peut faire un Kyungu au Katanga dans un régime personnifié où tous les services de sécurité, l'armée, la police sont gérés par les envoyés d'un système? Voilà la vérité! ». La vérité est que pendant la période allant de septembre 1991 à septembre 1995, de graves événements ont eu lieu au Katanga, dans la Province du Sud-est du Congo. Le bilan de ces épurations ethniques se lit comme une comptabilité de la chair et du sang: trois millions de Luba du Kasaï refoulés du Katanga vers les Kasaï dont deux millions vers le Kasaï Oriental et un million vers le Kasaï Occidental. Près de deux cent cinquante mille Kasaïens périssent, enterrés dans le cimetière le plus long du monde, allant de Sakanya à Ilebo, soit deux mille kilomètres; un contentieux évalué à près de quatre milliards de dollars américains selon le Syndicat des refoulés, représentant les salaires impayés, les décomptes oubliés, les maisons confisquées, les commerces spoliés... fruit d'un siècle de dur labeur. L'emballement des épurations ethniques s'est étendu contre tous les nonoriginaires, causant le refoulement de plus de cinquante mille ressortissants de la Province Orientale, plusieurs milliers de Bakongo retrouvant leur terroir à Matadi et à Kikwit. Le feu exterminateur allumé au Katanga s'attise dans la Province du Bas-Congo, dans la Province Orientale et dans les Kivu où les originaires, sous le fallacieux prétexte de «Régionalisation des cadres » s'en prennent aux non-originaires. Le Congo brûle! Le déluge, avait promis Mobutu! De toute évidence, depuis l'indépendance, le leadership politique au Congo donne beaucoup plus de preuves de sa capacité de destruction que de construction. Il va sûrement conduire ce pays au génocide et à sa disparition. A ce rythme de destruction, le Congo fortement débilité, affaibli de l'intérieur, va disparaître comme Etat-Nation. D'ailleurs, les guerres récurrentes de l'Est préludent déjà cette disparition ou tout au moins cette balkanisation. Autant le leadership politique érige la sauvagerie et la barbarie en modes de domination, autant les élites intellectuelles brillent par l'absence d'une conscience du péril, considérant les épurations ethniques comme des épiphénomènes. En effet, depuis près d'une décennie, les épurations ethniques qui ont eu lieu au Katanga de 1991 à 1995, subissent une «instrumentalisation » morbide qui recouvre les formes tragiques: fiction, arrogance du bourreau, bouc-émissération de la victime... D'où la nécessité de dénoncer et de détruire toutes ces fausses représentations: la vérité seule libère, dit la Bible. Depuis 1995, la population et les élites congolaises évitent apparemment de discuter publiquement et/ou même de faire référence à ces événements tragiques du Katanga au nom, prétend-on, d'une certaine unité nationale. Cette fausse pudeur, voire cette hypocrisie nationale génèrent des malentendus doublement entendus où la victime se fait complice du bourreau dans une relation soupçonneuse et abâtardissante. En effet, nos élites intellectuelles, - ces éveilleurs de conscience - qui ont pour devoir de prendre à bras-le-corps ce piège des épurations ethniques récurrentes pour en désamorcer les effets détonateurs, déshabiller leur 16

caractère débilitant et handicapant en démontant une à une les pièces de ce puzzle fallacieux, factice et manipulateur de cette vieille histoire belge à usages multiples - nos élites se retirent dans une fiction hasardeuse qui cache mal ses motivations et finalités déculpabilisantes, symptômes de l'absence d'une conscience du péril. Peut-on, sans vouloir occulter des processus malins à l' œuvre, se réfugier dans la fiction romanesque quand la réalité elle-même dépasse l'inénarrable, l'impensable, l'inacceptable? La fuite dans l'imaginaire est-elle une volonté de banalisation du drame humain? Toujours est-il que du côté katangais, Mulongo vm - KBM publie à l'Edition Mosaïque, en 2001, un récit « Sublimes Passions Tribales» qui soutient que les exactions subies par les uns et les autres - entendez les Baluba du Kasaï et les Baluba du Katanga - ne sont que les effets d'une trop grande passion mutuelle: trop d'amour tue ! La vérité, à notre sens, serait plutôt de dire que cette « fiction-là» qui édulcore la réalité, est tuante! Du côté kasaïen, Ilunga Kayombo publie aux Editions St Paul «Coup de balai à Ndakata » pour relater de façon romanesque, les effets dévastateurs des épurations ethniques sur un couple kasaïen - katangais. Un tel réductionnisme, même empruntant les voies de la créativité artistique apparaît comme l'absence d'une conscience du péril, c'est-à-dire que les élites ne prennent pas la pleine mesure du désastre! Quant aux autres, victimes et bourreaux, ils s'échinent à publier, sur des terres étrangères, des récits sur ces misères congolaises comme pour priver les congolais de leur sang et de leur conscience. Dans tous les cas de figure, la vérité dans toute sa crudité, dans toute sa longueur et dans toute sa largeur, mérite elle-même d'être contée aussi bien aux victimes qu'aux bourreaux pour qu'elle agisse comme un catharsis, une cure collective. De ce fait, cette absence de vérité de part et d'autre, conduit à deux autres conséquences, plus tragiques que le drame lui-même. D'abord du côté du bourreau Conscient que le silence national (on occulte la vérité) et la pudeur de la victime sont des signes évidents de l'oubli collectif, - le bourreau a perd toute conscience de culpabilité et de mesure, affichant même au grand jour son arrogance de vainqueur. Le piège identitaire non démonté donne à voir son caractère insupportable. Ainsi, lors du Forum de la Réconciliation Nationale organisé par feu Laurent Désiré Kabila en la Cathédrale du Centenaire, Gabriel Kyungu wa kumwanza qui y intervient après interpellation, n'a aucun mot de regret sur les souffrances des Kasaïens au Katanga pendant la période de son règne, de 1991 à 1995, taxant même le besoin de savoir des participants «de tentative» de diabolisation et de culpabilisation des Katangais ! D'ailleurs, ajoute-t-il à l'endroit des participants: « Pourquoi le problème du Katanga vous tient-il à coeur alors qu'il y a des versions plus dramatiques encore comme le Massacre de Luluabourg, Massacre de Bakwanga, 'cas de cannibalisme', Massacre des étudiants de campus de Lovanium et de Lubumbashi... ». 17

Suprême bravade, Kyungu signe même son speech en spécifiant sa période de règne: 1991 - 1995, période qui coïncide avec les souffrances kasaïennes au Katanga, faisant un point d'honneur à rappeler cette période des braises. On veut bien noyer la vérité, la minimiser même qu'on ne s'y prendrait pas autrement surtout que l'on ne se sent même pas coupable de quoi que ce soit! L'Histoire d'un pays ne se construit point avec un tel mépris de la souffrance humaine. C'est de la barbarie au sens strict du terme: manque du respect de la vie. Le silence rancunier de la victime Tandis que Gabriel Kyungu wa Kumwanza gesticule avec arrogance à la Cathédrale Protestante du Centenaire, les victimes, toute pudeur avalée, attendent leur heure pour réagir. Ainsi, au mois de janvier 2002, alors que Kyungu se retrouve à Bruxelles, à la Table Ronde Politique, la diaspora kasaïenne adresse, le 16 janvier 2002, une lettre véhémente à Monsieur Louis Michel, Vice-premier ministre et ministre Belge des Affaires Etrangères pour protester contre la présence de l'ex-gouverneur du Katanga non seulement sur le sol belge mais aussi dans la délégation congolaise. Les Kasaïens écrivent: <<Nous ommes dès lors surpris et scandalisés que le s gouvernement belge ait accepté l'accès à son territoire d'un homme comme Kyungu wa Kumwanza qui, étant gouverneur du Katanga à l'époque où eurent lieu les événements que nous dénonçons, se rendit responsable de pires atrocités contre ses compatriotes: licenciements illégaux, massifs, extorsions des biens d'autrui, traitements inhumains, tentative de génocide, exécutions sommaires avec interdiction d'enterrer les morts, expulsions massives dans des conditions infrahumaines, etc. Ce personnage, qui a sur ses mains et sur sa conscience le sang encore frais de milliers de victimes innocentes dont le seul crime était leur appartenance ethnique, est indigne de s'asseoir à une table de négociation pour la paix au Congo ». On penserait que ces réactions, sommes toutes épisodiques, garderaient leur caractère limité aussi bien dans le temps que dans l'espace! Mais non! Le 08 mars 2002, à Sun City, en Afrique du Sud où se déroulent depuis le 25 février 2002, les travaux du Dialogue Inter Congolais, on entend Madame Agathe Mulimbi, une « Pasionaria» du pouvoir en place, déclarer: « Si Kibassa Maliba meurt, tous les Kasaïens devront quitter le Katanga ». Une telle déclaration, à Sun City où l'on tente de reconstruire « politiquement» la R.D.C., donne au séparatisme katangais le caractère tragique d'un piège infernal. En effet, Frédéric Kibassa Maliba qui est parti à Sun City sur la liste dite additionnelle, est, avec Vundwawe Te Pemako, récusé par la composante Opposition Politique qui ne lui reconnaît pas le statut d'opposant politique, Frédéric Kibassa venant de sortir comme Ministre, dans un des gouvernements de Mzee Laurent Désiré Kabila. Sous le coup de l'émotion, Kibassa fragilisé par ses frasques, pique une crise cardiaque et est hospitalisé à Sun City. Que vient donc faire le « Kasaïen» vivant au Katanga dans cette mésaventure hautement politique et loin du Congo? 18

Les menaces de Madame Agathe Mulimbi sont d'autant plus touchantes que la dame Mulimbi, la première responsable de haut rang, en tant que Directrice Nationale du Bureau National de Promotion et d'action Sociale (BNPS) envoyée par Laurent Désiré Kabila dans les deux Kasaï pour faire rapport sur les conditions de vie des refoulés. A son retour à Kinshasa, larmes aux yeux, Agathe Mulimbi déclare: «Certains de nos compatriotes refoulés n'ont jamais vu un savon depuis cinq ans! C'est inhumain! Imaginez-vous que dans ces sites, les gens ont passé cinq ans sans utiliser le savon ni pour leur bain, ni pour le nettoyage des habits, encore qu'il faudrait en avoir, parce que tout simplement, certaines personnes sont nues!» (Potentiel, n° 1202, de vendredi 19 décembre 1997). Pourtant il a suffi d'un incident politique banal et sans aucun lien ni avec le Katanga ni avec les Kasaïens vivant dans la Province cuprifère, pour qu'Agathe Mulimbi réarme le barillet des épurations ethniques. Les incidents vont ainsi se multiplier démontrant que le silence des victimes n'est pas oubli et que l'arrogance du bourreau n'est que désir de récidive. Lors du débat, à l'Assemblée Nationale, sur la Loi organique portant organisation, attribution et fonctionnement de la Commission Vérité et Réconciliation, en date du 31 mars 2004, I'Honorable Député Kyungu wa Kumwanza ne s'est pas empêché de tenir des propos moralisants du genre « les Ougandais doivent venir demander pardon aux Congolais pour les crimes », l'a-t-on entendu dire! L'Assemblée plénière n'a pas pu se retenir de désapprouver ouvertement ces propos: le criminel a-t-il des leçons à donner? De même que la peine ressentie par Madame Mambe Tshishiku, Députée de la Société Civile / Forces Vives ne l'a pas empêchée de répéter à haute voix « génocidaire» au retour de Kyungu de la tribune. Elle fait ainsi
référence aux événements malheureux de 1991

- 1995

qu'il a fait subir aux

Kasaïens sur le sol katangais. Sans tarder, Kyungu rétorque en face: « Tu es une idiote, tu es idiote ». Le 02 avril 2004, rencontrant la Députée Bambe au balcon extérieur de l'entrée principale de la salle des Congrès du côté Sénat, Kyungu instruit ses gardes du corps en swahili: « Voyez-vous cette idiote de femme, faites tout pour la faire partir du Parlement ». Et le lundi 05 avril 2004, l'Honorable Bambe dépose une plainte au Bureau du Président de l'Assemblée Nationale, I'Honorable Olivier Kamitatu, pour dénoncer les menaces criantes dont elle est victime de la part du député Kyungu wa Kumwanza. Ces incidents récents ne peuvent, en aucun cas, occulter celui survenu lors de l'assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila, lorsqu'un quidam a prétendu que parmi les présumés assassins se trouverait le général Kayembe, alors Vice-ministre à la Défense Nationale! Ce soir-là, les Kasaïens vivant au Katanga ont rassemblé leurs bagages tandis que le Général Kayembe lui-même se réfugiait dans l'une des grandes Ambassades de Kinshasa pour éviter un lynchage en règle de la part des Katangais. Pour Kayembe, il n'y a pas de présomption d'innocence parce qu'un Muluba du Kasaï est toujours coupable de quelque chose, même du fait qu'il existe. Pourtant, ceux qui ont lancé cette chasse à la sorcière se sont trompés sur l'identité « tribale» du présumé coupable; s'il est en effet « Muluba », 19