Ethique et gouvernance

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il faut bien admettre qu'il a une morale en République. Celle-ci préside aux actes des dirigeants, qui doivent avoir le souci de l'intérêt général et du bien collectif. Or, l'on a facilement admis en cette première tape du processus de démocratisation en certaines contrées africaines, "qu'il n'y a pas de morale en république"; que tous les moyens étaient bons pour accéder aux "affaires"; que toutes les alliances étaient possibles pour se hisser au fait d'un pouvoir considéré dès lors comme un "absolu" dans la réalisation d'ambitions personnelles.
Publié le : vendredi 1 juin 2007
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EAN13 : 9782296175440
Nombre de pages : 91
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ABOUBACAR YENIKOYE ISMAEL

ETHIQUE ET GOUVERNANCE
Le cas du Niger

L'Harmattan

Si tu découvres pour ceux qui doivent commander une condition préférable au pouvoir lui-même, il te sera possible d'avoir un Etat bien gouverné. Par contre, si les mendiants et les gens affamés de pouvoir et de biens particuliers viennent aux affaires

publiques persuadés que c'est là qu'il faut en aller prendre, la cité ne sera pas bien gouvernée car on se bat pour le pouvoir, et cette guerre domestique et intestine perd à la fois ceux qui s y livrent et le reste de la cité elle-même.

Platon (La République)

INTRODUCTION

La vertu constitue le socle moral de la République. Pour Montesquieu « La vertu dans la République est l'amour de la Patrie, c'est-à-dire, l'amour de l'égalité. Ce n'est point une vertu morale, ni une vertu chrétienne, c'est la vertu politique, et celle-ci est le ressort qui fait mouvoir le gouvernement Républicain ». Poursuivant ses réflexions, l'auteur définit ce qu'il entend par « homme de bien» qui n'est pas l'homme de bien chrétien, mais l'homme de bien politique qui a la vertu politique. C'est l'homme, dit Montesquieu, « qui aime les lois de son pays et qui agit par l'amour des lois de son pays ». Il faut bien admettre qu'il y a une morale en République. Celle-ci préside aux actes des dirigeants qui doivent avoir le souci de l'intérêt général et du bien collectif, en un mot, la vertu républicaine. Or l'on a facilement admis en cette première étape du processus de démocratisation en Afrique, « qu'il n'y a pas de morale en République », que tous les moyens étaient bons pour accéder au pouvoir, que toutes les alliances, y compris «les alliances contre natures, sans principes et sans programmes» étaient possibles; que selon la formule sans cesse galvaudée d'un Chef d'Etat Français, «la France n'a pas d'amis, la France a des intérêts », les partis politiques en lice pour le pouvoir ne devaient pas s'embarrasser de principes ni de scrupules, pour se hisser au fait d'un pouvoir considéré comme un absolu dans la réalisation d'ambitions personnelles, alors même qu'il s'agit en démocratie et en

République, d'un lieu privilégié de servitudes et de sacrifices au bénéfice de l'intérêt général. Se servir d'abord et non pas servir, telle est la philosophie politique en cette étape de notre processus de démocratisation en Afrique. Les conséquences d'une telle disposition d'esprit ont été néfastes pour le développement économique et social, la paix et la prospérité des jeunes nations africaines. Dans le contexte du Niger, elles ont crée un sentiment de frustration dans une grande partie de l'opinion nationale, qui s'est dès lors sentie comme abandonnée par des pouvoirs publics, plus soucieux de leur bien être que de l'intérêt général. Une culture de la médiocrité, de la connIvence et de l'impunité va ainsi se développer ici et là, sur fond de corruption et de détournements de deniers publics. Le présent ouvrage reproduit deux textes (rédigés pour la Rédaction du Quotidien le Démocrate) publiés au cours du processus démocratique nigérien et traitant déjà des premières dérives relevées dans la mise en œuvre des politiques du régime AFC, sous la Troisième République. Celle là même qui, à l'issue de la Conférence Nationale Souveraine inspirait bien d'espoir chez nombre de citoyens nigériens.

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Ces textes écrits et publiés moins de six mois avant le coup d'état de Janvier 1995 qui mettra fin à la Troisième République, rappelait les responsables de l' AFC au nécessaire respect des règles éthiques en démocratie. Le troisième texte, rédigé sur requête du Cabinet du Premier Ministre, est une communication au Forum sur la Gestion Economique et sociale organisé au lendemain du coup d'Etat ayant mis fin à la Quatrième République. Il pose la problématique de l'éthique et de la gouvemance au Niger et formule des recommandations, au regard des difficultés relevées dans le cours du processus de démocratisation.

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